Ouvrir le menu principal

Deutsche Reichsbahn

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir DR et DRG.
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Deutsche Reichsbahn (RDA) pour les chemins de fer de la République démocratique allemande.
Logo.

La Deutsche Reichsbahn (DR, littéralement le « Chemin de fer de l'État allemand ») est le nom de la compagnie nationale des chemins de fer allemands créée en 1920 à la suite de la Première Guerre mondiale, par la fusion des diverses compagnies ferroviaires qui relevaient des anciens États de l'Empire allemand. Cette compagnie exista jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945.

Elle fut fondée par la république de Weimar, sous le nom de « Deutsche Reichseisenbahnen[a] », car la jeune république se faisait aussi appeler le Reich allemand. En 1924, elle fut réorganisée sous l'égide de la société « Deutsche Reichsbahn-Gesellschaft » (la DRG) et le nom courant du chemin de fer fut simplifié en « Deutsche Reichsbahn ». Après l'Anschluss (le « rattachement ») de l'Autriche en 1938, la DRG prit également en charge l'exploitation de la Bundesbahn Österreich (BBÖ, les chemins de fer fédéraux d'Autriche) puis, après la seconde annexion de l'Alsace-Lorraine en 1940, celle du réseau ferroviaire d'Alsace-Lorraine, ce jusqu'à la libération de la région par les Alliés en 1944.

Pendant les années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale, après 1945, les chemins de fer passèrent sous contrôle allié, et furent répartis sur les quatre zones d’occupation en Allemagne. En Autriche, ils passèrent sous la coupe de l’Österreichische Bundesbahnen (ÖBB, Chemins de fer fédéraux autrichiens), créée en 1945 et avec ce nom après 1947.

En 1949 en Allemagne de l'Ouest, fut créée la Deutsche Bundesbahn (DB, chemin de fer fédéral allemand), tandis que l'Allemagne de l'Est (RDA) prit le contrôle de la DRG sur son territoire, créant la Deutsche Reichsbahn (pour l’Allemagne de l'Est), reprenant ainsi le nom de la compagnie des chemins de fer d’avant 1945, celle de la république de Weimar puis du Troisième Reich.

HistoireModifier

1920 : Deutsche ReichseisenbahnenModifier

 
Un conducteur en 1928.

Les Deutsche Reichseisenbahnen (littéralement, les Chemins de fer impériaux allemands) ont été constitués le par la réunion des compagnies ferroviaires d'État préexistantes suivantes :

L'union de ces compagnies étatiques était rendue nécessaire par la nouvelle Constitution de Weimar du , qui attribuait la responsabilité des chemins de fer au gouvernement national de la nouvelle république de Weimar qui, comme l'État allemand d'avant la Première Guerre mondiale, était connu sous le nom de Deutsches Reich (traduction littérale : « Empire allemand »).

1938-1945 : absorption des chemins de fer de l'État autrichienModifier

Le , à la suite de l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie, la Bundesbahn Österreich (BBÖ, « chemin de fer fédéral d'Autriche ») est intégrée dans la Deutsche Reichsbahn. Quelques jours avant la capitulation du Troisième Reich, le , les chemins de fer autrichiens recouvrent leur indépendance d’avant la guerre, en tant que chemins de fer de l'État autrichien (« Österreichische Staatseisenbahn » ou « ÖStB »). Le , cette compagnie est rebaptisée du nom de « chemins de fer fédéraux autrichiens » (Österreichische Bundesbahnen ou ÖBB).

1940-1945 : absorption du réseau d'Alsace-LorraineModifier

Le , à la suite de l'annexion de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine consécutive à l’armistice du 22 juin 1940 qui acte la défaite française, le réseau Alsace-Lorraine, dépendant de la SNCF, est rattaché à la Deutsche Reichsbahn.

Dissolution et reconstitution après la Seconde Guerre mondialeModifier

Après la guerre en 1945, la Deutsche Reichsbahn continue d'exister juridiquement, mais l'exploitation des chemins de fer se fait en plusieurs secteurs géographiques séparés, selon les occupants des zones concernées ; le trafic interzones se met en place. Ainsi, jusqu'en 1949, chaque puissance occupante exploite le réseau ferré allemand dans la zone qu'elle administre : le matériel est affecté à un dépôt particulier et chaque dépôt est pris en charge par l'un des occupants en fonction de sa situation géographique ou, pour les territoires perdus par le Troisième Reich au profit d’État frontaliers, transféré aux États concernés.

Le fonctionnement du réseau est rendu difficile par les réparations que s'octroient les quatre puissances alliées occupantes (États-Unis, France, Royaume-Uni, Union soviétique), non seulement dans la zone soviétique, où l'on démonte des rails sur plusieurs sections à deux voies de l'axe Francfort-Berlin-Halle/Leipzig-Erfurt, mais aussi dans la zone française où le matériel roulant, moteur ou non, des trains à destination de la France n'est pas toujours retourné. Les installations électriques et du matériel roulant (sauf les bogies[b]) des lignes entre Magdebourg, Halle et Leipzig sont également expédiées en Union Soviétique en .

Dans les trois zones d'occupation occidentale, le système ferroviaire est progressivement réunifié, d'abord dans le cadre de la Bizone (1946) puis de la Trizone (1947). Finalement, après la fondation de la République fédérale d'Allemagne en , une nouvelle compagnie, la Deutsche Bundesbahn (DB), est créée le suivant. L'accord issu de la conférence de Potsdam entre les trois vainqueurs de la guerre prévoit en outre que la Deutsche Reichsbahn conserve la gestion du réseau de chemin de fer pour l'ensemble des quatre zones d'occupation à Berlin. Dans la zone orientale, la Deutsche Reichsbahn reste la compagnie d'État de la République démocratique allemande, comme son nom l'indique (« Chemin de fer de l'État allemand »).

Ce partage, qui est une source importante de devises pour la RDA, n'est pas sans créer certaines frictions et le réseau des trains de banlieue de la ville (S-Bahn), boycotté par les voyageurs de Berlin-ouest à partir de la construction du mur de Berlin, perd de plus en plus d'importance. Il est finalement transféré à la Berliner Verkehrsbetriebe en 1984, quelques années avant la réunification.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Littéralement, les Chemins de fer de l'Empire allemand, Eisen signifiant « fer » et Bahnen « trajectoires », Deutsches Reich signifiant « Empire allemand ».
  2. L'écartement des rails étant différent, l'URSS ne pouvait pas utiliser les bogies allemands.

RéférencesModifier

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier