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L’expression « enfants d’Israël » (hébreu : בני ישראל, Benei Israël) est l’une des appellations les plus fréquemment employées dans la Torah pour désigner les Israélites, c'est-à-dire ceux qui descendent du patriarche Jacob, renommé Israël (« Dieu a combattu à ses côtés »). On les appelle aussi Hébreux.

Le terme d’« enfants d’Israël » ne se confond pas avec celui de « citoyens d’Israël » : Israël désigne, dans la seconde expression, un État moderne, fondé en 1948, dont les citoyens sont les Israéliens et non les Israélites. Bien que fondé par des Juifs avec pour vocation d’être un État juif, tous ses citoyens ne sont pas juifs — certains sont musulmans, d’autres chrétiens, bouddhistes ou simplement athées — et forment environ 25 % de la population nationale. De plus, bien que nombre de Juifs ressentent une affinité très forte avec ce pays en tant que Terre Sainte, ils n’en sont pas citoyens.

Dans la tradition juiveModifier

Les douze progéniteurs des tribus d’IsraëlModifier

Article détaillé : tribus d’Israël.

À l’origine, les enfants d’Israël sont les douze fils de Jacob - appelé Israël[1] après avoir combattu « l'ange et les hommes »[2] -, ce patriarche dont descendront les Douze Tribus : Ruben, Simeon, Levi, Judah, Dan, Nephtali, Gad, Asher, Issachar, Zebulon, Joseph, Benjamin. La Torah les appelle tantôt « enfants de Jacob », tantôt « enfants d’Israël ». Après leur arrivée dans le pays de Goshen (Egypte septentrionale) que leur a assigné le pharaon d’Égypte, dont l’un d’entre eux, Joseph, est le premier ministre, leurs descendants se multiplient prodigieusement. Eux aussi sont appelés « Enfants d’Israël ».

Selon un midrash (exégèse), Jacob est le plus grand des trois patriarches (Abraham, Isaac, Jacob), car lui seul a pu engendrer une famille dont tous les membres sont vertueux. Le plus ancien de ces trois patriarches, Abraham est père de ses deux fils Isaac (Itzhaq en hébreu, qui signifie « Il rira ») et Ismaël. Le fils Isaac donne naissance à Jacob et Ésaü, lequel devient un chasseur[3] et le restera toute sa vie. Il vend aussi son droit d’aînesse à son cadet en échange d’un plat de lentilles rouges (« edom »).

Dans "La Bible est venue d'Arabie", Kamal Salibi explique que les enfants d'Israel sont originaires de l'Assir, région du sud ouest de la péninsule arabique. Il y a retrouvé tous les patronymes de toutes les "tribus" israélites. L'Assir s'étend de Jeddah à la frontière nord du Yémen et de la Mer rouge à Wadi Dawasir. Kamal Salibi a également retrouvé "Al Sharim", l'ancienne "Jerusalem". Il ne reste plus aux archéologues à affiner les recherches sur le terrain, mais les Saoud et les Israéliens ne veulent pas de cette vérité qui risque de remettre en question les trois religions abrahamiques.

Exode et au-delàModifier

Article détaillé : Tribus perdues d'Israël.

Dans le Livre de l’Exode, les Israélites, les Juifs sont constamment appelés « Enfants d’Israël », notamment lorsque Dieu parle à Moïse.

Après l’éclatement de la monarchie unifiée, le royaume méridional fut connu comme le royaume de Juda, tandis que le royaume septentrional (qui comprenait le territoire de dix des douze tribus) préservait l’appellation de royaume d’Israël ; leurs habitants étaient les Israélites. Toutefois, « Israël » continuait également à désigner les douze tribus juives puis leur descendance.

Par extension, l'expression « enfants d'Israël » désignera les juifs dans leur ensemble.

ChristianismeModifier

Dans l'évangile attribué à Matthieu, Jésus déclare n'être venu « que pour les brebis perdues de la maison d'Israël ». À partir du IIe siècle, la « grande Église » chrétienne revendique être le « nouvel Israël » ou le « véritable Israël » (verus Israel), censé remplacer les « Enfants d’Israël ». Le premier témoin littéraire se trouve chez Justin de Naplouse. Cette doctrine s'appelle le supersessionisme, ou encore la « théologie de la substitution ».

IslamModifier

Ismaël, l'autre fils d'Abraham, a une grande descendance, au sein de laquelle se trouve Mohammed — prophète de l’islam — descendant direct par le fils d'Ismael, Qedar, ancêtre de la tribu de Mahomet.

L’expression « Enfants d’Israël » revient très fréquemment dans le Coran pour désigner la descendance de Ya'qoub (يعقوب, Jacob), fils d'Ishaq (Isaac). Le Coran ne mentionne ni l'origine ni l'époque des enfants d'Israel. Il rappelle qu'ils ont été monothéistes et qu'ils ont trahi Allah en refusant de suivre son prophète Moussa (Moïse). Conséquemment, Allah a les maudits et chassés de l'Eden ("Jardin") qu'ils leur avait accordé.

Autres occurrencesModifier

  • Il existe un groupe ethno-religieux en Afghanistan qui se dénomme Bnei Israel ou Bani Israel (Enfants d'Israël), comme les Juifs. Ce groupe est appelé en français Pashtoun. Certains Pashtounes disent descendre de patriarches des « dix tribus perdues » du royaume d’Israël déportées par les Assyriens.
  • Les Falashas se dénomment Bétä Esraél (Maison d'Israël). Depuis leur immigration en Israël, ils sont de plus en plus souvent appelés juifs éthiopiens.
  • Une des trois mouvances rastafari porte le nom de Twelve Tribes of Israel, c’est-à-dire les Douze Tribus d’Israël (les deux autres mouvances étant les Nyahbinghi et les Bobo Dread).

Notes et référencesModifier

  1. Genèse 32:28 : « Et ton nom ne sera plus Jacob. Désormais, Israël sera ton nom »
  2. Gen. 32:29
  3. Ce qui n’est pas considéré comme une occupation « juste », le prototype biblique du chasseur étant Nemrod

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  • (en) Kulanu (« Nous tous »), un site dont le but était de collecter des informations sur les communautés juives, passées et présentes, à travers le monde mais qui se consacre actuellement davantage au génocide des tutsis.