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Danois sang-chaud

race de chevaux
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Danois sang-chaud
Bang Larsen et Fitou L, un cheval Danois sang-chaud, sur une compétition de dressage.
Bang Larsen et Fitou L, un cheval Danois sang-chaud, sur une compétition de dressage.
Région d’origine
Région Drapeau du Danemark Danemark
Caractéristiques
Morphologie Cheval de sport
Taille 1,60 à 1,73 m en moyenne
Robe Généralement bai
Tête Expressive, profil rectiligne
Caractère Doux, équilibré, courageux et vif
Autre
Utilisation Saut d'obstacles, dressage, complet

Le Danois sang-chaud (danois : Dansk Varmblod) est une race danoise de chevaux de sport. Son stud-book a été créé assez tardivement, en 1962, d'abord sous le nom de « cheval de sport danois », à partir de croisements entre des Oldenbourg, des Frederiksborg, des Holsteiner et des Pur-sangs. Cheval athlétique, sélectionné pour les sports équestres de haut niveau, il se fait d'abord connaître grâce à ses performances en dressage, notamment sous la selle de Anne Grethe Jensen-Törnblad en 1983, puis sous celle d'Andreas Helgstrand depuis 2006. Il est également représenté en saut d'obstacles et en concours complet d'équitation. Les tests d'approbation pour les reproducteurs sont très exigeants. Le Danois sang-chaud est proche du Selle suédois, avec lequel il partage ses capacités sportives et de nombreux ancêtres communs. Par ailleurs, le stud-book danois autorise de très larges croisements, si bien que les trois quarts des chevaux sont issus de reproducteurs appartenant à d'autres stud-books. Numériquement assez peu nombreuse, la race est exportée dans le monde entier. Elle entre aussi dans la formation du cheval letton.

HistoireModifier

Le Danois sang-chaud est une race jeune, son registre d'élevage ayant été établi au Danemark en 1962[1],[2] sous le nom de « cheval de sport danois[3],[4] », avec une base de 150 juments, dont seules 22 sont nées au Danemark, généralement d'ascendance Oldenbourg[5]. Il ne s'agit donc pas d'une race naturelle, mais d'une race « synthétique[6] ». Le stud-book est publié pour la première fois en 1964[5].

Le Danois sang-chaud naît de la volonté des éleveurs danois de produire un cheval de sport local, apte aux compétitions de haut niveau[4],[7]. Le cheptel est à l'origine issu du Frederiksborg et de l'Holsteiner[8], le Holstein étant une possession danoise jusqu'en 1864[7],[9]. Ces chevaux ont été croisés avec des Pur-sangs[8],[9]. Dans un second temps, la race a bénéficié d'apports de sang de Trakehner, de Wielkopolski, de Malopolski, de Selle français, et de nouveau de Pur-sang[4],[7],[9],[10].

La marque au fer qui sert aussi de symbole à la race, représentant une couronne au-dessus d'une vague, est dessinée par I. C. Christensen en 1963[5]. Elle rappelle la monarchie et la côte danoise[10]. L'association nationale du Danois sang-chaud est créée et définitivement nommée Dansk Varmblod (en français, « Danois sang-chaud ») en 1980, les tests d'aptitude étant mis en place deux ans plus tard[5]. Contrairement à de nombreuses races et stud-books de chevaux de sport européens, le Danois sang-chaud a la particularité de ne pas avoir été croisé (du moins dans un premier temps) avec l'Hanovrien, ce qui lui donne un physique et un caractère bien distincts[7],[8],[9].

Depuis 1999, les données du stud-book sont disponibles en ligne[5]. La race fait l'objet de plusieurs plans d'élevage : un de 1999 à 2004 qui se concentre sur les capacités en dressage dans le cadre d'une concurrence internationale accrue[11], un autre en 2012 qui définit les objectifs recherchés également à l'obstacle et souligne l'importance de la génétique issue des races à sang-chaud (Arabe shagya, Pur-sang…)[12], un enfin applicable de 2012 à 2020, qui a pour objectif d'assurer l'avenir de l'équitation sportive, de gérer la concurrence avec le stud-book KWPN et de sélectionner un bon tempérament, entre autres[13]. Le marquage au fer a été interdit en 2010[5].

DescriptionModifier

 
Danois sang-chaud bai dans son paddock.

C'est un cheval fort et athlétique[10], solide avec une excellente conformation[9]. Sa taille est en moyenne comprise entre 1,60 et 1,73 m (entre 16,2 et 17 mains)[1],[10],[4], plus généralement entre 1,65 m et 1,70 m[14]. Sa tête est expressive avec un profil rectiligne, très rarement camus, de grands yeux intelligents, des oreilles en pointe de taille moyenne voire assez longue, les joues sèches et des naseaux de bonne dimension[4],[7],[9]. L'encolure est longue et mince, offrant une bonne longueur de rênes[4],[9]. Le garrot est bien sorti[4]. Les épaules sont longues, obliques et bien bâties[4],[9]. La croupe est arrondie et légèrement oblique[4]. Le thorax est ample et profond[4]. Les jambes sont puissantes, solides et élancées[4],[9]. Les articulations sont larges et plates[9]. Les pieds sont bien formés et proportionnés[4],[7].

Toutes les robes simples sont présentes chez la race[10]. La robe la plus courante est le bai[4],[7]. Les marques sur la tête et les membres sont fréquentes[4],[7]. C'est un cheval au tempérament doux et équilibré, courageux et de bonne volonté mais également vif[4],[9]. L'association de race le recherche sociable et coopératif, doté de bonnes capacités d'apprentissage[14]. Ses allures sont équilibrées, élastiques et légères[4]. Son action libre est très appréciée[9].

DigestionModifier

Pour les besoins d'une étude sur la digestibilité de différents fourrages et de concentrés à base de pulpe de betterave sucrière et d'avoine noire, quatre chevaux Danois sang-chaud ont été comparés à quatre Islandais. Les résultats suggèrent que le cheval islandais présente une meilleure digestibilité des fibres diététiques que le Danois, et que cela serait causé par la concentration plus élevée de cellulose, mais d'autres études sont nécessaires[15].

SélectionModifier

 
Un Danois sang-chaud dans une compétition officielle de dressage.

L'élevage est très sélectif, les tests d'approbation pour les reproducteurs étant particulièrement exigeants[1]. Les chevaux sont examinés sur leur conformation, mais aussi leurs performances à l'obstacle et en dressage, leurs allures, leur comportement, leur santé et leur fertilité[16]. En fonction de l'objectif de sélection (dressage ou obstacle), des qualités différentes sont recherchées : chez les chevaux de dressage, l'action du genou et du jarret est examinée, tandis que chez les chevaux d'obstacle, l'accent est mis sur le coup de saut, la qualité du galop et l'équilibre général[14]. Les étalons doivent présenter une bonne fertilité, et être exempt de tares héréditaires[14]. La sélection s'effectue exclusivement sur performances. L'acceptation des chevaux candidats à la reproduction n'est pas limitée par la race ou le stud-book auxquels ils appartiennent, les Hanovriens, Trakehners[6], Holsteiner et Selle suédois sont par exemple acceptés en croisement, de même que le Pur-sang[17]. Une étude a été réalisée pour analyser la proximité génétique avec le Selle suédois, sur 349 étalons danois et 426 étalons suédois. 151 ancêtres étaient communs aux deux races, ce qui démontre une nette proximité, de même qu'en valeur d'élevage. Les performances sportives des deux races sont très similaires, ce qui motive l'établissement d'indices de valeur d'élevage valables dans les deux pays[18]. Par ailleurs, l'utilisation de croisements étrangers est très répandue : en 2002, 74 % des juments de la race danoise ont été saillies par des étalons appartenant à un autre stud-book de cheval de sport[16].

UtilisationsModifier

 
Danois sang-chaud exécutant un changement de pied lors d'une compétition officielle.

Le Danois sang-chaud est un cheval de sport[1]. Il est donc utilisé dans toutes les disciplines équestres sportives[4], en particulier le saut d'obstacles et le dressage[6], qui sont les deux objectifs sportifs privilégiés par l'association nationale de la race[16]. Les meilleurs sujets sont destinés au sport de haut niveau, mais même les moins disposés font de très bon chevaux de sport polyvalents[7]. Le Danois sang-chaud est particulièrement performant dans les disciplines du dressage et du concours complet[9],[10], ainsi qu'en saut d'obstacles[7], discipline pour laquelle le stud-book danois organise une sélection spécifique[19]. La race s'est fait connaître en dressage notamment grâce à ses excellentes performances durant l'année 1983, où Anne Grethe Jensen-Törnblad et sa monture Marzog remportent le championnat d'Europe de dressage. L'équipe nationale danoise obtient par ailleurs une médaille d'argent. Cet événement propulse le Danemark au rang de second pays producteur des meilleurs chevaux de dressage[5]. Les bonnes performances se renouvellent. En 2000, l'étalon Lando DH 430 décroche l'argent aux jeux olympiques de Sydney en saut d'obstacles. En 2006, la jument Blue Hors Matiné montée par Andreas Helgstrand décroche la médaille d'argent aux championnats du monde de dressage, à Aachen. C'est également un Danois sang-chaud qui décroche le championnat du monde des jeunes chevaux à Verden en 2008, et l'argent au championnat du monde des 6 ans en 2009. En 2010, Andreas Helgstrand est médaille d'or avec Uno Donna Unique aux Championnats du monde des 6 ans[5]. En 2014, une nouvelle médaille d'or est décrochée par l'étalon Sezuan au championnat du monde des 5 ans, un exploit réitéré l'année suivante à celui des 6 ans[5].

En Lettonie, le Danois sang-chaud entre en croisement dans la formation du cheval letton afin d'améliorer cette race[20].

Diffusion de l'élevageModifier

L'étude de l'université d'Uppsala (2010) considère le Danois sang-chaud comme une race à diffusion internationale et transfrontière[21], exportée dans le monde entier, notamment aux États-Unis, en Australie[1],[22] et en Lettonie[20]. Cheval de haut niveau, on le retrouve dans les équipes nationales de dressage de l'Italie, de l'Allemagne, de la Finlande, de la Norvège et de l'Australie[1]. Dans son pays d'origine, il existe peu de données fiables sur les effectifs de la race, ceux-ci étant situés entre 1 000 et 10 000 têtes, d'après la FAO[23]. En 2001, l'association de race a déclaré avoir enregistré 2 228 naissances de poulains, pour 102 étalons reproducteurs actifs en 2002. Cela en fait une race de sport numériquement peu nombreuse[16].

Dans la cultureModifier

Cette race est citée dans Le Corps immense du président Mao, un roman de Patrick Grainville, parmi d'autres races de chevaux issues de différents pays du monde, qui défilent sur la plage de Shenzhen, dans un étalage de richesses et de luxe[24].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f Hendricks 2007, p. 150-151.
  2. Porter 2002, p. 175.
  3. Edwards 2006, p. 74.
  4. a b c d e f g h i j k l m n o p et q Soldi 2009, p. 92.
  5. a b c d e f g h et i (da) « Hvad er Dansk Varmblod », http://varmblod.dk (consulté le 18 mai 2016).
  6. a b et c Porter et al. 2016, p. 459.
  7. a b c d e f g h i et j Fitzpatrick 2008, p. 113-114.
  8. a b et c (en) Horse Breeds, Voyageur Press, (ISBN 1616731664 et 9781616731663, lire en ligne), p. 140.
  9. a b c d e f g h i j k l et m Edwards 2005, p. 114-115.
  10. a b c d e et f (en) Moira C. Reeve et Sharon Biggs (ill. Bob Langrish), The Original Horse Bible: The Definitive Source for All Things Horse : The Definitive Source for All Things Horse, New York, BowTie Inc., , 481  p. (ISBN 1-937049-25-6, OCLC 772844664, lire en ligne), p. 78 .
  11. (da) « Strategi for udvikling af Dansk Varmblods Avlsplan mor år 2004 », Dansk Varmblod, (consulté le 25 juin 2016).
  12. (da) « Dansk Varmblods Avlsplan mor år 2012 », Dansk Varmblod (consulté le 25 juin 2016).
  13. (da) « Avlsplan 2020 », Dansk Varmblod (consulté le 25 juin 2016).
  14. a b c et d (da) « Dansk Varmblods Avlsmål », http://varmblod.dk (consulté le 25 juin 2016).
  15. (en) Rasmus Bovbjerg Jensen, Christine Brokner, Knud Erik Bach Knudsen et Anne-Helene Tauson, « A comparative study of the apparent total tract digestibility of carbohydrates in Icelandic and Danish warmblood horses fed two different haylages and a concentrate consisting of sugar beet pulp and black oats », Archives of Animal Nutrition, vol. 64,‎ , p. 343–356 (ISSN 1745-039X, PMID 21114231, DOI 10.1080/1745039X.2010.504606, lire en ligne, consulté le 15 juin 2016).
  16. a b c et d (en) E. P. C Koenen, L. I Aldridge et J Philipsson, « An overview of breeding objectives for warmblood sport horses », Livestock Production Science, vol. 88,‎ , p. 77–84 (DOI 10.1016/j.livprodsci.2003.10.011, lire en ligne, consulté le 16 juin 2016).
  17. Porter et al. 2016, p. 460.
  18. (en) E. Thorén Hellsten, H. Jorjani et J. Philipsson, « Genetic correlations between similar traits in the Danish and Swedish Warmblood sport horse populations », Livestock Science, vol. 124,‎ , p. 15–20 (ISSN 1871-1413, DOI 10.1016/j.livsci.2008.11.021, lire en ligne, consulté le 16 juin 2016).
  19. (da) « Dansk Varmblods Springhesteprogram », http://varmblod.dk/ (consulté le 11 juin 2016).
  20. a et b (en) « Danish Warmblood/Latvia », DAD-IS (consulté le 18 mai 2016).
  21. (en) Rupak Khadka, « Global Horse Population with respect to Breeds and Risk Status », Uppsala, Faculty of Veterinary Medicine and Animal Science - Department of Animal Breeding and Genetics, , p. 32 ; 63.
  22. (en) « Danish Warmblood/Australia », DAD-IS (consulté le 18 mai 2016).
  23. (en) « Dansk Varmblod/Denmark », DAD-IS (consulté le 18 mai 2016).
  24. Patrick Grainville, Le Corps immense du président Mao, Seuil, coll. « Cadre rouge », 334 p. (ISBN 2021056708 et 9782021056709, lire en ligne), p. 33.

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

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