Famille de Chabannes

Famille de Chabannes
Image illustrative de l’article Famille de Chabannes

Blasonnement De gueules au lion d'hermine, armé, couronné et lampassé d'or.
Période XIVe – XXIe siècle
Charges Chambellan
Fonctions militaires Maréchal de France, officiers, gouverneur, sénéchal, grand maître de France

La famille de Chabannes est une famille française noble du Limousin, d'extraction chevaleresque, actuellement subsistante.

Elle jouit de l'appellation de Cousin du Roi depuis 1820[1], plusieurs de ses membres ont été reçus aux honneurs de la Cour, le chef de la famille porte depuis 1563 le titre de marquis de Curton, mais se fait appeler marquis de Chabannes-La Palice[1].

NomModifier

Dans les chartes les plus anciennes, on trouve Chabanas, Chabanes, Chabany, Chabanis, Cabanis et Cabanesio. Le « double n » ne date que depuis l'établissement de la maison en Auvergne[2].

L'orthographe Chabannées a été utilisée jusqu'à Antoine de Chabannes comte de Dammartin, son neveu Gilbert seigneur de Curton, et le maréchal de Chabannes. En 1759, les seigneurs de Chabannes comtes de Saignes et seigneurs de Nozerolles[n 1], signaient encore ainsi[2].

OrigineModifier

 
Armoirie des Sires de Chabanais.

Originaire de la Charente limousine, la lointaine filiation de cette illustre famille remonterait aux premiers temps du Xe siècle depuis Abon Cat Armat et serait issue de la Maison des premiers Sires de Chabanais, et de Confolens parfois aussi anciennement dénommée de Chabannées. Sur la commune de Chabanais, dans l'église paroissiale de Notre-Dame de Grénord, on peut encore voir l'admirable sarcophage de Jourdain II ou III de Chabanais, qui fut fondateur de l'abbaye de Lesterps. Amelie de Chabanais, fille de Jourdain VII Eschivat de Chabanais de la seconde Maison, Sires de Chabanais et Comtes de Bigorre, se maria vers l'an 1100 à Guillaume III de Matha, donnant naissance à un fils du nom d' Eschivat de Chabanais qui épousa Matebrune de Ventadour, dame de Charlus-le-Pailloux.[3], depuis appelé parfois Charlus-Chabannes.

 
L'église prieurale de Notre-Dame de Grénord à Chabanais. (Charente)

Le premier membre connu de la famille de Chabannes serait donc Eschivat de Chabannes[4], qui épouse en 1171 Matabrune de Ventadour[5], fille d'Ebles IV, vicomte de Ventadour et de Marguerite de Turenne, sa première femme[1]. Marguerite avait dans sa dot la terre de Charlus[6], sur la commune actuelle de Saint-Exupéry-les-Roches (Corrèze, à 8 km au sud-est d'Ussel)[7]. Le château de Charlus, à 660 m d'altitude (aujourd'hui disparu), dominait la vallée de la Diège[7]. Il était de taille importante et dans une excellente position pour la défense[6]. Une hypothèse, qui ne s'appuie sur aucun document, voudrait qu'Eschivat de Chabannes soit le fils de Guillaume de Mathas, qui serait lui-même issu des comtes d'Angoulême. Un Gui de Chabannes, est cité à la croisade de 1248[8], mais rien ne permet de le rattacher à la famille de Chabannes[1].

La généalogie suivie de la famille ne commence qu'avec Hugues de Chabannes, coseigneur de Charlus, au milieu du XIVe siècle[1]. Son petit-fils,Jacques Ier de Chabannes, achète en 1430 au duc de Bourbon, la seigneurie et le château de La Palice en Bourbonnais, qui appartient toujours à la famille de Chabannes.

Principales personnalitésModifier

  • Adémar de Chabannes, originaire du Limousin est né vers 989, affilié à la Maison de Chabannes, il fut moine à l'abbaye Saint-Martial de Limoges et compositeur. Chroniqueur du Haut Moyen Âge, Adhémar de Chabannes a écrit une première étude sur l'histoire des Francs appelée Chronicon. Le spirituel et très croyant Adémar part en Terre sainte et meurt à Jérusalem vers 1032.
  • Guy de Chabannes accompagne à la sixième croisade Alphonse de France, comte de Poitiers en 1258. Rien n'indique qu'il s'agisse d'un membre de la famille de Chabannes[1].
  • Ebles de Chabannes, tué à la bataille de Crécy en 1346[9].
  • Hugues de Chabannes, fils du précédent[10].
  • Robert de Chabannes, fils du précédent, tué à la bataille d'Azincourt en 1415. De lui date la filiation suivie (1352).
  • Jacques Ier de Chabannes de La Palice (Castillon-la-Bataille † 20 octobre 1453) fait partie des Compagnons d'armes de Jeanne d'Arc, conseiller et chambellan du roi, Jacques Ier de Chabannes achète en 1430 au duc Charles Ier de Bourbon, le château et la seigneurie de La Palisse pour le prix de 6.000 écus d'or, fruit de la rançon des chevaliers anglais capturés et défaits au siège d'Orléans. Fait Grand Maître de France de 1451 à 1453, il devient Sénéchal du Rouergue et maréchal du Bourbonnais, puis de Toulouse. Il meurt à Nyons des suites de ses blessures reçues à la bataille de Castillon. Miraculeusement épargné des outrages de la Révolution française, on peut encore voir dans la chapelle Saint-Léger du château de La Palisse, le très beau mausolée de ce preux chevalier.
  • Antoine de Chabannes (Saint-Exupéry 1408- Paris 1488), orphelin (son père Robert ci-dessus est mort à Azincourt en 1415) est né sans fortune, il sert à 13 ans comme Page le sire de La Hire (Étienne de Vignolles) auprès duquel il apprend le métier des armes. Il se marie en 1439 à Marguerite de Nanteuil qui lui apporte le comté de Dammartin. Capitaine favori de Charles VII, il participe aux côtés de Jeanne d'Arc au siège de Compiègne et au siège de Jargeau puis au siège d'Orléans où il se fait particulièrement remarquer pour son intrépidité. À l'avènement du dauphin, il entre au service de Louis XI, où il est l'objet de plusieurs procès et emprisonnements à la Bastille. Évadé et recherché, Dammartin devient aux côtés de Rodrigue de Villandrando, et de Jean Poton de Xaintrailles, le chef d'une bande de routiers appelés Écorcheurs (bandes armées de mercenaires ravageant les campagnes afin de délivrer la France des Anglais et des Armagnacs), et dans cette mission à très hauts risques, Antoine de Chabannes devint un chef de guerre des plus redoutable[11]. Enfin assagi et rentré en grâce en ayant peu à peu gagné la confiance du souverain pour avoir déjoué plusieurs complots contre lui, celui-ci le fait Grand maître de France en témoignage de ses inestimables services rendus à la Couronne de France. Comblé d'honneurs et de richesses, le comte de Dammartin est nommé sur la fin de sa vie, vers l'an 1480, Gouverneur militaire de Paris. Il est l'un des gros débiteurs de Jacques Cœur, contribue aux charges pesant sur ce dernier, et est son gardien de prison dont Jacques Cœur s'échappe à terme.
  • Jacques II de Chabannes de La Palice, dit La Palisse[n 2] (1470-1525), dit le maréchal de La Palisse, petit-fils de Jacques Ier, maréchal de France de 1515 à 1525, ayant participé à toutes les guerres d'Italie de son temps. Il meurt glorieusement à la bataille de Pavie, livrée contre son avis.
  • Charlotte de Chabannes de La Palice, sœur du maréchal de La Palice. La bienheureuse Charlotte de Chabannes est élue de l'an 1521 à 1540, avec l'appui du roi François Ier, comme 18e mère abbesse du prieuré Saint-Louis de Poissy. Les deux filles du Maréchal de La Palice, Louise et Marguerite de Chabannes, nièces de l'abbesse Charlotte de Chabannes, deviendront également vers 1530, religieuses du même monastère. La Bibliothèque nationale conserve un rare et très précieux manuscrit enluminé, livre de prières et de chants pour la procession à l'usage des deux filles religieuses du Maréchal de La Palice. Ce très beau manuscrit est intitulé : Processionnal à l'usage de Marguerite et Louise de Chabannes, religieuses du couvent des Dominicaines de Poissy.[12] Les riches enluminures font apparaitre les armoiries du feu maréchal de Chabannes leur père, mais surtout celles de Marie de Melun leur mère, veuve du Maréchal de La Palice. Cet inestimable manuscrit, écrit en latin, reste un des rares témoins de la riche bibliothèque que possédait le couvent des Dominicaines de Poissy, fondé par Philippe le Bel.
  • Jean de Chabannes (1464-1524) dit Le Petit Lion, seigneur de Vandenesse, frère du précédent. Il captura en 1509 à la bataille d'Agnadel le célèbre généralissime Bartolomeo d'Alviano et fut tué à Rebec (Italie) en avril 1524 aux côtés de Pierre Terrail de Bayard.
  • Charles de Chabannes († 1552), second fils de Jacques II, seigneur de Lapalisse, de Montaigu-le-Blin, de Vindecy, de Châtel-le-Perron, de Chezelles et de Dompierre[n 3] etc. fut gentilhomme du roi Henri II.
  • Joseph-Gaspard-Gilbert de Chabannes, (1702-1767) prélat français devint en 1735 évêque d'Agen.
  • Sylvain Léonard de Chabannes (1718-1814), dit " L'Abbé de Chabannes ". Descendant des Chabannes, seigneurs de Nouzerolles, docteur en Sorbonne, il devient chanoine du chapitre noble de Saint Pierre de Vienne en 1750 et aumônier du roi Louis XV le 13 septembre 1753 à la promotion de l'abbé de Termont, puis chanoine comte de Lyon en 1760, en service jusqu'à sa retraite en 1767. Suite à l'accouchement précipité de Madame la Dauphine survenue le 23 ou 24 août 1754 et en l'absence de M. le cardinal de Soubise, grand aumônier, ce fut l'abbé de Chabannes, aumônier du roi, qui intervint en urgence pour ondoyer à sa naissance[13] Louis dauphin duc de Berry, le futur Louis XVI.
  • Jean-Baptiste de Chabannes (1770-1835), militaire et homme politique.
  • Alfred Jean Éginhard de Chabannes de La Palice (1799-1868), général français.
  • Jean Frédéric de Chabannes de La Palice (1762-1836), militaire français. Colonel aux chasseurs de Normandie. Aide de camp du roi Louis XVIII. Homme politique. Député aux États généraux de 1789. Aide de camp du baron de Viomesnil, il participe auprès de Rochambeau et du marquis de La Fayette, à la guerre d'Indépendance des États-Unis, où il combat à la bataille de Yorktown. Jean Frédéric de Chabannes fut décoré de l'Ordre de cincinnatus. Écrivain pamphlétaire et inventeur, Jean Frédéric eut 10 enfants, dont Pierre Antoine Octave de Chabannes.
  • Pierre Antoine Octave de Chabannes (1803-1889), vice-amiral, préfet maritime de Cherbourg et de Toulon. Administrateur colonial. Sénateur.

Principales possessionsModifier

Armes, blasons, devisesModifier

  • Armoiries : De gueules au lion d'hermine, armé, couronné et lampassé d'or[8].

Variante (branche des comtes de Dammartin) : Écartelé au 1 et 4 de gueules au lion d'hermine, armé, couronné et lampassé d'or, et au 2 et 3 fascé d'argent et d'azur à la bordure de gueules ; sur le tout d'or à trois pal de vair, au chef d'or chargé de quatre merlettes de gueules, écartelé d'argent à quatre pals de sinople. [8].

  • Devises : « Je ne le cède à nul autre » ; Non palma sine pulvere (« il n'est de gloire impérissable »).

AlliancesModifier

Familles de Bort, de Lavieu, de Prie, de Nanteuil-Dammartin, de La Tour d'Auvergne, d'Anjou, de Bourbon, de Mathan, de Montbron, de Melun, de Blanchefort, de Lévis, de La Rochefoucauld, de Vienne, du Prat, de Margival, de Rivoire du Palais, de Saigne, de Crevant, de Daillon du Lude, Savoie-Tende, d'Apchon, de Chazeron, de Champfeu, de Certaines, de Saint-Phalle, Émié

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • [Chabannes 1864] Chabannes-La Palice, Notice historique sur la maison de Chabannes ou de Chabannées suivi de l'armorial de ses alliances, Clermont-Ferrand, , 184 p. (lire en ligne).  
  • [Est-Ange] Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, t. 9 : CAS-CHA, Évreux, impr. Charles Hérissey, , 448 p., sur gallica.bnf.fr (lire en ligne), p. 149-154 : « Chabannes de la Palice, de Curton et du Verger (de) ».
  • Marquis de Certaines, Les Chabannes, Mille ans d'Histoire 980-1980, Édition Nevers, 1986.
  • [Morenas 1938] Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, t. 2, Paris, , sur palisep.fr (lire en ligne), p. 362.

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Il existe (au moins) quatre endroits appelés Nozerolles dans les environs de Charlus : dans le Cantal, un simple lieu-dit sur Allanche (73 km), un hameau sur Pierrefort (108 km) et un autre hameau sur La Chapelle-d'Alagnon (83 km) ; et en Lozère voisine, un hameau sur Chaulhac (150 km).
  2. Jacques II de Chabannes de La Palice acheta au duc Jean de Bourbon en 1430 le château de La Palice (Allier).
  3. Toutes ces seigneuries étaient situées dans la région de la Besbre.

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f Est-Ange 1910, p. 149 à 154.
  2. a et b Chabannes-La Palice 1864, p. 4.
  3. http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Chabanais.pdf.
  4. http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Chabannes.pdf.
  5. http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Ventadour.pdf.
  6. a et b Chabannes-La Palice 1864, p. 2.
  7. a et b « Charlus (commune de Saint-Exupéry-les-Roches), carte interactive » sur Géoportail. Couches « Cartes IGN classiques » et « Limites administratives » activées.
  8. a b et c Morenas 1938, p. 362.
  9. Chabannes-La Palice 1864, p. 4-5.
  10. Chabannes-La Palice 1864, p. 5.
  11. Jean Henri Taveau, Un Grand Capitaine du XVe siècle, Antoine de Chabannes, Comte de Dammartin, Édition de l'auteur, 1978.
  12. Bibliothèque nationale. Cote : NAL 3215. manuscrit en latin, vers 1530-1540 : https://gallica.bnf.fr/ark:/1248/btv1b8452819xyf107.item
  13. Journal Historique et Anecdotique du Règne de Louis XV, par Edmond Jean François Barbier, volume 4, p. 33, Édition Jules Renouard & Cie, Paris, 1856