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Invasion hilalienne de l'Ifriqiya

invasion du Maghreb par les Hilaliens
Mouvements des Hilaliens du Nejd à l'Égypte.

L'invasion hilalienne de l'Ifriqiya est une invasion du Maghreb par les Hilaliens, confédération de tribus arabes bédouines, qui se déroula au XIe siècle. Elle a été organisée par les Fatimides dans le but de punir les Zirides, une dynastie berbère qui avait rompu son lien de vassalité.

Les Fatimides régnant en Égypte avaient confié le gouvernement de la région du Maghreb à une nouvelle dynastie d'émirs berbères : les Zirides. En 1048, ces nouveaux dirigeants rompent avec eux et reconnaissent comme suzerain le calife de Bagdad[1],[2]. Les Fatimides réagissent en 1052[3] en envoyant les Hilaliens piller la région et ravager de nombreuses villes, notamment Kairouan. Les historiens estiment le nombre de ces « envahisseurs » nomades à quelques dizaines de milliers[4]. Les Hilaliens se rattachaient à un ancêtre commun, Hilal, d'où le nom d'invasion hilalienne donné à cette immigration orientale en Afrique du Nord[4].

Après avoir été instrumentalisés par les Fatimides pour déstabiliser les émirs berbères, les Hilaliens ont été « récupérés » par les émirs maghrébins eux-mêmes : « les princes berbères, Zirides, Hammadides, plus tard Almohades et Mérinides, n'hésitent pas à utiliser la force militaire toujours disponible que constituent ces nomades qui, de proche en proche, pénètrent ainsi toujours plus avant dans les campagnes maghrébines. »[4]

Un siècle après leur arrivée en Afrique du Nord, les Hilaliens ont tenté de renverser la dynastie almohade qui avait conquis une grande partie du Maghreb ; ils furent cependant défaits lors de la bataille de Sétif en 1153 et déportés pour certains d'entre eux par les Almohades dans diverses provinces du Maroc. Après la chute de l'empire almohade, les Hilaliens participèrent au pouvoir dans le cadre de nouvelles dynasties fondées par les Hafsides et des Berbères zénètes.

L'invasion hilalienne eut pour conséquence l'arabisation d'une partie plus importante de la population du Maghreb, en particulier de la population berbère nomade[4].

Sources, notes et référencesModifier

  1. Pellegrin 1948, p. 246
  2. Goldziher 2009, p. 23
  3. Limousin 2005, p. 125
  4. a b c et d Camps 1983

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Gabriel Camps, « Comment la Berbérie est devenue le Maghreb arabe », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, no 35,‎ , p. 7-24 (DOI 10.3406/remmm.1983.1979)
  • Arthur Pellegrin, Histoire de la Tunisie : depuis les origines jusqu'à nos jours, Tunis, Librairie Louis Namura,
  • Goldziher Ignaz, Mohammed Ibn Toumert et la thologie de L'Islam dans le nord de l'Afrique au XIe siècle, BiblioBazaar, , 112 p. (ISBN 9781113179814, présentation en ligne)
  • Éric Limousin, 100 fiches d'histoire du Moyen Âge : Byzance et le monde musulman, Paris, Bréal, (présentation en ligne)