Jugement dernier

expression religieuse

Le Jugement dernier (ou Jour du Seigneur, ou encore Jugement universel) est, dans les religions abrahamiques, le jour où se manifestera aux hommes le jugement de Dieu sur leurs actes, leurs paroles et leurs intentions.

Le devenir des damnés et des justes n'est pas le même selon tous les textes. Selon la Bible et le Coran, la résurrection des morts est un préalable au jugement divin qui sera prononcé le même jour pour tous.

Le Jugement dernier dans les textes sacrésModifier

Selon le judaïsmeModifier

Dans le judaïsme il existe deux choses : le jugement dernier dont parle le Livre de Daniel (7.26 Puis viendra le jugement, et on lui ôtera sa domination, qui sera détruite et anéantie pour jamais.) et Yom Hadin, le jour de la fête annuelle de Roch Hachana.

Dans la Torah il est écrit à propos du Jour du Seigneur (de YHWH : יוֹם-יְהוָה, Ésaïe 13.6, 13.9, Joël 1.15, 2.1, 2.11, 3.4, 4.14, Amos 5.18, 5.20, Abdias 1.15, Sophonie 1.7, 1.14, Malachie 3.23) , par exemple en Ésaïe 13.9 : « Oui, il arrive implacable, le jour du Seigneur, jour d'emportement et de violente colère, qui réduira la terre en solitude et en exterminera les criminels. »

Certains midrachim (récits allégoriques) parlent de Yom HaDin, décrivant Dieu siégeant sur Son trône, tandis que les livres contenant les actes de toute l'humanité sont ouverts pour « révision », et que chacun passe devant Lui pour évaluation de ses actes.[réf. souhaitée]

Selon le christianismeModifier

 
Icône russe du XVIIIe siècle, région de la Volga.

Le Jugement dernier pour les chrétiens est le jour où les humains seront jugés selon leurs actes et paroles[1]. Il est à distinguer du jugement particulier de l'âme après la mort. En effet, les actions d'une âme ne s'arrêtent pas nécessairement au moment de la mort physique[2].

Jésus de Nazareth a mentionné un jour de jugement, à propos des Judéens qui refuseraient d'entendre la nouvelle relative au Royaume de Dieu : « Le sort de la ville de Sodome sera plus supportable au « jour de jugement » que celui de cette ville. » (Matthieu 10:15). Dans le Nouveau Testament, il est écrit aussi du jour du Seigneur, (1 Co 5:5, 2 Co 1:14, 1 Th 5:2, 2 P 3:10, Ap 1:10,1 Ti 3). Ainsi dans la deuxième épître de Pierre on peut lire : « Or, le jour du Seigneur viendra comme un larron dans la nuit ; en ce temps-là les cieux passeront avec fracas, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre, avec les œuvres qui sont en elle, sera entièrement brûlée. »

Ce jour du Seigneur correspond au chapitre 20 de l'apocalypse, jour où Satan sera jeté dans l'étang de feu avec l'Antéchrist. Ce jour-là, la terre disparaît et les hommes sont jugés : « Puis je vis un grand trône blanc, et celui qui y était assis. La terre et le ciel s'enfuirent de devant sa face, et leur place ne se retrouva plus. Je vis aussi les morts, grands et petits, qui se tenaient devant Dieu ; et les livres furent ouverts. On ouvrit aussi un autre livre, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d'après ce qui était écrit dans les livres. »

Le théologien médiéval Pierre Abélard a distingué la séparation entre le Jugement individuel et le Jugement dernier : le premier a lieu après la mort, et concerne l'âme, tandis que le second se passe lors du retour du Christ, avec le corps.

La tradition chrétienne occidentale[Quoi ?] fixe symboliquement le jour du jugement le 25 mars qui correspond à la fête de l'Annonciation[3].

Dans « 2  Thessaloniciens 2: 6-7 » dans un contexte eschatologique, le terme Katechon est cité en affirmant que les chrétiens ne doivent pas se comporter comme si le Jour du Seigneur se produirait demain, puisque le Fils de la perdition (l'Antéchrist de 1 et 2 Jean) doit être révélé avant. Saint Paul ajoute ensuite que la révélation de l'Antéchrist est subordonnée à la suppression de "quelque chose / quelqu'un qui le retient" et l'empêche d'être pleinement manifesté. Le verset 6 utilise le genre neutre, τὸ κατέχον; et le verset 7 le masculin, ὁ κατέχων (Katechon). Puisque saint Paul ne mentionne pas explicitement l'identité du katechon, l'interprétation du passage a fait l'objet d'un dialogue et d'un débat parmi les érudits chrétiens.

Selon l'islamModifier

Pour l'eschatologie coranique, trois évènements caractérisent la fin des temps : "l'anéantissement (fanâ') de toutes les créatures, la résurrection des morts (qiyâma) et le rassemblement (hashr) en vue du jugement final". Des signes précédent ces événements et annoncent sa venue. Parmi ceux-ci se trouvent le décrochement du soleil, le scindement de la lune[4]... Plusieurs descriptions différentes du jugement sont faites par les commentateurs. "Mais rien n’est dit dans le Coran sur l’effectuation de cette opération. On trouve seulement des versets qui parlent de « ceux dont les œuvres seront lourdes » comme de « ceux dont les œuvres seront légères » (Cor. VII, 8-9)"[5].

Représentation dans la sculptureModifier

Les tympans représentant le Jugement dernier se développent dès la fin du XIe siècle.

L'Abbaye Notre-Dame de Fontevraud donne à voir dans la salle actuellement nommée "Trésor" les restes reconstitués d'une sculpture figurant un jugement dernier, antérieur à la fin du XIIe siècle, et situés jadis dans le quartier Saint-Benoît , restes retrouvés lors de fouilles conduites fin 1984 [6]. .

De nombreux tympans gothiques sont ornés de sculptures du Jugement dernier, comme le tympan central de la façade ouest de la cathédrale Notre-Dame de Paris, où le Christ assis est flanqué d'anges portant les Instruments de la Passion.

Représentation dans la peintureModifier

FresquesModifier

Le thème du Jugement dernier n'apparaît guère avant le XIe siècle. Le premier exemplaire connu à ce jour fait partie du cycle de fresques carolingiennes (début du IXe siècle) au monastère Saint-Jean de Müstair, en Suisse, et n'occupe la première place qu'à partir du XIIIe siècle. En Occident, on le trouve d'abord au revers des façades, comme un avertissement aux fidèles, comme dans la mosaïque du XIIe siècle dans l'église de Santa Maria Assunta, à Torcello. Puis il occupe les rosaces occidentales, c'est-à-dire celles dominant les portails d'entrée de la façade principale des églises orientées (comme à la cathédrale de Chartres ou à la cathédrale de Laon, etc.). Il arrive ensuite sur les tympans (le prototype est le tympan de Beaulieu en Dordogne), d'abord des portes latérales, puis du portail occidental. Il a une fonction pédagogique.

Dans le monde orthodoxe, il est représenté sur les fresques extérieures des monastères, comme au monastère de Bucovine en Roumanie.

À la RenaissanceModifier

Plusieurs peintres se sont emparés de ce thème dans des tableaux rassemblant plusieurs centaines de personnages :

MusiqueModifier

Notes et référencesModifier

  1. Leon J. Wood, The Bible and Future Events: An Introductory Survey of Last-Day Events, Zondervan Academic, USA, 2010, p. 49
  2. « Bien que la mort fixe la vérité définitive de tel homme, il y aura quelque chose de nouveau quand le monde cessera de souffrir de toute faute, quand donc, pour ainsi dire, toutes les conséquences des actes de cet homme seront tirées, quand sa place dans l’ensemble sera enfin définitivement fixée. Ainsi, pour l’individu, la fin de tout n’a rien d’extérieur à lui, c’est au contraire une réalité qui le touche au plus intime de lui-même », La mort et l'au-delà : Court traité d'espérance chrétienne, Joseph Ratzinger, p.214.
  3. Philippe Rouillard, Les fêtes chrétiennes en Occident, Éditions du Cerf, , p. 48
  4. Kh. A., "Eschatologie", Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p. 266 et suiv.
  5. Ataa Denkha, « L’eschatologie musulmane », Revue des sciences religieuses, nos 87/2,‎ , p. 201–217 (ISSN 0035-2217, DOI 10.4000/rsr.1207, lire en ligne, consulté le )
  6. Léon Pressouyre et Daniel Prigent; Revue 303; La revue des Pays de Loire N° 67-2000 P. 147. Un jugement dernier à Fontevraud

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Le jugement des morts. Égypte ancienne, Asour, Babylone, Iran, islam, Inde, Chine, Japon, Israël, Seuil, 1961.
  • Xavier Kawa-Topor, Conques : le tympan, Toulouse, Le Pérégrinateur éditeur, 1997.
  • Y. Christe, Le Jugement dernier, La Pierre qui Vire, 2000.
  • Martin Zlatohlavek, Le Jugement dernier, La bibliothèque des arts, 2003
  • Joseph Ratzinger, La mort et l'au-delà : Court traité d'espérance chrétienne, Fayard, 2005.

Articles connexesModifier