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Histoire du mouvement indépendantiste québécois

Cet article contient un résumé de l'histoire du mouvement indépendantiste québécois ainsi que des liens vers des articles donnant plus de détails sur certains aspects du mouvement indépendantiste.

OriginesModifier

Voir : nationalisme québécois

Bien avant la naissance du mouvement souverainiste contemporain dans les années 1960, plusieurs mouvements politiques québécois ont eu pour objectif soit l'obtention de l'indépendance politique des Québécois, soit une plus grande autonomie politique pour ces derniers à l'intérieur de l'Empire britannique. Chronologiquement, on peut songer au Mouvement patriote de la première moitié du XIXe siècle, au mouvement autonomiste lancé par Honoré Mercier après l'affaire Riel en 1885, à la motion Francoeur de 1917 ou aux écrits de Lionel Groulx dans les années 1920. Cependant, le fort appui populaire du mouvement souverainiste et la fin des revendications nationalistes et autonomistes traditionnelles est un phénomène qui apparaît un peu après la Seconde Guerre mondiale.

La décolonisationModifier

Les pionniers du mouvement indépendantiste québécois deviennent actifs durant la période dite de la décolonisation, soit de la fin de la Seconde Guerre mondiale au début des années 1960. Durant cette période, plusieurs anciennes colonies européennes, comme le Cameroun, le Congo, le Sénégal, l'Algérie ou la Jamaïque, obtiennent leur indépendance politique.

Les premiers militants de l'indépendance du Québec considéraient le Québec une colonie du Canada fédéral, lui-même un instrument de l'impérialisme britannique. De nombreux activistes furent influencés par les écrits d'auteurs comme Frantz Fanon, Albert Memmi, Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire et Karl Marx. Pour beaucoup, Cuba était le nouvel idéal.

C'est donc un peu avant et pendant la Révolution tranquille que le mouvement indépendantiste se forge des bases populaires, principalement chez les intellectuels de gauche, les étudiants, et les travailleurs. À cette époque, ni les nationalistes traditionnels de l'Union nationale ni ceux du Parti libéral du Québec ne sont partisans de l'indépendance. Malgré des slogans électoraux tels Maîtres chez nous chez les libéraux, et Égalité ou indépendance chez les unionistes, aucun des deux principaux partis n'articule de politique qui va au-delà de simples demandes de réformes constitutionnelles.

La toute première organisation dédiée à l'indépendance du Québec est l'Alliance laurentienne fondée par Raymond Barbeau le . Cette dernière s'oppose à l'impérialisme anglo-saxon, cependant elle est très loin des idées de gauche de l'époque.

Quelque trois ans plus tard, le , Raoul Roy créait l'Action socialiste pour l'indépendance du Québec (ASIQ).

Vint ensuite le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), fondé le 10 septembre de la même année.

Le , le Comité de libération nationale, puis en novembre le Réseaux de résistance, deux groupes composés de membres du RIN, furent créés pour organiser des actions illégales (mais non-violentes), telles que le vandalisme ou la désobéissance civile.

Peu après l'élection générale du Québec du 14 novembre 1962, le membre du RIN Marcel Chaput fonde le Parti républicain du Québec, qui ne dura cependant pas très longtemps.

En février 1963, le Front de libération du Québec (FLQ) est fondé par trois membres du RIN qui s'étaient rencontrés dans le Réseau de résistance. Ils sont Georges Schoeters, Raymond Villeneuve, et Gabriel Hudon. Le projet politique de l'ASIQ, qui associait indépendance et socialisme fut une source importante d'influence des idées du FLQ. C'est cependant Pierre Vallières qui deviendra le porte-parole felquiste le plus médiatisé, surtout après la parution de son récit autobiographique Nègres blancs d'Amérique, qu'il écrit alors qu'il est en prison.

En 1964, sous la présidence de Pierre Bourgault, le RIN devient un parti politique provincial. En 1965, le Ralliement national (RN), plus conservateur que le RIN, devient à son tour un parti.

La naissance du Parti québécoisModifier

En octobre 1967, René Lévesque quitte le Parti libéral du Québec à la suite du refus de la direction du parti de discuter de son projet de souveraineté-association lors de la convention annuelle de 1967. Avec quelques autres libéraux dissidents, Lévesque fonde le Mouvement Souveraineté-Association(MSA) et tente d'unir les divers partisans de la souveraineté, ce que le RIN tente aussi de faire depuis 1960. La fragmentation des forces indépendantistes, leur marginalité relative sur la scène politique québécoise, préoccupait beaucoup certains leaders du mouvement. Lévesque se disait entre autres particulièrement conscient de la nécessité d'offrir une alternative pacifique crédible au FLQ, qui à l'époque prônait la violence et recrutait principalement chez les étudiants.

En 1968, le MSA tient son premier (et dernier) congrès national dans la ville de Québec. Le RN et le MSA s'accordent sur la création du Parti québécois(PQ), mais sans accord formel avec le RIN. Cependant, plus tard dans le mois, Pierre Bourgault, leader du RIN, dissout son parti et invite les membres à se joindre au PQ.

Le , l'économiste Jacques Parizeau se joint au Parti québécois.

Aux élections générales de 1970, le PQ obtient 23,06 % du vote des électeurs et fait élire sept députés. Réné Lévesque perd par contre l'élection dans la circonscription de Mont-Royal. C'est le libéral André Marchand qui sera élu.

Aux élections générales de 1973, le PQ obtient 30,22 % du vote des électeurs, un gain de 7,2 % par rapport à l'élection précédente. Même si seulement six députés péquistes iront représenter le parti à l'Assemblée nationale, le PQ forme maintenant l'opposition officielle. La distorsion évidente entre l'appui populaire et le nombre de sièges attribué au parti fera de René Lévesque un ardent promoteur d'une réforme du mode de scrutin.

Le référendum de 1980Modifier

Article détaillé : Référendum de 1980 au Québec.

À sa troisième tentative, le Parti québécois obtient finalement la majorité des sièges à l'Assemblée nationale lors de l'élection du . Avec 41,37 % des voix, le parti envoie 71 députés au Parlement du Québec. Faisant perdre de nombreuses plumes à la fois au Parti libéral et à l'Union nationale, qui n'obtinrent respectivement que 33,78 % et 18,20 % des voix. La prise du pouvoir sans opposition du PQ altérera la politique québécoise de façon considérable.

En 1977, le PQ passe trois lois d'importance, soit la Loi sur le financement des partis politiques qui met fin à ce qu'on appelait à l'époque les caisses occultes, la Loi sur les consultations populaires qui vint baliser le processus référendaire, et la fameuse loi 101, la Charte de la langue française, la première véritable politique d'aménagement linguistique du Québec. Le 17 mai, le ministre Robert Burns démissionne en affirmant à la presse que, selon lui, le PQ allait perdre son référendum et ne serait pas réélu par la suite.

Lors du septième congrès national du PQ de juin 1979, les membres adoptent leur stratégie référendaire. Le gouvernement débute alors une campagne de promotion de la souveraineté-association. Le gouvernement fait entre autres connaître la nature des relations économiques et politiques souhaités avec le reste du Canada après l'indépendance. Le projet de souveraineté-association finalisée incluait une proposition d'union douanière et monétaire entre le Québec et le Canada.

Le projet de souveraineté-association est soumis au vote des électeurs québécois lors d'un référendum, le . Le projet est rejeté par 60 % de l'électorat.

En septembre, le PQ crée un comité national des anglophones et un comité de liaison avec les minorités ethniques du Québec, qui ont rejeté le projet péquiste de façon presque unanime. En effet, l'analyse des résultats du vote permet de déceler un clivage important entre la façon de voter des francophones et celle des non-francophones. Malgré l'échec de son référendum, le Parti québécois se pose plutôt en « bon gouvernement » et ne s'engage pas à tenir un référendum lors de son deuxième mandat. Le gouvernement Lévesque étant très populaire, l'électorat le reporte au pouvoir à l'élection 1981 avec une majorité parlementaire plus grande qu'en 1976, et 49,2 % des suffrages exprimés.

Le rapatriement constitutionnel et le « beau risque »Modifier

Articles détaillés : Loi de 1982 sur le Canada et Beau risque.

L'accord de MeechModifier

Article détaillé : Accord du lac Meech.

Le référendum de 1995Modifier

Article détaillé : Référendum de 1995 au Québec.

Période post référendaire (1995 à aujourd'hui)Modifier

Ébauche :

  • 1995-1997 : le Oui est autour de 50 % de la fin 1995 jusqu'à l'arrivée du budget du déficit zéro en 1997
  • 1998 : élection : autre majorité au PQ
  • 1998 : Renvoi relatif à la sécession du Québec
  • 2000 : Loi sur la clarté référendaire au fédéral, conduisant à Loi sur l'exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l'État du Québec au provincial
  • 2003 : élection : défaite du PQ
  • 2004-2005 : scandale des commandites : le Oui redevient temporairement majoritaire
  • environ en 2006, les sondages arrêtent de poser la question référendaire de 1995 telle quelle pour la remplacer par une question plus simple dans laquelle on ne mentionne pas le « Partenariat » : d'une question à l'autre, le Oui est alors de 8 à 12 points plus bas.
  • 2006: Fondation du parti politique Québec Solidaire (QS), Parti de gauche se déclarant indépendantiste.
  • 2007 : élection : le PQ tombe en 3e place, au profit de l’ADQ de Mario Dumont, jusqu'à la fin 2008
  • 2007-2012 : le président de la France prend position contre l'indépendance du Québec, rompant avec la position du « ni-ni » (« ni ingérence ni indifférence ») officiellement en vigueur avant et après cette période.
  • 2011 : fondation de la CAQ et d'ON
  • 2012-2014 : PQ,QS,ON appuient les carrés rouges, contrairement à PLQ,CAQ ; élection : le PQ minoritaire, la « gouvernance souverainiste »,

2014 : L'arrivée de Pierre Karl Péladeau comme candidat péquiste dans Saint-Jérôme fait dévier la campagne du PQ. Le PQ retourne dans l’opposition avec 30 élus, et le PLQ est de retour au gouvernement. ; le Conseil de la Souveraineté du Québec change de mandat et de nom (Organisations unies pour l'indépendance du Québec)

  • 2015-2016 : Pierre-Karl Péladeau à la tête du PQ ; et durant cette période, le Oui remonte ponctuellement à 44 % selon 2 sondeurs différents (Léger et CROP), ce qui est la dernière pointe au dessus de 40 %.
  • 2017 : beaucoup moins de sondages posent la question référendaire : Léger arrête d'en faire une question régulière après le sondage de mars 2017 (qui dit 36% après répartition), mais la repose au moins une fois, en mai 2018 (36 % aussi) ; CROP cesse tout sondage d'intentions de vote après celui de janvier 2017 jusqu'à juin 2018, et à ce retour la question référendaire n'est plus là. D'autres sondeurs arrivent (Mainstreet, Ipsos, Forum) mais ne posent pas cette question. Tentative de convergence entre le PQ, alors dirigé par Jean-François Lisée et QS. Ce dernier rejette le projet. Fusion d’ON avec QS.
  • 2014-2018 : tentatives du Bloc Québécois de devenir plus proactif en matière d'indépendance (élection de Beaulieu comme chef jusqu'à vote de confiance sur Ouellet à 32 % des membres). En mars 2018, Léger dit que les électeurs du Bloc sont à 31 % en faveur (et 69% contre) de mettre la priorité sur « promouvoir la souveraineté » vs « Défendre les intérêts des Québécois ».
  • 2018 : élection : le PQ en 3e/4e place, les électeurs de partis officiellement indépendantistes forment 2 moitiés quasi-égales pour un total de 20 députés. Dirigé par François Legault, ancien ministre péquiste, la CAQ est élu au gouvernement, sous une gouvernance à saveur autonomiste.

Voir aussiModifier