Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Rétribution des âmes

La rétribution des âmes, la rétribution après la mort, est, en religion, la récompense ou la punition qu'il advient au défunt, après sa vie, dans l'au-delà.

Platon, le premier sans doute en Occident, lie la notion de rétribution des âmes à celle de transmigration des âmes.

Il existe plusieurs formes : le Jugement dernier, la loi du karma..., peut-être la justice immanente.

Sommaire

Quelques conceptionsModifier

Les Égyptiens admettent un Jugement de l'âme. La "pesée de l'âme" ou psychostasie fait partie de l'ensemble des rites accomplis durant le "Jugement des morts". Sur un plateau de la balance est déposé le cœur du postulant, symbole de sa conscience ; sur l'autre, la plume de Mâat évoque la sublime légèreté de la Règle qui ne tolère pourtant aucun manquement grave.

Platon avance, le premier en Occident, la théorie de la rétribution des âmes, dans le cadre de la métempsycose. Il dit ceci dans le Phédon (63c) : "J'ai bon espoir que, pour les morts, quelque chose existe, et, comme cela se dit du reste depuis longtemps, quelque chose qui est bien meilleur pour les bons que pour les mauvais". Platon avance que "cela se dit depuis longtemps", mais pas vraiment : Homère ne croit pas à des sanctions post mortem, les Mystères d'Éleusis admettent que les profanes vont dans un Bourbier et que les initiés entrent dans la félicité des Îles des Bienheureux sans idée de sanction, l'orphisme suppose une réincarnation ou une palingénésie qui tient plus d'un accord que d'une règle, Pythagore affirme la métempsycose sans pour autant affirmer qu'il y a récompense ou châtiment.

Chez les juifs, la doctrine des récompenses et des peines post mortem, liée à la doctrine de l'immortalité de l'âme, n'apparaît que tard, dans un livre, écrit au Ier s. av. J.-C. à Alexandrie, qui ne fait pas partie de la Bible juive : Sagesse, 3-5.

"Les âmes des justes, elles, sont dans la main de Dieu et nul tourment ne les atteindra... leur espérance était pleine d'immortalité... Mais, pour avoir négligé le juste et abandonné le Seigneur, les impies recevront le châtiment dû à leurs pensées..."

Selon le Nouveau Testament, sur le trône de Dieu, juge suprême, s'assiéra, dans toute sa gloire, "le Fils de l'homme", c'est-à-dire le Christ, le Verbe incarné, celui à qui le Père "a remis tout jugement" (Mathieu, XXV, 31). Tous les morts comme tous les vivants seront appelés "selon leurs œuvres" et leur foi, à une "résurrection de vie" ou à une "résurrection de damnation" (Jean, V, 28).

En Inde, pour l'hindouisme, c'est la théorie du karma. Il y a trois karma. 1) L'âgami-karma (karma futur) est le karma du futur, il se forme à partir des actions et des intentions du présent et se réalise dans l'avenir selon la loi de la causalité. 2) Le prârabdha-karma (karma commencé) est le karma qui se réalise dans le présent. 3) Le sanchita-karma est constitué dans le passé mais n'a pas encore été suivi d'effet. Selon swâmi Dayânanda Sarasvatî :"en punition des péchés physiques, un homme renaîtra sous forme végétale ; pour les péchés de la parole, il prendra la forme d'un oiseau ou d'un quadrupède ; et, pour les péchés de la pensée, il vivra dans les conditions humaines les plus basses" (Satyârtha-prakâsha. La Lumière de la Vérité), 1865, trad., Adrien-Maisonneuve, 1940, p. 335).

En IranModifier

Les conceptions de la mystique contemporaineModifier

Hâj Ne'matollâh Mokri Jeyhûn-Âbâdi[1] (1874-1920), dans son œuvre poétique magistrale intitulée Le livre des rois de la Vérité[2], relate le voyage de l’âme jusqu’au trône divin et sa propre expérience mystique d’illumination/révélation (tajjali). Il rapporte que les âmes, une fois délivrées du corps (à la suite de la mort physique), rejoignent le monde spirituel et qu’elles y sont jugées après un épisode de pesée des actions. Il décrit de manière rationnelle le processus de rétribution (et l’effet thérapeutique de la peine) ainsi que les procédures qui président à l’exercice de la justice mais également de la grâce divines[3].

Le point de vue de Bahram Elahi, qui explicite cette trame générale à partir de la pensée de son père Ostad Elahi[4], est exposé dans son ouvrage La voie de la perfection. Il y développe la manière dont nos actes et nos pensées sont enregistrées[5] ainsi que les conséquences et le produit de nos actes dans ce monde et dans l’autre[6].

BibliographieModifier

  • Le jugement des morts. Égypte ancienne, Asour, Babylone, Iran, islam, Inde, Chine, Japon, Israël, Seuil, 1961.

RéférencesModifier

  1. Voir aussi le site qui lui est consacré http://hadjnemat.com/about_fr.php
  2. Haqq al-Haqqâyeq yâ Shâhnâmeh Haqiqat, éd. Jeyhûn, Téhéran, 1373 (468 p). Le manuscrit de cette somme poétique qui comporte 15042 distiques a été édité une première fois par Henry Corbin en 1966 à Téhéran. La deuxième édition est complète.
  3. Voir Soudabeh Marin, « La justice divine dans la mystique persane : une vision processuelle entre droit naturel et Révélation », in Justice et religion. Regards croisés : histoire et droit, sous la direction d'Eric Wenzel (Actes du colloque international. Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse. 1-3 octobre 2008), 2010, pp. 199-219.
  4. Ostad Elahi est le fils de Hâj Ne'matollâh. Voir à son sujet le site http://www.e-ostadelahi.com.
  5. La voie de la perfection, éd. Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes », Paris, 2002, chapitre 18, pp. 112-115.
  6. La voie de la perfection, éd. Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes », Paris, 2002, chapitre 19, pp. 115-123.

Articles connexesModifier