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Abbaye Saint-Èvre de Toul

abbaye qui était située en Meurthe-et-Moselle, en France

Abbaye Saint-Èvre de Toul
Église Saint Évre
Église Saint Évre

Ordre Ordre bénédictin
Fondation 579
Fermeture 1791
Diocèse de Toul
Fondateur Saint-Èvre de Toul
Dédicataire Saint-Èvre de Toul
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Commune Toul
Coordonnées 48° 40′ 13″ nord, 5° 53′ 01″ est

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L'abbaye de Saint-Èvre (Saint-Epvre) est une ancienne abbaye bénédictine, située dans la région de Lorraine, sur le territoire de la commune de Toul, en Meurthe-et-Moselle. Aujourd'hui, le site est diversement occupé.

Sommaire

Origine et développementModifier

L'abbaye Saint-Èvre de Toul tire son nom de saint Èvre de Toul , septième évêque de cette ville mort en 507[1]. Il en a jeté les fondements. Toutefois, en réalité il fit construire une église qu'il dédia à saint Maurice, à l'extérieur du Châtel de Toul et lorsqu'il y fut enterré celle-ci prit alors le nom de Saint-Èvre.

C'est plus tard, Frothaire, évêque de Toul au début du IXe siècle qui pérennisera la fondation d'une abbaye en appliquant les dispositions par lesquelles l'empereur Louis le Pieux ordonnait le rétablissement de l'ordo regularis dans tous les pays de l'empire carolingien : l'abbaye doit suivre la règle de Saint Benoît et se trouve dotée de moyens de subsistance.

Des évènements historiques affectant la région touloise mèneront l'établissement à renaitre plusieurs fois de ses cendres : en 889, Toul est ravagée par les Normands et en 917, l'abbaye est détruite par les Hongrois.

L'évêque de Toul, Gauzelin, réforme l'institution entre 934 et 936. Au-delà du culte de saint Èvre, il lui donne la mission d'une abbaye-école, chargée de la réforme bénédictine en nommant l'abbé Archambault, appelé du monastère de Fleury-sur-Loire.

C'est dans ce dernier cadre de renouveau monastique qu'il faut placer la fondation de l'autre abbaye de Toul : Saint Mansuy.

Une nouvelle église fut commencée en 1561 par Jacques de Tavagny[2], abbé de Saint-Èvre, après la destruction de son église abbatiale en 1552 lors du siège de Toul par Charles Quint. Les offices se tenaient alors dans le réfectoire commun.

Outre les bâtiments abbatiaux traditionnels, il y avait antérieurement un hôpital pour recevoir les pauvres et les pèlerins (xenodochium) et d'autres bâtiments agricoles, un cimetière, une cour. L'ensemble était clos de murs pour une surface proche de 5 hectares.

L'abbaye adhéra à la congrégation de Saint-Vanne en 1611.

Production littéraireModifier

Vers 1043 un moine de l'abbaye a écrit, de manière anonyme, un poème en latin de plus de 1 200 vers hexamétriques contant les aventures d'un veau s'échappant de son étable pour ensuite rencontrer un loup[3]. (L' Ecbasis)

Il s'agit donc d'une fable animalière allégorique à la manière du Roman de Renart qui se diffuse en occident quelque temps après la réalisation de ce poème.

Une copie manuscrite de cette œuvre a été retrouvée bien plus tard dans les fonds d'origine bourguignonne de la bibliothèque royale de Bruxelles par l'un des frères Grimm[4].

Après la RévolutionModifier

Aux termes des lois de 1789 et 1790 relatives aux biens nationaux et leur vente, les biens de l'abbaye furent vendus et les registres, papiers, terriers, et chartes non détruits furent versés aux archives départementales de Meurthe-et-Moselle (série H)

Après la destruction de l'abbaye Saint-Èvre à la Révolution, l'église paroissiale fut transformée en logements. Les paroissiens du faubourg Saint-Èvre se cotisèrent donc pour construire en bordure de la rue Albert-Denis une église néo-romane dédiée à saint Èvre. L'édifice est âgé d'à peine plus d'un siècle.

Un peu plus loin, dans cette même rue, on peut voir un logis type renaissance accolé à un porche d'entrée gothique qui appartenait à l'ancienne abbaye (phase 2) et qui date du XVIe siècle quand Jacques de Tavagny fit reconstruire les bâtiments abbatiaux après l'installation des français à Toul en 1552.

En mai 1974, à l'occasion de travaux préparatoires à la construction d'une maison de retraite, on a pu reconnaître et fouiller[5] 21 sépultures du haut Moyen Âge, vraisemblablement sous l'ancienne église abbatiale du monastère (VIIe siècle).

Liste des abbésModifier

Liste chronologique des abbés[6] :

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GalerieModifier

RéférencesModifier

  1. Augustin Calmet, Notice de la Lorraine - tome second (2e édition), Chw M"'. Gorge, libraire-éditeur, Grande-Rue n° 23 Luneville, , 515 p. (lire en ligne), Abbaye de Saint - Evre. — L'abbaye de Saint-Èvre, ou Saint-Aper, située près la ville de Toul et au midi (P584)
  2. Société d'archéologie lorraine, Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, Gallica - http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32813273q, A. Lepage (Nancy), 1859-1940, 406 p. (lire en ligne), P 270
  3. M. Hachet, « Une épopée animale écrite à Toul au Xe siècle », Revue du cercle d'études touloises,‎ , p. 43-46 (lire en ligne)
  4. « Le texte en ligne sur le site de la "bibliotheca Augustana" », sur https://www.hs-augsburg.de/~harsch/a_alpha.html (consulté le 27 septembre 2015)
  5. in Cercles d'études touloises - 1974 et suivants - lire en ligne [1]
  6. Guillaume, Pierre-Étienne (1803-1883), Histoire du diocèse de Toul et de celui de Nancy : depuis l'établissement du christianisme chez les Leuci, jusqu'à nos jours : précédée d'une dissertation historique sur l'antiquité de l'église de Toul, Tolbiac - Rez-de-jardin - magasin 8- LK3- 823 support : livre, Nancy : Thomas et Pierson, 1866-1867, , 506 p. (ISBN 9781167708503), (p. 494 et suite) Liste Chronologique des Abbés de Saint-Èvre, dressée comme celles qui précédent....
  7. Bruno Saint-Sorny, « Un ami toulois de Léon IX : l’abbé Werry de Saint-Èvre », dans Études touloises, 2007, no 121, p. 19-27 (lire en ligne)
  8. « Le prince Armand de Rohan Ventadour », sur bnf.fr, (consulté le 7 septembre 2015)
  9. Pierre Étienne Guillaume, Histoire de Diocese de Toul V1: Et de Celui de Nancy (1866), (ISBN 978-1167708503)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Robert Fawtier, « La bibliothèque et le trésor de l'abbaye de Saint-Èvre-lès-Toul à la fin du XIe siècle, d'après le manuscrit latin 10292 de Munich », dans Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, tome 61, 1911, p. 123-156 (lire en ligne)
  • Michèle Schaeffer, « Les abbayes Saint Èvre et Saint Mansuy aux Xe et XIe siècles », Journées d'études touloises (14-15 mars 1981), dans Études touloises, 1982, no 27, p. 55-63 (lire en ligne)
  • Thibaut Laplace, « Toul sonnante : panorama du patrimoine campanaire de Toul », dans Études touloises, no 160, 2017, no 3-16 (lire en ligne)

Liens externesModifier