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Henri Ier d'Avaugour

Henri Ier d'Avaugour
Titres de noblesse
Comte
Q67008825
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
Activité
AristocrateVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Enfant
Argent a chief gules.svg
blason
Sceau d'Henri d'Avaugour en 1229.png
sceau

Henri Ier d’Avaugour ( - ), en latin Henricus de Avaugor, fils d’Alain de Goëlo, fut un grand seigneur breton, comte de Penthièvre et de Trégor (avant que ces terres soient confisqués par le duc de Bretagne Pierre Ier) seigneur d’Avaugour, du Goëlo,de Dinan-Bécherel (par son épouse) et de l'Aigle en Normandie (par son grand-oncle Gilbert de l'Aigle). Il fut brièvement désigné comme futur duc de Bretagne (1209-1213).

BiographieModifier

Projet de Mariage avec Alix de ThouarsModifier

À la suite d'un accord conclu sous l'égide de Philippe Auguste avec Guy de Thouars, son père le fiançe en 1209 à l’âge de 5 ans avec la duchesse Alix de Bretagne et lui fait recevoir l'hommage des seigneurs bretons comme futur duc. Avant de mourir en 1212, Alain de Penthièvre désigne Gestin de Coëtmen et Conan de Léon comme tuteurs de son fils.

Guy de Thouars, père d'Alix et gardien du duché en son nom, meurt à son tour en . Alain et Guy disparus, le roi Philippe Auguste a désormais les coudées franches et rompt les fiançailles d’Henri et d'Alix cette même année pour unir la petite duchesse à Pierre de Dreux, dit Pierre Mauclerc, cousin du roi.

Confiscations par Pierre de DreuxModifier

En 1214, Pierre de Dreux refuse l'hommage d'Henri d'Avaugour, alors âgé de 9 ans, pour ses possessions. Le duc de Bretagne n'accepte tout simplement pas le système de succession des Eudonides qui ne reconnaissent que la primogéniture mâle ce qui favorise son épouse Alix de Bretagne descendante elle aussi de la dynastie des Eudonides (branche cadette de la maison de Rennes). Il confisque donc une grande partie de son patrimoine paternel soit le Penthièvre et le Trégor. À commencer par les châteaux de Jugon, Lamballe et Moncontour en Penthièvre et de Minibriac, Guingamp, Belle Isle et Lannion en Trégor. Henri perd des domaines d'une valeur de 4 000 sous de rente et se trouve réduit à la petite seigneurie d’Avaugour en Trégor et à celle du Goëlo.

Conan de Léon, tuteur d'Henri d'Avaugour, tente d'intervenir et entre en rébellion contre le duc Pierre Ier qui s'empare de Lesneven principale place forte du Leon en 1216. Le jeune Henri se réfugie alors chez Juhel III de Mayenne, époux de Gervaise de Dinan et qui avait obtenu en 1210 du roi la garde du Fort Du Guesclin sur la côte près de Saint-Malo afin de protéger Dinan et la région de la Rance.

Juhel III donne à Henri d'Avaugour, Marguerite, sa seconde fille, comme épouse. Il contracta, vers 1220, avec Marguerite de Mayenne, fille puînée de Juhel III de Mayenne et de Gervaise de Vitré, une alliance qui procura la baronnie de Mayenne à son fils. C'est lui et non pas un de ses fils, comme le dit dom Morice, qui était, en 1278, tuteur d'Henri d'Avaugour, seigneur de Mayenne, son petit-fils, cari nepotis nostri, dit-il.

Un acte de 1217 montre pour la première fois Henri utilisant le nom d'Avaugour qui sera conservé par sa descendance[1].

 
Sceau d'Henri d'Avaugour en 1229 sceau : "† • S • HENRICI • DE • AVAVGOR • †" (Sceau d’Henric de Avaugor) contre-sceau : "† SVB MEO SCVTO EST MEVM SECRETV †" (Sous mon écu est mon [sceau] secret)

Guerre civile bretonne de 1230 à 1235Modifier

L’alliance de Pierre de Dreux avec le roi Henri III d'Angleterre incite la régente Blanche de Castille à prononcer sa déchéance en juin 1230. Henri d'Avaugour rejoint l'alliance entre Pierre de Dreux et Henri III, en effet, en mai 1230, il prête hommage au roi d'Angleterre à Dinan.

En octobre 1230, Le château et la ville de Pontorson, possessions d'Henri d'Avaugour (par son épouse Marguerite de Mayenne) sont incendiés par des troupes anglaises commandées par Ranulphe de Chester en provenance de Saint James de Beuvron.

En mai 1231, Henri d'Avaugour rejoint le parti royal. Il prête donc hommage au roi de France Louis IX et obtient :

  • La garde du château de Guarplic (actuel château Du Guesclin commune de Saint-Coulomb)
  • 25 chevaliers
  • 2000 livres tournois
  • 2 chevaux si la guerre continue
  • 30 marcs d'argent en cas de trêve

En représailles, en juillet 1231, Henri III d'Angleterre, confisque les possessions d'Henri d'Avaugour en Angleterre soit l'honneur de Pevensey dans le Sussex.

En février-mars 1234, profitant de la trêve avec Louis IX, l'armée ducale commandée par Normand de Québriac ravage les seigneurie de Goëlo et de Quintin appartenant à Henri d'Avaugour.

Reconnaissance de Jean Ier, duc de BretagneModifier

En 1237 Henri d'Avaugour est présent à Rennes lorsque Jean Ier est reçu comme duc de Bretagne. Il est aussi présent à Paris en 1241 en compagnie entre autres d'André III de Vitré, de Raoul III de Fougères et de Dreux de Mello ou Louis IX accepte l'hommage lige et le serment de fidélité de Jean Ier. Par cet acte les hommes d'armes du duché de Bretagne reconnaissent Jean Ier comme seul duc légitime et renoncent à la tutelle du roi de France[2].

Croisade des Barons de 1239 à 1240Modifier

Le 24 juin 1239, Henri Ier d’Avaugour embarque à Saint-Malo avec Pierre Ier alors simple chevalier connu sous le nom de Pierre de Braine et d'autre barons bretons, dont André III de Vitré et Raoul III de Fougères à destination de Marseille, où ils arrivent en juillet, afin de prendre part à la croisade dite "des Barons". Le 2 novembre les croisés, soit près de 4 000 chevaliers, débarquent à Acre[3],[4].

A son retour de croisade en 1240 il fonde à Plouha en Goëlo la chapelle Kermaria An Iskuit dont les quatre travées et la porte côté ouest sont datées du XIIIe siècle.

SuccessionModifier

En 1264, son fils Alain II d’Avaugour vend la totalité de ses biens en Bretagne notamment les seigneuries de Dinan Nord et Dinan Bécherel au duc Jean Ier de Bretagne contre la somme dérisoire de 16 000 livres tournois, avant de disparaître de l'histoire.

Henri I d’Avaugour engage alors pour le compte de son petit-fils « Henriot » dont il est le tuteur une action en annulation de la transaction devant la Cour de justice du roi à Paris. Cette procédure n’aboutit partiellement qu'après sa mort et une transaction avec le duc de Bretagne par la restitution d’une partie du patrimoine maternel à Henriot.

En 1278, Henri II prend l’habit de moine au couvent des Cordeliers de Dinan vraisemblablement fondé par son fils et non pas par lui comme le veut la légende. En 1278, d'après une charte où il se dit alors novice, in anno probationis statum religionis experientes. L'acte portait le sceau d'Henri d'Avaugour ; il y était représenté en habit religieux, à genoux devant saint François, la légende portant S. Fratris Henrici d'Avaugor.

C’est là qu’il meurt le . Il est inhumé dans la chapelle du couvent où se trouvait son gisant aujourd’hui disparu.

PostéritéModifier

Henri Ier d'Avaugour avait épousé vers 1220 la fille de son tuteur, Marguerite de Mayenne morte en 1238/1256, qui était également l’héritière de la seigneurie de Dinan Bécherel du chef de sa mère Gervaise de Dinan, morte elle-même en 1238. De cette union naquirent trois enfants :

SourcesModifier

  • Frédéric Morvan Les Chevaliers Bretons, entre Plantagenêts et Capétiens, du milieu du XIIe siècle au milieu du XIIIe siècle. Coop Breizh 2014.
  • Stéphane Morin Trégor, Goëlo, Penthièvre. Le pouvoir des Comtes de Bretagne du XIe au XIIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes et Société d’Émulation des Côtes-d'Armor, 2010.

Notes et référencesModifier

  1. Frédéric Morvan, Les Chevaliers Bretons, entre Plantagenêts et Capétiens, du milieu du XIIe siècle au milieu du XIIIe siècle, Coop Breizh, (ISBN 978-2-84346-670-0), p. 113
  2. Frédéric Morvan, Les Chevaliers Bretons, entre Plantagenêts et Capétiens, du milieu du XIIème siècle au milieu du XIIIème siècle, Coop Breizh, (ISBN 978-2-84346-670-0), p. 199
  3. Eric Borgnis Desbordes, Pierre Ier de Bretagne (1213-1237) Pierre de Dreux, un Capétien sur le trône ducal, Yoran Embanner, (ISBN 978-2-916579-47-4), p. 239
  4. Frédéric Morvan, Les Chevaliers Bretons, entre Plantagenêts et Capétiens, du milieu du XIIème siècle au milieu du XIIIème siècle, Coop Breizh, (ISBN 978-2-84346-670-0), p. 199-200