Franc CFA (CEMAC)

monnaie d'Afrique centrale
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Franc CFA.
Ne doit pas être confondu avec Franc CFA (UEMOA).

Franc CFA - CEMAC
Unité monétaire moderne actuelle
Les nouvelles pièces en francs CFA-CEMAC (avers).
Les nouvelles pièces en francs CFA-CEMAC (avers).
Pays officiellement
utilisateurs
Drapeau du Cameroun Cameroun
Drapeau du Gabon Gabon
Drapeau de la Guinée équatoriale Guinée équatoriale
Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine
Drapeau de la république du Congo République du Congo
Drapeau du Tchad Tchad
Banque centrale Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC)
Symbole local FCAF
Code ISO 4217 XAF
Sous-unité 100 centimes
Taux de change 1 XAF = 0,001 911 80 USD[1]
()
1 XAF = 0,0015 EUR
Chronologie de la monnaie

Le franc CFA de la CEMAC (Coopération financière en Afrique centrale) est, depuis sa création en 1958, une monnaie commune, la devise officielle des six États membres de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, République du Congo, Tchad). Il est divisé en cent centimes.

Son équivalent en Afrique de l'Ouest est le franc CFA (UEMOA), qui sera remplacé par l'eco en 2020, mais bien que les taux de conversion vis-à-vis de l'euro (auquel les deux monnaies sont arrimées) soient identiques (655,957 francs pour 1 euro[Note 1]), leur usage n'est pas interchangeable (on ne peut donc pas payer en CFA UEMOA des produits vendus en Afrique centrale).

États membres de la CEMAC

HistoireModifier

CréationModifier

Le franc CFA est créé en 1945 par l'État français à la suite de la ratification des accords de Bretton Woods, sous le nom de franc des Colonies françaises d'Afrique. Il remplace, entre autres, le franc de l'Afrique-Équatoriale française. Le 20 janvier 1955 est fondé l'Institut d'émission de l'Afrique équatoriale française et du Cameroun, qui émet des pièces et des billets de banque. Cet institut est remplacé le 4 avril 1959 par la Banque centrale des états de l'Afrique équatoriale et du Cameroun. Le 22 novembre 1972 cet établissement prend le nom de Banque des États de l’Afrique centrale.

En 1958, dans la cadre de l'Union française, cette monnaie prend le nom de franc de la Communauté française d'Afrique puis en 1960, au moment des déclarations d'indépendances, le nom de franc de la Coopération financière en Afrique centrale (CFAC)[2].

Son code ISO 4217 est XAF.

Discussions sur l'avenir du franc CFA de la CEMACModifier

En 2020, le franc CFA de l'UEMOA devrait disparaître au profit de l'Eco, or les États d'Afrique centrale n'ont pas signé de réforme similaire donc continueront à utiliser le franc CFA de la CEMAC, tout en envisageant également une éventuelle sortie de cette monnaie[3].

Le 22 novembre 2019, à Yaoundé s'est ouvert un sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac) présidée par Paul Biya, qui regroupe six pays, pour débattre notamment de l'avenir du franc CFA. Après les pays d'Afrique de l'Ouest pour la monnaie unique, c'est au tour de l'Afrique centrale de questionner la pertinence d'une monnaie aux réserves de change déposées en France et convertible en euro, présentée par certains comme « héritée de la colonisation ». « Les présentes assises nous donnent à nouveau l'occasion d'échanger et d'arrêter des mesures complémentaires pouvant consolider le redressement économique de notre sous-région », a déclaré Paul Biya[4].

Le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, s’est exprimé le 22 décembre 2019, sur RFI au sujet de la question d’une possible évolution du franc CFA en Afrique centrale. Il indique que « c’est aux États d’Afrique centrale de le décider » et ajoute que « la France est ouverte à des modifications radicales ». Déclarant que son pays « veut rentrer de plain-pied dans le XXIe siècle avec des États africains dont l’indépendance monétaire n’est pas contestée », il répète aussitôt que « c’est à chacun de décider de la manière dont il veut avancer, à quel rythme, suivant quelles modalités ». « C’est une zone très différente des États d’Afrique de l’Ouest, mais nous sommes ouverts à la discussion et nous sommes ouverts à des changements similaires », conclut Bruno Le Maire.[5].

Le 28 décembre 2019, le président de la Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema et celui de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, ont indiqué lors d'un point presse à l'issue de leur rencontre à Abidjan avoir échangé sur la réforme du franc CFA dans la zone Uemoa. Le président équato-guinéen souhaiterait voir la même réforme en zone Cemac et juge le franc CFA « obsolète »[6].

En janvier 2020, d'après la BBC, plusieurs personnalités de la sous-région Afrique centrale sont à pied d’œuvre pour rendre possible une sortie du FCFA comme cela a récemment été le cas dans la zone UEMOA, L’Afrix (AFX) est le nom qui est évoqué pour le moment. Son éventuelle création suscite des réactions chez les experts, indique la BBC.

De ce qui ressort, cette monnaie viendra calmer les ardeurs des Africains progressistes qui appellent de tous leurs vœux une réorganisation monétaire entre la France et ses ex-colonies. Les progressistes, par ailleurs, espèrent que le changement ne se limite pas à la simple dénomination. Il doit s’accompagner d’une liberté de contrôle et d’une parité avec les autres devises.

Un raisonnement plus poussé fait état de ce que les pays concernés par ladite monnaie devront s’atteler à diversifier leur économie pour être à la hauteur des nouveaux challenges qui, en même temps que l’Afrix, verront le jour, précise la même source.[7].

Le 6 janvier 2020 à Dakar, une cinquantaine d'intellectuels publient une déclaration demandant l'ouverture d'un débat «populaire et inclusif» sur la réforme en cours et rappelant que « la question de la monnaie est fondamentalement politique et que la réponse ne peut être principalement technique ».[8].

PiècesModifier

Depuis 2006, une nouvelle gamme de pièces est émise, circulant pour le moment avec l'ancienne série des années 1973-1998[9].

Pièces circulantes
Image Valeur Composition Description Période
Avers Revers Avers Revers
1 franc Aluminium 1974-1998
    5 francs Aluminium-bronze 1973-1992
10 francs Aluminium-bronze 1974-2003
25 francs Aluminium-bronze 1974-2003
    50 francs Nickel 1976-2003
100 francs Nickel 1992-1998
    500 francs Cuivre-nickel 1976-1984
500 francs Cuivre-nickel 1998

BilletsModifier

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) émet à partir de , une nouvelle gamme de billets de banque dans les six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Elle remplacera peu à peu les anciens billets officiellement mis en service en . La nouvelle gamme remplacera les petites coupures de 500, 1 000 et 2 000 francs CFA CEMAC et de grosses coupures de 5000 et 10 000 francs utilisées actuellement dans les six pays concernés[10].

Série 2003
Denomination Couleur prédominante Dimensions Recto Verso
500 francs CFA Marron 70 x 130 mm    
1000 francs CFA Bleu 75 x 135 mm    
2000 francs CFA Rose 75 x 145 mm    
5000 francs CFA Vert 80 x 145 mm    
10 000 francs CFA Violet 80 x 150 mm    

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. En plus d'un taux de change fixe, il s'agit aussi du taux moyen sur le marché dérivé du point médian (mid-market) entre les taux transactionnels « acheter » et « vendre » sur les marchés monétaires mondiaux. Le taux du marché intermédiaire indique la valeur d'une devise qui n'est pas pondérée par l'achat ou la vente. Les clients consommateurs ou les petites et moyennes entreprises n'ont pas accès à ces tarifs. Le sens de transaction (achat ou vente), l'établissement financier (frais et commissions) et le pays (où se déroule la transaction) sont autant de facteurs qui modifient le taux lors de la transaction réelle par un particulier.

RéférencesModifier

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

Articles connexesModifier