Elmire Vautier

actrice française
Elmire Vautier
Description de cette image, également commentée ci-après
Elmire Vautier au début des années 1920.
Nom de naissance Armandine Elmire Angelina Vautier
Naissance
Granchain, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès (à 56 ans)
Livilliers, France
Profession Actrice
Films notables Sa gosse
Vidocq
Belphégor

Elmire Vautier, née le à Granchain dans l'Eure, morte à Livilliers dans le Val-d'Oise le , est une actrice du cinéma français, active entre la fin des années 1910 et le début des années 1940.

BiographieModifier

 
Photo dédicacée d'Elmire Vautier.

Armandine Elmire Angélina Vautier est née le au hameau de la Donalière[1] à Granchain (Eure)[2]. Son père, Stanislas Alexandre Vautier est maçon et sa mère, Elmire Angelina Carruel, est journalière. Elle n'a que huit ans lorsque son père décède le . Sa mère se remarie le avec Léon Eléonor Dodon.

Elmire Vautier débute au théâtre en 1915[3] avant de faire trois ans plus tard un premier film avec Pierre Marodon. Mais son premier succès à l'écran est le film Sa Gosse réalisé par Henri Desfontaines en 1919. Elle y joue le rôle d'une chanteuse à Paris dont le parolier en lui apportant le texte d'une chanson ranime le souvenir de l'enfant non désiré qu'elle a laissé à la campagne[4].

À partir de 1922, Elmire Vautier a souvent comme partenaire René Navarre (1877 - 1968) qui l'épouse en secondes noces[5] le à Tours. Ils auront une fille, Marie Madeleine Muguette Pascaline Navarre (1924 - 2008)[6].

En 1922, elle tourne Le Roi de Camargue (dans le rôle de Lisette, femme amoureuse qui tente de se noyer lorsqu'elle est abandonnée pour une autre), Judith (dans le rôle d'une comtesse dont le mari est soupçonné d'être un assassin) et la série de 12 courts-métrages L'Homme aux trois masques ; en 1923 ce sera une autre série de 10 courts-métrages, Vidocq, (elle y tient le rôle de Manon-la-Blonde, espionne qui recherche Vidocq prisonnier de son ennemi juré l'Aristo) et Ferragus (film inspiré du roman d'Honoré de Balzac, elle y est Clémence Desmarets, fille d'un ex-détenu qui dirige une société secrète), en 1925 ce sera la série de 8 courts-métrages Jean Chouan, puis en 1927 Belphégor en 4 épisodes (son personnage est Simone Desroches qui hante le musée du Louvre sous les traits du fantôme Belphégor pour y voler des œuvres d'art, elle sera finalement démasquée par le détective Chantecoq et son ami journaliste Jacques Bellegarde), en 1929 ce sera La Tentation, son dernier film muet.

Le jeu d'actrice du muet d'Elmire Vautier est plutôt bien accueilli par la critique. Pour son premier succès Sa Gosse en 1919 le journal l'Impartial écrit : « Mlle Elmire Vautier a rendu avec talent et un réalisme discret le rôle de l'étoile de beuglant. C'est une jolie personne, au visage expressif, dont nous aurons le plaisir à suivre la carrière cinégraphique[7]. En 1923, elle affirme une fois de plus son talent, fait de sensibilité et de charme[8]. En 1924, elle charme les spectateurs de sa grâce exquise mutine[9]. » En 1925, la belle artiste Elmire Vautier se charge de lui[10] donner une réplique adroite dans son double rôle de princesse brune et d'ouvrière blonde [11] ou encore elle dresse magnifiquement la chouanne héroïque, la grande dame à l'âme haute, à l'orgueil souverain, au cœur grave et pur, prête à tomber sous les balles pour le salut de son Dieu et de son roi[12]. En 1927, Elmire Vautier tient en haleine de bout en bout[13]. Cette même année, elle est avec Sandra Milowanoff et Paulette Berger, une des trois artistes justement appréciées du public[14]. Mais il y a aussi des accueils plus mitigés et on peut ainsi lire en 1928 cette critique : Elmire Vautier, dans son rôle qui devrait être pathétique (mais l'est-il vraiment ?) garde quelque sécheresse[15].

 
Tombe d'Elmire Vautier, de Jacques Eyser et de Marie Navarre à Livilliers.

En 1930, Elmire Vautier passe au parlant, jouant dans quelques productions françaises tournées dans les studios parisiens de la Paramount mais l’arrivée du cinéma parlant freine inexorablement sa carrière. Son jeu étant jugé trop théâtral, de 1931 à 1934, elle reste éloignée des plateaux de tournage. Elle va alors s'essayer à la mode[16].

Lorsqu'elle revient en 1934 sur les plateaux de tournage, elle y est reléguée aux rôles secondaires. On la retrouve entre autres dans Golgotha de Julien Duvivier en 1935 et dans Le Roman d'un tricheur de Sacha Guitry en 1936.

Le , René Navarre et Elmire Vautier divorcent.

Jusqu'au début des années 1940, elle va encore jouer dans quelques pièces de théâtre mais elle abandonne définitivement le monde du cinéma en 1942 après le film La Duchesse de Langeais de Jacques de Baroncelli.
Au théâtre la presse salue encore son rôle en 1943 dans Bérénice : « Mlle Elmire Vautier se montra une interprète très affinée de cette noble héroïne, dont elle rendit avec un art sincère les subtilités de la passion[17]. »

Le à Neuilly-sur-Seine elle se remarie avec l'acteur Jacques Eysermann dit Jacques Eyser (1912 - 1999). Ils résident au 8, cours des Longs-Prés à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Elmire Vautier décède d'une crise cardiaque le et elle est inhumée dans le cimetière de Livilliers (Val-d'Oise).

En 1999, Le Rocambole[18] écrit qu'Elmire Vautier fut plus grande poétesse dans sa vie que dans ses œuvres.

FilmographieModifier

ThéâtreModifier

Notes et référencesModifier

  1. L'orthographe ici est celle du registre d'état-civil mais il s'agit en fait du hameau de La Dannelière (0°40'31 E - 49°01'59 N).
  2. Registre NMD (Naissances-Mariages-Décès) de Granchain, 1863/1902, page 305
  3. Henri Bousquet, De Pathé Frères à Pathé Cinéma: 1923, 1924, 1925, 1926, 1927, 2004, p.486
  4. Le journal L’Impartial n° 12079 du 24 avril 1919 en page 6 écrit à propos du film Sa Gosse : « Une jeune paysanne a été abandonnée par le père de son enfant. Écœurée par la médisance provinciale; elle laisse « sa Gosse » à ses vieux parents et va pour refaire sa vie à Paris où, tombée dans le ruisseau, elle s'élève sur les planches d'un beuglant de faubourg. Elle chante les Pierreuses, c'est l'idole. Un soir, un compositeur de chansons vient lui offrir une création ; sans s'en douter, c'est l'histoire de sa vie qu'il lui offre de chanter en public et la chanteuse réaliste pense à « sa Gosse »qu'elle va voir au village et qu'elle ramène avec elle. Ici apparaît le symbole gracieux de l'innocence enfantine qui s'impose dans ce milieu de cabots, braves gens au fond, bohèmes de la misère et qui, par respect pour l'enfance, surveillent devant la «Gosse» leur langage et leurs attitudes. Hobereau de province, le père de l'enfant souffrait en secret de ne plus voir « sa Gosse ». Il vient à Paris, veut revoir la mère qui refuse de le recevoir, se glisse dans les coulisses et sauve la petite qui, prise dans un engrenage, allait être tuée peut-être : Son acte courageux lui a fait obtenir le pardon de la mère de «sa Gosse» qui est maintenant« leur gosse » à tous les deux. Mlle Elmire Vautier a rendu avec talent et un réalisme discret le rôle de l'étoile de beuglant. C'est une jolie personne, au visage expressif, dont nous aurons le plaisir à suivre la carrière cinégraphique. Les scènes nous donnant l'impression d'assister, de la coulisse, à une représentation de Caf’conc', sont en tous points parfaites et le numéro acrobatique qui précède l'accident de la fillette est non seulement bien réglé mais impeccablement exécuté. »
  5. René Navarre était veuf de l'actrice anglaise Nelly Palmer (Runcorn 1891 - Paris 1916) de son vrai nom Nellie Gwendoline Palmer dont il avait eu un fils, Paul-René qui décèdera en Algérie en 1942. (Intermédiaire des Chercheurs & Curieux, ICC, 1989, p. 433). Il avait également eu en 1920 une fille, Christiane, de sa relation avec l'actrice Jacqueline Arly (Levallois-Perret 1898 - Montrouge 1980) de son vrai nom Armande Henriette Marie Richard (Fantômas c'était moi : Souvenirs du créateur de Fantômas en 1913, René Navarre, Vedette du cinéma muet, Mémoires présentés et commentés par son petit-fils, François-Marie Pons, éditions L'Harmattan 2012).
  6. René Navarre - François-Marie Pons, op.cit., notes p. 238.
  7. L’Impartial n° 12079 du 24 avril 1919
  8. Le Parisien n° 16746 du 4 janvier 1923
  9. Annales africaines n° 19 du 9 mai 1924 (Ferragus)
  10. René Navarre qui campe à son habitude, très intelligemment, son personnage d'aventurier au masque froid d'homme d'affaires et d'homme de proie capable de tout pour édifier une fortune. Les Spectacles n° 93 du 9 septembre 1925
  11. Les Spectacles op. cit.
  12. Le Petit Parisien n° 17822 du 15 décembre 1925
  13. Les Spectacles n° 196 du 30 septembre 1927
  14. Le Matin n° 15934 du 4 novembre 1927
  15. Le Parisien n° 18770 du 2 juillet 1928
  16. En 1933, on peut en effet lire cette annonce : « Elmire Vautier a créé pour vous de jolis modèles Robes - Manteaux - Chapeaux. Elle compte sur votre prochaine visite - Haute Couture, 27, avenue Junod Paris » publiée dans les deux numéros du journal La Rampe de novembre (n° 593) et de décembre (n° 594)
  17. Journal des débats politiques et littéraires n° 1212 du 22 décembre 1943
  18. Le Rocambole : bulletin de l'Association des amis du roman populaire, n° 6 à 9 - 1999 - p. 162

Liens externesModifier

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