Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Eumène.
Eumène II
Young Commander MAN Napoli Inv5588.jpg
Fonction
Monarque
Biographie
Naissance
Décès
Époque
Famille
Père
Mère
Apollonis de Cyzique (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
Stratonice IV (de à av J-C)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants

Eumène II Sôter, « le Sauveur » (grec ancien : Εὐμένης), né en 221 av. J.-C. et mort en 159/158 av. J.-C. est un roi de Pergame de la dynastie des Attalides. Son règne s'étend de 197 à 159/158 av. J.-C. Il est l'allié des Romains durant la guerre antiochique et la troisième Guerre macédonienne. C’est sous le règne d’Eumène II que le royaume de Pergame atteint son apogée territoriale et culturelle. Son règne donne lieu à la construction de la bibliothèque de Pergame, deuxième plus grande bibliothèque du monde hellénistique derrière celle d’Alexandrie. On suppose aussi que le grand autel de Zeus à Pergame est construit au début du règne d’Eumène II.

Sommaire

BiographieModifier

Début du règne d'Eumène II (197 - 188 av. J.-C.)Modifier

Eumène est le fils aîné d'Attale Ier et d'Apollônis de Cyzique, à qui Polybe rend hommage dans ses Histoires[1]. Eumène II succède à son père Attale Ier en 197 av. J.-C. alors qu’il a 24 ans. Il est associé aux prérogatives royales du vivant de son père.

Politique pro-romaineModifier

Les Attalides sont alliés à Rome depuis Attale Ier, après un « traité d’amitié » avec Rome à partir de 209 av. J.-C.

À cette époque, de nombreuses batailles navales opposent d'un côté Philippe V et Antiochos III à Eumène, allié aux Romains et aux Rhodiens de l'autre. Ces derniers l'emportent après les batailles de Sidé et de Myonnésos, toutes deux en 190 av. J.-C. Il s'allie avec les Romains pour contrer l'expansion séleucide vers la mer Égée.

Allié de Rome dans le conflit contre Antiochos III (192 - 188 av. J.-C.)Modifier

Eumène II est un allié de poids des Romains pendant la guerre antiochique (192 - 188 av. J.-C.). La guerre antiochique est le conflit qui voit s'opposer les Romains et Antiochos III, le puissant souverain hellénistique d'Asie. En 196 av. J.-C., Antiochos III devient menaçant en envahissant la Thrace. Il se justifie en prétendant revendiquer l'héritage de son ancêtre Séleucos Ier. Cela ne rassure pas les Romains qui y voient un moyen pour Antiochos d'accéder à la Grèce. Vers 196 - 195 av. J.-C., le proconsul et philhellène Quinctius Flamininus fait des alliances pour le compte de Rome afin de calmer les ardeurs d'Antiochos. Cependant les Étoliens s'allient à Antiochos III et lui demandent son aide en Grèce centrale. En plus de cela, Antiochos III reçoit dans sa cour Hannibal qui a fui de Carthage. Les Romains s'inquiètent d'une alliance militaire entre Antiochos et Hannibal et d'un double débarquement à Carthage et en Grèce.[2]

Eumène II se voit proposer une alliance par Antiochos III qu’il refuse en 194 av. J.-C. comme il l'explique au sénat romain lors des négociations à la fin de la guerre antiochique en mai 189 av. J.-C.[3] Au contraire, Eumène II réaffirme le lien de son royaume avec Rome. Eumène II est l’un de ceux qui encouragent Rome à une action militaire contre Antiochos III et il est l’un des principaux alliés asiatiques de Rome avec Rhodes. Rhodes et Eumène parviennent à arrêter Hannibal et sa flotte qui doivent rejoindre Antiochos III dans la perspective de ce conflit.

Eumène II apporte un soutien militaire non négligeable aux troupes romaines. Eumène commande notamment la cavalerie romaine lors d’un affrontement dans la plaine de Magnésie du Sipyle entre Rome (30 000 hommes) et Antiochos et son armée de 75 000 hommes[4]. Rome et ses alliés asiatiques que sont Rhodes et Pergame gagnent la guerre. Rome domine l’Asie Mineure et impose ses conditions lors de la paix d’Apamée au printemps 188 av. J.-C.

Paix d'Apamée et fin du règne (188 - 159 av. J.-C. )Modifier

Conséquences de la paix d'ApaméeModifier

Il reçoit à la suite de la paix d'Apamée (188) plusieurs territoires qui agrandissent considérablement son royaume. En effet, il obtient des commissaires romains en 187 av. J.-C. : la Chersonèse d'Europe (actuelle Péninsule de Gallipoli) et une partie de l'Asie Mineure comprenant, la Mysie, les deux Phrygies (la Phrygie près de l'Hellespont et la grande Phrygie), la Lycaonie, la Lycie (la partie montagneuse appelée la Milyade et la ville de Telmessos), la Lydie (avec la ville de Tralles ou Séleucie du Méandre), et la ville d'Éphèse en Ionie.

MariageModifier

Il se marie avec Stratonice qui est la fille du roi de Cappadoce Ariarathe IV.

Conflits avec la Bithynie et le PontModifier

Le roi de Bithynie, Prusias Ier, estime avoir été lésé par la paix d’Apamée. En effet, le royaume de Pergame a obtenu une grande partie de l’ancien royaume séleucide appartenant à Antiochos III. Le roi de Bithynie s’allie donc au roi du Pont contre Eumène II.  

IIIe guerre de macédoineModifier

La IIIe guerre de macédoine est un conflit qui voit s'opposer Rome et Persée, le fils de Philippe V. Philippe V avait été soumis aux intérêts romains mais il a nourri une certaine vengeance selon Tite-Live et a fait assassiner son fils Démétrios. Philippe V avait été loyal aux Romains pendant la guerre antiochique en s'opposant à Antiochos III. Dans le début des années 180 av. J.-C., Philippe V est la cause de nombreux mécontentements. En effet, des cités se plaignent auprès de Rome que Philippe V mette du temps à retirer ses garnisons, Philippe V perpètre un massacre et Eumène II en profite pour appeler le Sénat romain. Philippe V envoie son fils aîné Démétrios pour dialoguer avec les Romains. Ce dernier parvient à calmer les tensions meurt et c'est son fils cadet Persée qui monte sur le trône du royaume de Macédoine.

La perte de confiance romaineModifier

SuccessionModifier

Eumène II associe très vite son frère cadet Attale au trône. Plusieurs rencontres diplomatiques attestent de ce fait.[5] Il monte sur le trône à la mort d’Eumène II et devient Attale II. Il poursuit la politique pro-romaine et se marie avec la veuve d’Eumène Stratonice.

GénéalogieModifier


HéritageModifier

Grand autel de PergameModifier

Eumène II est souvent associé au Grand autel de Pergame, mais sans certitude : le roi à l'origine de son édification peut être Eumène II, mais également son successeur Attale II : Eumène II est divinisé, mais les recherches archéologiques ne permettent pas de savoir si la date exacte de cette divinisation a été décidée de son vivant ou post-mortem. Son frère Attale II aurait pu lui rendre hommage par cet autel après sa mort.

Bibliothèque de PergameModifier

Il mène une véritable politique culturelle, et fait construire à Pergame une bibliothèque digne de celle d'Alexandrie. Le roi Ptolémée V, jaloux de cette bibliothèque qui faisait de l'ombre à la sienne, aurait fait stopper les exportations de papyrus vers Pergame afin d'empêcher son développement. Mais Pergame résiste et est, selon Pline l'Ancien, à l'origine de l'invention du parchemin[6]. Ne disposant plus de papyrus pour écrire, on utilisa la peau d'un animal jeune pour écrire. Ce nouveau support d'écriture prit le nom de pergamena charta ou pergamina charta, d’où dérive le terme parchemin. Le parchemin, plus solide et moins cassant, mais plus cher que le papyrus, mit plusieurs siècles à s'imposer.

Représentation d'Eumène IIModifier


Notes et référencesModifier

  1. Polybe, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], XXII, 7.
  2. Tite-Live, Histoire romaine, p. XXXV, 18
  3. Tite-Live, Histoire romaine, p. XXXVII, 53
  4. MARTIN Jean-Pierre, CHAUVOT Alain, CÉBEILLAC-GERVASONI Mireille, Histoire romaine, Paris, Armand Colin, , 479 p. (ISBN 978-2-200-61452-2), p. 109
  5. Tite-Live, Histoire romaine, p. XXXV, 23
  6. Pline l'Ancien:Histoire naturelle, XIII, 21, 70.

Sources antiquesModifier

BibliographieModifier