Igname
Nom vulgaire ou nom vernaculaire ambigu :
l'appellation « Igname » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Description de cette image, également commentée ci-après
Une vendeuse d'igname au marché de Ferké, en Côte d'Ivoire.

Taxons concernés

« Igname » est un nom vernaculaire ambigu désignant en français plusieurs espèces de plantes appartenant au genre Dioscorea, famille des Dioscoreaceae, cultivées dans toutes les régions tropicales du globe terrestre, dans un but alimentaire, pour leurs tubercules riches en amidon. Le terme désigne aussi le tubercule lui-même consommé comme légume-racine. En Amérique du Nord et au Canada, ce qu'on appelle igname est souvent en fait une patate douce.

EtymologieModifier

« Igname » se traduit par « yam » en anglais. Cela vient d’une racine africaine « nyam » qui signifie « manger » et que l’on retrouve dans plusieurs langues africaines : « yamyam » en haoussa, « nyama » en zoulou.

Parmi le genre DioscoreaModifier

 
Dioscorea sp..

Principales espèces cultivéesModifier

« Ignames » désigne les espèces du genre Dioscorea dont le tubercule est comestible. D'autres espèces de ce genre ont un tubercule toxique et ne sont pas nommées ainsi.

DescriptionModifier

Ce sont des plantes grimpantes, volubiles, souvent dioïques. Les feuilles pétiolées, cordiformes, sont selon les espèces alternes ou opposées. À leur aisselle se développent des bulbilles pouvant servir à la multiplication de la plante, et parfois consommables (Dioscorea bulbifera).

Les inflorescences axillaires sont des grappes ou des épis; les fleurs femelles, trimères, à ovaire infère triloculaire donnent des samares à trois ailes.

Les tubercules de forme variable, ovoïde à oblongue, parfois aplatie ou en forme de massue allongée, peuvent atteindre 1 m de longueur et leur poids, généralement de 3 à 5 kg, aller jusqu’à 15 kg. Ils sont garnis d’yeux comme les pommes de terre. La peau est généralement jaune, mais peut être presque blanche ou plus foncée de brunâtre à noirâtre. La chair est généralement blanche, parfois jaunâtre.

CompositionModifier

La composition chimique des tubercules est voisine de celle des pommes de terre avec environ 25 % d’amidon[1], mais un peu plus de protéines (environ 7 %, quatre fois plus que le manioc[1]). Ils sont très pauvres en matières grasses et en minéraux, et assez riches en vitamine B1 et B6[1].

Certaines variétés, utilisées par l’industrie pharmaceutique, contiennent des substances de trois types :

La diosgénine naturelle de l'igname quant à elle, a montré dans différentes études qu'elle intervient comme antioxydant lipophylique et contribue à la bonne transformation des stérols alimentaires[2], eux-mêmes sources des hormones stéroïdes endogènes.[source secondaire nécessaire]

Les espèces d'ignames pour l'usage alimentaire ou en complément alimentaire sont principalement Dioscorea alata et Dioscorea polystachya.

UtilisationModifier

 
Igname japonais (yamaimo) dans un magasin d'Hamamatsu

Les ignames sont une culture importante dans le monde. La récolte annuelle est d’environ 74 millions de tonnes sur presque 9 millions d’hectares répartis dans 56 pays[3]. Cette culture a néanmoins régressé devant celle du manioc, plus facile à cultiver selon les variétés, les sols…

 
Ignames précoces

Les tubercules riches en amidon sont consommés presque exclusivement dans les régions tropicales.

Les ignames se consomment cuites, braisées, ou frites[1]. Selon les espèces et variétés, le goût est très variable, très agréable, tendre et sucré dans certains cas, farineux, à goût de châtaigne le plus souvent[1]. Certaines espèces sont (en Afrique) âcres ou amères, mais non toxiques.

Les espèces d'igname alimentaire Dioscorea polystachya et Dioscorea alata sont également consommées sous forme d'extrait en complément alimentaire. Les peuples autochtones en font également de la bière traditionnelle, tel le kalali de Guyane.

ProductionModifier

Ignames, production en tonnes et pourcentage de la production mondiale, par pays[3].
1999 2009 2019
  Nigeria 25 873 000 66,3 % 29 091 980 61 % 50 052 977 67,3 %
  Ghana 3 249 040 8,3 % 5 777 850 12,1 % 8 288 198 11,2 %
  Côte d'Ivoire 4 336 165 11,1 % 5 313 381 11,1 % 7 176 762 9,7 %
  Bénin 1 647 010 4,2 % 2 373 799 5 % 3 088 498 4,2 %
  Togo 665 632 1,7 % 704 414 1,4 % 874 267 1,1 %
  Cameroun 261 648 0,7 % 466 749 1 % 685 426 0,9 %
  Tchad 230 000 0,6 % 330 000 0,7 % 564 728 0,8 %
  République centrafricaine 360 000 0,9 % 395 064 0,8 % 511 321 0,7 %
  Colombie 209 440 0,5 % 380 843 0,8 % 409 165 0,6 %
  Papouasie-Nouvelle-Guinée 230 000 0,6 % 322 000 0,7 % 378 116 0,5 %
Autres pays 1 948 653 5 % 2 573 678 5,4 % 2 292 336 3,1 %
Total 39 010 588 100 % 47 729 758 100 % 74 321 794 100 %

Ipomoea batatasModifier

Par extension, en Amérique du Nord et au Québec, ce qu'on appelle « igname » est souvent, en fait, une patate douce. Elle a pris ce nom en raison de sa ressemblance avec les tubercules d'ignames « véritables ».

Importance culturelleModifier

L'igname tient une place importante dans la culture des Igbos, qui organisent traditionnellement la fête du Yam au moment de la moisson de l'igname, en l'honneur d'Ala, déesse de la terre et de la fertilité[4]. L'igname occupe également une grande importance pour les Abelams (en) de Papouasie-Nouvelle-Guinée, pour lesquels l'igname contient l'esprit de leurs ancêtres[1].

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Patrice Godin, Tami tok ː L'année igname en pays kanak, Nouméa, Éditions Province Nord, 2009
  • Kakou Aka et Claude Hélène Perrot, « La fête de l'igname à Arrah », Annales de l'université d'Abidjan, s. I., t. 1, Abidjan, 1972

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f Éric Birlouez, Petite et grande histoire des légumes, Quæ, coll. « Carnets de sciences », , 175 p. (ISBN 978-2-7592-3196-6, présentation en ligne), Légumes d'ailleurs et d'antan, « L'igname : une production très africaine », p. 166-167.
  2. Life Sci. 1996;59(11):PL147-57. Antioxidant activity of dioscorea and dehydroepiandrosterone (DHEA) in older humans.Araghiniknam M, Chung S, Nelson-White T, Eskelson C, Watson RR.Arizona Prevention Center, University of Arizona, School of Medicine, Tucson 85724, USA.
  3. a et b « FAOSTAT, Cultures », sur fao.org, (consulté le 29 décembre 2020).
  4. Moussa Traoré, « Comprendre la trilogie africaine : la culture Igbo », sur lescahiersdelafrique.f, .