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Duché de Teschen
(pl) Księstwo Cieszyńskie

12901918

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
Les duchés silésiens avec Teschen (jaune) en 1309/1311, avant la séparation d'Oświęcim.
Informations générales
Statut Duché silésien
- pays de la Flag of the lands of the Bohemian Crown.svg couronne de Bohême (à partir de 1348)
- partie de la Flag of Czech Silesia.svg Silésie autrichienne (à partir de 1742)
Capitale Cieszyn
Histoire et événements
1290 Partition du duché de Racibórz
1315 Séparation du duché d'Oświęcim
1327 Vassal du royaume de Bohême
1653 Cession à la couronne de Bohême
Duc de Cieszyn
1290–1315 Mieszko Ier
1617–1625 Frédéric Guillaume
1625–1653 Elisabeth Lucrèce
1722–1729 Léopold Ier de Lorraine
1895–1918 Frédéric de Habsbourg-Lorraine

Entités précédentes :

Le duché de Cieszyn (en polonais : Księstwo Cieszyńskie), plus connu comme duché de Teschen (en allemand : Herzogtum Teschen) ou duché de Těšín (en tchèque : Těšínské knížectví, en latin : Ducatus Tessinensis), fut un duché vassal silésien, ayant pour centre la cité de Cieszyn (Teschen) en Haute-Silésie.

Lors de la partition féodale du royaume de Pologne au Moyen-Âge tardif, il est séparé au duché de Racibórz en 1290 et régi par des ducs de Silésie issu de la dynastie Piast jusqu'en 1653[1]. Le territoire du duché de Cieszyn comprend initialement une partie de l'ancienne Petite-Pologne, la région située à l'est du fleuve Biała, affluent de la rive droite de la Vistule, dont se sépare en 1315 le duché d'Oświęcim, pendant que le reste du duché devient un fief du royaume de Bohême en 1327. Lorsque, en 1653, la ligne des ducs de Cieszyn s'éteignit, leur territoire par le droit de déshérence reviennent aux couronne de Bohême, à cette époque une partie de la monarchie de Habsbourg.

Après que l'essentiel de la Silésie ait été conquis par le roi Frédéric II de Prusse et annexé au royaume de Prusse en 1742, Cieszyn/Teschen avec le duché de Troppau, le duché de Jägerndorf et le duché de Neisse demeurent dans le cadre de la Silésie autrichienne. Le titre ducal est porté par des archiducs autrichiens liés à la maison de Habsbourg jusqu'en 1918.

Sommaire

HistoriqueModifier

 
Carte de Silésie après la première division en 1172/73, le duché de Racibórz en jaune.

Le duché se partage l'histoire de la région de Cieszyn mais aussi celle de la Silésie en général. Il s'étend sur les domaines dans l'extrême sud-est du duché de Silésie médiéval, établi lors de la partition de la Pologne après la mort de Boleslas III Bouche-Torse en 1138. Vers l'an 1173, les fils du duc silésien défunt, Ladislas II le Banni, avaient divisé leur héritage, c'est ainsi que la région sudest autour de Cieszyn et Racibórz était attribuée à le fils cadet Mieszko Ier Jambes Mêlées qui devenait le premier « duc de Racibórz ». La plus grande partie de Silésie autour de la résidence de Wrocław revint à son frère aîné Boleslas Ier le Long.

Décision qui ressemble à une compensation, Mieszko en 1177 reçoit la seigneurie sur les territoires de la Petite-Pologne autour de Bytom, d'Oświęcim, de Zator, de Siewierz (Sievers) et de Pszczyna (Pless) des mains du duc Casimir II le Juste. Par ailleurs, Mieszko occupe en 1202, peu après le décès de son frère Boleslas, le duché voisin d'Opole, formant une entité unique en Haute-Silésie, le duché-uni d'Opole et de Racibórz. Après la mort du petit-fils de Mieszko, le duc ladislas en 1281, la Haute-Silésie est de nouveau divisée entre ses quatre fils et l'ainé, Mieszko, devient le premier « duc de Cieszyn » en 1290.

Le duché PiastModifier

 
Tour du château des Piast à Cieszyn, siège de l'ancienne résidence des ducs.

Dans le conflit des Piast, Mieszko, régnant dans les domaines de Cieszyn et Oświęcim sur la route de Cracovie, se rapprocha au royaume de Bohême : il a rendu hommage au roi Venceslas II et a participé aux batailles contre son cousin Ladislas Ier de Pologne. En 1305, sa fille Viola Élizabeth épouse le fils du roi, Venceslas III, qui est victime d'un attentat un an plus tard. Après la mort de Mieszko en 1315, son fils aîné Ladislas prend les territoires situés à l'est de la Biała et y établit le duché d'Oświęcim. Le plus jeune des fils Casimir Ier conserve la partie occidentale autour de la résidence à Cieszyn.

En , Casimir, en compagnie de Boleslas II d'Opole et Ladislas de Bytom, se rendit à Opava où il fait l'hommage lige au roi de Bohême, Jean de Luxembourg. À partir de cette époque, Cieszyn devient un fief autonome du royaume de Bohême. Plus tard, en 1335, le roi Casimir III de Pologne renonçait explicitement au duchés silésiens, qui deviennent des pays de la « couronne de Bohême »[2]. En 1337, Casimir pouvait acheter de Ladislas de Bytom le duché de Siewierz. Son fils, Przemysław Ier Noszak, diplomate et négociateur de grand talent, a été un acteur actif et influent à la cour de l'empereur Charles IV et du roi Venceslas. En 1369, il acquiert d'autres domaines en dehors du duché de Teschen lui-même, par exemple la moitié de Głogów en Basse-Silésie ou plusieurs parties du duché de Bytom avec Toszek et Pyskowice.

Après la mort du duc Boleslas Ier, fils de Przemysław Ier, en 1431, le gouvernement du duché revient conjointement à sa veuve Euphémia de Mazovie et à leurs quatre fils mineurs : Venceslas Ier, Ladislas, Przemysław II et Boleslas II[3]. En 1442 le duché est divisé entre les fils qui sont officiellement corégents de Teschen. Un an plus tard, Venceslas vendit le duché de Siewierz à Zbigniew Oleśnicki, l'évêque de Cracovie. Le pouvoir réel sur Teschen passe à Przemyslas II, un fidèle soutien au roi Georges de Poděbrady mais aussi au Mathias Corvin, qui après la mort de son frère Boleslas II en 1452 règne seul. Son neveu Casimir II lui succédera à son décès en 1477 ; en 1480, il pouvait acquérir la seigneurie de Pszczyna de son beau-père, le roi Victor de Poděbrady.

 
Page de garde de la constitution du duché de Teschen (imprimée en tchèque), par ordre du duc Venceslas III Adam en 1573.

Après cette période le duc Venceslas III Adam de Cieszyn, grand-fils de Casimir II, règne à partir de 1528 pendant cinquante ans, au début placé sous tutelle de sa mère Anne, une fille du margrave Frédéric II de Brandebourg-Ansbach. Durant son règne, le duché passe au protestantisme selon la formule cuius regio, eius religio ; néanmoins, son fils et successeur Adam Venceslas revient au catholicisme en 1609 et promut la Contre-Réforme en période de tensions politiques et religieuses croissantes dans les pays de Bohême. En 1572, la seigneurie de Bielsko (Bielitz) est séparée de Teschen.

La ligne masculine des ducs s'éteignit avec la mort de Frédéric Guillaume de Cieszyn en 1625 au cœur de la guerre de Trente Ans ; le règne des Piast silésiens sur Teschen se poursuit jusqu'en 1653 et se clôt à la mort de sa sœur, la dernière duchesse Elizabeth Lucretia. Ensuite, malgré les protestations de son mari Gundakar de Liechtenstein, le duché revient en déshérence directement à la couronne de Bohême[4], c'est-à-dire, à l'époque depuis 1526, à l'empereur de la maison de Habsbourg, Ferdinand III, et à son fils Ferdinand IV.

Règne des HabsbourgModifier

Les empereurs de la maison de Habsbourg qui règnent sur Teschen à partir de 1653 ont continué avec la Contre-Réforme. En 1722 l'empereur Charles VI offre le duché au duc Léopold de Lorraine, en compensation de droits de sa grand-mère maternelle, Éléonore de Gonzague-Nevers, sur les duchés de Mantoue et de Montferrat en Italie. Le prédécesseur de Charles, l'empereur Joseph Ier s'était emparé[Quoi ?] pour saisir Mantua comme fief vacant et céder Montferrat au duc Victor-Amédée II de Savoie en 1708, en contrepartie de leur pacte d'alliance dans la guerre de Succession d'Espagne.

Le fils de Léopold, François III de Lorraine a été éduqué à la cour des Habsbourg à Vienne et devient le gendre et successeur de l'empereur Charles VI, époux de Marie-Thérèse d'Autriche. Bien que la majeure partie de la Silésie soit annexée par le royaume de Prusse à la suite de guerres de Silésie, confirmé par le traité de Hubertsbourg en 1763, Teschen reste sous le contrôle des Habsbourg et est intégré dans les pays restants de la Silésie autrichienne. Après la mort de François, l'impératrice Marie-Thérèse donne le duché de Teschen en dot à l'aînée de ses filles survivantes, Marie Christine au moment de son mariage avec le prince Albert Casimir de Saxe en 1766 ; ils deviennent conjointement ducs de Saxe-Teschen. Quelques années plus tard, ils gouvernent les Pays-Bas autrichiens et se consacrèrent à l'élaboration de la collectionLes collections de peintures de l'Albertina à Vienne.

Avec la Silésie autrichienne, le territoire de Teschen est intégré à l'Empire d'Autriche en 1804 et aux pays autrichiens de la « Cisleithanie » en Autriche-Hongrie à partir de 1867. Albert et Marie Christine sont sans enfant, et à la mort d'Albert, veuf en 1822, le duché passe à leur neveu et fils adoptif l’archiduc Charles-Louis d'Autriche, vainqueur de la bataille d'Essling en 1809, qui devient « duc de Teschen ». Frère cadet de l'empereur autrichien François Ier, il fonde la lignée de Teschen de la maison d'Habsbourg-Lorraine. En 1847, le titre passe ensuite à son fils aîné Albert Frédéric, Feldmarschall de l'armée autrichienne dans la Bataille de Custoza (1866). À sa mort, en 1895, Teschen passa au neveu de ce dernier, Frédéric Marie, Feldmarschall et commandant au service d'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre mondiale.

 
Carte du duché de Teschen (1893).

Dès la deuxième moitié du XIXe siècle, l'économie de la région de Teschen, correspandant au districts de Bielitz, de Freistadt, de Friedeck et Teschen avec les villes statuaires de Teschen (Cieszyn) et Friedeck (Frýdek), se développe en particulier dans les secteurs des charbonnages et des usines sidérurgiques. À la fin de la Première Guerre mondiale les Habsbourg ont été expropriés et le duché disparaît avec la dissolution de l'Autriche-Hongrie. Après un conflit frontalier en 1919, le territoire est partagé le long de la rivière Olza entre la Deuxième République de Pologne et la République tchécoslovaque. Frédéric de Teschen est mort en exil à Magyaróvár au royaume de Hongrie en 1935, la ligne masculine s'éteignit avec le décès de son fils Albert François en 1955.

Ducs de TeschenModifier

Dynastie PiastModifier

Maison de HabsbourgModifier

Notes et référencesModifier

  1. Panic 2002, 6.
  2. Panic 2002, 7.
  3. Panic 2002, 16.
  4. Žáček 2004, 175.

SourcesModifier

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Duchy of Teschen » (voir la liste des auteurs), édition du 8 juillet 2014.
  • (de) Europaïsche Stammtafeln Vittorio Klostermann, Gmbh, Francfort-sur-le-Main, 2004 (ISBN 3465032926), Die Herzoge von Auschwitz †1495/97, von Zator †1513 und von Tost †1464 sowie die Herzoge von Teschen 1315-1625 resp. 1653 des Stammes der Piasten Volume III Tafel 16.
  • (en) & (de) Peter Truhart, Regents of Nations, K. G Saur Münich, 1984-1988 (ISBN 359810491X), Art. « Teschen (Pol. Cieszyn) », p.  2.455.

BibliographieModifier

  • (de) Gottlieb Biermann, (1894). Geschichte des Herzogthums Teschen (2e edition ed.). Teschen: Verlag und Hofbuchhandlung Karl Prochaska. OCLC 34926439.
  • (pl) Krzysztof Nowak, (2008). Polskość i ruch narodowy. In Krzysztof Nowak. « Pierwsza Niepodległość ». Cieszyn: Urząd Miejski Cieszyn. p. 7–17. (ISBN 978-83-89835-40-6).
  • (pl) Idzi Panic, (2002). Poczet Piastów i Piastówien cieszyńskich). Cieszyn: Urząd Miejski. (ISBN 83-917095-4-X).
  • (cs) Rudolf Žáček, (2004). Dějiny Slezska v datech. Praha: Libri. (ISBN 80-7277-172-8).