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Bécherel

commune française d'Ille-et-Vilaine
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Bécherel
Bécherel
Place de Bécherel.
Blason de Bécherel
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Arrondissement Rennes
Canton Montauban-de-Bretagne
Intercommunalité Rennes Métropole
Maire
Mandat
Mélina Parmentier
2014-2020
Code postal 35190
Code commune 35022
Démographie
Gentilé Bécherellais
Population
municipale
673 hab. (2016 en diminution de 9,79 % par rapport à 2011en diminution de 9,79 % par rapport à 2011)
Densité 1 346 hab./km2
Population
aire urbaine
654 478 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 17′ 46″ nord, 1° 56′ 38″ ouest
Altitude 166 m
Min. 113 m
Max. 177 m
Superficie 0,5 km2
Localisation

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Liens
Site web http://mairie-de-becherel.fr

Bécherel est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en Région Bretagne.

Peuplée de 673 habitants, elle fait partie depuis 2014 des communes de Rennes Métropole. Elle est la plus petite commune (en superficie) du département.

Labellisée Petite Cité de Caractère et Cité du livre (Bécherel compte plusieurs librairies, bouquineries, café-lecture, artisans d'art...), la vieille ville a conservé un bel ensemble de maisons anciennes des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles.

GéographieModifier

Entre Rennes et Dinan, Bécherel domine la vallée de la Rance. Bâtie sur une colline à 176 mètres d'altitude, elle est une ancienne place forte dont quelques vestiges subsistent. Des rues aux vieilles maisons en granit rappellent le passé de la cité : on y cultivait le lin et y filait le plus beau fil de Bretagne. Du jardin du Thabor la vue s'étend vers Dol-de-Bretagne, Dinan et Combourg.

Patrimoine paysagerModifier

Le village de Bécherel est situé au sein des collines de Bécherel, à la limite entre les bassins versants de la Rance et du Meu. Ces collines forment en fait un plateau, dont le nord est marqué par une crête étroite qui dessine de petites collines. Le village occupe la plus haute de ces collines ; le point culminant est occupé par le Parc du château de Caradeuc, qui forme un belvédère au-dessus des vallons de Saint-Thual. Bécherel, comme les autres bourgs de ce terroir, est construit à flanc de la colline qu'elle occupe presque entièrement. Plus bas, on trouve un habitat de fermes isolées, alternant avec des cultures céréalières parfois entourées de bocage[1].

L'habitat pavillonnaire tend à s'étendre autour du bourg, les parcelles agricoles à s'étendre et le bocage à disparaître. L'urbanisation modérée devient un élément prégnant du paysage[2].

TransportModifier

Depuis le 1er janvier 2014, à la suite de son entrée dans Rennes Métropole, la commune est desservie par le réseau STAR par la ligne 82 : Miniac-sous-Bécherel <> Bécherel <> La Chapelle-Chaussée <> Langan <> Romillé <> Rennes (Villejean-Université), ainsi que la ligne 7 du réseau départemental Illenoo qui effectue uniquement les montées et descentes de voyageurs depuis et vers Dinan/Dinard.

Le bourg est traversé du sud-ouest au nord-est par la D20, qui la relie à La Baussaine et Tinténiac. Cette route se croise en bordure nord-est de la commune avec la D27 et la D68, qui conduisent vers le sud-est à La Chapelle-Chaussée et vers le nord-ouest vers Longaulnay, et, plus loin via la D2, vers Evran et Dinan.

Cadre géologiqueModifier

 
Carte géologique du Massif armoricain, avec au nord-est le batholite mancellien et ses nombreux plutons de granite cadomien (Lanhélin, Bécherel, Louvigné, Vire, Avranches…). Ce batholite dessine une ellipse de 150 km (d'Alençon à la Rance) sur 90 km (de Vitré à Vire)[3]. Par souci de clarté, toutes les auréoles de métamorphisme ne sont pas représentées.

Géomorphologiquement, Bécherel est localisée dans le domaine nord armoricain (domaine qui se suit depuis le Trégor jusqu'au Cotentin et se poursuit sous le bassin de Paris), dans la partie orientale du Massif armoricain qui est le résultat de trois chaînes de montagne successives. Le site géologique de Bécherel se situe plus précisément sur un massif granitique cadomien, pluton limité au sud et au nord par un bassin sédimentaire essentiellement briovérien. Ce massif de Hédé-Bécherel fait partie d'un ensemble plus vaste, le batholite mancellien[4],[5], qui est le témoin le plus occidental des plutons mancelliens et flanque au Nord le synclinorium paléozoïque du Ménez—Bélair (partie centrale d'une unité plus vaste, le synclinorium médian armoricain)[6]. Le territoire bécherellais est ainsi constitué d'un plateau de 130 mètres d'altitude moyenne, correspondant au massif granitique occidental (allongé est-ouest[7], de 30 km de long et 2 à 3 km de large) qui représente un des apex affleurants du batholite mancellien, et au Nord et au Sud, d'un plateau de 50 mètres d'altitude moyenne, correspondant à ce bassin sédimentaire[8].

L'histoire géologique de la région est marquée par la chaîne dite « cadomienne » (du nom latin de Caen, Cadomus) vieille d’environ 600 millions d'années. À la fin du Précambrien supérieur, les métasédiments briovériens environnants (grès, schistes, micaschistes) sont fortement déformés, plissés et métamorphisés par le cycle cadomien. Cette chaîne montagneuse, qui devait culminer à environ 4 000 m, donne naissance à des massifs granitiques (batholite côtier nord-trégorrois, granite de Saint-Brieuc, immense batholite mancellien formé de nombreux plutons granitiques) produits par le surépaississement crustal. Ces intrusions vers 540 millions d'années[9], de magmas granitiques issus du vaste batholite mancellien, développent un métamorphisme de contact : le refroidissement des masses granitiques à des températures de l'ordre de 700 °C et à des profondeurs de l'ordre de 4 km dans l'écorce terrestre, font que les schistes briovériens, tendres et friables, sont transformés par « cuisson », variable selon la distance du massif granitique : intense et forte à proximité, cette cuisson donne les cornéennes, roches dures et compactes ; moindre et atténuée à quelques kilomètres du massif, elle donne des schistes tachetés (d'où une double auréole de cornéennes et de schistes tachetés dans le bassin sédimentaire)[10]. Ce thermométamorphisme développé par l'intrusion du granite a ainsi provoqué la cristallisation de minéraux nouveaux (biotite, andalousite), soulignant l'ancien litage sédimentaire. Ces deux roches magmatique (granite) et métamorphique (cornéenne, schiste tacheté) affleurent suite à de longs processus d'érosion qui ont aplani les reliefs anciens[11],[12]. Le vaste développement des roches thermométamorphiques montre que ce granite présente un « toit » plus ou moins parallèle à la surface topographique actuelle. Il est d'ailleurs probable que le massif de Bécherel et de Dingé se relient en profondeur à celui de Lanhélin[13].
L'arénisation[14] de ce granite a vraisemblablement débuté au Pliocène, sous l'action de climats tempérés chauds et humides, et se poursuit encore actuellement mais sous forme atténuée. L'altération a également transformé les roches métasédimentaires en formations argilo-sableuses. Enfin, au Plio-quaternaire, les roches du substratum sont localement recouvertes par des dépôts récents issus de l’action du vent (lœss), de mouvements et transports sur les versants (colluvions), et des cours d'eau (alluvions)[15].

Pétrographiquement, le granite de Bécherel représente une granodiorite quartzique à texture grenue, au grain moyen (minéraux de quartz, feldspath et mica noir de 2 à 3 millimètres), avec biotite, cordiérite altérée (en pinite) et un peu de pyrite disséminée ; le géologue y observe une fréquence de petites enclaves schisteuses du Briovérien métamorphique, ainsi que d’enclaves quartzeuses. Le cisaillement nord-armoricain affecte le granite de puissants filons quartzeux, en sus de la cataclase ou de la bréchification[13]. La région est traversée par un champ filonien de dolérites dont « l'altération donne un aspect de pain d'épice à la roche ; le cœur de certaines « boules résiduelles » est peu altéré et la dolérite apparaît alors avec sa teinte vert-bleuté[16] ».

Économiquement, l'exploitation des roches locales a donné lieu à l'existence de nombreuses carrières (granite non comme roche ornementale mais pour moellons et pour granulat provenant de l'arènes, filons quartzeux et cornéennes principalement pour l'empierrement). « Les aptitudes architectoniques médiocres du granite de Bécherel (teinte brunâtre peu agréable due à la météorisation, cataclase, fréquence des enclaves…) ont conduit souvent les bâtisseurs d’églises à faire appel, en sus, à d’autres roches, plus ou moins lointaines mais de meilleure qualité. C’est ainsi qu’ont été recherchés les granites du massif de Dingé (à nuance bleutée) et ceux du massif hercynien de Dinan (Le Hinglé, à grain moyen, très légèrement bleuâtre ; Brusvily, aux longs feldspaths blanchâtres ; Languédias, à grain fin, blanc-gris clair) »[17].

Touristiquement, les principaux aspects de la géologie du Nord de Rennes peuvent être abordés au cours de promenades géologiques qui permettent d'observer sur un espace réduit du territoire bécherellais, des roches d'âge et de nature différents, témoins de phénomènes géologiques d'ampleur (magmatisme, tectogenèse, métamorphisme, érosion…)[16].

ToponymieModifier

Attestations anciennes[18].


  • Becherel en 1150 ;
  • Becherel en 1281 ;
  • Becherello en 1371.

Article connexe : toponymie bretonne.

Le nom de la localité est attesté sous sa forme actuelle dès 1150[19].

Il existe de nombreux hameaux un peu partout au nord de la France, du type Bécherelle, Bécheret (Ain, Saint-Trivier ; Eure-et-Loir, Bécherel en 1670 ; Marne, Conflans, de Bécherele vers 1146, etc.), Béchereau, Becquerel(le) (forme normanno-picarde). Ce type toponymique, étant donné sa répartition, n’est pas un dérivé du vieux norrois bekkr « ruisseau » et cela, contrairement à ce qu'affirment certaines sources non spécialisées en toponymie[20],[21]. Il a été bien étudié par les toponymistes depuis Auguste Vincent et son emploi en toponymie n'est pas attesté avant le XIIe siècle. Il s’agit soit d’un dérivé, double suffixation -er-el, de bec au sens français du terme avec une valeur topographique, qui a pu aussi servir à désigner des moulins[22] ou encore du nom de personne fréquent Bécherel, dérivé de Bec(q) également patronyme, et qui signifie « celui qui a la parole facile, allant jusqu’à la médisance » (cf. la phrase de Villon « il n’est de bon bec que de Paris ») et dont l'emploi comme nom de lieu de manière absolue correspond à une pratique généralisée en toponymie[23].

HistoireModifier

Moyen ÂgeModifier

La région de Bécherel formait au haut Moyen Âge le pagus Orcheus, un pays historique qui était un pagus, c'est-à-dire une subdivision administrative de la Domnonée[24].

En 1124, Alain de Dinan reçoit en partage la terre de Bécherel et y fait élever, dominant la vallée, un château en pierre autour duquel se développe la cité. En 1168, Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre s'empare de la ville, très convoitée pour sa position stratégique, et la fait fortifier.

La situation stratégique de Bécherel, en haut d'un promontoire rocheux qui permet de surveiller jusque vers Dinan au nord, en fait l'objet des convoitises pendant les guerres du Moyen Âge. La ville est assiégée quatre fois entre le XIe et le XVe siècles[25], notamment pendant la guerre de Succession de Bretagne : les Anglais, alliés de Jean de Monfort, occupent Bécherel. En 1363, Charles de Blois, accompagné de Bertrand Du Guesclin, assiège la ville, mais Jean de Montfort rassemble des troupes et vient les contre-assiéger. Les deux parties décident de régler leur différend sur les landes d'Évran, non loin de Bécherel, mais les évêques interviennent, et un partage de la Bretagne est décidé entre les Monfort et les Blois. En avril 1371, Olivier V de Clisson met à nouveau le siège devant la ville occupée par les Anglais. Il est rejoint en août par Bertrand Du Guesclin. En 1373, le château fort est encore assiégé par les Français. Bécherel est aux mains des Français en 1374.

Époque moderneModifier

En 1419, Anne de Laval, baronne de Bécherel, restaure les fortifications de la ville, mais au XVIe siècle, la place tombe en ruine. Entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle, grâce à la culture et au tissage du lin et du chanvre, Bécherel est prospère. Le blocus continental imposé par Napoléon et la concurrence du coton vont amener le déclin de ces cultures.

Révolution françaiseModifier

La population de la commune est favorable aux changements apportés par la Révolution française, surtout après la fin de la Terreur. La principale fête révolutionnaire est celle célébrant l’anniversaire de l’exécution de Louis XVI, accompagnée d’un serment de haine à la royauté et à l’anarchie, fêtée à partir de 1795[26].

Le XIXe siècleModifier

 
Bécherel fut desservi par une ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique des Tramways d'Ille-et-Vilaine qui la reliait à Rennes de 1902 à 1947.

Au XIXe siècle, la création d'une tannerie, d'une galocherie et d'une usine de fabrication de machines agricoles relance l'économie locale.

Le XXe siècleModifier

En 1914, une laiterie ouvre ses portes et fonctionne jusqu'en 1971. En 1978, la commune adhère à l'association des Petites Cités de Caractère de Bretagne.

Implantée depuis 1986, l'association Savenn Douar, « le tremplin », lance l'idée de faire une Cité du Livre. Dans les années qui suivent, plusieurs libraires, bouquinistes et artisans des professions du livre s'installent à Bécherel.

Politique et administrationModifier

Les dix communes du canton de Bécherel ont créé en 1990 le syndicat intercommunal pour le Développement du Pays de Bécherel qui s'est transformé le 1er janvier 1994 en communauté de communes du Pays de Bécherel[27].

Celle-ci a été dissoute au 1er janvier 2014 et Bécherel, ainsi que Romillé, Langan, La Chapelle-Chaussée, Miniac-sous-Bécherel ont intégré la communauté d'agglomération Rennes Métropole[28], [29].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1886 1911 Alexandre Jehanin - -
1911 1942 Xavier Jehanin - -
Les données manquantes sont à compléter.
19.. 1995 Tanguy de Kernier DVD -
1995 2014[30] Bernard Leroy DVD Retraité
mars 2014[31] En cours
(au 1er avril 2014)
Mélina Parmentier DVD conseillère clientèle en banque

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[32]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[33].

En 2016, la commune comptait 673 habitants[Note 1], en diminution de 9,79 % par rapport à 2011 (Ille-et-Vilaine : +5,55 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
882493655690802817844836895
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
820818780816740760798846852
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
855890793788709723724733633
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
659626543528599660745758678
2016 - - - - - - - -
673--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[34] puis Insee à partir de 2006[35].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

ÉducationModifier

Il y a dans la commune de Bécherel une école maternelle publique, située 2 chemin de la Roncette, ainsi qu'une école élémentaire privée sous contrat, l'École Notre-Dame, 29 rue de la Libération[36],[37].

Pour l'enseignement secondaire public, la commune est rattachée au collège Jacques Prévert de Romillé et au lycée René Cassin de Montfort-sur-Meu[38].

SantéModifier

La commune dispose d'un cabinet médical, d'une pharmacie, d'un cabinet vétérinaire et d'un service d'ambulances, ainsi que d'infirmières[39]. L'hôpital le plus proche est le centre hospitalier de Pontchaillou à Rennes. Y sont également installés un ostéopathe, ainsi qu'une maison de retraite[40].

CultesModifier

La commune relève de la paroisse catholique Saint-Joseph de La Tour. La messe anticipée du dimanche est célébrée à l'église paroissiale Notre-Dame tous les samedis soir à 18h30. Une troménie y a également lieu tous les 15 aoûts[41].

La communauté israélite la plus proche est située à Rennes[42], Il y a des communautés protestantes à Rennes[43], Dinard et Saint-Malo[44].

SportsModifier

Il y a à Bécherel un terrain de tennis, ainsi que diverses associations sportives, parmi lesquels des clubs de VTT, de yoga, de judo, de tir à l'arc et une école de danse[45].

ÉconomieModifier

Culture et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

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La commune ne compte aucun bâtiment protégé au titre des monuments historiques. Cependant, on y voit de nombreux bâtiments anciens, et la commune appartient au réseau des Petites Cités de Caractère bretonnes.

Parmi eux, les restes des anciennes fortifications médiévales : subsistent en effet une partie des remparts urbains et les ruines de l'ancien donjon construit par le seigneur de Dinan au XIIe siècle[46]. Les anciennes portes, dites porte Berthaut et porte Saint-Michel, ont été détruites au XIXe siècle[47].

Le village de Bécherel abritait autrefois un prieuré bénédictin, dépendant de l'abbaye de Marmoutiers et fondé par Rolland de Dinan en 1164[48]. L'église paroissiale Notre-Dame est l'héritière de l'église priorale mentionnée au XIIe siècle. Elle comprend un clocher-porche dont les premiers niveaux ont été construits au XVIIe siècle. Le reste de l'église priorale a été entièrement détruit et reconstruit en 1866 sous la direction de Jacques Mellet. La flèche du clocher a été construite par Arthur Regnault en 1898[49]. Dans l'église, on trouve deux cuves baptismales qui remontent aux XIIe et XVIIe siècles[50].

Du prieuré subsiste également la chapelle Saint-Jacques, reconstruite au XVIIe siècle, aujourd'hui transformée en maison d'habitation[48].

Le village accueillait un autre établissement religieux : une maison fondée en 1705 pour accueillir des retraites spirituelles, et confiée en 1720 à la congrégation des sœurs de Saint-Thomas de la Villeneuve. Le bâtiment qui accueillait les retraites est agrandi et presque entièrement reconstruit au cours du XIXe siècle[51]. Les religieuses quittent les lieux en 1973 ; le bâtiment accueille aujourd'hui une maison de retraite pour personnes âgées[50].

En outre, la vieille ville offre un bel ensemble de maisons anciennes des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Dix-sept de ces maisons ont fait l'objet d'une étude par le service de l'inventaire général du patrimoine culturel en 1983-1984. Elles sont situées rue de la Filanderie, rue de la Chanvrerie, rue de la Beurrerie, place de la Croix, place Alexandre Jehanin, porte et rue Saint-Michel et chemin de la Coquerie. Trois seulement sont construites en pan de bois ; la plupart sont bâties en granite beige, caractéristique de Bécherel ; à partir du XIXe siècle, le granite bleu des carrières du Hinglé (Côtes-d'Armor) y est associé pour les portes et fenêtres[52].

Les plus notables sont :

  • La maison du Gouverneur, 1 rue de la Filanderie, construite au XVIe siècle, est le seul bâtiment de la ville en tuffeau.
  • L'ancienne Hostellerie de l'Écu de Laval, 3 rue de la Filanderie, a été construite aux XVIe et XVIIe. Elle est l'un des rares exemples de construction en pans de bois à Bécherel.
  • Une ancienne maison de tisserand, au lieu-dit La Ville-Malet, témoigne de l'importance de l'activité de tissage dans l'économie de Bécherel au XVIe siècle.
  • La maison du 11 rue de la Filanderie, typique des maisons bécherelaises du XVIIe siècle[50].

Près de l'ancienne maison de tisserand se trouve le lavoir du XIXe siècle[50].

La croix du cimetière, cerclée et à cupules, pourrait remonter au Moyen Âge. Une croix similaire se trouve dans la commune voisine de Plouasne[50]. Le jardin du Thabor occupe les lieux de l'ancien cimetière.

Enfin, dans les actuels faubourgs de la ville, la ferme des Saules a été construite au XVIIe siècle[53].

Equipements culturelsModifier

La commune de Bécherel dispose d'une bibliothèque, située Square du docteur Lambert, ouverte 7h30 par semaine.

Un théâtre y a été construit en 1937 par le curé de la paroisse, l'abbé Monnier, sur sa fortune personnelle. S'y produisent notamment les troupes ArtComédia et Théâtre Berloul.

Un lieu d'accueil et de médiation, la Maison du Livre et du Tourisme, abrite un accueil, un espace de médiation sur l'histoire de Bécherel, une salle d'exposition et un auditorium de quatre-vingts places[54].

Bécherel, Cité du LivreModifier

La commune, Cité du Livre, accueille une quinzaine de librairies et de bouquinistes, ainsi que d'autres professions et artisans d'art dans le domaine du livre.

Créée par Colette Trublet en 1989, « Savenn Douar »[55] association loi 1901, a pour objectif de mettre en place une entreprise culturelle en milieu rural afin de créer une dynamique favorable à la création d'emplois pour revitaliser le centre ancien de Bécherel qui se désertifiait depuis les années 1960.

En 1989 la première fête du Livre, et le projet de « Bécherel, Cité du Livre » est lancé, avec dépôt de la marque à l'INPI. Trois librairies sont ouvertes, dont celle de l'association. Une relieuse et un bouquiniste indépendants de l'association s'installent dans la ville, suivis l'année suivante par des libraires et bouquinistes. En 1993, une nouvelle association est créée, le comité de concertation pour le développement de Bécherel Cité du Livre. Elle prend en charge l'organisation des activités culturelles et des événements. La création de la Maison du Livre et du Tourisme en 2011 témoigne de la reconnaissance du rôle de la Cité du Livre dans le développement local[56].

Chaque année, la Fête du Livre de Bécherel se déroule le week-end de Pâques, et outre la quinzaine de libraires et bouquinistes ouverts toute l'année, un marché du livre a lieu tous les premiers dimanches de chaque mois. D'autres rendez-vous festifs ont lieu tout au long de l'année : la Nuit du Livre en août, Lire en Fête en octobre, et Trésors de Bécherel en décembre[57].

Personnalités liées à la communeModifier

HéraldiqueModifier

  Blason De gueules à la croix ancrée d’argent chargée de cinq mouchetures d’hermine de sable[58],[GB 1].
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Ce sont les armes de la famille de Dinan, premiers seigneurs de Bécherel au XIIe siècle.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Atlas des paysages d’Ille-et-Vilaine, « Analyse paysagère des Collines de Bécherel », sur www.paysages-ille-et-vilaine.fr, (consulté le 27 juillet 2017)
  2. Atlas des paysages d’Ille-et-Vilaine, « Dynamiques, enjeux et pistes d’action : Collines de Bécherel », sur www.paysages-ille-et-vilaine.fr, (consulté le 27 juillet 2017)
  3. Gérard Bellion, Paul Dadet et al., Carte géologique de la France au 1/50000 Fougères 13-17, éditions du BRGM, 1981, p. 5
  4. De Mancellia, nom latin de la région du Maine, domaine structural de la partie nord-est du Massif armoricain dénommé en 1949 par le géologue Pierre Pruvost. Cette province magmatique est caractérisée par un Précambrien récent au sein duquel se sont mis en place des granitoïdes intrusifs antérieurement au dépôt des terrains paléozoïques ; ce domaine surélevé a été épargné par les transgressions marines du Cambrien.
  5. Jonin M., 1981 – Un batholite fini-précambrien, le batholite mancellien (Massif armoricain, France), thèse de doctorat-ès-Sciences naturelles, Brest : université de Bretagne occidentale, 338 p.
  6. F. Paris, P. Jegouzo, J. Estéoule-Choux, Carte géologique de Caulnes no 281 (IGN 11-17), éditions du BRGM, 1977, p. 2
  7. Cet allongement résulte en partie de la tectonique cassante varisque.
  8. Jacques Bouffette, Sylvain Blais, Jean Hérisset, Promenade géologique à Fougères, Biotope, , p. 4.
  9. (en) Pasteels P., Doré F. (1982) - Age of the Vire-Carolles granite. In: G.S. Odin (ed,), Numerical dating in Stratigraphy, 2, 784-790.
  10. Ces deux roches métamorphiques sont exploitées dans la carrière du Gué-Morin à Vieux-Vy-sur-Couesnon. « En fonction de l'état de l'exploitation on peut parfois distinguer des plis isoclinaux resserrés, antérieurs au métamorphisme de contact et résultant de la tectogenèse cadomienne ». Cf Hubert Lardeux, Claude Audren, Bretagne, Masson, , p. 96.
  11. (en) Richard Simon D'Lemos, The Cadomian Orogeny, Geological Society Publishing House, , p. 128.
  12. Hubert Lardeux, Claude Audren, Bretagne, Masson, , p. 30.
  13. a et b F. Paris, op. cit., p. 5
  14. La fraction fine de l'arène est principalement constituée de kaolinite.
  15. F. Paris, op. cit., p. 24
  16. a et b Hubert Lardeux, Claude Audren, Bretagne, Masson, , p. 96.
  17. Louis Chauris, « Pour une géo-archéologie du patrimoine : pierres, carrières et constructions en Bretagne », Revue archéologique de l'Ouest, vol. 31,‎ (DOI 10.4000/rao.2755).
  18. « Résultats concernant « Bécherel » », sur la base KerOfis, Office public de la langue bretonne (consulté le 22 février 2019).
  19. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 66b
  20. Jean-Christophe Cassard, Le siècle des Vikings en Bretagne (lire en ligne)
  21. En outre, aucun toponymiste ne mentionne une « toponymie viking » en Bretagne, car il s'agit en réalité de termes romanisés issus, certes, parfois du vieux norrois (cf. la Hogue, le Homme, les Mielles), mais qui se sont diffusés à partir du Duché de Normandie au moment de son expansion. Il est en outre assez significatif de constater qu’il y en a aucun dans la région de Nantes, où l'on sait par ailleurs qu'une communauté viking s'est maintenu assez longtemps pour y diffuser des techniques maritimes d’origine scandinave.
  22. Auguste Vincent, Toponymie de la France, Bruxelles, 1937, 418 p.; reprint Gérard Montfort, 1984.
  23. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit.
  24. Philippe Jouët et Kilian Delorme, "Atlas historique des pays et terroirs de Bretagne", Skol Vreizh, 2007, (ISBN 978-2-915623-28-4)
  25. Dictionnaire d'histoire de Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, , p. 95
  26. Louis Dubreuil, « Fêtes révolutionnaires en Ille-et-Vilaine », in Annales de Bretagne, volume 21, tome 4, 1905, p. 398-399
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  57. Groupement des Professionnels du Livre de Bécherel
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Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

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BibliographieModifier

  • Abraham (J.-P.). Bécherel, cité du livre, ArMen, no 36, 1991.
  • Sparizo (F.). Bécherel. Un village à livre ouvert, Ed. Christel, Saint-Malo, 1999, 48 p.
  • Martin (C.), Trublet (C.). Bécherel, cité du livre : dix ans d'histoire, Le Pays de Dinan, no 19, 1999.
  • Ronan Leprohon, « Bécherel, cité du livre », Le Peuple breton, Presses populaires de Bretagne, no 503,‎ , p. 17 (ISSN 0245-9507)
  • Christine Quinet, Le Pays de Bécherel, Joué-lès-Tours, A. Sutton, (ISBN 2-8425-3275-9).
  • Camille Loré et Georges Monti (dir.) (Mémoire de DUT Métiers du Livre), La Cité du Livre de Bécherel, Université Bordeaux III, .
  • Jean Meyer, Le Pays de Bécherel, Rennes, Ouest-France, (ISBN 2-85882-047-3)

Liens externesModifier


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