Maurice Leblanc

écrivain français

Marie Émile Maurice Leblanc est un romancier français né le [1], à Rouen, et mort le , à Perpignan. Auteur de nombreux romans policiers et d’aventures, il est le créateur du célèbre gentleman-cambrioleur Arsène Lupin. Relégué au rang de « Conan Doyle français », Maurice Leblanc est un écrivain populaire qui a souffert de ne pas avoir la reconnaissance de ses confrères mais a toujours suscité un solide noyau d'amateurs et de quelques lupinologues[2].

Maurice Leblanc
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Maurice Leblanc
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Marie Émile Maurice Leblanc
Nationalité
Domicile
Formation
Activité
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Langue d'écriture
Fratrie
Autres informations
Parti politique
Parti républicain, radical et radical-socialiste (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Genres artistiques
Fiction de détective (en), science-fiction, roman psychologiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Œuvres principales
signature de Maurice Leblanc
signature

On peut visiter la maison de Maurice Leblanc, le Clos Lupin, à Étretat, en Seine-Maritime. L’aiguille d’Étretat forme d’ailleurs l’un des décors du roman L'Aiguille creuse. La revue d'études lupiniennes L'Aiguille preuve est éditée annuellement par l'Association des Amis d'Arsène Lupin (AAAL) fondée en 1985 par le philosophe et essayiste François George.

BiographieModifier

Maurice Leblanc est le deuxième enfant d'Émile Leblanc, négociant armateur de 34 ans, et de Mathilde Blanche, née Brohy, fille de riches teinturiers, âgée de 21 ans et qui fut accouchée par Achille Cléophas Flaubert, père de Gustave Flaubert[3]. Il a pour sœur aînée Jehanne, née en 1863, et pour sœur cadette la cantatrice Georgette Leblanc, née en 1869, qui sera l'interprète de Maurice Maeterlinck et sa compagne de 1895 à 1918[4].

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, son père l'envoie en Écosse dont les paysages ont dû fertiliser son imagination. De retour, il achève ses études à Rouen. Le jeune Maurice reçoit sa première éducation dans une institution libre, la pension Patry, puis, de 1875 à 1882, fait ses études secondaires au lycée Corneille[5]. Adolescent, il fréquente Gustave Flaubert et Guy de Maupassant[3]. Refusant la carrière que son père lui destine dans une fabrique de cardes, il « monte à Paris », en 1888, pour écrire. D’abord journaliste, puis romancier et conteur, son premier roman, Une femme, en 1893 est très remarqué ; il est suivi d'autres ouvrages (Des couples, Voici des ailes et son unique pièce, La pitié, en 1902, qui est un échec, le faisant renoncer pour un temps au théâtre[6]). Il éveille l’intérêt de Jules Renard et d'Alphonse Daudet, sans succès public. Il fréquente les grands noms de la littérature à Paris : Stéphane Mallarmé ou Alphonse Allais. En 1901, il publie L'Enthousiasme, roman autobiographique.

 
Maurice Leblanc manipule une marionnette à l'effigie d'Arsène Lupin.
Couverture illustrée du périodique Je sais tout no 75 publiant Les Confidences d'Arsène Lupin (15 avril 1911).

En 1905, Pierre Lafitte, directeur du mensuel Je sais tout, lui commande une nouvelle sur le modèle du Raffles d'Ernest William Hornung et des aventures de Sherlock Holmes[7] : L'Arrestation d’Arsène Lupin se révèle un grand succès public, mais Maurice Leblanc souffre déjà de n'avoir pas la reconnaissance des gens de lettres[8]. Deux ans plus tard, Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur est publié en livre. La sortie d’Arsène Lupin contre Herlock Sholmès mécontente Conan Doyle, furieux de voir son détective Sherlock Holmes (« Herlock Sholmès ») et son faire-valoir Watson (« Wilson ») ridiculisés par les personnages parodiques créés par Maurice Leblanc.

 
Domicile de Maurice Leblanc à Étretat, aujourd'hui musée.

Maurice Leblanc reçoit la Légion d'honneur[9], le , des mains du sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts, Étienne Dujardin-Beaumetz, député radical de l’Aude.

Radical-socialiste et libre-penseur, Leblanc s’embourgeoise avec l’âge et la Première Guerre mondiale. Il aurait déclaré : « Lupin, ce n’est pas moi ! » Dès 1910, il tente de tuer son héros dans 813, mais il le ressuscite dans Le Bouchon de cristal, Les Huit Coups de l'horloge, etc.

En 1918, Maurice Leblanc achète à Étretat une maison à colombages de facture anglo-normande où il rédigera 19 romans et 39 nouvelles[10]. Devant l'occupation allemande, il quitte le Clos Lupin et se réfugie en 1939 à Perpignan où il meurt d'une pneumonie en 1941[10]. Exhumé du cimetière Saint-Martin de Perpignan en 1947, il est réinhumé, le de cette même année, à Paris, au cimetière du Montparnasse, aux côtés de sa femme Marguerite et d'autres membres de sa famille (notamment son beau-frère René Renoult)[11].

Vie privéeModifier

Fin 1888, Maurice Leblanc se décide à quitter Rouen pour Paris où il se marie le à Marie-Ernestine Lalanne (1865-1941) qui lui donne une fille, Louise Amélie Marie Leblanc (1889-1974), laquelle n'aura aucune postérité de son mariage. Les époux ne s'entendent pas et divorcent en 1895. Maurice tombe ensuite amoureux de Marguerite Wormser (1865-1950) qui a déjà un fils Claude Oulmann (1902-1994), lequel sera autorisé par décret à porter le nom de Leblanc. La procédure de divorce entamée par Marguerite contre son premier époux traînant en longueur, Maurice a des ennuis de santé et sombre dans la dépression. Ils ne se marient que le [12].

PostéritéModifier

Une Association des Amis d’Arsène Lupin est fondée en 1985 par le philosophe François George[13].

L'œuvre de Maurice Leblanc a inspiré Gaston Leroux (créateur de Rouletabille), ainsi que Souvestre et Allain (créateurs de Fantômas). Les exploits d’Arsène Lupin se déroulaient dans la capitale et dans le pays de Caux, que Maurice Leblanc connaissait bien : collectionneur de cartes postales, il avait recensé pas moins de quatre cents manoirs entre Le Havre, Rouen et Dieppe. Les « lupinophiles » arpentent les lieux cités dans les intrigues de Leblanc en Normandie : Étretat et le trésor des rois de France, Tancarville, le passage souterrain de Jumièges devant mener au trésor médiéval des abbayes, etc. Selon les lupinophiles mythomanes, la piste des sept abbayes du pays de Caux reliées entre elles dessinerait la Grande Ourse et permettrait de retrouver l’étoile d’Alcor.

ŒuvresModifier

Ouvrages faisant intervenir le personnage d'Arsène LupinModifier

La série Arsène Lupin compte 17 romans et 39 nouvelles, ainsi que 5 pièces de théâtre, tous écrits de 1905 à 1941.

Pièces de théâtreModifier

Autres ouvragesModifier

  • Des couples (1890). Recueil de 7 contes et nouvelles, réédité aux Éditions des Falaises en 2002.
  • Une femme (1893). Roman, réédité aux Éditions des Falaises en 2011.
  • Ceux qui souffrent (1894). Recueil de 26 contes
  • L'Œuvre de mort (1895). Réédité aux Éditions des Falaises en 2013
  • Les Heures de mystère (1896). Recueil de 26 contes
  • Armelle et Claude (1897). Roman
  • Voici des ailes ! (1898). Court roman, réédité aux Éditions Phébus en 1998.
  • Les Lèvres jointes (1899). Recueil de 30 contes
  • L'Enthousiasme (1901). Roman
  • Les Yeux purs (1902). Court roman, premier essai de l'auteur dans le genre mystérieux, publié ensuite dans La Robe d'écailles roses (1912) sous le titre Le Roman d'une jeune fille. Première édition séparée en langue française par Archives et documents Presse et Feuilletons (ADPF) en 2019.
  • Un gentleman (1903). Conte
  • Gueule-rouge 80-chevaux (1904). Recueil de contes, réédité aux Éditions des Falaises en 2018
  • La Frontière (1911). Roman
  • La Robe d'écailles roses (1912). Recueil de 15 contes, un court roman (Le Roman d'une jeune fille, paru en 1902 sous le titre Les Yeux purs) et une pièce de théâtre. Seule la réédition illustrée chez Lafitte en 1922 (coll. Idéal-Bibliothèque) est complètes. Toutes les autres rééditions sont partielles, avec 10 contes et le court roman (Lafitte/Hachette, 1920, 1934, Hachette, 1941, Glénat, 1979).
  • La Pitié, pièce en 3 actes (1912).
  • Le Cercle rouge (1917). Ciné-roman publié en feuilleton en 1916-17
  • Les Trois Yeux (1920). Roman d'anticipation
  • Le Formidable Événement (1921). Roman d'anticipation
  • Dorothée, danseuse de corde (1923). Roman d'aventures policières
  • La Dent d'Hercule Petitgris (1924). Nouvelle policière
  • La Vie extravagante de Balthazar (1925). Roman d'aventures
  • Le Prince de Jéricho (1930). Roman policier
  • De minuit à sept heures (1932). Roman policier
  • La Forêt des aventures (1932). Roman d'aventures. Première publication en feuilleton dans Le Gaulois en 1927 sous le titre Peau d’Âne et Don Quichotte, co-écrit avec André de Maricourt.
  • L'Image de la femme nue (1934). Roman
  • Le Chapelet rouge (1934). Roman policier. Première publication en feuilleton dans La Volonté en 1932 sous le titre Les Clés mystérieuses. Réédité sous ce titre chez Glénat en 1975, coll. Marginalia.
  • Le Scandale du gazon bleu (1935). Roman
  • Contes du soleil et de la pluie 1902-1907, préface et bibliographie Jean-Luc Buard, La Bibliothèque internationale Maurice Leblanc/Archives et documents (Paris)/Lulu.com, 2018, 458 pp. (ISBN 978-0-244-07665-8). Recueille l'intégrale des 110 contes et articles parus dans le quotidien L'Auto, dont près d'un tiers jamais réédités à ce jour et plusieurs proto-lupiniens.
  • Contes de Gil Blas 1892-1904, préface Hervé Lechat, bibliographie Jean-Luc Buard, La Bibliothèque internationale Maurice Leblanc/Archives et documents (Paris)/diffusion Lulu.com, 2018, 737 pp. (ISBN 978-0-244-40171-9). Recueille l'intégrale des 180 contes parus dans le quotidien Gil Blas, ainsi que dix articles. Couverture illustrée par Albert Guillaume.
  • Contes du Journal et d'ailleurs 1890-1929, préface Cédric Hannedouche, postface et bibliographie Jean-Luc Buard, La Bibliothèque internationale Maurice Leblanc/Archives et documents (Paris)/diffusion Lulu.com, 2018, 713 pp. (ISBN 978-0-244-73058-1). Couverture illustrée par Fred Browne. Recueille l'intégrale des 110 contes et nouvelles parus dans les quotidiens Le Journal, Excelsior, Le Figaro, etc., dans les périodiques Femina, Candide, etc. durant toute la carrière de l'auteur et non recueillis dans les deux précédents volumes. Sur une idée de Jacques Olliveau, ces trois volumes réunissent, pour la première fois, tous les contes et nouvelles de l'auteur en dehors du cycle d'Arsène Lupin, soit 400 textes.

Notes, sources et référencesModifier

  1. a et b L'acte de naissance (no 2275) de Maurice Leblanc commence ainsi : « Du douze décembre Mil huit cent soixante quatre, à trois heures après midi, Acte de Naissance de Marie Emile Maurice Leblanc, du sexe masculin, à Nous présenté, né hier, à quatre heures du matin, au domicile de ses père et mère […] ». Cet acte est consultable sur le site des archives départementales de la Seine-Maritime, Cote 3E 00999 - 1864/10/01 - 1864/12/31 - Rouen, image 106.
  2. Paul Gayot, Jacques Baudou, Dictionnaire de lupinologie. Arsène Lupin dans tous ses états, Les Éditions de l'Œil du sphinx, , 241 p.
  3. a et b Joseph-Marc Bailbé, Le Paysage normand dans la littérature et dans l'art, Publications Universitaires Rouen Le Havre, , p. 293.
  4. Jacques Derouard, Maurice Leblanc. Arsène Lupin malgré lui, Séguier, , p. 10.
  5. Jacques Derouard, op. cit., p. 22.
  6. Jacques Derouard, op. cit., p. 147.
  7. Jacques Derouard, op. cit., p. 120.
  8. Jacques Derouard, op. cit., p. 192.
  9. « Base LEONORE », sur culture.gouv.fr
  10. a et b Hélène Rochette, Maisons d'écrivains et d'artistes, Parigramme, , p. 183.
  11. Philippe Barret, Les écrivains français en leur tombeau, Flammarion, , p. 186.
  12. André-François Ruaud, Les nombreuses vies d'Arsène Lupin, Moutons électriques, , p. 17.
  13. Association des amis d’Arsène Lupin
  14. Nouvelle initialement titrée, lors de la parution dans Je sais tout, « Sherlock Holmes arrive trop tard ».
  15. La traduction française de ce texte, Le Pardessus d'Arsène Lupin, est disponible sur Wikisource.
  16. http://arsenelupingc.free.fr/theatre.php
  17. Pièce de Maurice Leblanc, réalisation de Carlos Larronde, selon les annonces dans la presse de 1936. Dans un article publié en 2015 dans le no 17 bis de la revue L'Aiguille preuve, Hervé Lechat, président de l'Association des amis d'Arsène Lupin, pense que cette pièce a probablement été écrite par Carlos Larronde.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • André-François Ruaud, Les nombreuses vies d'Arsène Lupin, vol. 1, Lyon, Moutons électriques, coll. « Bibliothèque rouge », , 322 p. (ISBN 978-2-915793-10-9).
  • Jacques Derouard, Dictionnaire Arsène Lupin, Amiens Paris, Encrage Les Belles lettres, coll. « Travaux » (no 41), , 286 p. (ISBN 978-2-251-74113-0 et 978-2-911-57629-4, OCLC 48809024).
  • Jacques Derouard, Maurice Leblanc : Arsène Lupin malgré lui, Paris, Librairie Séguier, coll. « Biographie », , 610 p. (ISBN 2-87736-070-9).
  • Europe, revue littéraire mensuelle, août , no 604/605
    Numéro consacré à Maurice Leblanc et Arsène Lupin.
    François Vicaire (photogr. Jean-François Lange), La maison de Maurice Leblanc : le Clos Arsène Lupin, Darnétal, Petit à petit, coll. « Maisons d'écrivains », , 47 p., 31 cm (ISBN 978-2-84949-030-3, OCLC 469435150).

Liens externesModifier