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Gare de Hausbergen

gare française

Hausbergen
Image illustrative de l’article Gare de Hausbergen
Le triage de Hausbergen, avril 2015.
Localisation
Pays France
Communes Schiltigheim (20 ha)
Bischheim (20 ha)
Hœnheim (8 ha)
Niederhausbergen (2 ha)
Souffelweyersheim (40 ha)
Mundolsheim (10 ha)
Adresse Cour de Gare
67460 Souffelweyersheim (bâtiment principal)
Coordonnées géographiques 48° 37′ 22″ nord, 7° 43′ 22″ est
Gestion et exploitation
Propriétaire SNCF
Exploitant SNCF
Services Triage
Fret SNCF
Dépôt
Caractéristiques
Ligne(s) Noisy-le-Sec à Strasbourg-Ville
Raccordement de Hausbergen à Strasbourg-Cronenbourg
Graffenstaden à Hausbergen
Altitude 147 m
Historique
Mise en service 1904 (dépôt)
1906 (triage)

Géolocalisation sur la carte : Alsace

(Voir situation sur carte : Alsace)
Hausbergen

Géolocalisation sur la carte : Bas-Rhin

(Voir situation sur carte : Bas-Rhin)
Hausbergen

Géolocalisation sur la carte : Strasbourg

(Voir situation sur carte : Strasbourg)
Hausbergen

La gare de Hausbergen est une gare de triage française, située au nord-ouest de Strasbourg sur la ligne Paris - Strasbourg, à trois kilomètres au nord de la gare de Strasbourg-Ville.

Le triage s'étend sur 100 ha, répartis sur les territoires de plusieurs communes : Schiltigheim (20 ha), Bischheim (20 ha), Hœnheim (8 ha), Niederhausbergen (2 ha), Souffelweyersheim (40 ha) et Mundolsheim (10 ha). Devant le nombre de communes concernées, et afin de n'en favoriser aucune, il fut décidé de donner le nom des collines de Hausbergen, au pied desquelles il se situe.

Le site comprenait également un important dépôt de locomotives à vapeur.

SituationModifier

Situation géographiqueModifier

Le Hausbergen est un ensemble de collines situées au nord-ouest de Strasbourg, principalement sur le territoire des communes de Niederhausbergen, Mittelhausbergen et Oberhausbergen. Le site a été le théâtre de la bataille de Hausbergen opposant le l'évêque de Strasbourg, Walther de Geroldseck, à la ville de Strasbourg menée par ses bourgeois et soutenue par Rodolphe de Habsbourg, landgrave de Haute-Alsace et prétendant au trône du Saint-Empire (dont il sera empereur en 1273, mettant ainsi fin au Grand Interrègne).

Situation ferroviaireModifier

La gare de Hausbergen est située au point kilométrique (PK) 497,208 de la ligne de Noisy-le-Sec à Strasbourg-Ville (dite ligne Paris - Strasbourg). Elle est aussi l'origine du raccordement de Hausbergen à Strasbourg-Cronenbourg, utilisé pour desservir la gare aux marchandises de Cronenbourg, et de la ligne de Graffenstaden à Hausbergen qui permet aux trains de fret de contourner la gare de Strasbourg-Ville.

Le bâtiment principal de la gare de Hausbergen est situé « Cour de Gare » sur le territoire de la commune de Souffelweyersheim, au bord de l'autoroute A4. Le triage compte trois postes d'aiguillage.

Les rotondes se trouvaient au nord-ouest du site, « rue du Dépôt », également sur le territoire de la commune de Souffelweyersheim.

HistoriqueModifier

Jusqu'en 1937Modifier

 
La 140 C 27 CITEV à Hausbergen, en 1979.

À la fin du XIXe siècle, la gare de triage de Strasbourg, située le long de la gare de Strasbourg-Ville et qui faisait également office de gare aux marchandises, était devenue trop petite. La construction d'un nouveau triage fut alors envisagée.

Mis en chantier en 1902, le triage de Hausbergen est inauguré en 1906 par la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL). L'ancienne gare de triage devient le dépôt pour les rames voyageurs de la gare de Strasbourg-Ville (actuelle « gare basse »).

Des voies réservées aux trains de voyageurs traversent la gare de triage sur son flanc est. Sur l'extrême marge est se trouvent aussi trois voies d'environ deux kilomètres, une à large quai et deux d'attente, réservées aux militaires comme dans toutes les installations ferroviaires construites sous le régime allemand.

Sur la marge nord-ouest, le dépôt de locomotives, constitué de deux rotondes en grès des Vosges, est terminé en 1904. En face des rotondes se trouvait un chantier de combustibles d'une capacité de 7 000 tonnes. Un château d'eau de 500 à 600 m3 assurait l'alimentation des machines.

À partir de 1912, la construction d'une nouvelle ceinture de fortifications est entreprise autour de Strasbourg : deux forts surplombent le triage sur les collines de Hausbergen ; l'un d'eux est construit à l'extrémité nord du triage.

Le , la gare entre dans le réseau de l'Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine (AL), à la suite de la victoire française lors de la Première Guerre mondiale.

Une troisième rotonde, en béton armé, est construite en 1927. Elle est complétée d'un atelier de réparation et d'un magasin.

De 1938 à 1987Modifier

Le , la SNCF devient concessionnaire des installations ferroviaires de Hausbergen. Cependant, après l'annexion allemande de l'Alsace-Lorraine, c'est la Deutsche Reichsbahn qui gère la gare pendant la Seconde Guerre mondiale, du jusqu'à la Libération (en 1944 – 1945).

Lors de la Seconde Guerre mondiale, les et , la gare de triage de Hausbergen fut bombardée par les Alliés, ainsi que Strasbourg et ses faubourgs[1]. Après la libération de Strasbourg, le 23 novembre 1944, les Allemands restent retranchés dans les forts autour de Strasbourg ; ceux des forts situés à côté du triage tentèrent, en vain, de saboter les aiguillages et de détruire les trois ponts traversant le triage jusqu'au 29 novembre où ils se retirèrent. Mais le triage et ses alentours restèrent sous le feu des batteries allemandes jusqu'en .

Dans les années 1950, les effectifs du dépôt de Hausbergen étaient de 100 engins dont des 230 K fuel, des 141 R, des 150 Y et des 040 D[2].

En 1954 le triage comportait :

  • 132,7 km de voies (soit la distance Strasbourg - Saint-Louis) dont 97,2 km de voies de manœuvres et 35,5 km de voies de circulation pour les locomotives et trains de passage ;
  • 476 aiguillages.

En 1965, le triage de Hausbergen expédiait en moyenne 2 700 wagons par jour. Affecté au régime ordinaire (RO), il traite la majeure partie du trafic marchandises de l'Alsace, du port de Strasbourg ainsi que des raffineries de Reichstett et de Herrlisheim[3].

En 1970, le château d'eau ayant servi pour l'alimentation en eau potable de la main-d'œuvre lors de la construction du triage est rasé pour laisser la place à la future autoroute A4.

 
Un TGV en direction de Paris passe devant le bâtiment principal de la gare.

Le château d'eau du dépôt, n'ayant plus d'utilité depuis la disparition des machines à vapeur, fut décapité en 1984 mais pas détruit.

Les rotondes sont démolies en 1987. L'ancienne pompe à eau pour les locomotives à vapeur est toujours en place.

À partir de 1988Modifier

En 1988, le pont riveté de Bischheim est démonté et remplacé par deux ponts parallèles ouverts à la circulation en 1992.

Jusqu'en 1990, une navette ferroviaire — en théorie réservée aux employés de la SNCF et surnommée « la Schnerr » — effectuait le trajet entre Hausbergen et la gare de Strasbourg-Ville[4],[5].

Au début des années 1990 un nouveau bâtiment comprenant un bureau des douanes destiné à vérifier les wagons quittant ou entrant en France est construit ; la plupart des services sont alors transférés du bâtiment principal de la gare à ce nouveau bâtiment. En juin 1994, le triage de Hausbergen avait expédié 20 415 wagons[6].

 
Plan du nœud ferroviaire de Strasbourg.

Dans les années 1990, la CNC a envisagé l'aménagement d'un terminal combiné à Hausbergen afin de remplacer le terminal de Strasbourg-Cronenbourg. Le projet ne s'est finalement pas concrétisé[7].

L'ouverture des frontières de l'Europe communautaire, avec le départ de la douane, fit perdre beaucoup d'importance au triage de Hausbergen, d'autant plus que le trafic des conteneurs et le trafic des brasseries était alors traité par la gare de Strasbourg-Cronenbourg. Depuis le début des années 2000, la chute de l'activité Fret de la SNCF, couplé avec l'existence de plus petites gares aux marchandises spécialisées à Strasbourg (Strasbourg-Cronenbourg et Strasbourg-Port-du-Rhin) et la relative proximité des gares de triage de Woippy (plus grand triage de France) et dans une moindre mesure de Mulhouse-Nord, ont conduit à une forte baisse de l'activité du site. Les ateliers de réparation et de maintenance des wagons fret sont fermés le 28 janvier 2005. À partir du 1er juillet 2008, le « tri par gravité » en utilisant les « bosses » est abandonné en faveur du « tri à plat », ce qui ralentit considérablement le débit du triage. Ce changement est dû à une politique de réduction des coûts de l'activité Fret ainsi qu'à l'obsolescence du système automatique (fabriqué par la société Saxby) qui datait de 1979. Cette opération va permettre à l'activité d'économiser 124 500 euros par mois.

Les restes de la dernière rotonde du dépôt sont détruits durant l'été 2008.

Une partie du faisceau de voies à l'extrémité la plus proche de la gare de Strasbourg-Ville sert actuellement de dépôt pour les rames voyageurs et l'ancien dépôt sert de garage pour les machines et les wagons en attente de destruction. Une plate-forme logistique et infrastructure de la SNCF est également présente sur le site.

Une nouvelle passerelle, reliant l'espace européen de l'entreprise et le centre-ville de Schiltigheim, réservée aux piétons et aux cyclistes devait être posée au-dessus du triage et de l'autoroute en . Cependant si l'installation de la première partie par une grue géante s'est déroulée sans problèmes[8], la seconde partie de l'ouvrage n'a pas pu être posée en raison d'erreurs de calcul[9]. Les travaux auraient dû reprendre fin [10],[11] mais la première partie doit également être déposée pour être renforcée. L'ouverture de la passerelle est alors reportée au premier semestre 2015[12]. Les travaux reprennent en [13]. La passerelle, pesant 370 tonnes et ayant couté 8,5 millions d'euros (en comptant la réhabilitation du pont routier)[14], est finalement ouverte le [15].

Début 2015, les voies de l'ancien quai militaire, inutilisées depuis de nombreuses années, sont déposées[16]. En 2017, toute l'emprise de la gare est grillagée[réf. souhaitée].

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

CaractéristiquesModifier

Le triage s'étend sur environ 3,7 km de long pour 300 mètres de large[17].

La gare est ouverte au trafic en wagon isolé[18].

Le document de référence du réseau (DRR) pour l'horaire de service 2019 indique que la cour marchandises de Hausbergen est « accessible après diagnostic et remise en état éventuelle »[19].

Patrimoine ferroviaireModifier

Le triage abritait deux wagons classés le au titre des monuments historiques : un wagon-citerne (datant d'entre 1910 et 1920) et un wagon-tombereau à vigie (datant de 1912), chacun équipé de deux essieux parallèles. Ils ont été déplacés aux ateliers SNCF de Romilly[20],[21].

Notes et référencesModifier

  1. Photos du bombardement de 1944.
  2. EC 64, « Re: Liste (exhaustive) des dépôts Est et AL », sur lrpresse.com, (consulté le 2 mai 2016).
  3. [à propos du RA et du RO, page 2, sur le forum LR Presse (consulté le 9 mars 2019).
  4. Gares et chemins de fer oubliés – Hausbergen méconnue, sur dna.fr, article du 12 juillet 2012, consulté le 6 août 2019.
  5. Les Trains de Personnel SNCF (page 4), sur le forum LR Presse, consulté le 6 août 2019.
  6. Marc Lomazzi, « La gare de triage de Woippy », sur raconte-moi-woippy.net, (consulté le 4 septembre 2014).
  7. Triage de Cronenbourg, sur le forum LR Presse.
  8. Schiltigheim – Passerelle au niveau du pont de Hausbergen - 160 tonnes dans les airs !, sur dna.fr, article du 28 avril 2014, consulté le 21 septembre 2014.
  9. Schiltigheim – De nouvelles perturbations sont à prévoir sur l’autoroute A4. - La passerelle n'a pas pu être posée, sur dna.fr, article du 5 mai 2014, consulté le 21 septembre 2014.
  10. Schiltigheim – Passerelle du pont de Hausbergen - Le faux départ de la grue, sur dna.fr, article du 2 juillet 2014, consulté le 21 septembre 2014.
  11. Schiltigheim – Passerelle de Hausbergen - Nouveau contretemps, sur dna.fr, article du 8 août 2014, consulté le 21 septembre 2014.
  12. Schiltigheim – Passerelle du pont de Hausbergen - Nouveau contretemps, sur dna.fr, article du 20 septembre 2014, consulté le 21 septembre 2014.
  13. « La passerelle sort du brouillard », article du 23 novembre 2014, sur dna.fr, consulté le 24 novembre 2014.
  14. « Les Chiffres », article des DNA du 11 mai 2015.
  15. « Passerelle à vélo : enfin ! », article des DNA du 11 mai 2015.
  16. Hausbergen : quai militaire et voies principales, sur le forum Train Français.
  17. Distances mesurées avec Google Earth.
  18. Information vérifiée le 28 novembre 2016 sur Gares wagon isolé offre MLMC.
  19. DRR - Horaire de service 2019, Annexe 8.4 - Localisation des installations terminales embranchées, sur le site de SNCF Réseau (consulté le 9 janvier 2019).
  20. Notice no PM67000393, base Palissy, ministère français de la Culture (consultée le ).
  21. Notice no PM67000392, base Palissy, ministère français de la Culture (consultée le .

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Jean-Pierre Zeder, Bischheim et le chemin de fer, Édition Ville de Bischheim, 1994, 72 p. (ISBN 2-9508321-0-5)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier