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François Beauvy

écrivain en français et en picard
François Beauvy
François Beauvy-collège Bresles (cropped).jpg
Biographie
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Voir et modifier les données sur Wikidata (75 ans)
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François Beauvy, né le à Sarcus (Oise), est un écrivain français, docteur ès lettres de l'université Paris-Nanterre, dont l'œuvre (romans, nouvelles, essais) se rattache au genre littéraire du nature writing (écrire sur la nature).

BiographieModifier

Les originesModifier

François Beauvy est issu d'une famille de paysans bretons de Saint-Julien, Plaintel et Plaine-Haute, arrondissement de Saint-Brieuc (Côtes d'Armor) du côté paternel[1], et de paysans picards - comptant des enseignants à partir de 1878[2] - de Sarcus, Elencourt et Fouilloy, arrondissement de Beauvais (Oise) du côté maternel[3]. Jeune fille, sa mère, Léone Vasseur, est brodeuse et appartient à une compagnie de théâtre et d'opéra de son village[4].

 
La Dame blanche, opéra-comique de Boieldieu est chanté par Léone Vasseur à Sarcus (Oise) le 15 septembre 1929

En 1930, année de leur mariage, ses parents s'installent à Beauvais où son père, Pierre Beauvy, est gardien de la paix. En raison des bombardements alliés sur Beauvais et le "champ d'aviation" de Tillé en juin 1944, François Beauvy naît en lieu sûr, chez ses grands-parents maternels[5], cultivateurs à Sarcus. Il est le 6e enfant d'une famille qui en comptait sept [6]. Vers 1952, sa grand-mère lui fait lire une carte postale adressée à sa famille, signée Maupassant[7]. Ces quelques lignes marquent l'enfant. En 1985, il naît officiellement écrivain. Son nom apparaît cette année-là à la rubrique "Littérature de Picardie" dans le Dictionnaire des littératures française et étrangères édité par Larousse[8], ainsi que dans La Forêt invisible, au nord de la littérature française, le picard[9]. François Beauvy commence son 1er roman à 23 ans, en 1967. Maurice Genevoix lit son manuscrit Le Refus d'Autrèche et lui écrit, le  : "Plus qu'un roman, votre livre est une sorte de fable, un conte rousseauiste. J'ai été pour ma part très sensible à la morale de cette fable où vous dénoncez [...] les travers et les abus d'une société déshumanisée. Votre appel pour un retour à la nature et à une vie sans artifices est à mes yeux tout à fait justifié [...]. Indiscutablement, vous êtes servi par une sensibilité qu'on sent avivée et un regard critique qui souvent fait mouche". L'académicien l'encourage à continuer : "Vous en avez, je crois, les moyens."

Vocation littéraire et formationModifier

François Beauvy est initié aux bons auteurs par son frère aîné dès l'âge de 8 ou 9 ans et commence à écrire un récit sur l'aviation[10], puis un petit journal[11]. Plus tard, après le collège, il complète sa culture en lisant, entre autres, La Bruyère, Voltaire, Rousseau, Alphonse de Lamartine, Victor Hugo, Zola, Flaubert, Maupassant, Stendhal, Tolstoï, Dostoïevski, Platon [12]. Jeune homme proche de la nature, il se sent conforté en lisant Louis Pergaud, Albert Schweitzer[13], Gaston Bachelard, Henri Bosco et Jean Rostand. Ce dernier, auquel il écrit, lui répond de Ville-d'Avray, le  : "J'ai été extrêmement sensible aux termes, simples et directs, de votre lettre. C'est là, pour moi, un précieux témoignage, et comme on aimerait en recevoir beaucoup." D'autres écrivains le marquent : Charles Dickens, Thomas Hardy, Mme de Sévigné[14], Mme de La Fayette, George Sand, George Orwell, Marcel Aymé, Steinbeck, Stephan Zweig, Louis-Ferdinand Céline, Simone de Beauvoir, Georges Pérec.

 
François Beauvy dans sa bibliothèque
le 1er janvier 1982 (37 ans)
 
François Beauvy et Pierre Garnier (à droite)
le 18 juillet 2008 à Saisseval (Somme)

De 16 à 19 ans, François Beauvy exerce les métiers les plus divers : "employé aux écritures" à la Sécurité sociale, jardinier[15], employé des Postes, de commerce, de mairie, cheminot, aide-géomètre des Ponts et Chaussées. À la même époque (1960-1963), il peint des paysages et suit les cours de Roger Bréval, l'un des fondateurs de l'école des Beaux-Arts du Caire venu habiter en Beauvaisis[16]. Il s'inscrit à des cours d'écologie forestière (1961) et sera garde contractuel des Eaux et Forêt (1969-1971). Passionné de chevaux et d'attelages, il passe son Brevet d'aptitude équestre du 1er degré (1969). À ces expériences multiples et formatrices, se sont ajoutés l'École de musique de Beauvais (1954-1956), le scoutisme (scout de France, 1958-1963), le service militaire (1963-1964). "Marsouin" du 4e Régiment d'infanterie de marine de Toulon, puis en stage à Fréjus[17], il est envoyé en campagne au Congo de janvier à novembre 1964. Outre le maniement d'armes, il est chargé de rédiger la correspondance administrative des Africains de son bataillon à Brazzaville. En 1965, il entre à la Préfecture de l'Oise où il travaillera pendant 35 ans. Parallèlement, il écrit ses ouvrages, mène des enquêtes de linguistique et d'ethnologie picardes dans l'Oise (1971-1990[18]). Responsable de différentes bibliothèques, comme l'était en son temps Joris-Karl Huysmans[19] au ministère de l'Intérieur, il publie en feuilleton son roman Le Refus d'Autrèche dans l'hebdomadaire Le Bonhomme picard (1973[20]). Il y montre les travers de la vie administrative et citadine qu'il oppose à une vie champêtre, certes idéalisée. Dans ses livres - romans, nouvelles ou essais - apparaît de façon constante son souci de protection de la nature qui, chez lui, se manifeste dès 1958[21]. Tel Maupassant, commis au ministère de la Marine puis à celui de l'Instruction publique et écrivant sa relation de voyage Sur l'eau (1888), c'est en "spectateur critique" qu'il connaît la vie de bureau. Il publie 7 ouvrages de 1974 à 1990, correspond avec plusieurs écrivains, en particulier Jean Dutourd (1997-2009), Pierre Garnier (2005-2010), Claude Seignolle (2004-2013) et le linguiste René Debrie (1972-1986).

Rédacteur de préfecture par concours (1976), secrétaire administratif responsable du centre de documentation (1988-2002), il s'inscrit à la Faculté des lettres d'Amiens (1992-1994), suit les cours en régime normal (Lettres modernes) et obtient son Diplôme d'études approfondies (DEA) de littérature française et comparée, avec "mention bien" (1994). En 1997, sans quitter son emploi (il écrit notamment des discours de sous-préfets), il prépare son doctorat sous la direction du professeur Colette Becker, spécialiste de l'œuvre d'Émile Zola et du Naturalisme. Le 1er mars 2003, il soutient sa thèse Philéas Lebesgue et ses correspondants en France et dans le monde de 1890 à 1958, à l'université Paris-Nanterre et obtient le diplôme de docteur en langue et littérature françaises, avec « mention très honorable et félicitations du jury à l'unanimité »[22].

DécorationsModifier

  • Chevalier des Palmes académiques par décret du 28 février 1984 et promu officier par décret du 22 mars 1991.

Prix littéraires pour le picardModifier

  • Premier prix Édouard David (catégorie "prose") décerné à Amiens par Éklitra. Trois fois lauréat : en 1974 pour "El danme blanke" (La dame blanche), en 1976 pour "Meudi krapeu" (Maudit crapaud) et en 1979 pour "Orzin" (Etranger). Principaux membres du jury : René Debrie et Pierre Garnier.
  • Deux citations aux concours de nouvelles en picard décernées par l'Union Tertous, la Société académique de Saint-Quentin et Tertous Gadrus d'Etreillers, en mai 1997 pour "El vaque boboque" (La vache folle) et en mai 1999 pour "Ch'VTT, un nouvieu vélo".
  • Prix du Beauvaisien de l'année 1992 pour son Dictionnaire picard des parlers et traditions du Beauvaisis, décerné par la Jeune Chambre économique de Beauvais et l'Office de tourisme "à une personne physique ou morale ayant contribué à la promotion de Beauvais et du Beauvaisis", remis par le Maire de Beauvais[23].

Vie associativeModifier

  • Vice-président d'Éklitra - Tradition picarde (1981-1992), association littéraire, ethnolinguistique et historique à laquelle il adhère en 1972.
  • Membre de la Société des écrivains bretons (1982-1996).
  • Membre de la Société nationale de Protection de la Nature (1962-1981).
  • François Beauvy s'intéresse aux oiseaux dès l'enfance. Il rencontre le zoologiste Pierre Pfeffer à Saint-Paul-de-Vence (1981) et adhère au WWF France (Fonds mondial pour la Nature) depuis cette date.
  • Président de la Société des Amis de Philéas Lebesgue (1997), association littéraire à laquelle il adhère dès 1965, www.picardie.fr/Phileas-Lebesgue, rédacteur et directeur du Bulletin des Amis de Philéas Lebesgue (ISSN 1965-1767). François Beauvy y publie des œuvres méconnues ou inédites de Philéas Lebesgue (1869-1958).
  • Lors de la publication de son Dictionnaire picard des parlers et traditions du Beauvaisis (1990), et du Paysage dans l'œuvre poétique de Philéas Lebesgue (1995), François Beauvy verse une partie de ses droits d'auteur à l'association AFDI Picardie (Agriculteurs français et développement international) pour aider les agriculteurs africains du Burkina Faso.
  • Donne des cours de picard pour l'association "Voisinlieu pour tous", Centre socio-culturel Georges Desmarquest à Beauvais (2008-2012).
  • Membre de la Société académique de l'Oise (2012).
  • Membre du jury du prix de la littérature en picard de l'Agence pour le picard (2013, Saint-Quentin[24]) (2015, Amiens).
  • Membre de l'association "Sauvegarde du Patrimoine des Forêts du Compiégnois" (2008).
  • Membre de Welfarm. Protection mondiale des animaux de ferme (2016)
  • Rédacteur au magazine Le petit Beauvaisien, depuis 2017.
 
François Beauvy à l'issue d'une conférence littéraire donnée le 14 février 2012 à des élèves du collège de Bresles (Oise)
  • Auteur d'articles de revues (littérature, linguistique, histoire, ethnologie).

BibliographieModifier

LivresModifier

  • Le Refus d'Autrèche, roman, annotation de Maurice Genevoix, préface de René Debrie, Grandvilliers et Amiens, Ed. du Bonhomme picard, coll. Éklitra, 2 éditions: 1973, 1974, 79 p.
  • Lexique picard de Sarcus, préface de René Debrie, Grandvilliers et Amiens, Ed. du Bonhomme picard, coll. Éklitra, 2 éditions, 1980, 1981, 64 p.
  • La Collégienne, roman, Grandvilliers et Amiens, Ed. du Bonhomme picard, Coll. Éklitra, 2 éditions, 1981, 1982, 70 p., 3e édition dans "L'Observateur de Beauvais", 2004-2005.
  • (pcd) Pékavi, nouvelles en picard du Beauvaisis, bilingue picard/français, Grandvilliers et Amiens, Ed. du Bonhomme picard, coll. Éklitra, 1985, 125 p.
  • (pcd) Poèmes et contes brayons de Philéas Lebesgue, préface, présentation, traduction, Beauvais et Amiens, Centre dép. de documentation pédagogique de l'Oise, coll. Éklitra, 1986, 85 p. (ISBN 2-85706-002-5).
  • L'arrondissement de Beauvais - Histoire, géographie, environnement, Beauvais, Préfecture de l'Oise, 1985, 73 p.
  • Dictionnaire picard des parlers et traditions du Beauvaisis, préface de René Debrie, Beauvais et Amiens, Imp. Mutualité agricole de l'Oise, coll. Éklitra, 1990, 359 p., illustré par l'auteur, "Prix du Beauvaisien de l'année 1992". (ISBN 2-85706-020-3).
  • Le paysage dans l'œuvre poétique de Philéas Lebesgue, mémoire de DEA de littérature française et comparée, Université de Picardie-Jules Verne, 1994. Publié en 1995, La Neuville-Vault, Société des Amis de Philéas Lebesgue, 150 p. (ISBN 2-909030-00-8).
  • Philéas Lebesgue et ses correspondants en France et dans le monde de 1890 à 1958, thèse de doctorat de langue et littérature françaises, Université de Paris X - Nanterre, 2003, publiée en 2004 avec le concours du Conseil général de l'Oise, préface de Colette Becker, Beauvais, Awen, 2004, 674 p. et 16 p. hors texte de photographies. (ISBN 2-909030-01-6).
  • La Littérature de l'Oise en langue picarde, essai, Amiens, Office culturel régional picard et Ed. Encrage, 2005, 121 p. (ISBN 9 782917 812006). Présentation de l'éditeur : "De Hélinand de Froidmont et Philippe de Rémi Sire de Beaumanoir, à Honoré Lescot, Philéas Lebesgue, Adolphe Decarrière et quelques autres, l'œuvre des écrivains picardisants de l'Oise nous est présentée dans toute son originalité." Nota bene : on y trouve aussi un développement sur l'œuvre de Guernes de Pont-Sainte-Maxence et Raoul de Houdenc.
  • (pcd) Acoute min tiot, 18 nouvelles en picard de l'Oise, bilingue picard/français, Beauvais, Awen, 2006, 2008, 126 p., 2e édition annotée par Claude Seignolle, Pierre Garnier, et Ivar Ch'Vavar qui qualifie ce livre de "vraiment inventif, important pour la défense du picard et, surtout, d'une grande qualité humaine". (ISBN 2-909030-02-4).
  • (pcd) Lady Godiva pi eutes héroènes, 20 nouvelles (ou récits) en picard de l'Oise, bilingue picard/français, préface de Pierre Garnier qui écrit notamment : "François Beauvy [...] nous dit les femmes rebelles et fortes qui ont voulu se libérer - il nous dit aussi la paix et la lumière et la chaleur des bêtes". Beauvais, Ed. Awen, 2009, 151 p. (ISBN 2-909030-03-2).
  • Vlo chés leups ! Histoire des loups en Picardie, essai, Cuise-la-Motte, Ed. du Trotteur ailé, 2009, réimpression en 2010, 181 p. (ISBN 978-2-917778-13-5). Quelques mots de l'éditeur : "Une impressionnante quantité d'informations inédites, mises en valeur par une écriture fluide et précise, non dénuée d'humour". Pierre Garnier en dit : "C'est passionnant par l'histoire même et par ce style où elle nous est contée (28 août 2010).
  • Le Veilleur du mont Saint-Mard et autres arbres remarquables de la forêt de Compiègne, Cuise-la-Motte, Ed. du Trotteur ailé, 2010, 48 p., 50 photos couleurs, avec un lexique forestier et une liste des toponymes picards de la forêt de Compiègne (ISBN 978-2-917778-18-0). L'éditeur invite le lecteur "à partager l'âme, la poésie et les murmures de la forêt".
  • A l'ombre de Jules Ferry, roman d'écoliers beauvaisiens de l'après-guerre, Cuise-la-Motte, Ed. du Trotteur ailé, 2014, 160 p. (ISBN 9 782917 778227). Quelques mots de l'éditeur : "Tendresse, humour, ironie, traversent ces pages. "Un témoignage sur la France des années 1950, pas si lointaine et qui pourtant n'existe plus."
  • (pcd) Contes de ma mère l'Oise, Amiens, Ed. de la librairie du Labyrinthe, juin 2015, 168 p., avec CD en picard, 30 photographies (ISBN 9 782918 397113). Il s'agit de 25 contes bilingues picard/français issus de la tradition et écrits dans le propre style littéraire de l'auteur, à la manière des conteurs d'autrefois.
  • Le Siècle de Pierrefonds, 1832-1914, Cuise-la-Motte, Ed. du Trotteur ailé, décembre 2015, 160 p., illustré (ISBN 9 782917 778234). Comprend 2 parties : 1) L'histoire extraordinaire d'un village de la forêt de Compiègne, 2) La renaissance d'un château.
  • La Littérature picarde du Beauvaisis et du Compiégnois, XIIe -XXIe siècle, Amiens, Agence régionale de la langue picarde, 2019, 157 p. (ISBN 978-2-9568821-1-4).

Livres en collaborationModifier

  • Regards sur la Bretagne, Cherbourg, Ed. Isoète, 1989, p. 167-168 (ISBN 2-905-385-21-9).
  • Source picarde - Hommage à René Debrie, Amiens, Centre d'études picardes, 1992, p. 187-194.
  • Dictionnaire des régionalismes de France, Bruxelles, Ed. Duculot, (Responsable de l'enquête linguistique pour l'Oise), 2001, p. 1122, 2e colonne (ISBN 2-8011-1282-8)
  • Maisons et lieux d'écrivains en Picardie - Guide de découverte, Amiens, CR2L, 2014, p. 46-49.
  • Dictionnaire de biographie française, Paris, Ed. Letouzey et Ané (Collaboration depuis le tome XX, fascicule 115, 2003). Rédacteur des notices de Philéas Lebesgue, Roger Lecotté, Paul Le Cour, René Maran).
  • La Boutonnière de Bray, Gournay (76), Ed. du Pays de Bray, 2011-2015 (ISBN 9782953988208, 9782953988215 et 9782953988222).
  • (pcd) L'Almanach du Picard, 2005-2013, et 2016, Romorantin, Communication-Presse-Édition.
  • Calvaires du Beauvaisis - Découverte d'un patrimoine de l'Oise, Beauvais, publié par l'Association pour la connaissance et la conservation des calvaires et des croix du Beauvaisis, p. 17-31 "La symbolique", 2016 (ISBN 978-2-9557463-0-1).
  • Virvourandes, par ech Cercieu picard ed l'Oèse (collectif), Amiens, Ed. Agence régionale de la langue picarde, 2018, 71 p., p. 5, 14-15, 32-35, 52-53. (ISBN 978-2-9544516-8-8).
  • Chés quate saisons, par ech Cercieu picard ed l'Oèse (collectif), Amiens, Ed. Agence régionale de la langue picarde, 2019, 135 p., p. 8-11, 42-45, 78-81, 110-113. (ISBN 978-2-9568821-0-7).

Notes et référencesModifier

  1. Paysans bretons le plus souvent appelés "laboureurs" dans les registres de catholicité, parce qu'ils possèdent un cheval pour labourer, rarement deux. Au début du XVIIIe siècle, apparaît aussi "tisserand et laboureur", "masson et tailleur de pierre". Les femmes s'occupent de la ferme et sont filandières (Archives départementales des Côtes-d'Armor).
  2. C'est juste avant les lois de Jules Ferry sur l'enseignement (1880-1881). Un arrière-grand-père maternel de François Beauvy (Léon Chrétien, 1854-1909) fait partie des instituteurs publics appelés plus tard "hussards de la République".
  3. Les habitants de ces villages picards sont, jusqu'au milieu du XIXe siècle, tout à la fois paysans et artisans. Pendant les "courts jours" (l'hiver), hommes et femmes peignent la laine, tissent des étoffes et confectionnent des "bas au métier" dans leurs petites fermes (Louis Graves, Précis statistique sur le canton de Grandvilliers, 1840, idem Formerie, 1850). Leur production est achetée par des manufacturiers (Pierre Goubert, thèse en partie publiée sous le titre Cent mille provinciaux au XVIIe siècle, Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730, Paris, Ed. Flammarion, 1968, 439 p., ouvrage toujours réédité).
  4. Une petite troupe de théâtre et d'opéra est constituée à Sarcus, après 1918, par une descendante du marquis de Grasse, Mlle Desmaret. La mère de François Beauvy, Léone Vasseur (1910-2014), ainsi que deux de ses sœurs, y joue dès l'âge de 11 ans (1921-1929). Mezzo-soprano, elle a notamment le rôle principal d'une opérette, La Fille du sonneur de cloches, de Ch. Le Roy-Villars (1925), et de deux opéras, Mignon d'Ambroise Thomas (1928), et La Dame blanche de François Boieldieu (1929). Au théâtre, elle joue, entre autres, dans La Bergère au pays des loups, de Henri Ghéon (1925), La Meunière du Moulin-Joli, d'Antony Mars (1927), Rêve de Mignon, d'Alexandre Dumas, musique d'Amable de Mirecourt (1928). La commune de Sarcus est culturellement active dès la fin du XIXe siècle (chorale, chansonniers, théâtre) et sans doute avant. Sous l'Ancien Régime, "Sarcus-le-Grand", est un bourg important.
  5. Le grand-père maternel, Jude Vasseur (1878-1947), qui a obtenu son Certificat d'études primaires parmi les premiers du canton de Grandvilliers en 1889, est un combattant de la Grande Guerre, mobilisé du 3 août 1914 (jour anniversaire de ses 36 ans) au 23 janvier 1919. Sur le front d'août 1914 au 30 décembre 1916, notamment sur le saillant d'Ypres (Ieper), est "évacué sur l'hôpital de Gravelines le 16 mars 1916. Rentré de l'hôpital le 15 avril 1916 et revenu au Bataillon de guerre". Il est décoré de la Croix du combattant le 12 juin 1932. François Beauvy a retracé sa vie sous le titre "Mon grand-père pendant le Grande Guerre", au cours d'une conférence diaporama, à la Médiathèque de Beauvais, à l'occasion du centenaire, le 22 novembre 2014 (Archives familiales, Archives départementales de l'Oise - Matricules militaires 1898 409 - Vasseur Jude Eugène).
  6. Toute la famille rentre à Beauvais quelque temps avant la Libération en août 1944. François Beauvy est le seul des sept enfants à être né à Sarcus, les six autres sont nés à Beauvais. Il retourne à Sarcus chaque année pendant les vacances d'été, avec ses frères et sœurs. Au contact des gens du village et de sa tante, il assimile le picard.
  7. L'écrivain est mort en 1893. Cette carte postée de Paris le 11 juillet 1910, signée H. et C. de Maupassant, est adressée à une grand-tante de François Beauvy, Mme Maria Vasseur, originaire de Normandie et amie de cousins de Guy de Maupassant (archives familiales).
  8. Dictionnaire dirigé par Jacques Demougin, Paris, Ed. Larousse, 1985. Voir aussi la dernière édition (1992), p. 1212, 2e colonne
  9. Ouvrage de Jacqueline Picoche, Jacques Darras, René Debrie et Pierre Ivart, Amiens, Ed. des Trois Cailloux, 1985, p. 248 et 252.
  10. Il habite à proximité du "champ d'aviation" de Beauvais et fait son baptême de l'air sur un biplan Stampe, avion de voltige, en 1954.
  11. Au cours de sa petite enfance, François Beauvy lit des auteurs publiés dans la "Bibliothèque verte", avec une préférence pour Hector Malot, Jules Verne dont il lit la presque totalité des romans, Jack London. Il lit également les ouvrages de la "Collection des contes et légendes de tous les pays", des Ed. Fernand Nathan.
  12. L'Apologie de Socrate a été l'un de ses livres de chevet.
  13. La mère de François Beauvy admirait Albert Schweitzer et son œuvre en faveur des pauvres à Lambaréné (Gabon). François Beauvy a toujours regretté de ne pas avoir pu aller le voir quand il faisait son service militaire, en 1964, au Congo-Brazzaville, pays voisin.
  14. François Beauvy, pour l'épreuve orale du DEA, à la Faculté des lettres d'Amiens, présente son exposé sur Madame de Sévigné, un modèle de littérature épistolaire, le 17 mars 1993.
  15. Sur ses fiches de payes, il est désigné comme "homme de peine". La réalité est moins cruelle : il cultive quelques légumes, tond la pelouse et distrait les enfants d'un particulier dont l'épouse, professeur de lettres, lui donne de temps en temps un sujet de "composition française" à rédiger chez lui.
  16. Un pionnier de l'art français en Égypte : Roger Bréval, Le Caire, édité par "Les Amis de la Culture française en Égypte", 1938, 25 p.
  17. A Fréjus, François Beauvy se trouve entre autres avec Jean-Paul Ollivier, du 20 octobre au 27 novembre 1963, au camp Lecocq-Nord, avant de partir Outre-Mer.
  18. Région : le parler picard, journal télévisé FR3 Picardie du 06/04/1982, vidéo archives INA. François Beauvy est guidé dans ses recherches par le professeur et linguiste René Debrie, de l'Université de Picardie, et mène ses enquêtes avec le questionnaire de Raymond Dubois, auteur du livre Le Domaine picard (Arras, Archives dép. du Pas-de-Calais, 1957, 172 p.)
  19. C'est à l'Université que François Beauvy découvre vraiment l'œuvre de Huysmans, notamment À rebours (1884) et Là-bas (1891).
  20. Feuilleton publié en 23 épisodes, de janvier à octobre 1973, dans Le Bonhomme picard de Grandvilliers
  21. Tout jeune adolescent, François Beauvy prend conscience de la pollution et de la destruction de la nature par l'homme. Il doit faire face à l'incompréhension générale. S'ériger en défenseur de la terre, de l'eau, de l'air, de la forêt et de la faune, mais aussi de l'architecture traditionnelle et des "patois", à 14 ans, fait figure "d'anti-progrès" et de "passéiste". Mais 50 ans plus tard, un ancien chef scout lui dira : "Tu avais raison. C'est incroyable que nous ne t'ayons pas compris, que nous ne t'ayons pas jugé à ta juste valeur et que nous n'ayons pas su voir en toi le germe du littéraire." Seul l'aumônier scout, éloigné de tout matérialisme, disait avec un sourire: "François, le doux poète." Des écrivains écologistes précurseurs ont accompagné la démarche de François Beauvy jeune homme, en particulier Robert Hainard, Les Mammifères sauvages d'Europe, Ed. Delachaux & Niestlé, 1961 ; Rachel Carson, Printemps silencieux, Ed. Plon, 1963 ; Jean Dorst, Avant que nature meurt, Ed. Delachaux & Niestlé, 1965 ; Jean Rostand, Le droit d'être naturaliste, Ed. Stock, 1963, Inquiétudes d'un biologiste, Ed. Stock, 1967 ; Günther Schwab, La Danse avec le diable, Ed. Le Courrier du livre, 1968 ; les ouvrages de René Thévenin concernant la faune ; les articles des auteurs de la revue Naturalia, Ed. Chaix, 1959-1962.
  22. Le Monde du 7 mars 2003, p. 27
  23. Le Parisien du 12 décembre 1991
  24. Courrier picard, édition de l'Aisne du 01. 04. 2013

Liens externesModifier