Federico Zuccari

peintre italien

Federico Zuccari ou Zuccaro (1542 ou 1543 à Sant'Angelo in Vado - 1609 à Ancône) est un peintre et architecte des Marches en Italie centrale, considéré comme l'un des maîtres du maniérisme romain dans la seconde moitié du seizième siècle.

Federico Zuccari
Portrait of Federico Zuccari - Fede Galizia.jpg
Portrait de Federico Zuccari, Fede Galizia, 1604, Galerie des Offices, Florence
Naissance
Décès
Activités
Maître
Mouvement
Père
Ottaviano Zuccari (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie

BiographieModifier

Né dans une famille noble à Sant'Angelo in Vado, alors dans le Duché d'Urbin dans l'actuelle région d'Italie centrale des Marches, du peintre Ottaviano de Zucharellis, nom de famille qui a ensuite changé en Zuccaro en 1569 et d’Antonia Neri.

Il est le troisième fils des huit nés de leur mariage : Taddeo, Bartolomeo, Federico, Iacopo, Lucio, Maurizio, Aloysio, Marco Antonio.

Sa carrière de peintre est documentée à partir de 1550 quand il s’installe à Rome dans l’atelier de son frère aîné Taddeo Zuccari, peintre déjà établi à Rome.

Federico commença presque par hasard, car son père l’avait conduit à Rome chez son frère pour des études de droit. Taddeo, par contre, étant donné sa prédisposition pour la peinture et le dessin le garda avec lui dans son atelier où il grandit artistiquement.

En 1560, il est chargé de décorer le casino de Pie IV à la Cité du Vatican. De 1561 à 1564, il séjourne à Venise.

Accusé de propos inconsidérés par l'entourage de Grégoire XIII, il expose son tableau la Calomnie, où il affuble ses accusateurs de longues oreilles d'âne. Ceux-ci s'en plaignent au pape, qui lui ordonne de quitter Rome. Il voyage alors en Flandre, en Hollande, en Angleterre et à Venise.

Casino de Pie IV du VaticanModifier

Entre 1563 et 1565, il fut actif à Venise auprès de la famille Grimani di Santa Maria Formosa. Durant sa période vénitienne, il voyagea aux côtés d'Andrea Palladio dans la région du Frioul. Le 14 octobre 1565, il entre à l'Accadémie du Dessin à Florence. Il adhère successivement à la Compagnie de San Giovanni di Terrasanta, dans laquelle son frère Taddeo fut déjà associé à partir du 17 novembre 1560.

La querelle rapportée au pape s'étant apaisée, il revient à Rome et y termine son ouvrage et en reçoit éloges et récompenses. Il construit une maison sur le Pincio, où subsistent des fresques de sa main.

Selon Lanzi, il se fait alors connaître comme « chef d'école de la décadence » (« caposcuola di decadenza »).

Le 29 décembre 1573, Federico en devint le premier régent à vie, charge qui ne reviendra à l’avenir qu'à Antonio Canova. En 1592, il fonde les statuts de l’Académie de Saint-Luc à Rome, dont il devient le prince en 1593.

Parmi ses premières œuvres en tant qu’assistant de son frère, il prit part aux éléments complémentaires des décorations du casino du pape Pie IV et de la Villa Farnèse de Caprarola. À l'église des Minimes de Rome de la Trinité-des-Monts, Federico Zuccari achève des fresques commencées par son frère Taddeo. Ses premiers succès le font appeler à Florence, où on le charge de peindre le dôme de la cathédrale Santa Maria del Fiore.


Il y place des figures hautes de cinquante pieds. Celle de Lucifer apparaît si démesurée qu'elle fait ressembler les personnages voisins à des enfants. Il commente lui-même cette particularité, en ajoutant que ces figures sont les plus colossales qu'on ait faites à ce jour[1]. Luigi Lanzi pense qu'à part son immensité, la composition ne mérite guère d'éloges. On envisage un temps de lui faire remplacer les peintures de Pierre de Cortone. Seule la crainte qu'il ne vive pas assez longtemps empêche cette entreprise.

 
Chute de Lucifer et des Anges Rebelles dans les appartements de Pie V.

Après ce travail, il prétend peindre toutes les coupoles et les travaux de grande dimension lui semblent destinés dans toute l'Italie.

Premières ŒuvresModifier

 
Grand Escalier de la Domus Grimani de Venise/

Zuccari fut rappelé à Rome par le pape Grégoire XIII pour continuer la décoration de la Chapelle Paolina au Vatican, commencée par Michel-Ange et pour refaire les fresques de la Salle des Chiaroscuri.

Il visite ensuite Bruxelles où il réalise une série de cartons pour tapisseries. En 1574, il est en Angleterre, où il reçoit la commande de quelques portraits importants, comme celui de la reine Élisabeth Ire, de Marie Stuart, de Nicholas Bacon, Francis Walsingham et d’autres. Un autre tableau de la même période devrait être une Allégorie de la Calomnie, inspirée de la description de Lucien de Samosate d’une œuvre d’Apelle.

Il peint le portrait d’Homme avec deux Chiens, aujourd’hui au Palais Pitti et le Christ mort avec des anges dans la Galerie Borghèse de Rome.

En 1585, il accepte l’offre de Philippe II d’Espagne pour décorer le nouvel Escurial pour un salaire annuel de 2 000 couronnes. Les travaux durent du mois de janvier 1586 à la fin de l'année 1588, quand il retourne à Rome, laissant la charge à Pellegrino Tibaldi.

En 1595, il fonde, avec l’approbation du pape Sixte V, l’Académie de Saint-Luc, dont il est le premier prince. Parmi ses premiers étudiants, on trouve Bartolomeo Carducci.

 
Lunette avec fresque de la vie de la Famille de Federico Zuccari (autoportrait de Federico attablé.), Palais Zuccari, Florence

À Florence, Federico Zuccari vécut dans ce qui avait été la maison d’Andrea del Sarto, à proximité de laquelle il fit ériger un étrange palais de sa conception, le Palais Zuccari, où il peignit les lunettes avec des scènes de la vie quotidienne en y représentant lui-même et sa famille. Ses bonnes relations avec les parents Fioravanti di Guffaia, bien considérés à la cour du Grand-duché de Toscane, contribuèrent à lui donner la charge de la fresque de la coupole de Santa Maria del Fiore.

Federico Zuccari se marie à Urbino avec Francesca Genga, fille de Raphaël, peintre d'une dynastie qui donna naissance au concepteur du Palais ducal d'Urbin Girolamo Genga. De ce mariage naquirent sept enfants : Octavien, le 15 mai 1579 qui deviendra peintre, écrivain, docteur en droit et Podestà de Bologne en 1625 ; Isabella, 2 juillet 1581 ; Alexandre Thaddée, 1584 ; Horace 1585 ; Cynthia 1590; Laura 1592 ; Jérôme, 1593.

 
Couronnement de la Vierge en l’église de la Trinité-des-Monts

Comme son contemporain Giorgio Vasari, Zuccari se consacre à la critique artistique et à l’historiographie.

En 1604, il publie, à Pavie, son livre Origines et Progrès de l’Académie du Dessin, des peintres, Sculpteurs et Architectes de Rome.

En 1605, il publie à Mantoue Lettres aux Princes et Seigneurs Amateurs du Dessin, de la Peinture, de la Sculpture et de l'Architecture, écrite par Chevalier Federico Zuccaro, à l’Académie Insensata avec une complainte de la Peinture, œuvre de lui-même.

En 1607, il publie, à Turin, l’œuvre considérée comme la plus importante, son traité in-folio Idea dé Pittori, Scultori et Architetti. L'ouvrage est réimprimé à Rome en 1768.

 
Assomption

Il écrivit aussi en tant que chroniqueur de ses innombrables voyages en Europe et à travers l'Italie. Il célébra son passage à travers l’Italie avec la demeure de Parme en 1608 et Passant par Bologne et Ferrare, 1609.

En 1588, il obtient un titre de noblesse et une forte pension annuelle du roi Philippe II d’Espagne dont il est peintre de cour de 1585 à 1588.

 
Marguerite de Savoie, Duchesse de Mantoue, env.1605

De retour en Italie en 1591, le Sénat de Rome lui accorde la citoyenneté et le titre de patriciat extensible avec les privilèges relatifs à ses descendants.

Vers 1595, il est nommé principe de l'Accademia di San Luca nouvellement fondée et retourne en Espagne.

En 1603, il se rend à Venise et y retouche quelques-uns de ses ouvrages.

Peu avant sa mort, il obtient le titre de Chevalier. Frédéric, gravement malade, est invité chez le marchand ancônétain Marco Jovitta, à Ancône, le . Il a le temps de dicter ses dernières volontés en présence du notaire Mondelci, déclarant son âge de soixante-dix ans ; il organise également ses funérailles.

Il meurt le et, par une cérémonie solennelle, il est enterré par les frères augustins au couvent d’Ancône dans le tombeau familial de son ami marchand d’Ancône, Marco Jovitta.

Le Palais Zuccari de RomeModifier

L'édifice a été construit à partir de 1591 pour le peintre Federico Zuccari, qui n'a pu voir son achèvement. Le portail d'accès au palais est un mascherone, un masque avec une énorme bouche ouverte. Le sous-sol a été orné de fresques de Zuccari lui-même. À sa mort, en 1609, il légua le bâtiment aux artistes de l'Accademia di San Luca qu'il avait fondée.

ŒuvresModifier

ItalieModifier

  • Amelia (Ombrie) : Palais Cansacchi : fresques du salon central, salle d’entrée et salon adjacent
  • Ancona (Marches) : Église de San Giovanni Battista : toile de l’Ecce Homo, abside
  • Cortona (Toscane): Assomption de la Vierge entre saint Jean Baptiste et sainte Catherine, Musée diocésain.
  • Florence (Toscane):
  • Reggio Emilia (Émilie-Romagne) : Cathédrale de Reggio Emilia : toile de l’Assomption de la Vierge, abside.
  • Rome :
 
L’Assomption en l’Abside de l’église Santa Maria dell'Orto
  • Église Santa Prassede, sagrestia: Gesù cade sotto la croce .
  • Église Santa Trinità dei Monti , Chapelle Maxime, décoration.
  • Église Santa Caterina dei Funari , décoration des pilastres de la seconde chapelle à droite, fresques de la Chapelle Cesi, correspondant avec le presbytère, histoire de Sainte Catherine d'Alexandrie sur les murs latéraux
  • Galerie de l'Accademie de Saint Luc : Autoportrait .
  • Musées du Vatican : Saints et apôtres dans la salle des clairs-obscurs.
  • Oratorio del Gonfalone : Histoire de la Passion du Christ, avec différentes collaborations.
  • Petit Palais de Sixte V, loggetta : Histoires d'Hercule, fresques.
  • Petit Palais de Tizio da Spoleto, Décoration de la façade.
  • Petit Palais Zuccari, dessins et architecture.
  • Palais Caetani, salon du premier étage. Frise aves amorini , en collaboration avec Taddeo.
  • Palais Costaguti, Salle des Mois: fresques.
  • Palais Giustiniani, voûte de la salle Zuccari.
  • Pinacothèque Capitoline : Autoportrait

AngleterreModifier

  • Hampton Court , Collections royales: Calomnie .
  • Nombreux portrait de la Reine Elisabeth I. et autres dignitaires de la Cour.

EspagneModifier

  • Valence , Collège du Corpus Domini: Purgatoire .
 
Détail du Jugement universel du Dôme de Florence

PostéritéModifier

On doit à Zuccari des idées architecturales et des sculptures.

Sa fortune fut immense. Il la devait peut-être moins à ses talents qu'à des formes agréables, un entretien rempli de grâce et de politesse, un esprit cultivé et une générosité qui ne tarda pas à lui attirer la gêne.

Ses écrits contre Vasari semblent inspirés par l'irritation et l'envie. On lui reprocha un ton dogmatique, peu clair, et un style dont l'affectation frisait le ridicule.

Son école fleurit quelques années. Elle compta des élèves distingués parmi lesquels le père dominicain Danti et Roncalli, qui fut chargé d'achever un bras contigu à la loge peinte par Raphaël. Mais l'art montra bientôt des traces de décadence.

EcritsModifier

  • L'Idea de'scultori, pittori e architetti. Turin 1607[2].
  • Il Passaggio per l’Italia de Federico Zuccari, Alessandra Ruffino, La Finestra, 2007

Notes et référencesModifier

  1. voir Lettere pittoriche, t. 6, p. 147.
  2. (it) Federico Zuccari, « L’idea de scultori ed architetti », sur https://books.google.fr/, réédition de 1768

Source partielleModifier

« Federico Zuccari », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail de l’édition]

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier