Duché de Pless

Duché de Pless
(pl) Księstwo Pszczyńskie

1407–1918

Informations générales
Statut Duché silésien
- pays de la Flag of the lands of the Bohemian Crown.svg couronne de Bohême (1348–1742)
Capitale Pszczyna
Histoire et événements
1138 Fragmentation de la Pologne
1335 Rattachement à la Couronne de Bohême
1548 Cession au prince-évêque de Wrocław
1742 Intégration à la Prusse-Brandebourg et création de la principauté
1921 Rétrocession à la Pologne

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le duché de Pless (en allemand : Herzogtum Pleß) ou duché de Pszczyna[1] (en polonais : Księstwo Pszczyńskie) fut un duché vassal silésien dont la capitale était Pszczyna (Pleß) en Haute-Silésie.

HistoriqueModifier

Le duché se partage l'histoire de la région de Pszczyna mais aussi celle de la Silésie en général. Néanmoins, après la fragmentation du royaume de Pologne lié au testament de 1138 du roi Boleslas III Bouche-Torse, les territoires situés autour de la châtellenie de Pszczyna sont attribués au duché de Cracovie en Petite-Pologne (en polonais : Małopolska), établi lors de la partition de la Pologne après la mort de Boleslas III Bouche-Torse en 1138.

Duché silésienModifier

À l'ouest, les fils du duc de Silésie défunt Ladislas II le Banni, appuyés par l'empereur Frédéric Barberousse, aient récupéré leur héritage en 1163. Vers l'an 1172, ils avaient divisé leur territoire, c'est ainsi que la région sud-est autour de Ratibor était attribuée comme domaine propre au fils cadet Mieszko Ier Jambes Mêlées qui devenait le premier « duc de Ratibor ». La plus grande partie de Silésie autour de la résidence à Wrocław revint à son frère aîné Boleslas Ier le Long. Décision qui ressemble à une compensation, le petit domaine de Mieszko est agrandi dans un premier temps en 1177 et il reçoit la seigneurie sur les territoires de la Petite-Pologne autour de Bytom, d'Oświęcim, de Zator, de Siewierz (Sievers) et de Pszczyna (Pless) des mains de son oncle, le « duc senior » Casimir II le Juste. Mieszko rattache Pszczyna à son duché. La lignée de Ratibor des Piasts de Silésie s'éteint à la mort du duc Lech en 1336.

Avant sa mort, Lech ou Leszek comme plusieurs autres ducs de Silésie avaient reconnu la suzeraineté du roi de Bohême Jean de Luxembourg en 1327, incluant ainsi leurs duchés dans les domaines de la Couronne de Bohême fait reconnu par le roi Casimir III de Pologne en 1335 lors du traité de Trentschin. En 1336, le roi Jean Ier donne le duché de Ratibor incluant Pszczyna au duc de la lignée des Přemyslides Nicolas II d'Opava, qui avait épousé Anne de Ratibor la sœur du défunt duc Leszek et ils règnent sur les deux duchés dans le cadre d'une union personnelle. En 1407 le petit-fils de Nicolas Jean II d'Opava et Ratibor, donne les territoires de Pszczyna, Bieruń, Mysłowice, et Mikołów comme douaire à son épouse Hélène, une « nièce »[2] du roi de Pologne Ladislas II Jagellon.

Après l'acquisition de plusieurs villages situés au sud de Żory en 1412, Hélène, après la mort de son mari en 1424 règne comme duchesse de Pless, elle a comme successeur en 1452 sa belle fille, Barbara Rockenberg, épouse de son fils Nicolas V de Ratibor-Jägerndorf qui reçoit elle aussi Pless comme douaire. Le fils de Nicolas V, Venceslas de Rybnik, est dépossédé de ses domaines qui reviennent à la couronne de Bohême. À partir de 1462, Pless est détenu par les fils du roi de Bohême Georges de Poděbrady, jusqu'à ce que Victor de Poděbrady en 1480 le vende à son gendre duc silésien Casimir II de Cieszyn. En 1517, le duché est acquis par un magnat hongrois de la famille Thurzó qui de nouveau le cède avec l'accord de l'Empereur et roi de Bohême Ferdinand Ier du Saint-Empire en 1548 au prince-évêque de Wrocław, Balthasar von Promnitz. La famille de ce dernier les Promnitz contrôle le duché jusqu'en 1765.

Principauté d'Anhalt-PlessModifier

Lors de la guerre de succession d'Autriche, une grande partie de la Silésie est conquise par le royaume de Prusse; mais les ducs et ensuite prince de Pless continuent à régner sur leurs domaines. À partir de 1742, Pless devient toutefois un pays de L'État de Prusse. En 1765, les ducs d'Anhalt-Köthen reçoivent Pless avec Frédéric-Erdmann d'Anhalt-Pless qui hérite de son oncle maternel Johann Erdmann, comte de Promnitz-Pless. Le dernier d'entre eux meurt en 1847, et il a comme successeur son neveu, fils de sa sœur le comte Hans-Henri X de Hochberg (de), premier président de la chambre des seigneurs de Prusse.

Principauté de PlessModifier

 
Armoiries des Princes de Pless, Comte de Hochberg, Baron de Fürstenstein.

Les ducs de la lignée des Hochberg, issus de Fürstenstein près de Waldenburg en Basse-Silésie, sont de père en fils et petit fils: Hans Henri X, XI, et XV[3] ; ils sont parmi les plus puissantes familles du Saint-Empire, du fait des revenus mines de Pless[4]

Les titulaires des Pays d'État (allemand: Standesherren) n'ont pas de souveraineté sur leur possessions mais ils détiennent le privilège de superviser la religion, les œuvres charitables, l'éducation, et la basse justice. En 1830 l'État prussien prive tous les Standesherren de leur compétence juridique et assujettissent leurs privilèges restants à la supervision de l'État. Le pouvoir du prince sur son territoire, depuis 1807 constituait un bien allodial cessible, et donc son influence sur ses tenanciers était très grande ; par exemple, quand le Duc de Ratibor[5] qui représentait la circonscription des districts de Pless et de Rybnik dans le Reichstag de la Confédération de l'Allemagne du Nord, a continué jusqu'à la première élection du Reichstag de l'Empire allemand en 1871, Hans Henri XI, prince de Pless, l'a approuvé, et a été en mesure d'inscrire sur les listes électorales la maréchaussée, les fonctionnaires de l'État prussien, ainsi que les travailleurs électoraux. Il a également menacé de représailles économiques ceux des électeurs qui s'opposaient à son candidat

Les Princes de Pless se considéraient comme des souverains bienveillants. Hans Henri XI introduit dans ses États un régime de retraite dès 1879, avant la législation sociale de Bismarck; accompagné de logement et d'autre mesures sociales. Sous son fils les ouvriers mécontents adressent toutefois une pétition publique au Reichstag impérial[6]. Les Hochberg étaient Princes de Pless dans la pairie allemande; toutefois en 1905, Hans Heinrich XI est créé duc de Pless, seulement à titre viager alors qu'il était prince depuis 50 années[7] car en Allemagne, le titre de duc supplante celui de prince (allemand:Fürst).

Hans Henri XV succède à son père en 1907; il épouse une aristocrate anglaise Mary Theresa Cornwallis-West, plus connue sous le nom de Daisy, Princesse de Pless. Il sert l'empereur Guillaume II d'Allemagne pendant la Première Guerre mondiale ; plusieurs conférences importantes se tiennent à Pless pendant le conflit ; et quand le pouvoir impérial envisage de créer un « Royaume de Pologne » sous le protectorat Germano-Autrichien en 1916/1918 Hans Henri XV et selon son épouse ses deux fils ainés sont du fait de leur « ascendance polonaise » pressentis pour occuper ce trône fantoche, ce qu'ils déclinent[8]

Lors du plebiscite du , 1921 organisé conformément au Traité de Versailles environ 75 % des votants de la région de Pless se prononce pour l'annexion à la Pologne[9]; et la principauté est rétrocédée à la Pologne après les insurrections de Silésie. Toutefois, les électeurs de la ville de Pless (polonais : Pszczyna) avaient voté à une majorité de 67 % pour le maintien en Allemagne. L'État de Pless devient néanmoins une partie de la Deuxième République de Pologne en 1922.

La famille de Hochberg conserve le château de Fürstenstein jusqu'en 1944. Le château et le domaine sont saisis par le gouvernement Nazi lorsque le prince héritier de Pless, Hans Henri XVII, s'exile en Angleterre en 1932 et devient sujet britannique pendant que son frère, le comte Alexandre de Hochberg, propriétaire du château de Pszczyna, citoyen polonais rejoint l'armée polonaise. le château de Fürstenstein est intégré dans le Projet Riese jusqu'à 1945 et son occupation par l'Armée rouge. Tout l'ameublement et les objets d'art ont été dérobés ou détruits.

Liste des ducs et princes de PlessModifier

Ducs de PlessModifier

Famille de PromnitzModifier

  • 1548-1562 : Balthasar de Promnitz, également prince-évêque de Wroclaw,
  • 1562-1597 : Siegfried de Promnitz, son frère ;
  • 1597-1622 : Henri Anselme de Promnitz, son fils ;
  • 1622-1654 : Sigismond Siegfried de Promnitz
  • 1654-1679 : Erdmann Léopold de Promnitz
  • 1679-1703 : Balthasar Erdmann de Promnitz
  • 1703-1745 : Erdmann II de Promnitz, son fils ;
  • 1745-1765 : Johann Erdmann de Promnitz, son fils.

Princes d'Anhalt-PlessModifier

Famille de HochbergModifier

Notes et référencesModifier

  1. Julian Janczak, "Duchy of Pszczyna" (in) Zarys dziejów kartografii śląskiej do końca XVIII wieku (sur l'histoire de sa cartographie jusqu'à la fin du XVIIIe siècle), Opole: 1976, Polish Academy of Sciences, Warsaw: Institute of History of Science, Education and Technology, 1993, (ISBN 83-86062-00-2). Qui contient des sections dans plusieurs langues européennes, consulté le .
    ^ Tadeusz Walichnowski, Territorial Provenance of Archival Documents in International Relations (Przynaleznosc terytorialna archiwaliow Panstwa Polskiego w stosunkach miedzynarodowych), Polish Scientific Publishers, Warsaw, 1977. Polish State Archives.
    ^Nagel's Encyclopedia Guide, Pologne par Nagel Publishers, 1989, 399 pages, (ISBN 2-8263-0818-1). consulté le 13 janvier 2008.
  2. elle est en réalité la fille de son cousin germain
  3. Les numéros d'ordre dynastiques étaient comme dans d'autres familles princières attribués à tous les males de la lignée même non régnants.
  4. Editor's introduction de Daisy, Princesse de Pless ; pour la monde des Hochberg et de leurs mines, voir aussi Anderson,loc. cit..
  5. Victor Maurice Charles Prince of Hohenlohe-Waldenburg-Schillingsfürst, également Prince de Corvey; frère cadet de Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst, qui devient chancellier et qui fait attribuer ç sa famille le duché. la moitié de l'État reste demeure au Prince de Pless mais le reste est en possession des Hohenlohe.
  6. Koch, p. 99, 105,109.
  7. Daisy, Princess de Pless, Better Left Unsaid, p.177
  8. Les conférences sur la guerre sous-marine de août 1916 et janvier 1917 ainsi que lors de la conférence d'octobre 1917, furent des invitations générales pour discuter les termes de la paix et inviter une délégation polonaise pour envisager un règlement du cas de la Pologne. Daisy, Princess de Pless, 420-2; Koch, p.  240; Heinz Lemke, Allianz und Rivaltät, die Mittelmächte und Polen im ersten Weltkrieg (Bis zur Februarrevolution) Vienna (1977), pp. 142, 357; Brunauer, op. cit., p.  55l, 553f., 568. la princesse Daisy écrit que le Prince Hans décline au nom de ses fils, qui n'étaient pas en âge de le faire ; les autres Hochberg n'ont pas confirmé cette offre que Koch considère comme plausible : Alexandre, le second fils du prince, devient citoyen polonais après guerre et très populaire en Pologne.
  9. Koch, p.279

BibliographieModifier

 
Le château de Pless.