Kristalina Georgieva

femme politique bulgare

Kristalina Ivanova Georgieva (en bulgare : Кристалина Иванова Георгиева, [gɛɔrgiɛva]), née le à Sofia, est une économiste, fonctionnaire internationale et femme politique bulgare. Elle est directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) depuis le .

Kristalina Georgieva
Кристалина Георгиева
Illustration.
Kristalina Georgieva en 2019.
Fonctions
Directrice générale du Fonds monétaire international
En fonction depuis le
(2 ans, 8 mois et 28 jours)
Prédécesseur David Lipton (intérim)
Christine Lagarde
Directrice générale de la Banque mondiale

(2 ans, 8 mois et 28 jours)
Président Jim Yong Kim
David Malpass
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Anshula Kant
Présidente du Groupe de la Banque mondiale
(intérim)

(2 mois et 7 jours)
Prédécesseur Jim Yong Kim
Successeur David Malpass
Troisième vice-présidente de la Commission européenne

(2 ans, 1 mois et 30 jours)
Président Jean-Claude Juncker
Gouvernement Commission Juncker
Prédécesseur Jacek Dominik
Successeur Günther Oettinger
Commissaire européenne à la
Coopération internationale, à l'Aide humanitaire et à la Réaction aux crises

(4 ans, 8 mois et 22 jours)
Président José Manuel Durão Barroso
Gouvernement Commission Barroso II
Prédécesseur Karel De Gucht
Successeur Neven Mimica (Coopération)
Chrístos Stylianídis (Humanitaire)
Biographie
Nom de naissance Kristalina Ivanova Georgieva
Date de naissance (68 ans)
Lieu de naissance Sofia (Bulgarie)
Nationalité Bulgare
Parti politique GERB (jusqu’en 2017)
Diplômée de Université d'économie nationale et mondiale
Profession Universitaire
Fonctionnaire internationale

Kristalina Georgieva
Directeurs généraux du
Fonds monétaire international

Universitaire spécialisée en économie entre 1977 et 1993, elle rejoint ensuite la Banque mondiale, dont elle devient vice-présidente en 2008. Elle est nommée à la Commission européenne en 2009, sur proposition du gouvernement conservateur bulgare, et obtient le portefeuille de la Coopération internationale.

Elle est confirmée en 2014 au sein de l'exécutif communautaire, où elle occupe le poste de troisième vice-présidente de la Commission européenne, déléguée au Budget et aux Ressources humaines. Elle démissionne fin 2016 afin de prendre le poste nouvellement créé de directrice générale de la Banque mondiale. À ce titre, elle assume l'intérim de la présidence de l'institution pendant quelques semaines au début de l’année 2019.

Les pays européens s'accordent en 2019 pour proposer sa candidature à la direction du Fonds monétaire international (FMI) en remplacement de Christine Lagarde, choisie pour présider la Banque centrale européenne.

BiographieModifier

Parcours universitaireModifier

Après avoir obtenu une maîtrise de politique économique et sociologie au Haut institut d'économie Karl-Marx de Sofia, elle y obtient un doctorat en sciences économiques.

Professeur associée au sein du Haut institut, qui reprend son nom initial de « université d'économie nationale et mondiale » en 1990, entre 1977 et 1993, elle rejoint le Massachusetts Institute of Technology (MIT) pour accomplir des recherches en politique environnementale et enseigner au sujet des économies en transition.

Responsabilités à la Banque mondialeModifier

En 1993, elle abandonne son parcours universitaire et rejoint la Banque mondiale, où elle commence par un poste d'économiste de l'environnement, puis d'économiste de l'environnement en chef. Elle est ensuite promue directrice de l'environnement pour l'Asie orientale et le Pacifique, puis directrice de la Stratégie, des Politiques et de la Finance environnementales.

Elle est nommée directrice de la banque pour la Russie en 2004, dirigeant dès lors plusieurs projets dans les domaines du développement régional, de l'éducation ou encore des douanes. En 2007, elle devient directrice du Développement durable, avant d’accéder à la vice-présidence de la Banque mondiale un an plus tard.

Le , elle est nommée à la fonction de directrice générale. Elle exerce l’intérim à la présidence de l'institution entre février et , à la suite de la démission de Jim Yong Kim[1].

Commissaire européenneModifier

Après avoir été pressentie, à la suite de la victoire du parti Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB) aux élections législatives de 2009, comme vice-ministre-présidente et ministre de l'Économie et de l'Énergie, elle est choisie par le gouvernement de Boïko Borissov comme candidate à la Commission européenne au début de l'année 2010. Elle remplace alors Roumiana Jeleva, qui a échoué devant le Parlement européen. Elle prend le portefeuille de commissaire européen à la Coopération internationale, à l'Aide humanitaire et à la Réaction aux crises et entre en fonction le .

Elle est citée en 2014 parmi les possibles candidats pour succéder à Catherine Ashton à la fonction de Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité[2]. Elle est finalement nommée vice-présidente, chargée du Budget et des Ressources humaines dans la commission Juncker.

Après l'échec d'Irina Bokova à la succession de Ban Ki-moon comme secrétaire général de l'ONU en 2016, le gouvernement bulgare décide de proposer la candidature de Kristalina Georgieva pour le sixième tour de scrutin face à António Guterres et 11 autres candidats[3],[4].

Le , elle démissionne de sa fonction de commissaire européenne pour retourner à la Banque mondiale, en tant que directrice générale.

Directrice générale du Fonds monétaire internationalModifier

En , son nom est évoqué pour prendre la présidence de la Commission européenne[5]. Elle se porte ensuite candidate à la succession de Christine Lagarde à la direction générale du Fonds monétaire international (FMI)[6]. Le , après la démission de cette dernière et de longues négociations, Kristalina Georgieva est désignée par les pays de l’Union européenne pour prendre la tête du FMI, obtenant le soutien de 56 % des pays représentant 57 % de la population de l'UE, face au Néerlandais Jeroen Dijsselbloem[7]. La direction du FMI étant par tradition réservée aux Européens, elle a alors de fortes chances d’accéder à la tête de l’institution internationale ; cependant, une modification de ses statuts est nécessaire, Georgieva dépassant la limite d'âge de 65 ans[6]. Le , elle est nommée directrice générale du FMI et entre en fonction le .

Le , la Banque mondiale publie un rapport indépendant qui l'accuse d'avoir fait pression en 2017 pour biaiser le classement des pays publié par la Banque mondiale, quand elle y était en poste, afin de favoriser la Chine. Kristalina Georgieva se dit « en désaccord » avec les conclusions de l’enquête et dément toute manipulation[8],[9]. Le Prix Nobel d’économie et ancien économiste en chef à la Banque mondiale Joseph Stiglitz dénonce une « tentative de renversement » orchestrée par les milieux conservateurs américains[10]. Après enquête et discussions au sein du FMI, elle est confirmée dans ses fonctions le 11 octobre 2021[11].

Autres fonctionsModifier

Elle est membre du conseil d'administration du Forum économique mondial[12].

Notes et référencesModifier

  1. « Kristalina Georgieva », sur World Bank (consulté le )
  2. Nicolas Gros-Verheyde, « Un bon choix comme Haut représentant ? », Bruxelles2, 30 juin 2014
  3. « La Bulgarie change de candidate en pleine course à la succession de Ban Ki-moon », romandie.com, 28 septembre 2016
  4. « Gueorguieva, la candidata a liderar la ONU que divide a Europa », sur La Vanguardia, (consulté le )
  5. « Casse-tête des top jobs de l'UE: quatre scénarios possibles », sur Bilan, (consulté le ).
  6. a et b « La candidature européenne au FMI tourne au duel entre le Nord et l'Est », sur france24.com, (consulté le ).
  7. « Les Européens ont choisi la Bulgare Gueorguieva pour être leur candidate à la tête du FMI », sur boursorama.com, (consulté le ).
  8. « Investigation of Data Irregularities in Doing Business 2018 and Doing Business 2020, Investigation Findings and Report to the Board of Executive Directors, September 15 2021. »
  9. « La directrice du FMI mise en cause pour avoir fait pression en faveur de la Chine », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  10. Thomas Lemahieu, « Mondialisation. Règlement de comptes à la tête du FMI », sur L'Humanité,
  11. « Le FMI réaffirme « sa pleine confiance » en sa directrice générale Kristinalina Georgieva », sur Les Echos, (consulté le )
  12. « World Economic Forum, Leadership and Governance » (consulté le )

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier