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Gaston Gérard

personnalité politique française
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Gaston Gérard
Illustration.
Gaston Gérard en 1932
Fonctions
Député
1928-1932 puis 1936-1940
Gouvernement IIIe République
Groupe politique GR (1928-1932)
GDRI (1936-1940)
Maire de Dijon

(16 ans, 0 mois et 0 jours)
Prédécesseur Charles Dumont
Successeur Robert Jardillier
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Dijon, France
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Dijon, France
Nationalité Française
Parti politique Alliance Démocratique
Diplômé de Université de Dijon
Profession Avocat

Gaston Gérard, né le à Dijon (Côte-d'Or) et mort dans cette même ville le , est un avocat et un homme politique français. Il fut maire de Dijon de 1919 à 1935, député de la Côte-d'Or dans les années 1930 et plus brièvement sous-secrétaire d'État sous la IIIe République. Il fut le premier membre d'un gouvernement français à être chargé du tourisme.

Sommaire

BiographieModifier

Origines et débuts politiqueModifier

Issu d'une famille modeste installé à Dijon depuis de nombreuses générations[1], il nait au domicile de ses parents, Georges Adolphe Gérard, comptable, et Marie-Louise Maison, au 30, rue Amiral Roussin. Il effectue sa scolarité au lycée Carnot[2], fait de brillantes études de droit à l'université de Dijon et devenu avocat, il s'inscrit au barreau de cette ville en 1899[1].

Gaston Gérard s'engage dès ses études dans l'action culturelle, avec la création d'une université populaire pour "éduquer les masses". Son engagement ne prend une tournure politique qu'au début des années 1900, entamant une carrière politique qui ira de la gauche à la droite et le conduira de fonctions électives locales à divers cabinets ministériels. Gaston Gérard est alors membre de l'Alliance démocratique et mène en parallèle une carrière active d'avocat[1], reconnue par le nombre d'acquittement qu'il obtient aux assises[1]. Il obtient son premier mandat électif 1907, où il est élu conseiller général pour le canton de Dijon-Ville sous l'étiquette radicale. Il conserve ce siège jusqu'en 1945[2]. A l'échelon municipale, il soutient Henri Barabant, ancien maire socialiste de Dijon contre les conservateurs, se désistant même à son profit au deuxième tour des élections législatives de 1914.

Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale comme auxiliaire, il passe à sa demande au service armé[1]. Il finira capitaine en ayant reçu deux citations françaises et une belge[1]. À la fin de la guerre, il est décoré de la Légion d'honneur à titre militaire[1].

Maire de DijonModifier

A son retour à Dijon, le paysage politique se polarise à gauche: les grèves dans l'industrie métallurgique se multiplient, favorisant l'apparition d'un pôle communiste internationaliste que Barabant mène contre son ancien parti. En réaction, Gaston Gérard fonde un "bloc national", alliant radicaux et même certains socialistes aux conservateurs. La liste "bleue horizon", laissant une large place aux élites économiques locale, remporte les municipales.

Sous son mandat, Gaston Gérard construit la réputation gastronomique de Dijon, faisant le choix de soutenir l'industrie alimentaire et le tourisme plutôt que l'industrie mécanique. Il se sert pour cela le l'engouement régionaliste de l'époque et une solide industrie alimentaire en expansion grâce à la nationalisation des marchés, le progrès des transports et les progrès du conditionnement. Les industriels Bizouard (devenue Amora en 1938), Mulot, Petitjean, Philbée, Lanvin ou les biscuiteries Pernot gagnent en importance et Gaston Gérard s'engage lui même dans la promotion de la Bourgogne, de Dijon et du vin, donnant au début des années 1920 plus de six cents conférences dans trente-deux pays pour promouvoir cette filière exportatrice[2]. Il fréquente les clubs touristiques et gastronomiques rassemblant élites politiques et économiques, fonde la Fédération des Syndicats d'initiatives de Bourgogne en 1921 et la Foire gastronomique la même année avec l'appui de l'industriel dijonnais Xavier Aubert, s'inspirant du modèle lyonnais de la foire des soieries d'Édouard Herriot[3].

Carrière politique nationaleModifier

C'est tout naturellement que ses activités locales le mène à participer au deuxième gouvernement d'André Tardieu en qualité de Haut-Commissaire au Tourisme de mars à décembre 1930. Il revient fin janvier 1931 comme sous-secrétaire d’État aux Travaux publics chargé des Travaux publics et du Tourisme dans le premier Gouvernement Pierre Laval et subsiste à ce poste jusqu’à la fin du troisième Gouvernement André Tardieu début juin 1932. Participant à cinq gouvernements pendant trois ans en tout, il est le premier membre d'un gouvernement français chargé du Tourisme. Durant cette période, Gaston Gérard développe une vaste politique du tourisme: développement du thermalisme, organisation des travaux publics, de la marine marchande et de l'aviation civile, échanges touristiques, classement des villes en station touristique, organisation de grandes fêtes folkloriques, d'expositions touristiques, etc.[4]

Il fut également député de Côte d'Or, élu à Dijon de 1928 à 1932, il est battu par le socialiste Robert Jardillier en 1932[5]. Réélu député dans la circonscription de Châtillon-sur-Seine en 1936, il vote les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940.

Occupation et fréquentation des milieux collaborationnistesModifier

Libéré de ses occupations de députés, Gaston Gérard cherche à tout prix à retrouver son siège de maire de Dijon, qu'il avait cédé en 1935 à Robert Jardillier[5]. Espérant être nommé maire de Dijon, il organise sa propre propagande dans les colonnes du journal collaborationniste Le Progrès de Côte-d'Or, se rapproche du régime de Vichy[6] et des autorités d'occupations. Il va jusqu'à s'engager au sein de la Ligue française[7] (dont l'antenne locale tente d'assassiner le chanoine Kir, futur maire de Dijon) et prononce même le discours inaugural des Ailes de Bourgogne, un autre groupe collaborationniste local, pour obtenir ce qu'il souhaite.

Frappé d'inéligibilité pour avoir voté les pleins pouvoir au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940, le Jury d'honneur du Comité départemental de Libération, « considérant que non seulement il n'est pas établi que l'intéressé ait effectivement participé à la lutte contre l'ennemi, mais qu'encore il a manifesté en diverses occasions son attachement au pseudo-gouvernement de Vichy » confirme sa peine et le condamne à l’indignité nationale dans sa décision du 9 décembre 1945 [8].

Après-guerreModifier

Sa condamnation ne l'empêche pas de continuer ses actions en faveur du développement de l'attractivité de Dijon et de la Bourgogne: il crée en 1949 la Commanderie des Cordons bleus et soutient l'année suivante l'établissement des Etats généraux de la gastronomie française et de l'alimentation de qualité réunissant les professionnels de l'alimentation.

Il meurt à 90 ans en 1969, chutant accidentellement du premier étage de son hôtel, rue du Petit-Potet[1].

Vie privéeModifier

Marié en premières noces à Dijon le 6 août 1907 avec Reine Geneviève Bourgogne, il épouse en secondes noces à Chenôve le 14 avril 1964 Odette Andrée Perrot.

FonctionsModifier

BibliographieModifier

Gaston Gérard est l'auteur de plusieurs ouvrages régionalistes, de nombreuses chroniques parues dans le quotidien dijonnais Le Bien public et dans le journal culturel Comœdia (dont sont parus deux recueils listés ci dessous), ainsi que de nombreuses préfaces, non citées ici.[9] Il s'agit d'une bibliographie sélective.

  • Dijon, ma bonne ville. Souvenirs et confidences assortis de Contes et d'Histoire. (Tome 1) Ed . des Etats généraux de la gastronomie française, Dijon ( v . 1960 ).
  • Le Miroir du coin et du temps. Souvenirs et confidences assortis de Contes et d'Histoire. (Tome 2) Ed . des Etats généraux de la gastronomie française, Dijon ( v . 1960 ).
  • La Bourgogne et ses produits. A la gloire de nos vins et de nos "Harnois de bouche". Agence Fournier, Dijon, 1926.
  • Commentaires sur le Mail. Chroniques de Comœdia. Hachette, Paris, 1934.
  • Devant les tréteaux. Chroniques de Comœdia 1934-1935. Hachette, Paris, 1936.
  • Au secours du bon sens. Préface de Pierre-Étienne Flandin. F. Sorlot, Paris, 1938.

Distinctions et hommagesModifier

  • Commandeur de la Légion d'honneur
  • Officier de l'Instruction publique
  • Titulaire d'une quinzaine d'ordres étrangers[1]
  • Le Stade Gaston-Gérard, stade de football du DFCO, qu'il avait contribué à faire construire dans les années 1930, prit son nom en 1969.
  • Une place de la ville porte également son nom.
  • Il a laissé son nom à une recette, le poulet Gaston Gérard, créé accidentellement par sa femme lors d'un dîner avec le critique Curnonsky, qui lui donna ce nom.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h et i « Gaston Gérard - Base de données des députés français depuis 1789 - Assemblée nationale », sur www2.assemblee-nationale.fr (consulté le 14 avril 2019)
  2. a b et c Gilles Laferté, « L'homme politique, l'industriel et les universitaires. Alliance à la croisée du régionalisme dans l'entre-deux-guerres », Politix. Revue des sciences sociales du politique, vol. 17, no 67,‎ , p. 45–69 (DOI 10.3406/polix.2004.1624, lire en ligne, consulté le 14 avril 2019)
  3. Un salon régional des produits de l'agriculture, de l'industrie et des arts organisé à Dijon en 1858 est également à l'origine du projet.
  4. Gaston Gérard, Le Miroir du "coin" et du temps. Souvenirs et confidences., Dijon, Editions des Etats généraux de la gastronomie française., 384 p., p. 160
  5. a et b Philippe Poirrier, « La politique culturelle de la ville de Dijon de 1919 à 1995 », Annales de Bourgogne,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  6. "La collaboration plane sur le stade de Dijon" par Jérémie Demay, Sofoot.com, 24 novembre 2017.
  7. "Des documents font resurgir le passé collaborationniste de l'ancien maire de Dijon Gaston Gérard " par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Bourgogne, 7 septembre 2017.
  8. Dijon 1940-1944, du désespoir à l'espoir, thèse de Pierre Gounand, docteur d'État en Histoire contemporaine
  9. « Gaston-Gérard (1878-1969) », sur data.bnf.fr (consulté le 14 avril 2019)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • « Gaston Gérard », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Charles Marquès, Le XXe siècle à l'hôtel de ville de Dijon, Précy-sous-Thil, Éditions de l'Armençon, 2006.
  • Pierre Gounand, Une ville française sous l’occupation : Dijon 1940- 1944.
  • Faustine Mauerhan, Faut-il rebaptiser le stade ?, Le Bien Public, 25 juin 2011.

Articles connexesModifier