Jean-Denis-René de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier

militaire et homme politique français

Jean-Denis-René de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier
Fonctions
Membre du Sénat conservateur
12 pluviôse an XIII ()
Président du Sénat conservateur
Prédécesseur Bernard-Germain de Lacépède
Successeur Germain Garnier
Membre de la Chambre des pairs
(†)
Successeur Alfred Guigues de Moreton de Chabrillan
(À titre héréditaire)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Clérieux
Drapeau du Dauphiné Dauphiné
Date de décès (à 67 ans)
Lieu de décès Valence (Drôme)
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Lieutenant-général
Résidence Château de Curson[1]

Jean-Denis-René de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier
Liste des conseillers généraux de la Drôme
Liste des membres du Sénat conservateur
Liste des présidents du Sénat français et des chambres assimilées

Jean-Denis-René de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier - Clérieux - Valence), marquis de Chevrières, comte de Saint-Vallier et de l'Empire, baron de Serves et de Clérieux, est un militaire et un homme politique français des XVIIIe et XIXe siècles.

BiographieModifier

Fils aîné de Nicolas de La Croix (1714-1798), comte de Saint-Vallier, marquis de Chevrières et de Clérieux, baron de Serves, etc., capitaine de dragons, chevalier de Saint-Louis[2], et de Jeanne-Gabrielle de Grolée, entra dans l'armée et devint enseigne à drapeau.

Jean-Denis-René était sous-lieutenant au régiment des Gardes françaises depuis 1793[2],[3], et maréchal de camp en 1789[4], il fut, en 1790, incorporé dans un régiment, et fit les campagnes de 1791 et de 1792[3].

Pendant les orages de la Révolution La Croix de Chevrières quitta le service et se tint prudemment à l'écart[3].

Sous l'EmpireModifier

Il ne reparut sur la scène publique qu'après le coup d'État du 18 brumaire, et fut nommé membre du conseil général de la Drôme lors de sa formation. Lié d'amitié avec le préfet de ce département, Descorches de Sainte-Croix, il voulut alors s'ingérer dans son administration par des avis et des remontrances qui n'étaient pas toujours bien accueillis, et donnèrent lieu à une fort curieuse correspondance[3].

Napoléon Ier, auquel il s'était rallié avec un certain enthousiasme, le nomma membre du Sénat conservateur le 12 pluviôse an XIII (), et, le [2], président de ce corps (il exerça ces fonctions du suivant au ).

Créé comte de l'Empire le , il fut pourvu de la sénatorerie de Gênes le , puis, fut nommé le , président du grand conseil d'administration du Sénat pour 1809[2]. À la tête du Sénat, il vint complimenter, le , l'Empereur à son retour d'Espagne[5].

Le comte de Saint-Vallier fut créé grand-croix de l'Ordre de la Réunion le . Le de cette année, il fut envoyé comme commissaire extraordinaire dans la 7e division militaire (Dauphiné), pour y organiser la défense du territoire contre l'invasion par les Alpes. Arriva à Grenoble, chef-lieu de cette division, le , il y accéléra la levée en masse et prit les mesures qu'exigeaient les circonstances[5]. L'armée de volontaires qu'il leva reprit bientôt aux alliés Chambéry et le département du Mont-Blanc[3]. « L'énergie et l'étonnante activité qu'il déploya dans l'accomplissement de cette mission sont pour sa mémoire un véritable titre de gloire[3] ».

Le , il adhéra à la déchéance de Napoléon Ier.

Sous la RestaurationModifier

Rallié aux Bourbons, le gouvernement royal restauré le promut lieutenant-général[5], l'appela à la Chambre des pairs (pair « à vie » le puis comte-pair héréditaire le ).

Au retour de l'Ile d'Elbe, il se retira à Saint-Vallier, et y resta loin des affaires publiques pendant les Cent-Jours.

Grand officier de la Légion d'honneur le , le comte de Saint-Vallier vota pour la mort dans le procès du maréchal Ney[5].

Il fut appelé successivement au commandement de la 2e division militaire à Châlons-sur-Marne le [5], et, enfin, aux fonctions de gouverneur du château de Meudon le [5]. Le comte de Saint-Vallier avait été nommé président du collège électoral du département de la Drôme les et .

Le , il obtint par ordonnance royale[6] que son titre de pair, avec le rang et la dignité qui l'accompagnent, soient transmis à son gendre Alfred-Philibert-Victor de Chabrillan. Saint-Vallier mourut au mois de , sans laisser d'enfants mâles.

TitresModifier

DistinctionsModifier

ArmoiriesModifier

Figure Blasonnement
Armes du comte de Saint-Vallier et de l'Empire

Coupé : au I, d'azur à trois croix d'argent rangées en fasce ; au II, de geules au cheval issant d'or ; au franc-quartier brochant des comtes sénateurs[4],[9]

Armes du marquis de Chevrières, comte-pair héréditaire

D'azur, au buste de cheval d'or, animé de gueules; au chef cousu de gueules, chargé de trois croisettes d'argent.[7],[2],[10]

Supports : deux licornes.
Couronne : De marquis sur l'écu et couronne de comte sur le manteau.
Devise : « Indomitum Domuere Cruces. »
Cri : Guerre !

FamilleModifier

  • Fils aîné de Nicolas Amédée de La Croix de Chevrières[11] (1714-1798) et de Jeanne Gabrielle de Grolée, Jean-Denis-René de La Croix de Chevrières épouse, en 1801, à Marie-Louise de Mazenod (° - Saint-Marcellin - Saint-Vallier), fille aînée de Jean-François de Mazenod (1706-1779) et de Marie de Vertamy (morte en 1787), veuve en premières noces d'Antoine-Alexandre Rey, seigneur du Mouchet († 1793 - Lyon). De ce mariage naît une fille unique :
    • Marie-Madeleine Charlotte Pauline - château de Saint-Vallier † - château de Saint-Vallier), mariée le avec Alfred-Philibert-Victor de Chabrillan (1800-1871), dont :
      • Postérité.

Le marquis de Chevrières avait trois frères :

Notes et référencesModifier

  1. « Château Curson », sur www.chateaucurson.fr (consulté le )
  2. a b c d et e Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. 6, (lire en ligne), De La Croix de Chevrières (Jean-Denis), comte de Saint-Vallier
  3. a b c d e et f Adolphe Rochas, Biographie du Dauphiné contenant l'histoire des hommes nés dans cette province qui se sont fait remarquer dans les lettres, les sciences, les arts, etc. : avec le catalogue de leurs ouvrages et la description de leurs portraits, vol. 1 à 2, Charavay, (lire en ligne)
  4. a et b Vicomte Albert Révérend (1844-1911), Armorial du Premier Empire : titres, majorats et armoiries concédés par Napoléon Ier, vol. 3, Paris, (4 vol. in 2) Au bureau de L'Annuaire de la noblesse, (lire en ligne)
  5. a b c d e et f « Saint-Vallier (Jean-Denis-René de La Croix de Chevrières, comte de) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] (lire en ligne)
  6. Bulletin des lois, 1823, 7e série, t. XVII, p. 468, bulletin no 647
  7. a et b François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org, (consulté le )
  8. « Cote LH/1428/60 », base Léonore, ministère français de la Culture
  9. a et b « BB/29/974 page 24. », Titre de comte accordé à Jean, Denys, René La Croix de Saint-Vallier. Bayonne ()., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le )
  10. Philippe Lamarque, La Figure héraldique du cheval, Éditions Cheminements, , 292 p. (ISBN 978-2-84478-076-8, lire en ligne)
  11. Né en 1714, Nicolas hérite du comté de Saint-Vallier après son père. Capitaine de dragons au régiment de Bauffremont, chevalier de Saint-Louis, en 1755.
    Source
    Albert Caise, Histoire de Saint-Vallier, de son abbaye, de ses seigneurs et de ses habitants : Ouvrage orné d'une vue du château de Saint-Vallier avec un plan de la ville et suivi d'une liste des plus anciennes familles de Saint-Vallier, J. B. Dumoulin, , 300 p. (lire en ligne), p. 176-177 : Jean-Denis-René de La Croix de Chevrières, comte et marquis de St-Vallier

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  •  Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. 6, (lire en ligne), De La Croix de Chevrières (Jean-Denis), comte de Saint-Vallier ;
  • P. Louis Lainé, Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, ou recueil, mémoires et notices généalogiques, Paris, Chez l'auteur, 1828, tome 7, p. 21-22
  •  Adolphe Rochas, Biographie du Dauphiné contenant l'histoire des hommes nés dans cette province qui se sont fait remarquer dans les lettres, les sciences, les arts, etc. : avec le catalogue de leurs ouvrages et la description de leurs portraits, vol. 1 à 2, Charavay, (lire en ligne) ;
  • Albert Caise, Histoire de Saint-Vallier, de son abbaye, de ses seigneurs et de ses habitants : Ouvrage orné d'une vue du château de Saint-Vallier avec un plan de la ville et suivi d'une liste des plus anciennes familles de Saint-Vallier, J. B. Dumoulin, , 300 p. (lire en ligne), p. 176-177 : Jean-Denis-René de La Croix de Chevrières, comte et marquis de St-Vallier ;
  •  « Saint-Vallier (Jean-Denis-René de La Croix de Chevrières, comte de) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] (lire en ligne) ;
  •  Vicomte Albert Révérend (1844-1911), Armorial du Premier Empire : titres, majorats et armoiries concédés par Napoléon Ier, vol. 3, Paris, (4 vol. in 2) Au bureau de L'Annuaire de la noblesse, (lire en ligne) ;