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Israël (Bible)

nom hébreu attribué au patriarche Jacob
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Israël est un nom hébreu attribué, selon la Bible hébraïque, au patriarche Jacob. Ses descendants sont appelés les « enfants d'Israël » ou « Israélites ».

Sommaire

UsageModifier

Israël apparaît pour la première fois dans la Bible pour désigner le nouveau nom de Jacob, fils d'Isaac et petit-fils d'Abraham, au moment où il traverse le gué de Yabboq (Genèse 32, 22-29) et s'y bat avec Dieu qui lui dit : « Jacob ne sera plus désormais ton nom, mais bien Israël; car tu as jouté ( כִּי־שָׂרִית ) contre des puissances célestes et humaines et tu es resté fort. » Jacob (Israël) a 12 fils qui sont à l'origine des douze tribus d'Israël et une fille (Dinah).

Ce mot désigne ensuite les Enfants d'Israël formant le peuple d'Israël, considéré dans la Bible comme le peuple élu pour porter et faire vivre la parole de Dieu.

Après la fuite de l'Égypte et l'installation dans le pays de Canaan, se crée le royaume d'Israël, dont la période la plus florissante est décrite sous le règne du roi Salomon et qui regroupe les 12 tribus.

Par la suite, le royaume d'Israël se limite à la partie nord du territoire (10 tribus), tandis que le royaume de Juda (2 tribus) occupera le sud du territoire centré autour de Jérusalem et du Temple.

On date la fin du royaume d'Israël lors de l'assaut des Assyriens en 721 av. J.-C. et la déportation de la population, et la fin du royaume de Juda en 597~586 av. J.-C. lorsque le roi de Babylone, Nabuchodonosor II, s'empare de Jérusalem.

À partir de ces dates, commence la diaspora juive. Le peuple juif ou peuple d'Israël reviendra de l'Exil de Babylone en Judée, retrouvera provisoirement son indépendance notamment sous la dynastie hasmonéenne, mais restera sous la tutelle d'autres peuples jusqu'à la destruction du second Temple de Jérusalem (en 70 de l'ère chrétienne), la prise de Massada (en 90) puis l'ultime révolte de Bar-Kokheba (écrasée par les Romains en 135) qui signe la disparition d'une terre pour le peuple d'Israël jusqu'à la création de l'État d'Israël en 1948 (XXe siècle).

Une autre population, les Samaritains, affirme être d'ascendance israélite.

ÉtymologieModifier

La première mention d’Israël apparaît sur la stèle de Mérenptah vers 1200 av. J.-C. Cette stèle comporte un hymne célébrant la paix entre l’Égypte de Merenptah et Canaan :

« Canaan a été razzié de la pire manière. Ashqélôn a été enlevée. Gézer a été saisie. Yeno‘am est comme si elle n’avait pas existé. Israël est dévasté, sa semence n’existe plus. Huru est devenue une veuve du fait de l’Égypte… »

— Stèle de Mérenptah.

Israël ne désigne pas une région ou une localité mais apparaît sur cette stèle comme une population du pays de Canaan qui habitait sur les hauteurs de Judée[1]. Une autre épigraphie égyptienne d’Israël plus ancienne (mention de IA-Sr-il/YA-Sr-il datée de 1350 av. J.-C.) mais moins bien attestée existe sur un piédestal dans le musée égyptien de Berlin[2].

La tradition biblique rapporte l’origine de ce nom dans le livre de la Genèse, quand le troisième des patriarches hébreux, Jacob, est renommé Israël (« Celui qui lutte avec Dieu »[3] ou « Dieu est fort, Dieu triomphe[4] ») après avoir combattu avec un ange de Dieu. Jacob étant considéré comme le père des douze tribus qui sortirent d’Égypte, la nation biblique constituée est connue sous le nom des « enfants d’Israël » ou « Israélites ». Cette étymologie populaire biblique repose sur un jeu de mots construit sur la racine hébreu : שרה ś-r-h (« battre, combattre » employé comme verbe à la troisième personne 
de 
la
 conjugaison 
à
 préformantes 
dans
 la
 forme 
du
 jussif) et l'élément théophore ʾĒl, signifiant « Qu’El combatte ». Cette racine ś-r-h souffre de nombreux problèmes[5]. Elle est probablement une construction théologique de l'auteur biblique du passage de la Genèse au moment où il veut assimiler le dieu paisible El au dieu guerrier Yahweh[6]. D'autres racines plus convaincantes car bien attestées dans la Bible sont proposées : hébreu : שׁרה ś-h-r-h (« protéger », donnant « Que El protège »), hébreu : ישר y-š-r
 (« 
être 
juste
 », donnant « Que El soit juste »), hébreu : שרר ś-r-'r (« régner, s’imposer comme maître »), l'étiologie d'Israël par ces racines suggérant les 
idéaux
 à cette époque 
d'une société cananéenne, une sorte de fédération de tribus vivant dans la montagne d'Éphraïm (en) et le territoire de Benjamin[7].

La première mention biblique d'Israël comme nation et non comme territoire, hormis Genèse 34:7[8] qui est considérée comme un anachronisme ou une glose tardive, est dans Genèse 49:7[9].

En arabe, le terme Israël se décompose en deux mots: Isrâ (de la racine S R Y) = voyage dans l'obscurité, et îl (de la racine 'YL ou 'L) = Dieu[10].

Notes et référencesModifier

  1. (de) Ludwig David Morenz, « Wortwitz – Ideologie – Geschichte: Israel im Horizont Mer-en-ptahs », Zeitschrift für die Alttestamentliche Wissenschaft, no 120,‎ , p. 1-13
  2. (en) Peter Van der Veen, Christoffer Theis, Manfred Görg, « Israel in Canaan (Long) Before Pharaoh Merenptah ? A Fresh Look at Berlin Statue Pedestal Relief 2168 », Journal of Ancient Egyptian Interconnections, no 24,‎ , p. 15-25 (lire en ligne)
  3. « Genèse 32:29 », sur sefarim.fr, Akadem multimédia.
  4. Benoît XVI, « Audience générale du 25 mai 2011 », sur site du Vatican.
  5. Problème de vocalisation massorétique ; problème de la traduction ś-r-h en « battre, combattre » qui est incertaine car uniquement attestée dans Genèse 13 et le livre d'Osée : Os 12,4 dans la Bible Segond, Osée 12:4 dans la Bible du Rabbinat.
  6. (en) William Foxwell Albright, The Archaeology of Palestine, Penguin Books, , p. 159-165
  7. Thomas Römer, L'Invention de Dieu, Seuil, , p. 46
  8. « Genèse 34:7 », sur sefarim.fr, Akadem multimédia.
  9. (en) Geoffrey W. Bromiley, International Standard Bible Encyclopedia. Volome two E-J, Wm. B. Eerdmans Publishing, ([https:/La%20première%20mention%20biblique%20d'Israël%20comme%20nation%20/books.google.fr/books?id=yklDk6Vv0l4C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false lire en ligne]), p. 907
  10. Maurice Gloton: "une approche du Coran par la Grammaire et le lexique" page 243

Voir aussiModifier