Europe du Nord-Ouest

Europe du Nord-Ouest est un vocable qui désigne, quoique d'une manière imprécise, une partie de l'Europe du Nord et de l'Ouest ; il est caractérisé par des critères à la fois géographiques et ethnographiques.

Critères géographiquesModifier

Selon les critères géographiques, le terme « Europe du Nord-Ouest » englobe l'Irlande, le Royaume Uni, la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne du Nord (en), le Luxembourg, le Nord de la France, le Danemark, la Norvège, la Suède et l'Islande[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7]. La Finlande, l'Allemagne du Sud (en) et la Suisse[6] sont également souvent associés au terme « Europe du Nord-Ouest[8],[9],[10],[11] », de même que l'Autriche, bien que moins fréquemment[5],[12]. Le Midi de la France est, quant à lui, généralement réuni géographiquement et culturellement au bassin méditerranéen ou à l'Europe du Sud[13],[14].

Critères ethnographiquesModifier

Les langues germaniques sont assez communément parlées dans la plus grande partie de l’Europe du Nord-Ouest, bien que d’autres familles linguistiques soient également présentes, telles les langues romanes dans le Nord de la France, en Wallonie et au Luxembourg ; il en va de même des langues celtiques sur la bordure des îles britanniques ou en Bretagne. La région possède un héritage de protestantisme (luthéranisme, calvinisme et anglicanisme) qui la différencie de ses voisins méditerranéens, sud-européens, latins, est-européens ou slaves[15],[16],[17]. Le concept d’Europe du Nord-Ouest, dupliquant celui d’une Europe allemande protestante, conduit à une définition géographique assez semblable à celle décrite au paragraphe précédent, tout en excluant le Nord de la France, la Wallonie, le Sud des Pays-Bas, la Belgique catholique, l’Allemagne du Sud, l’Autriche et l’Irlande. Ceci résulte du fait que la France et la Wallonie, en dépit de leurs populations huguenotes, sont considérées comme des contrées catholiques de langues romanes, et que la Belgique, l’Allemagne du Sud, l’Autriche et l’Irlande, bien que patries de nombre de locuteurs de langues germaniques, sont historiquement catholiques. Mesurée à l’aune du protestantisme et de la culture germanique, l’Europe du Nord-Ouest serait alors équivalente à l’aire de l’Europe du Nord combinée aux Pays-Bas, la plus grande partie de la Suisse et l’Allemagne du Nord, mais sans les régions baltes, la Belgique et l’Irlande. Une autre définition de l’Europe du Nord-Ouest, comprenant les pays européens n’appartenant pas à l’Europe du Sud ou de l’Est, était en usage de la fin du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle auprès des anthropologistes et des eugénistes qui désignaient ainsi la région d’Europe concentrant les populations de race nordique, par opposition aux régions du Sud et de l’Est de l’Europe qui rassemblent les peuples méditerranéens, les Slaves et d’autres populations non nordiques[18],[19],[20],[21],[22],[23]. Selon cette distinction racialiste, tous les pays germaniques et les régions telles que le Nord de la France, qui rassemble historiquement un grand nombre de descendants celtes ou francs germains, feraient partie de l’Europe du Nord-Ouest, en grande partie en raison de la prédominance phénotypique des peuples nordiques[17],[24],[25].

Le front de l'Ouest durant la Seconde Guerre mondialeModifier

Dans l’histoire militaire, et tout particulièrement parmi les pays du Commonwealth, les décorations se rapportant à l’Europe du Nord-Ouest font référence à deux campagnes terrestres distinctes durant la Seconde Guerre mondiale. Deux distinctions différentes ont en effet récompensé les régiments qui ont pris part à ces campagnes. La première se réfère à la campagne de 1940, durant la bataille de France, cantonnée à la Belgique et aux ports engagés durant la bataille de Dunkerque. La seconde campagne de l’Europe du Nord-Ouest, en 1944-1945, commence lors de la bataille de Normandie et s’achève par la reddition au field marshal Montgomery — à la tête du 21e groupe d'armées britannique — de l’ensemble des forces allemandes des Pays-Bas, de l’Allemagne du Nord-Ouest et du Danemark, dans la lande de Lunebourg, au nord-ouest de l’Allemagne.

Caractères génétiquesModifier

Une certaine unité se dégage des caractères génétiques des populations de l’Europe du Nord-Ouest[26]. Elles regroupent des descendants des peuples de la culture de la céramique cordée et du Campaniforme, qui eux-mêmes partagent des gènes de peuplades de la steppe eurasienne. Les peuples campaniformes du cours du Rhin inférieur par exemple ont influencé 90% des réserves génétiques de la Grande-Bretagne et de l'Irlande en remplaçant les populations de type néolithique antérieures[27],[28].

Notes et référencesModifier

  1. (en) Richard S. K. Barnes, The Brackish-Water Fauna of Northwestern Europe : an identification guide to brackish-water habitats, ecology and macrofauna for field workers, naturalists and students, Cambridge, New York, Merbourne, Cambridge University, , 287 p. (ISBN 0-521-45529-4, notice BnF no FRBNF37453267, lire en ligne).
  2. (en) Richard Lachmann, Capitalists in Spite of Themselves : Elite Conflict and European Transitions in Early Modern Europe, Oxford University Press, (lire en ligne).
  3. (en) Jean Blondel et Takashi Inoguchi, Political Cultures in Asia and Europe : Citizens, States and Societal Values, Routledge, (lire en ligne).
  4. (en) Christopher Loveluck, Northwest Europe in the Early Middle Ages, c.AD 600–1150 : a comparative archaeology, Cambridge, New York, Cambridge University Press, , 466 p. (notice BnF no FRBNF45047213, lire en ligne).
  5. a et b (en) David M. Boje, Organizational Change and Global Standardization : Solutions to Standards and Norms Overwhelming Organizations, Routledge, (lire en ligne).
  6. a et b (en) Martin Blinkhorn, Fascism and the Right in Europe 1919-1945, Harlow, Longman, coll. « Seminar Studies in History », , 177 p. (ISBN 0-582-07021-X, notice BnF no FRBNF38935542, lire en ligne).
  7. (en) Marshall Cavendish, The World and Its Peoples, Marshall Cavendish, .
  8. (en) Richard Lachmann, Capitalists in Spite of Themselves : Elite Conflict and European Transitions in Early Modern Europe, Oxford University Press, (lire en ligne).
  9. (en) Florian Coulmas, Harald Conrad, Annette Schad-Seifert et Gabriele Vogt, The Demographic Challenge : A Handbook about Japan, BRILL, , 1220 p. (lire en ligne).
  10. (en) Deborah E. Ward, The White Welfare State : The Racialization of U.S. Welfare Policy, University of Michigan Press, , 208 p. (lire en ligne).
  11. (en) Louis J. Dublin, The American people, studies in population : dealing with the composition, distribution, and growth of the population, and its relation to resources, in the United States, Philadelphie, American Academy of Political and Social Science, , 396 p. (notice BnF no FRBNF32047039, lire en ligne).
  12. (en) Frank Ray Rutter, Cereal production of Europe, Washington, Government printing office, , 100 p. (notice BnF no FRBNF31272225, lire en ligne).
  13. (en) Pamela Goyan Kittler et Kathryn Sucher, Food and Culture, Cengage Learning, , 576 p. (lire en ligne).
  14. (en) United States. Congress. House. Committee on the Judiciary, Current antitrust problems : Hearings before Antitrust Subcommittee (Subcommittee No. 5), U.S. Govt Print Off, (lire en ligne).
  15. (en) Carl J. Richard, The battle for the American mind : a brief history of a nation's thought, Lanham, Rowman & Littlefield, , 357 p. (notice BnF no FRBNF40998427, lire en ligne).
  16. (en) Hendrikus Berkhof, Christian Faith : An Introduction to the Study of the Faith, Wm. B. Eerdmans Publishing, (lire en ligne).
  17. a et b (en) James Ciment et John Radzilowski, American immigration : an encyclopedia of political, social, and cultural change, New York, M. E. Sharpe, (notice BnF no FRBNF43782420, lire en ligne).
  18. (en) Patrick J. Hayes, The Making of Modern Immigration : An Encyclopedia of People and Ideas : An Encyclopedia of People and Ideas, ABC-CLIO, (lire en ligne).
  19. (en) Austin Larimore Porterfield, Wait the Withering Rain?, Leo Potishman Foundation, , 147 p. (lire en ligne).
  20. (en) Christopher Hutton, Race and the Third Reich : Linguistics, Racial Anthropology and Genetics in the Dialectic of Volk, Polity, (lire en ligne).
  21. (en) Peter d'Alroy Jones, Since Columbus : poverty and pluralism in the history of the Americas, Londres, Heinemann, , 282 p. (ISBN 0-435-31525-0, notice BnF no FRBNF35339238, lire en ligne).
  22. (en) Louis Angelo Boettiger, Fundamentals of Sociology, Ronald Press, , 752 p. (lire en ligne).
  23. (en) Richard Lynn, Eugenics : A Reassessment, Greenwood Publishing Group, (lire en ligne), p. 35-37.
  24. (en) American Historical Association, National Board for Historical Service et National Council for the Social Studies, Social Studies for Teachers and Administrators, vol. 37, McKinley Publishing Company, (lire en ligne).
  25. (en) Leon P. Baradat, Political ideologies : their origins and impact, Englewood Cliffs, Prentice Hall, , 292 p. (ISBN 0-13-684275-5, notice BnF no FRBNF37384938, lire en ligne).
  26. (en) John Johnson, Toby Bryc, Katarzyna Kutalik et al., « Genes mirror geography within Europe », Nature, vol. 456,‎ , p. 98–101.
  27. (en) Iñigo Olalde, Selina Brace, Morten E. Allentoft et al., « The Beaker phenomenon and the genomic transformation of northwest Europe », Nature, vol. 555,‎ , p. 190–196.
  28. (en) « Dutch Beakers : Like no other Beakers », sur eurogenes.blogspot.com, (consulté le 25 juillet 2019).

Articles connexesModifier