Franc CFA

deux monnaies utilisées en Afrique

Le franc CFA, officiellement franc de la Communauté financière africaine, est le nom porté par deux monnaies communes africaines, héritées de la colonisation française et utilisées par 14 pays d'Afrique constituant en partie la zone franc :

Les pays du franc CFA sont issus de l'évolution et des transformations de l'ancien empire colonial français, ainsi que des États qui n'étaient pas des colonies françaises, comme le Cameroun et le Togo (d'abord colonies allemandes, puis mandats français), la Guinée équatoriale (espagnole) et la Guinée-Bissau (portugaise). Le franc CFA est une contre-valeur à parité fixe avec l'euro, dont la valeur est garantie par le Trésor public français.

Terminologie

L'abréviation CFA a signifié, de 1945 à 1958, « Colonies françaises d'Afrique ». Le nom change de 1958 à 1960 pour devenir « Communauté française d'Afrique ». Actuellement, l'abréviation signifie « Communauté Financière Africaine ». Cette dernière largement employée dans l'UEMOA, diffère dans l'UMAC. Dans cette partie, le sigle CFA signifie « Coopération financière en Afrique ».

Histoire

Genèse

Le franc CFA est créé initialement en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Il naît officiellement le , lorsque la France ratifie les accords de Bretton Woods et procède à sa première déclaration de parité au Fonds monétaire international (FMI). Le décret qui l'entérine est le décret no 45-0136 du , fixant la valeur de certaines monnaies des territoires d'outre-mer libellées en francs[5],[6]. Signé par Charles de Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République française[5],[6], et contresigné par René Pleven, ministre des Finances[6] et Jacques Soustelle, ministre des Colonies[6], il est publié au Journal officiel de la République française le lendemain, .

Le franc CFA signifie alors « franc des colonies françaises d'Afrique ». Il est émis par la caisse centrale de la France d'outre-mer. La parité qui alors fixée est de 1,7 franc métropolitain pour 1 franc CFA. Cet écart en faveur des pays africains s'explique par le déséquilibre des finances publiques françaises au sortir de la guerre. En 1948, après réévaluation, cette parité est établie à 2 FRF[7].

L'objectif du franc CFA est alors de restaurer un moyen de paiement et de stockage de valeur sûr et garanti dans les territoires qui ont été isolés de la métropole durant la Seconde Guerre mondiale. Ils avaient alors souffert de la raréfaction des échanges et avaient dû parfois créer des devises locales, appuyées sur d'autres devises que le franc (par exemple, le dollar US), ou alors, accepter des émissions fantaisistes.

Le franc CFA est arrimé au franc, puis à l'euro. La parité fixe est garantie par la France, ce qui nécessite que ces pays déposent 50 % de leurs réserves de change au Trésor français sur un compte rémunéré. Tous les ans, la Banque de France reverse les intérêts obligataires de leurs réserves aux pays africains. C’est aussi en France que sont imprimés les billets de francs CFA[8].

Développement

Le nombre de pays et territoires utilisant le franc CFA évolue avec le temps. Certains pays décident de quitter l'union pour développer leur propre monnaie ; d'autres, qui n'ont jamais été colonisés par la France, demandent à être intégrés et adoptent le franc CFA.

La règle monétaire qui est mise en place est simple : dans tous les pays membres circuleront désormais des billets de nom et de graphismes différents mais de valeur respective fixe — la parité. Un franc CFA ou comorien vaudra donc partout et toujours 2 centimes français — 1 franc français vaut donc 50 francs CFA ou comoriens. Le franc CFA jouit de la « libre convertibilité » avec le franc français, rendant l'échange constamment possible à ce cours entre toutes les monnaies.

Cette « libre convertibilité » est à double tranchant, car imprimer du franc CFA équivaut à créer du franc français. La Banque de France a donc pour tâche de surveiller les politiques monétaires des banques centrales africaines et comorienne. Cette prééminence passe par l'engagement de la Banque de France de fournir en cas de besoin des devises aux trois banques centrales si celles-ci épuisent leurs réserves. Afin d'assurer la stabilité de la zone, la Banque de France centralise les réserves de change auprès du Trésor français, qui détient donc un « compte d'opération » au nom de chacune des banques centrales. Ces comptes pouvant être débiteurs ou créditeurs, ils génèrent des mouvements d'intérêts.

Pendant longtemps, les soldes ont toujours été à peu près équilibrés, le système ne coûtait pas beaucoup de devises à la France, d'autant plus qu'elle n'intervenait qu'en dernier recours. Les banques centrales devaient d'abord inciter les pays endettés de la zone à négocier en priorité des délais de paiements supplémentaires à leurs créanciers étrangers avant de demander de bénéficier de la couverture du parapluie monétaire français.

Le franc CFA subit une première critique de nature « idéologique » durant les indépendances. Ses détracteurs considèrent que le franc CFA, parce qu'il est soutenu par la Banque de France et le Trésor français en cas de turbulences économiques, pérennise des relations dépassées entre les pays nouvellement indépendants et l'ancienne métropole coloniale. Aussi, les États africains seraient privés d'un pouvoir monétaire souverain, car ils seraient associés entre eux. Cette conviction explique le départ du Mali en 1962 et celui de Madagascar en 1973. Cependant, ces deux pays se retrouvent rapidement avec de sérieuses difficultés économiques et le Mali finit par réintégrer le système en 1984. Cette expérience a finalement servi à renforcer la cohésion des pays membres, ceux-ci ayant vu que la liberté monétaire pouvait surtout être la « liberté de faire faillite ».

Plusieurs sorties du franc CFA ont lieu entre 1960 et 1973. En 1960, la Guinée commence l'émission du franc guinéen[9]. Deux ans plus tard, le Mali commence à émettre du franc malien[10], avant de demander sa réintégration en 1984. En 1963, Madagascar décide d'émettre le franc malgache, devenu un sous-multiple de l'ariary[11](pour 1 ariary = 5 francs malgaches), mais, conscient de la faiblesse de sa monnaie, décide de l'arrimer au franc CFA.

En 1973, la Mauritanie remplace le franc par l'ouguiya (pour 1 ouguiya = 5 francs CFA) ; la même année, Madagascar et les Comores quittent le système CFA, et Saint-Pierre-et-Miquelon, qui devient une collectivité française, adopte le franc français. En 1975, La Réunion adopte le franc français pour la même raison, ainsi que Mayotte en 1976.

En 1985, la Guinée équatoriale obtient de rejoindre le système CFA ; le cours est fixé à 1 franc = 4 ekwele. En 1997, enfin, la Guinée-Bissau rejoint à son tour le système CFA, avec 1 franc = 65 pesos[12].

Le franc CFA entre contestations et évolutions

 
Zones francs en Afrique:
Franc CFA (UEMOA)
Franc CFA (CEMAC)

La zone franc rassemble dans les années 2000 quatorze États africains en deux groupes :

L'indexation du franc CFA sur l’euro rend de brusques dévaluations du CFA impossible et garantit la stabilité monétaire du pays[3]. De plus, le système permet des transferts de capitaux à l’intérieur de la zone monétaire libres et gratuits[14].

Le franc CFA fait l'objet de critiques politiques parmi les dirigeants des pays qui l'utilisent. C'est le cas, en 2015, de Kako Nubukpo, ministre togolais chargé de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques, qui critique la mise en commun de la monnaie par la BCEAO. Sa sortie fait l'objet de critiques par la BCEAO[15]. En , le président tchadien Idriss Déby appelle les pays africains à sortir de la zone franc CFA, soutenant que tant que la monnaie sera garantie par la France, elle ne sera pas entièrement africaine[16]. A la suite de son commentaire, la France déplorait que le franc CFA soit devenu « une machine à fantasmes », selon lesquels elle l'utiliserait pour imposer ses entreprises et rembourser sa dette publique[17].

Les 16 et se tiennent des « États généraux du franc CFA » à Bamako. Organisés par l'économiste et ancien ministre des finances togolais Kako Nubukpo, ils se donnent pour objectif de trouver une nouvelle monnaie capable de remplacer l'ancienne devise[18]. Le 28 novembre 2017, Emmanuel Macron se déclare totalement ouvert sur la question de l'avenir du franc CFA, rappelant que, s'il est facteur de stabilité pour les pays qui l'ont, le franc CFA peut être quitté par ses pays membres à tout moment. Il déclare : « S'ils considèrent qu'il faut même supprimer totalement cette stabilité régionale et que c'est mieux pour eux, je considère que c'est eux qui décident et donc je suis favorable »[19]. Il se prononce à nouveau dans des mêmes termes le , en soutenant que le franc CFA « a une utilité », précisant que l'« on doit garder la part de stabilité que ça apporte mais on doit permettre à toute la région de s'intégrer pleinement dans un espace monétaire intégré »[20].

En 2018, dans un document de 29 pages publié le 13 avril 2018, l'économiste Dominique Strauss-Kahn dresse un tableau presque élogieux de la monnaie (notamment la bonne performance de la Zone franc au niveau macroéconomique grâce à la garantie dont elle bénéficie), mais relevé les inconvénients qui, selon lui, fragilisent les économies de la région[21]. En , Bruno Le Maire, ministre des Finances français, abonde dans ce sens en rappelant que : « La Zone Franc, c'est de la stabilité pour les pays africains membres, un moyen de lutter contre l'inflation et une zone qui permet un développement économique dans de bonnes conditions. La France est ouverte à une réforme de cette zone mais c'est aux États membres de décider. »[22].

Le , le président du Bénin Patrice Talon a annoncé, le « retrait des réserves de change du franc CFA » qui se trouvent en France : « La Banque centrale des pays d’Afrique de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) va gérer la totalité de ces réserves de devises et va les répartir auprès des diverses banques centrales partenaires dans le monde »[23]. Cette position réformiste est toutefois nuancé par d'autres chefs d'Etat africains : le , sur Radio France internationale, le président ivoirien Alassane Ouattara défend le franc CFA dans son fonctionnement actuel, c’est-à-dire une monnaie attachée à l’euro, soulignant qu'elle permet aux pays du franc CFA de ne pas avoir trop de problème de soutenabilité de dette[24].

Le 6 janvier 2020 à Dakar, une cinquantaine d'intellectuels publient une déclaration demandant l'ouverture d'un débat « populaire et inclusif » sur la réforme en cours et rappelant que «la question de la monnaie est fondamentalement politique et que la réponse ne peut être principalement technique»[25].

Le 19 janvier 2020, l’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla déclare que la réforme du franc CFA en Afrique de l’Ouest, annoncée le 21 décembre 2019 par le président français Emmanuel Macron et son homologue ivoirien Alassane Ouattara, est loin d’être la panacée. Au-delà du symbole qui consiste à renommer « éco » la monnaie unique ouest-africaine, c’est tout un système qui doit être remis à plat, estime-t-il. Selon le coauteur, avec Fanny Pigeaud, de L’Arme invisible de la Françafrique. Une histoire du franc CFA, les Etats africains devraient plutôt mettre en place des monnaies nationales souveraines[26].

Les chefs d’État de la Cemac se sont prononcés sur cette question et souhaitent faire évoluer leur monnaie d’autant plus que, a déclaré Daniel Ona Ondo, « notre partenaire la France est disposée à une réforme ambitieuse du franc CFA »[27].

En janvier 2020, d'après la BBC, plusieurs personnalités de la sous-région Afrique centrale sont à pied d’œuvre pour rendre possible une sortie du FCFA comme cela a récemment été le cas dans la zone UEMOA, L’AFRIX (AFX) est le nom qui est évoqué pour le moment. Son éventuelle création suscite des réactions chez les experts indique la BBC.

Un raisonnement plus poussé fait état de ce que les pays concernés par ladite monnaie devront s’atteler à diversifier leur économie pour être à la hauteur des nouveaux challenges qui, en même temps que l’AFRIX verront le jour, précise la même source[28].

En janvier 2020, une cinquantaine d'intellectuels publient une déclaration demandant l'ouverture d'un débat «populaire et inclusif» sur la réforme en cours et rappelant que «la question de la monnaie est fondamentalement politique et que la réponse ne peut être principalement technique»[25].

En février 2020, au cours de leur entrevue, Ali Bongo et Daniel Ona Ondo ont également parlé des décisions prises lors de la dernière conférence des chefs d’État, marquée par «la volonté des chefs d’État à plus d’intégration». Leur porte-parole déclare que les réformes engagées sont en bonne voie et les leaders de la zone Cemac étudient un schéma approprié quant à l’avenir du franc CFA[29].

Fin historique et remplacement

Le 23 août 2019, la 42e session du Conseil de convergence de la Zone monétaire de l'Afrique de l'Ouest (ZMAO), s'est tenue à Conakry, en Guinée. La ZMAO regroupe les pays membres de la Cedeao qui n’utilisent pas le francs CFA. La rencontre a notamment porté sur le lancement d'une future monnaie de l'Afrique de l'Ouest, l'« eco »[30].

En octobre 2019, selon le Fonds monétaire international, le succès du projet de remplacement du franc CFA, en Afrique de l’Ouest, par une monnaie commune - l’eco - dépendra de la prise en compte de certains facteurs à la fois politiques et économiques. Elle s’inquiète par ailleurs du ralentissement de la croissance au sud du Sahara[31]. En outre, la France perd des parts de marché en Afrique, au profit de la Chine, qui est d'ailleurs préférée par les Africains à la France selon les sondages réalisés en Afrique[17].

Le , le président du bénin Patrice Talon a annoncé, le « retrait des réserves de change du franc CFA » qui se trouvent en France : « La Banque centrale des pays d’Afrique de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) va gérer la totalité de ces réserves de devises et va les répartir auprès des diverses banques centrales partenaires dans le monde », a assuré le chef de l’État béninois, déclarant que cela se ferait « très rapidement »[23].

Le 21 décembre 2019, le président ivoirien Alassane Ouattara annonce l'hypothèse du remplacement du franc CFA (UEMOA) par l'eco au cours d'une conférence de presse commune avec le président français Emmanuel Macron en visite officielle en Côte d'Ivoire[2],[3],[4]. Emmanuel Macron se montre positif sur le sujet et dit : « J’ai entendu les critiques, je vois votre jeunesse qui nous reproche de continuer une relation qu’elle juge postcoloniale. Donc rompons les amarres[3] ».

Cette décision s'accompagne de deux changements : la suppression du compte d’opération à la Banque de France et des sièges occupés par les représentants français au sein des instances de la BCEAO[3],[17]. La Banque de France continue d'assurer la parité entre l'eco et l'euro[3].

Les chefs d’État des 15 pays de la région ont adopté le symbole de l’eco – « EC » – ainsi que le nom de la future Banque centrale de la Cedeao, la « Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest ». Aucun calendrier précis n’a toutefois été annoncé officiellement[32].

Les réactions sont contrastées : pour  Kristalina Georgieva, directrice du FMI, ces changements « constituent une étape essentielle dans la modernisation d'accords de longue date entre l'Union économique et monétaire ouest-africaine et la France »[33]. À l'inverse des économistes africains contestent leur portée, tel Demba Moussa Dembelé qui y voit une façon de « torpiller le projet de la Cédéao ou de le retarder le plus possible. Ils coupent l’herbe sous le pied des critiques en éliminant les symboles qui fâchent sans toucher au fond du problème. Ce que demandent les peuples africains, c’est la fin du franc CFA et non sa réforme. »[34],[35]

Le 30 décembre 2019, le Ghana rappelle qu'il pourrait être le premier pays hors zone CFA à adopter l’eco, ce qui en ferait la première économie de cet espace monétaire devant la Côte d'Ivoire, en attendant que le Nigéria renonce à sa monnaie, le naira. Mais le Ghana conditionne cette adoption à la levée des barrières commerciales et monétaires et à la fin de la parité fixe avec l’euro. Le Ghana invite les autres États de la Cédéao à installer une Banque centrale fédérale[36].

En janvier 2020, d'après plusieurs articles citant des médias locaux, le Nigeria exigerait cinq « conditions non négociables » avant son adhésion à la monnaie unique. Certains évoquent particulièrement les dépôts au Trésor français d'une partie des réserves de change de la future monnaie commune. Concernant ce point, il est déjà question de la fin de cette garantie dans la réforme proposée le 21 décembre dernier. Toujours selon la presse nigériane, Abuja exigerait aussi la gestion de l'éco par la Cédéao elle-même, sans oublier son impression en Afrique et non en France[37].

La Sierra Leone a annoncé le jeudi 9 janvier 2020 de faire connaître très bientôt sa décision sur la future monnaie unique de la Cedeao, l’Eco. La Banque de Sierra Leone (BSL) a annoncé le jeudi 9 janvier 2020 que le pays continuera avec le Leone comme cours légal jusqu’à la réunion du Comité du conseil des gouverneurs de la Cedeao prévue le 16 janvier 2020[38].

Leur communiqué du 16 janvier a aussi fait éclater au grand jour la bataille de leadership qui oppose la Côte d’Ivoire au Nigeria. En critiquant publiquement la décision de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) de rebaptiser le franc CFA « eco » d’ici à 2020, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales de Gambie, du Ghana, de Guinée, du Liberia, du Nigeria et de Sierra Leone ont révélé les divisions de la Cedeao[39].

Le 31 janvier 2020, le président ivoirien Alassane Ouattara a apporté des précisions par rapport au supposé rejet de l’Eco par les 7 pays de la Zone monétaire ouest africaine (ZMAO, (WAMZ en anglais). «C’est une intoxication pure et simple. Il n’y a que cinq pays qui se sont retrouvés à Abuja sur les quinze de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest [Cédéao]», fulmine-t-il, coupant l’herbe sous le pied des anti-Franc CFA, nombreux à crier au «bonnet blanc et blanc bonnet». Il remarque qu'il existe cinq critères de performance (déficit de moins 3 %, dette de moins de 70 %, faible inflation, etc.) qui n'ont pas été remplis par tous les pays[40].

Le 9 février 2020, un sommet extraordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a eu lieu. De nombreux points ont été abordés. Notamment la mise en place de la monnaie unique (Eco)[41].

Le lancement de la monnaie est retardé par divers membres. Par exemple, le 10 février 2020, le Nigeria demande un report du lancement de l’eco, considérant que « les critères de convergence [entre États] n’ont pas été atteints par la majorité des pays »[42].

Fin février 2020, l'agence de notation américaine S&P réalise une étude sur la concrétisation du projet de sortie du franc CFA, et se dit rassurée par le fait que l'eco reste arrimé à l'euro et que la France continue à garantir sa convertibilité. Le lancement de la nouvelle monnaie n'aurait donc pas d'effets immédiats, et une dévaluation n'était à ce jour pas prévue. L'étude rappelle de même que « les États membres de l'UEMOA ne seront plus tenus de conserver la moitié de leurs réserves de change sur un compte d'opération au Trésor français. Autrement dit, la banque centrale régionale, la BCEAO, pourra gérer ses réserves de changes comme elle le jugera approprié »[43].

Le 20 mai 2020, la fin du Franc CFA est validée par l'adoption d'un projet de loi qui sera soumis à l’Assemblée nationale et au Sénat français qui entérine cette monnaie commune par le Conseil des Ministres français, le 20 mai 2020[44]. Le 10 décembre 2020, la France ratifie la loi portant sur la réforme du franc CFA de l'uemoa apportant d'important changement[45]. La nouvelle monnaie unique ouest-africaine (Eco) doit voir le jour en vers 2021.

Controverses et débats

Mais le franc CFA est aussi brandi comme le symbole de la relation incestueuse entre la France et ses anciennes colonies[17].

Fabrication de la monnaie

Le franc CFA a été critiqué par certains car il est fabriqué en France, ce qui constituerait une domination néocoloniale. Toutefois, si la fabrication est réalisée par une entreprise en France, l'émission de la monnaie est bien décidée par la BCEAO. Aussi, peu de pays africains ont les outils nécessaires pour produire de la monnaie physique en toute sécurité ; à l'exception de 14 pays africains, tous les autres font produire leurs billets par des entreprises spécialisées, qui sont majoritairement occidentales (De La Rue, Oberthur, Giesecke+Devrient et Crane Currency). La BEAC a abandonné l'idée d'imprimer sa monnaie en 2017 après en avoir estimés les coûts trop élevés[46].

Convertibilité

Le franc CFA bénéficie d'une parité fixe avec l'euro, d'une convertibilité totale avec celui-ci et d'une garantie par la Banque de France[17]. Cela permet à la monnaie, grâce à son lien fort avec l'euro, de bénéficier d'une crédibilité internationale. En revanche, l'euro s'avérant une devise forte, les pays de la zone franc CFA souffrent de leur monnaie trop surévaluée, tout le contraire de ce qui se passait avant lorsque le franc français connaissait de nombreuses dévaluations — ce qui d'ailleurs avait aussi des côtés négatifs[47].

En ce qui concerne la zone UEMOA, celle-ci doit contracter des crédits auprès de la BCEAO (entre 2,5% et 3,5 %) pour les prêter à ses états membres à un taux d'intérêt proche des 7 %[48].

Une mesure de suspension de rachat des billets de banque CFA entrée en vigueur le . Auparavant, et ce jusqu'au , la convertibilité des billets était libre et illimitée aux guichets de la banque de France. Une mesure de suspension de rachat des billets CFA entre la zone UMOA et la zone UMAC à compter de septembre 1993.

Mise en commun des réserves

Le franc CFA fonctionnant comme un pot commun de devises. La zone permet un équilibre global des réserves monétaires qui limite les risques d'hyperinflation[49]. Cependant, si ce sont toujours les mêmes pays qui sont créditeurs, la tentation peut s'avérer forte, pour ces pays, de quitter le système. Devenus crédibles par leur appartenance à la zone franc, certains pays comme le Gabon et le Cameroun ont su amorcer une diversification de leurs échanges et fortifier leur économie, ce qui a incité la France à s'interroger sur l'opportunité de continuer à délivrer sa garantie monétaire.

Les pays de la zone franc doivent obligatoirement déposer 50 % de leurs réserves de change auprès du Trésor public français afin de garantir leur liquidité. Ces réserves de change sont déposées sur un compte rémunéré dont les intérêts obligataires sont reversés tous les ans aux pays africains[50]. En 2014, la BEAC et la BCEAO disposaient d'un dépôt, respectivement, de 3 706 et de 5 605 milliards de francs CFA (environ 14,3 milliards d’euros) auprès du Trésor[51].

La monnaie unique permet une liberté de transferts au sein de chaque union monétaire, ainsi d'intensifier les flux d'investissement et de capitaux.

Dépenses publiques

La maîtrise de la création monétaire a comme corollaire l'obligation de maîtriser la dépense publique. Le Trésor français consent des avances mais, en aucun cas, elles ne peuvent dépasser 20 % des recettes budgétaires, pays par pays. Tout dérapage se traduit immédiatement par des fins de mois difficiles pour la trésorerie du pays en cause — les retards dans le paiement des factures de l'État et dans le versement des salaires des fonctionnaires constituent ainsi un indicateur de solvabilité des pays de la zone franc.

Cependant, lorsqu'ils sont privés de trésorerie, ces pays ont dans une certaine mesure la possibilité de s'endetter à l'extérieur de la zone franc, auprès de bailleurs de fonds (comme l'Agence française de développement) qui jamais n'auraient consenti de crédits s'ils n'avaient pas eu la garantie que la gestion de leurs finances publiques n'était pas aussi rigoureuse.

Dans la zone franc, le ratio crédit à l'économie sur PIB est de 23 %, alors qu'il est de 100 % dans la zone euro, ce qui provoque une concurrence déloyale entre les pays membres des deux zones[51].

Le franc CFA permet toutefois aux pays membres d'éviter des problèmes de solvabilité. Les pays hors-CFA empruntent souvent dans des monnaies étrangères, telles que le dollar, dont ils ne disposent que peu de réserve. La libre convertibilité et la stabilité du CFA permettent aux Etats de s'endetter de manière plus sécurisée. Ainsi, le , sur Radio France internationale, le président ivoirien Alassane Ouattara défend le franc CFA en soutenant que « Le fait que nous sommes arrimés à l’euro, si nous empruntons des euros, le moment de les rembourser dans cinq ou dix ans, le taux est fixe. Il n’y a pas de problème. Donc, c’est le même taux auquel nous remboursons. Et si nous avions une monnaie, les gens parlent de monnaie flexible, c’est très bien pour certains pays. Mais nous, nous avons une parité fixe. Je suis désolé de le dire, je suis ancien gouverneur de la Banque centrale et peut-être que je ne suis pas objectif. Si les pays de l’UEMOA n’ont pas tellement de problèmes de dettes, c’est grâce à cette parité fixe »[24].

Adéquation entre le cours de la monnaie et les besoins économiques des pays

Un des débats majeurs au sujet du franc CFA est celle de la valeur de la monnaie, ainsi que ses fluctuations. Jacques Sapir considère que le franc CFA est surévalué par rapport aux besoins des économies africaines. Elle permet des gains de pouvoir d'achat aux « classes moyennes émergentes, et à la petite minorité aisée », car elle leur permet d'acquérir des produits importés à moindre coût. Elle pénaliserait toutefois les classes les plus pauvres[52]. Kako Nubukpo soutient que le franc CFA est surévalué car il est arrimé à une monnaie, l'euro, qui elle-même est surévaluée. Cette monnaie forte permet ainsi de réduire le coût des importations, mais de renchérir celui des exportations[53].

Une étude d'économistes de l'université Cheikh-Anta-Diop conclut toutefois que les disparités entre les pays africains en termes d'investissement intérieur et de volume de crédits accordés par les banques « semble plus lié à la perception que les banques ont de la solvabilité des demandeurs de prêts qu'à une quelconque appartenance à la zone franc »[54].

Il est aussi avancé que le franc CFA serait un frein économique pour les pays qui le détiennent. Cette position est critiquée à plusieurs égards : tout d'abord, parce qu'elle confère un poids disproportionné à la monnaie dans la détermination de la croissance économique, et deuxièmement, parce que l'évolution des taux de croissance en Afrique ne montrent pas d'effet négatif du franc CFA. Une étude de 1994 montre que le taux de croissance de la zone a été supérieur à celui du continent entre 1970 et 1985[55]. De 2014 à 2018, le taux de croissance de la zone franc est systématiquement supérieur à celui de l'Afrique subsaharienne :

Évolution du taux de croissance du PIB (en %)[56]
2014 2015 2016 2017 2018
Monde 3,6 3,4 3,4 3,8 3,6
Afrique subsaharienne 5,1 3,2 1,4 2,9 3,1
Zone franc 5,5 4,0 2,9 3,9 4,4

Stabilité macroéconomique

Alors que les pays africains ont, depuis l'époque post-coloniale, dévalué à de nombreuses reprises leur monnaie du fait de leur instabilité, le franc CFA n'a été dévalué qu'une seule fois dans son histoire[57].

Dans une étude réalisée en 2008 par l'Union européenne, celle-ci considère que si « les avantages de l'intégration économique au sein de chacune des deux unions monétaires de la zone franc CFA, et plus encore entre eux, sont restés remarquablement bas », il est nécessaire de reconnaître les effets positifs en termes de stabilité économique sur la région : « le rattachement au franc français et, depuis 1999, à l'euro comme ancrage du taux de change est généralement reconnu comme ayant eu des effets favorables dans la région en termes de stabilité macroéconomique »[58].

Utilisation du franc CFA par la France

L'utilisation du franc CFA par la France fait l'objet de plusieurs fausses nouvelles dans les médias. Le journal économique allemand Deutsche Wirtschafts Nachrichten écrit par exemple que la France perçoit annuellement 440 milliards d'euros d'impôts auprès de ses anciennes colonies liées au franc CFA[59], avant de se rétracter et de supprimer la référence à cette information[60].

Ainsi, contrairement à ce qu'affirment certains critiques de la monnaie, l’État français ne fait pas usage des fonds africains déposés à la Banque de France[14]. Les États de la zone franc ne paient pas d'impôt « colonial »[61],[62]. Par ailleurs, aucune obligation n'est imposée aux membres de la zone Franc : ceux-ci sont libres d'abandonner le franc CFA pour fonder leur propre monnaie[63].

Les fantasmes au sujet du franc CFA se perpétuent cependant. En , Kemi Seba est reçu à Rome par des cadres du Mouvement 5 étoiles afin de leur remettre un dossier sur le Franc CFA et la Françafrique[64]. Quelques mois plus tard, Luigi Di Maio et Alessandro Di Battista fustigent la France pour sa politique de maintien du Franc CFA et son supposé néocolonialisme en Afrique. Ces attaques sont à l'origine d'un incident diplomatique entre la France et l'Italie[64].

Dominique Strauss-Kahn recommande une réforme du franc CFA afin de réattribuer des sièges de la France au sein des instances des banques centrales africaines à des administrateurs internationaux indépendants afin de couper les derniers liens qui pourraient être soupçonnés de coloniaux[65].

En 2018, le PIB total des 14 pays membres des deux zones francs CFA s'élève à 222 milliards de dollars (USD), une valeur équivalente à 8 % du PIB de la France[66]. La part de la zone franc dans le commerce extérieur français est de 0,6% en 2019, et la France et la zone franc sont quasiment en équilibre commercial[67].

Fonctionnement des unions monétaires

Bien que les devises XOF et les XAF soient désignées communément par le même nom de franc CFA et aient (actuellement) la même valeur, elles ne sont pas interchangeables. Il ne s'agit donc pas d'une zone monétaire commune mais de deux zones juxtaposées.

Initialement les francs CFA émis par les différents instituts étaient librement convertibles ; ce n'est plus le cas depuis septembre 1993.

Entretenant des relations de coopération étroites avec les banques centrales de la zone franc, la Banque de France participe, avec ses consœurs africaines, au fonctionnement des institutions communes de la zone.

Cette coopération permet à ces pays aux économies fragiles et aux systèmes politiques assez souvent instables de bénéficier d'une monnaie stable. Cependant, le lien entre les cours du franc CFA et l'euro ne permet pas aux pays africains de faire varier le cours de leur monnaie en fonction des aspects économiques censés l'influer. Ils subissent donc les aléas économiques de l'Europe et de sa monnaie sans pouvoir intervenir. Ces aléas sont toutefois amortis par le mécanisme du compte d'opérations qui permet de faire varier la quantité de monnaie en circulation dans la zone en fonction de l'appréciation (ou la dépréciation) de l'ancre monétaire.

Avec un euro fort, ils sont handicapés pour exporter leurs produits vers d'autres destinations que l'Europe mais peuvent importer à moindre coût les biens d'équipement hors zone :

  • Lorsque l'euro s'apprécie, la quantité de monnaie par rapport au DTS augmente et les Banques centrales créditent le compte d'opérations auprès du Trésor français, diminuant ainsi leurs réserves et pénalisant le mécanisme de crédit. Ce mécanisme permet de contrer l'effet inflationniste de l'euro fort[réf. nécessaire].
  • Dans le cas de l'euro faible, c'est le Trésor français qui débite ce compte pour créditer les banques centrales, ouvrant plus fort le robinet du crédit (augmentation de la quantité de monnaie).

Fin 2004, des billets plus sécurisés mais aussi plus fragiles ont été mis en circulation dans les zones BEAC et BCEAO, remplaçant ainsi les anciens billets.

Évolution de la parité du Franc CFA

Date Événement Taux de conversion
Création du franc CFA 1 F CFA = 1,70 FF
Dévaluation du franc français (FF) 1 F CFA = 2,00 FF
Instauration[68] du nouveau franc français (FRF) 1 F CFA = 0,02 FRF
Dévaluation de 50% du franc CFA 1 F CFA = 0,01 FRF
Arrimage du franc CFA à l'euro 1 F CFA = 0,00152 € (1 € = 655,957 F CFA)[69]

Numismatique

 
Billet de 500 francs CFA, émis de 1993 à 2002 par la BEAC.

Afrique centrale (BEAC)

La série de pièces actuelles a été mise en circulation en 2006. La gamme de billets date de 2002.

La thématique commune symbolise, au revers des pièces, un panier de fruits tropicaux.

Afrique de l'ouest (BCEAO)

La série de billets actuelle a été mise en circulation en 2003.

Sur chaque pièce et au recto des billets est représenté le logo de la BCEAO, un poisson-scie stylisé. Celui-ci représente une figurine en bronze employée anciennement par les Akan pour peser l'or. Dans leur mythologie, cette espèce incarne la puissance de la mer, la fécondité et la prospérité.

Appellations

Sur les marchés, les échanges se font en français en franc CFA ou en dërëm (de l'arabe dirham, lui-même issu de la drachme grecque), en wolof, langue nationale du Sénégal. Un dërëm vaut cinq francs (au Sénégal). C'est-à-dire qu'on compte le nombre de pièces de 5 francs nécessaires à l'échange, plutôt que le nombre de francs en soi, sorte d'unité de compte.

Franc CFA
(en français)
Dërëm
(en wolof ou autre)
Dala
(en haoussa)
Wari
(en bambara ou autre)
Sika
(en baoulé ou autre)
Ɖolà
(en fongbé ou autre)
5 francs CFA 5 francs Dërëm (1 dërëm) Dala (dala 1) Dɔrɔmɛ kelen (1 dɔrɔmɛ) Ba-blu kun (1 ba-blu) Ɖolà ɖokpó (1 ɖolà)
10 francs CFA 10 francs Ñaari dërëm (2 dërëm) ƴar baka (dala 2) Dɔrɔmɛ fila (2 dɔrɔmɛ) Ba-blu nyon (2 ba-blu) Ɖolà wè (2 ɖolà)
25 francs CFA 25 francs Juroom dërëm (5 dërëm) ƙadago (dala 5) Dɔrɔmɛ duuru (5 dɔrɔmɛ) Ponu kun (1 ponu) Kpɔ́wùn ɖokpó (1 kpɔ́wùn)
50 francs CFA 50 francs Fukki dërëm (10 dërëm) ƴar goma (dala 10) Dɔrɔmɛ tan (10 dɔrɔmɛ) Ponu nyon (2 ponu) Kpɔ́wùn wè (2 kpɔ́wùn)
100 francs CFA 100 francs Ñaar fukk dërëm (20 dërëm) Ishirin (dala 20) Dɔrɔmɛ mugan (20 dɔrɔmɛ) Ponu nnan (4 ponu) Kpɔ́wùn ɛ̀nɛ̀ (4 kpɔ́wùn)
250 francs CFA 250 francs Juroom fukk dërëm (50 dërëm) Hamsin (dala 50) Dɔrɔmɛ biduuru (50 dɔrɔmɛ) Ponu blu (10 ponu) Kpɔ́wùn wǒ (10 kpɔ́wùn)
500 francs CFA 500 francs Téeméer dërëm (100 dërëm) Dari (dala 100) Dɔrɔmɛ kɛmɛ (100 dorèmè) Ponu ablaon (20 ponu) Kpɔ́wùn ko (20 kpɔ́wùn)
1 000 francs CFA 1 000 francs Ñaar téeméer dërëm (200 dërëm) Jikka (dala 100 biyu) Dɔrɔmɛ kɛmɛ fila (200 dɔrɔmɛ) Kotoko kun (1 kotoko) Cakì ɖokpó (1 cakì)

2 500 francs CFA

2 500 francs Juroomu téeméer dërëm (500 dërëm) Jikka biyu da rabi (dala 100 biyar) Dɔrɔmɛ kɛmɛ duuru (500 dɔrɔmɛ) Kotoko nyon ponu ablaon (2 kotoko et 20 ponu) Cakì wè adaɖé (2,5 cakì)
5 000 francs CFA 5 000 francs Junni dërëm (1 000 dërëm) Jikka biyar (Dubu) Dɔrɔmɛ wa kelen (1 000 dɔrɔmɛ) Kotoko nnun (5 kotoko) Cakì atɔɔn (5 cakì)
10 000 francs CFA 10 000 francs Ñaar junni dërëm (2 000 dërëm) Jikka goma Dɔrɔmɛ wa fila (2 000 dɔrɔmɛ) Kotoko blu (10 kotoko) Cakì wǒ (10 cakì)

Notes et références

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Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes