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Justification (théologie)

concept dans la théologie chrétienne
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Dans la théologie chrétienne, la justification est la transformation du pécheur en serviteur juste de Dieu. La doctrine de la justification de l'homme par Dieu exprime à la fois l'exigence radicale que Dieu a envers l'homme et le salut radical que Dieu donne à l'homme qui ne répond pas à cette exigence. La justification annonce le retournement de la condamnation en une grâce, quand Jésus-Christ meurt en tant que rédempteur pour racheter les péchés de l'homme. La doctrine de la justification est au cœur de la sotériologie issue de la Bible chrétienne[1].

La doctrine de la justification par la foi a joué un très grand rôle au moment de la Réforme protestante, lorsque Martin Luther, très préoccupé par son salut et insatisfait des réponses de l'Église de son temps, a compris l'importance de l'Écriture, en lisant l'épître de Paul aux Romains[2].

Sommaire

Le Nouveau TestamentModifier

L'apôtre Paul définit les hommes comme étant « justifiés par sa grâce » (Romains 3,24). Dans la pensée de l'apôtre, la justification est imméritée. La justification est le processus par lequel Dieu décide de sauver un pécheur (un transgresseur de sa Loi) en dehors de tout mérite de sa part. L'Écriture déclare qu'il n'y a pas de juste, pas même un seul (Romains 3,10), et donc l’autojustification est une impossibilité absolue.

Dieu seul pouvant justifier un pécheur, c'est Lui aussi qui a dû en fournir le moyen. Il l'a fait, continue l'apôtre Paul « par le sang versé par le Christ ». La justification n'est pas une simple amnistie. Elle repose sur un acte de justice de Dieu qui, en Jésus-Christ, assume lui-même la peine et la condamnation liée au péché.

« Lorsque Dieu justifie des pécheurs, il ne déclare pas que des pécheurs coupables sont de braves gens, ni qu'ils sont exempts de péché ; Il les proclame juridiquement justes, c'est-à-dire libres de toute condamnation à l'égard de la loi transgressée, parce qu'il a lui-même, en son Fils, subi la sanction que méritaient leurs transgressions de la loi » (John Stott).

La foi comme justificationModifier

Le chrétien est justifié par la foi et non par les œuvres, selon l'apôtre Paul. L'opposition entre ces deux termes (fides et acta), flagrante depuis le concile de Trente, s'est estompée avec les travaux de Joseph Ratzinger, en tant que théologien, qui s'inscrivent dans la lignée de Vatican II[3] : dans sa conception de la justification, les chrétiens sont certes justifiés par la foi, mais aussi par les œuvres. Sous le pontificat de Jean-Paul II et de Benoît XVI, catholiques et protestants ont fini par trouver un terrain d'entente qu'ils ont officialisé par des accords écrits en 1999 et 2006[4].

John Henry Newman, théologien béatifié par Benoît XVI, avait donné une réponse nuancée dès le milieu du XIXe siècle. Dans ses Lectures on Justification (1838), Newman considère que la justification est le fruit de la foi mais aussi de la grâce : la grâce de Dieu contribue à nous faire vivre avec Dieu, nos actes, nos actions révèlent alors la présence de Dieu. La foi conduit à agir conformément à la volonté de Dieu. Ainsi, pour Newman, la justification est le résultat de la grâce de Dieu, qui nous permet d'agir par la foi conformément à la volonté de Dieu, permettant la justification des personnes par les actes mais surtout par l'action de la grâce en nous.

La grâce et la foi sont intimement liées, car la foi a pour seul but de s'emparer (s'approprier) de ce que la grâce offre gratuitement. La grâce de Dieu est la source de la justification, le sang versé par le Christ en est le fondement, et la foi le moyen qui nous unit au Christ et nous donne d'être justifiés. Dieu justifie celui qui croit, non en raison de la valeur de sa foi, mais en raison de la valeur de celui sur qui elle repose.

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier