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Gare de Strasbourg-Cronenbourg

gare ferroviaire française

Strasbourg-Cronenbourg
Image illustrative de l’article Gare de Strasbourg-Cronenbourg
Bâtiment principal de la gare de Strasbourg-Cronenbourg.
Localisation
Pays France
Commune Strasbourg
Quartier Cronenbourg
Adresse 48 Chemin Haut
Coordonnées géographiques 48° 35′ 33″ nord, 7° 43′ 54″ est
Gestion et exploitation
Propriétaire SNCF
Exploitant SNCF
Services Fret
Infrapôle Rhénan
Caractéristiques
Ligne(s) Raccordement de Hausbergen à Strasbourg-Cronenbourg
• Raccordement de Strasbourg-Cronenbourg à Strasbourg-Ville
• Raccordement de Strasbourg-Cronenbourg à Strasbourg-Koenigshoffen
Altitude 141 m
Historique
Mise en service 1912 - 1914
Architecte Renz et Stoeckicht
Correspondances
BHNS bus G
arrêt Gare aux Marchandises

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Strasbourg-Cronenbourg

Géolocalisation sur la carte : Alsace

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Strasbourg-Cronenbourg

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(Voir situation sur carte : Strasbourg)
Strasbourg-Cronenbourg

La gare de Strasbourg-Cronenbourg[1] est une gare ferroviaire française du raccordement de Hausbergen à Strasbourg-Cronenbourg située au sud du quartier de Cronenbourg à Strasbourg.

Gare aux marchandises, elle est ouverte uniquement au trafic fret.

Situation ferroviaireModifier

Établie à environ 141 mètres d'altitude[2], Strasbourg-Cronenbourg constitue l'aboutissement du raccordement de Hausbergen à Strasbourg-Cronenbourg. Configurée en cul-de-sac, elle s'embranche également sur la ligne Paris - Strasbourg (via le raccordement de Strasbourg-Cronenbourg à Strasbourg-Ville) et sur la ligne de Graffenstaden à Hausbergen (via le raccordement de Strasbourg-Cronenbourg à Strasbourg-Koenigshoffen)[3].

HistoireModifier

 
Stèle des Malgré-Nous.

À l'origine, l'actuelle gare de Strasbourg-Ville, inaugurée en 1883, faisait office de gare voyageurs mais aussi de gare de triage et de gare aux marchandises. Au début du XXe siècle, le développement rapide du chemin de fer fait que celle-ci devient trop petite pour tenir ces trois fonctions. L'administration allemande de l'époque décide alors de la construction d'une nouvelle gare de triage, la gare de Hausbergen (édifiée entre 1904 et 1906), et d'une nouvelle gare dédiée uniquement au trafic marchandises.

La gare aux marchandises est ainsi transférée à Cronenbourg entre 1912 et 1914[4]. Elle est alors appelée « Neuer Güterbahnhof » (nouvelle gare aux marchandises)[5] et exploitée par la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL). Cronenbourg connaissait déjà une activité ferroviaire depuis le milieu du XIXe siècle avec l'implantation de deux rotondes servant d'ateliers de réparation et de remises pour les locomotives. La rue de la Rotonde et la station de tram du même nom en conservent le souvenir.

Le bâtiment principal de la gare, conçu par les architectes Renz et Stoeckicht, est achevé en 1916. Celui-ci est réalisé en béton, son imposante toiture comporte plusieurs lucarnes « chauve-souris » de style « Heimatschutz »[6].

Le , la gare entre dans le réseau de l'Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine (AL), à la suite de la victoire française lors de la Première Guerre mondiale. Puis, le , cette administration d'État forme avec les autres grandes compagnies la SNCF, qui devient concessionnaire des installations ferroviaires strasbourgeoises. Cependant, après l'annexion allemande de l'Alsace-Lorraine, c'est la Deutsche Reichsbahn qui gère la gare pendant la Seconde Guerre mondiale, du jusqu'à la Libération (en 1944 – 1945).

Durant la Seconde Guerre mondiale, c'est depuis cette gare que partaient les trains transportant les Malgré-Nous vers le front. Aujourd'hui une stèle commémorative est érigée en souvenir de ces événements en face de la gare.

 
Plan du système ferroviaire de Strasbourg.
 
Ancien wagon des Brasseries Kronenbourg dont la gare d'attache était Strasbourg-Cronenbourg.

Le marché d'intérêt national de Strasbourg (Marché-Gare) est ouvert le 1er décembre 1965[7]. Il est implanté sur les terrains juste à côté de la gare. La gare de Strasbourg-Cronenbourg étant chargée de sa desserte[8]. Auparavant les trains arrivaient en gare de Strasbourg-Cronenbourg puis les marchandises étaient transportées par camions jusqu'au marché de gros de la place des Halles. Le nouveau marché d'intérêt national est approvisionné quotidiennement par trois dessertes ferroviaires à 3 h, 4 h et 9 h[9].

En plus du trafic marchandises, elle a servi de gare de triage[10]: réception et formation de trains, desserte d'embranchements particuliers. En 1965, le triage de Strasbourg-Cronenbourg expédiait en moyenne 950 wagons par jour. Affecté au régime accéléré (RA), il regroupe les envois des régions Est, Sud-Est et Méditerranée vers l'Allemagne[11].

En décembre 1966, un agent de la gare préposé au contrôle des colis postaux est tué de trois coups de pistolet sur son lieu de travail. L'auteur des faits était le mari de la maitresse de la victime[12].

Le 11 juillet 1969, une rame de wagons se détache d'une locomotive et percute le heurtoir situé au bout de la rue de Hochfelden provoquant d'importants dégâts matériels[13].

La Compagnie nouvelle de conteneurs (CNC) disposait d'un terminal de transport combiné — inauguré le 7 octobre 1969 — dans cette gare. Novatrans possédait aussi des bureaux sur le site et une agence du Sernam y était également installée[14].

Dans les années 1980 et 1990, l'activité du terminal combiné de Cronenbourg était intense avec 8 trains quotidiens (4 arrivées et 4 départs), 130 à 150 wagons et 200 à 250 conteneurs traités par jour. Le terminal était ouvert 6 jours sur 7 de 5 h à 21 h, sauf le samedi de 5 h à 13 h. Concernant le personnel, la CNC comptait 10 agents et la SNCF une équipe de manœuvre et un aiguilleur. Le terminal comportait alors 2 portiques qui enjambaient 2 voies, des grues automobiles étaient utilisées pour les opérations sur les voies hors portiques.

Le grossiste Pomona, installé au marché d’intérêt national, recevait régulièrement des trains de bananes de Martinique en provenance du Havre ou de Dunkerque.

La CNC, devenue Naviland Cargo, a transféré ses activités au terminal nord du port autonome de Strasbourg en juin 2005[15] laissant le terminal de Cronenbourg vide.

L'Infrapôle Rhénan occupe désormais le bâtiment principal de la gare tandis que SUD Rail a investi les anciens bureaux du Sernam. Depuis 2013, l'ancien terminal combiné est utilisé comme base travaux dans le cadre de plusieurs chantiers : seconde phase de la LGV Est européenne, Renouvellement Voie Ballast (RVB) de la ligne Haguenau - Niederbronn-les-Bains (chargement/déchargement et stockage de traverses et de ballast).

Une étude portant sur la requalification de l'autoroute A 35 en boulevard urbain et « l'ouverture de la gare centrale à 360° », publiée en mars 2013, propose le transfert des activités de la gare basse vers la gare de Strasbourg-Cronenbourg[16].

Dans la nuit du 21 au 22 février 2015, un train de ballast a déraillé à hauteur du poste d'aiguillage n°1. Le train a été réceptionné sur une voie occupée et a percuté une rame à l'arrêt[17].

L'ancienne halle à l'arrière du bâtiment principal — inutilisée depuis 2010 — a été reconvertie en zone de sport et de loisirs. Un club de football en salle (comportant huit terrains) y est installé depuis septembre 2015[18]. En 2016, le reste de la halle est aménagé pour accueillir un « bikepark » (parcours pour VTT et BMX) de 12 000 mètres². L’investissement représente 1,3 million d'euros[19]. Le « bikepark » est officiellement ouvert le 9 septembre 2016[20], et est alors le plus grand d'Europe en espace intérieur[21]. Une salle de crossFit s'y trouve également depuis septembre 2016[22].

 
La rame TGV de l'accident d'Eckwersheim, garée à Strasbourg-Cronenbourg ().

La rame TGV accidentée lors du déraillement d'Eckwersheim, le , a été transportée sur le terminal de Strasbourg-Cronenbourg, où elle a été partiellement bâchée ; des petits éléments ont en outre été stockés, sous scellés, dans un hangar[23]. Elle y est encore présente le [24].

À l'automne 2016, le site accueille la base travaux du chantier de renouvellement des lignes Erstein - Strasbourg, Hochfelden - Lutzelbourg et Stephansfeld - Vendenheim[25].

Service des marchandisesModifier

Cette gare est ouverte au service des marchandises par trains massifs et aux transports par wagons isolés[26].

Le document de référence du réseau ferré national (DRR) de 2019 indique que la cour marchandises de Strasbourg-Cronenbourg est « immédiatement accessible ». Ce même document précise que la gare dessert une installation terminale embranchée (ITE)[27].

Infrastructures ferroviairesModifier

La gare dispose d'un terminal de transport combiné rail-route, au bout du chemin Haut. Deux portiques de manutention, dont la capacité de levage était de 50 tonnes, desservaient deux voies. Le premier portique a été démonté après le départ de la CNC en 2006, le second a été démonté en 2017. L'ancien hangar pour les grues automobiles est désormais utilisé par la « brigade bâtiment » de la SNCF.

Une vaste halle à marchandises (26 000 mètres²) est accolée à l'arrière du bâtiment principal de la gare, auparavant utilisée par le Sernam. Elle est aujourd'hui occupée par un club de football en salle, par un « bikepark » et par une salle de crossFit.

Une petite halle et un hangar sont situés côté rue de Hochfelden.

Plusieurs faisceaux de voies desservent la gare. Un faisceau de réception, des voies de stationnement ainsi que pour les colis se trouvent côté rue de Hochfelden. La halle à marchandises comptait une dizaine de voies. Le faisceau formation et attente de départ (une dizaine de voies également) ainsi que les voies pour le terminal combiné se trouvent côté chemin Haut. Le poste d'aiguillage de Strasbourg-Cronenbourg est implanté à l'extrême nord du site.

Notes et référencesModifier

  1. Dénomination officielle pour la différencier des autres gares strasbourgeoises. Parfois appelée simplement « gare de Cronenbourg » ou « gare aux marchandises de Strasbourg ».
  2. Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau français : lignes 001 à 600, vol. 1, La Vie du Rail, , 239 p. (ISBN 978-2-918758-34-1), « [070] Paris-Est - Strasbourg », p. 48-53
  3. [PDF] SNCF Région de l'Est - Carnet de profils et schémas - 1962, voir notamment planches 15 et 16, pages 15, 16 du PDF.
  4. [PDF] « Le croisement de deux magistrales de TGV en gare centrale de Strasbourg au début du XXIe siècle, considéré comme la question clé de la transformation de la gare et de son environnement. Projet exploratoire à l'horizon 2015/2020 », École d'Architecture de Strasbourg, décembre 2000, voir page 11 du PDF.
  5. Dictionnaire historique des rues de Strasbourg.
  6. [PDF] À la découverte des quartiers de Strasbourg : Cronenbourg brochure éditée par l'Eurométropole de Strasbourg, 2017.
  7. « Strasbourg - Il y a cinquante ans », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 8 novembre 2015.
  8. [PDF] « Décret du 7 novembre 1962 portant classement du marché-gare de Strasbourg comme marché d'intérêt national », publié au JORF no 264 du 9 novembre 1962, pp. 10815 – 10816
  9. « Strasbourg - Il y a cinquante ans », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 6 décembre 2015.
  10. Un panneau indiquant « SNCF Gare de triage de Strasbourg-Cronenbourg » se trouve rue de Hochfelden. Voir les photos sur Wikimedia Commons.
  11. [à propos du RA et du RO, page 2, sur le forum LR Presse (consulté le 9 mars 2019).
  12. « Strasbourg - Il y a cinquante ans », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 18 décembre 2016.
  13. « Histoires de 1969 Il y a 50 à Strasbourg Objectif Lune et un meeting aérien de haute volée », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 14 juillet 2019.
  14. Les enseignes « CNC Transports », « Sernam » et « Novatrans » sont toujours présentes. Voir les photos sur Wikimedia Commons.
  15. Forum de discussion « Trains français ».
  16. Micha Andreieff et Michel Messelis, « IV – secteur remparts : Aménager la ville en transformant en boulevard l’autoroute (A35) qui la traverse. » [PDF], sur strasbourg2030.com, (consulté le 8 décembre 2015).
  17. « Déraillement à Strasbourg-Cronenbourg » sur le forum LR Presse.
  18. Centre Urban Football de Strasbourg.
  19. « Un gigantesque bikepark couvert en chantier », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 19 février 2016.
  20. « Stride sur sa lancée », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 10 septembre 2016.
  21. Lucile Guillotin, « Le plus grand Bike Parc Indoor d'Europe à Strasbourg », sur francebleu.fr, (consulté le 14 octobre 2016).
  22. Contact sur le site de Crossfit Strasbourg.
  23. « Accident de TGV : la rame d'essai stockée à Cronenbourg », sur france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est, (consulté le 10 février 2017).
  24. Danièle Léonard, « Strasbourg à moins de deux heures de Paris », sur france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est, (consulté le 10 février 2017) : « Des familles des victimes du déraillement de la rame d'essai le 14 novembre dernier, accompagnées par le PDG de la SNCF Guillaume Pepy, sont également arrivées ce matin à Strasbourg. Elles se seraient recueillies en toute discrétion devant la carcasse du TGV accidenté, à Cronenbourg. »
  25. « Sur de nouveaux rails », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 26 octobre 2016.
  26. Information vérifiée le 28 novembre 2016 sur Gares wagon isolé offre MLMC.
  27. DRR - Horaire de service 2019, Annexe 8.1 - Liste des terminaux de marchandises et Annexe 8.4 - Localisation des installations terminales embranchées, sur le site de SNCF Réseau (consulté le 9 janvier 2019).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

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Articles connexesModifier