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Daniel Barenboim

pianiste et chef d'orchestre argentino-israélien
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Daniel Barenboim
Description de cette image, également commentée ci-après
Daniel Barenboim en 2005.

Naissance (76 ans)
Buenos Aires (Drapeau de l'Argentine Argentine)
Activité principale Pianiste et chef d'orchestre
Maîtres Enrique Barenboïm (père), Edwin Fischer, Igor Markevitch et Nadia Boulanger
Conjoint Jacqueline du Pré puis Elena Bashkirova
Récompenses Prix Ernst-von-Siemens, prix Herbert von Karajan et médaille Buber-Rosenzweig

Daniel Barenboim (né le à Buenos Aires) est un pianiste et chef d'orchestre argentin et israélien. En 2002, il acquiert la nationalité espagnole et, depuis janvier 2008, il est également porteur d'un passeport palestinien[1],[2].

Il fut l'époux et partenaire musical de la violoncelliste britannique Jacqueline du Pré.

Sommaire

BiographieModifier

OriginesModifier

Sa famille paternelle est originaire d'Ukraine. Son arrière-grand-père naquit dans la localité juive de Savran au sud-ouest d'Odessa, dans la province de Podolie.

Ses grands-parents maternels, Rose Rein et Abraham Schuster, se rencontrèrent en 1904 sur un bateau d'émigrants qui fuyaient la Zone de résidence où ils demeuraient suite à l'assassinat du tsar Alexandre II et qui voguaient vers l'Amérique du Sud. Sa mère, Aida Schuster, est née en 1912 en Argentine. Rose Rein séjourna en 1929 pendant six mois en Palestine avec ses deux filles, Rachel et Aida; Rachel s'y installa et intégra le yichouv, la communauté juive fondatrice de l'État d'Israël en 1948[3].

Son père, Enrique Barenboïm, est né le 17 mars 1912 à Buenos Aires. Il est le second fils de Dora Fischman et Miguel Barenboïm. Celui-ci, horloger-joaillier, mourut quand Daniel avait cinq ans[3].

Barenboïm est la forme yiddish de l'allemand Birnbaum "poirier"[4].

JeunesseModifier

Daniel Moise Barenboïm, enfant unique de Enrique Barenboïm et Aida Schuster, naquit le 15 novembre 1942 à Buenos Aires.

Enfant prodige, il donne son premier concert comme pianiste à Buenos Aires à l'âge de sept ans. Son père est alors et restera longtemps son professeur de piano. Ses deux parents sont alors professeurs de piano, sa mère initiant les jeunes enfants à la technique du clavier. C'est elle qui lui donna ses premières leçons avant que son père prenne le relais[3].

Au début des années cinquante, il donne ses premiers concerts au cours desquels le chef d'orchestre Igor Markevitch le remarque et l'invite au cours de direction d'orchestre qu'il donne au Mozarteum de Salzbourg pendant l'été 1952. Il y assiste aussi comme auditeur libre au cours du pianiste Edwin Fisher pour qui il nourrit une profonde admiration[3].

En 1952, il s'installe en Israël avec ses parents[4]. Il y prend des leçons d'harmonie avec le compositeur israélien Paul Ben-Haim et y donne quelques récitals.

Premiers succèsModifier

Très tôt, en Argentine d'abord, puis au cours de nombreux voyages, il a l'occasion de rencontrer Arthur Rubinstein et Adolf Busch, Wilhelm Furtwängler, Edwin Fischer et beaucoup d'autres grands musiciens. Il se perfectionne au piano avec Edwin Fischer et à la direction d'orchestre avec Igor Markevitch puis, en 1955, avec Nadia Boulanger, dans la classe de qui, à Paris, il étudie la composition et l'harmonie.

En 1954, Wilhem Furtwängler demande à l'entendre alors qu'il est le plus jeune élève du cours de direction d'orchestre de Markevitch à Salzbourg. Il lui propose des concerts avec l'Orchestre philharmonique de Berlin que son père refusa courtoisement, jugeant le moment prématuré sur le plan moral et diplomatique, Israël et l'Allemagne fédérale n'ayant notamment pas encore noué de relations diplomatiques[3].

De 1955 à 1957, pour son premier concert à Paris avec l'Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire, Daniel Barenboïm joue le Concerto K. 271 de Mozart sous la direction d'André Cluytens. Pendant cette période, Arthur Rubinstein l'invite à jouer devant lui-même et ses invités dans sa résidence parisienne[3].

Le 20 janvier 1957, pour son premier concert à Carnegie Hall, il joue le Concerto no 1 de Prokofiev, œuvre quasi inconnue, sous la direction de Leopold Stokowski, accompagné par des membres du United Nations Symphony Orchestra. Grâce à l'entremise de l'imprésario américain Sol Hurok à qui il fut recommandé par Arthur Rubinstein, il commence à donner des concerts régulièrement aux États-Unis. Dès la première année, il joue le Concerto en sol mineur de Felix Mendelssohn sous la direction de Dimitri Mitropoulos avec des membres du Orchestre philharmonique de New York[3].

Après une tournée de quatre mois en Australie en 1958, il termine ses études secondaires et passe son bagrout. Pendant l'été 1959, il joue l'intégrale des sonates de Beethoven, en huit récitals successifs, à Tel Aviv. À cette occasion, il se lie avec le pianiste Sir Clifford Curzon qui était venu l'écouter. Au printemps 1960, il retourne pour la première fois avec son père en Amérique du Sud. En 1962, il est invité à jouer sous la direction de sir John Barbirolli, qui était aussi violoncelliste, avec l'Orchestre Hallé[3].

Les années londoniennesModifier

Il part s'installer à Londres, centre européen de la musique à l'époque.

Invité par le RIAS, l'Orchestre de la radio du secteur américain de Berlin, il est remarqué par Wolfgang Stresemann, l'intendant incontesté de l'Orchestre philharmonique de Berlin qui lui propose deux engagements pour 1964.Il y travaille pour la première fois avec Pierre Boulez qui l'accompagne dans le Concerto no 1 de Béla Bartók. Leur collaboration et leur amitié ne cessera dès lors jamais jusqu'à la mort du compositeur en 2016. La même année, il dirige l'English Chamber Orchestra avec lequel il fait ses premières armes de chef d'orchestre et l'accompagne en tournée en Europe. Il en est nommé chef en 1965 et enregistre, en dirigeant du piano, l'intégrale des concertos de Mozart, une intégrale que certains critiques considèrent aujourd'hui encore comme la plus belle jamais gravée. À cette période, Barenboïm est un merveilleux mozartien, tant au piano qu'à la baguette, et il mêle à un élan juvénile une profondeur extraordinaire des mouvements lents sans doute en partie acquise auprès d'Otto Klemperer. Sa collaboration entre l'English Chamber Orchestra durera jusqu'en 1973. Ils se produisent ensemble dans le monde entier durant cette période[3].

C'est la période heureuse, celle de son amour pour la violoncelliste britannique Jacqueline du Pré, qu'il rencontre le soir du nouvel an 1966 chez la fille de Yehudi Menuhin et avec qui il se marie en 1967 à Jérusalem pendant la guerre des Six Jours. La période aussi où il pratique assidûment la musique de chambre avec elle et ses amis les violonistes Pinchas Zukerman et Itzhak Perlman et d'autres comme Isaac Stern ou Gervase de Peyer. De nombreux disques sont gravés, en particulier de Beethoven. Un DVD garde pour la postérité une interprétation exceptionnelle du quintette « La Truite » de Schubert avec le chef d'origine indienne Zubin Mehta à la contrebasse. Daniel et Jacqueline donnent des concerts sans discontinuer, ensemble ou séparément pendant deux saisons, elle jouant souvent sous sa direction. Ce sont de véritables stars adulés dans le monde entier[3].

Leur bonheur est de courte durée : Jacqueline est atteinte de sclérose en plaques, les premiers symptômes apparaissent dès 1969 et elle doit arrêter sa carrière en 1972, alors que la maladie vient s'être formellement diagnostiquée. Elle meurt le 19 octobre1987, elle est inhumée au cimetière juif de Londres. De 1972 à 1987, Daniel Barenboïm ne cesse pas de s'occuper de son épouse, veillant à ce qu'elle vive le plus confortablement possible. Il sera présent lors de ses derniers moments[3].

Au début des années 1960, il joue avec le vieux maître Otto Klemperer et enregistre avec lui ses premiers disques pour EMI : le 25e concerto de Mozart en 1967 et l'intégrale des concertos de Beethoven avec le New Philarmonia Orchestra, qu'il enregistrera à nouveau comme chef avec Arthur Rubinstein et le Orchestre philharmonique de Londres, puis avec l'Orchestre philharmonique de Berlin[3]. À cette même époque, il se lie avec le chef indien Zubin Mehta avec qui il a travaillé tout au long de sa carrière et dont il demeure très proche[3].

En 1969, Barenboïm accompagne Dietrich Fischer-Dieskau pour le Winterreise de Schubert. C'est le début d'une longue collaboration et d'une amitié profonde. L'année suivante, il dirige pour la première fois le Chicago Symphony Orchestra avec lequel il avait joué auparavant comme soliste; les solistes sont Jacqueline du Pré et Pichas Zukerman. À partir de 1970, il dirige à Chicago six semaines par an cette formation exceptionnelle[3].

ParisModifier

De 1975 à 1989, Daniel Barenboïm est directeur musical de l'Orchestre de Paris, jeune formation constituée six ans auparavant, où il crée un Chœur symphonique qu'il confie à Arthur Oldham. Il n'a que trente-trois ans quand il prend cette direction d'orchestre. Il commence à y diriger des œuvres de Boulez qu'il invite chaque saison pendant sa direction[3].

En 1979, il dirige pour la première fois le Deutsche Oper am Rhein à Berlin, puis, en 1980, il joue ses premiers concerts en tant que soliste avec le Orchestre philharmonique de Munich sous la direction de Sergiu Celibidache avec lequel il collabore plusieurs années[3]. 1981 marque ses débuts au Festival de Bayreuth. Il y retournera chaque été jusqu'en 1999 et y dirigera 161 représentations d'opéras de Richard Wagner, dont Parsifal en 1987, le L'Anneau du Nibelung dans une production de Harry Kupfer de 1988 à 1992, pour la première fois Les maîtres Chanteurs de Nuremberg mis en scène par Wolfgang Wagner en 1996. Il redirige le Ring en 1994[3].

Il enregistre alors de 1979 à 1982 pour la firme Deutsche Grammophon un cycle Hector Berlioz. Après un passage éclair comme directeur artistique et musical au tout nouvel Opéra Bastille, où Pierre Bergé le limoge six mois avant le démarrage du nouvel opéra en raison d'un conflit de pouvoir[5],

Au cours des dernières années de la vie de Jacqueline du Pré, Daniel Barenboïm est installé à Paris avec la pianiste russe Elena Bashkirova, la fille du pédagogue et pianiste Dimitri Bashkirov, qu'il épouse en 1988 à Paris. Ils ont ensemble deux enfants, David Arthur, né en 1983, et Michael, né en 1986. Ce dernier dirige le Pierre-Boulez Ensemble, un orchestre de musique de chambre, et est premier violon du West-Eastern Divan Orchestra. Arthur est rappeur et producteur du groupe de hip-hop Solarrio[3].

Une carrière internationale et humanisteModifier

La carrière de Barenboim semble marquée par une sorte de boulimie inextinguible de concerts, d'enregistrements et de projets. En 1989, il part aux États-Unis diriger l'Orchestre symphonique de Chicago où il succède à Georg Solti qui l'adoube, poste qu'il occupe jusqu'en 2006[6], tout en menant une carrière de chef à Berlin, à la tête du Staatsoper Unter den Linden. Il enregistre de nombreuses œuvres avec l'orchestre de Chicago qui est considéré comme le meilleur des États-Unis, notamment des symphonies d'Anton Bruckner et de Robert Schumann[3].

En avril 1990, il dirige l'Orchestre Philharmonique de Berlin à l'auditorium Mann à Tel Aviv, une première pour un orchestre allemand en Israël..

A Chicago, il introduit une importante programmation de compositeurs du XXe siècle tels Chostakovitch, Stravinski, Barber, Schoenberg, Hindemith, Berg, Bartok et Boulez. Pour la première tournée européenne de l'orchestre, il programme la Première Symphonie de John Corigliano, compositeur en résidence à l'Orchestre depuis 1987. De 1991 à 2001, il joue entre autres, les opéras de Mozart au Staatsoper Unter den Linden de Berlin et les concertos pour piano du même compositeur avec la Philarmonie de Berlin[3].

En 1992, il est nommé pour dix ans directeur musical du Staatsoper Unter den Linden et signe un contrat d'exclusivité avec Warner Classics. Il s'installe à Berlin avec sa famille.

En 1996, il est directeur général de la musique à Berlin. Il revient fréquemment jouer à Paris, notamment jusqu'en1998 au théâtre du Châtelet dont Stéphane Lissner est administrateur. En 1998, il dirige et joue les symphonies et concertos pour piano de Beethoven à Londres avec l'orchestre de la Staatskapelle[3].

De 2000 à 2003, il collabore avec le Théâtre royal de Madrid où il reprend les opéras montés à Berlin et où il joue un programme symphonique. En 2001, il enregistre ses symphonies de Beethoven et l'opéra de Ferruccio Busoni, Die Brautwahl. Il fait une tournée européenne avec le Chicago Symphonie Orchestra et prolonge son contrat avec l'orchestre de la Staatskapelle de cinq ans. Avec son orchestre, il dirige un festival de trois semaines à Chicago sur "Wagner et le modernisme"[3].

En juillet 2001, pour la première fois, Barenboim parvient à diriger en Israël de la musique de Richard Wagner[7]. En Israël, l'opposition avait été grande mais Barenboim gagne la partie : il considère que Wagner n'appartient pas aux nazis et que la musique doit l'emporter sur la politique. Pour cette dernière raison, il a, par ailleurs, créé un orchestre mêlant jeunes israéliens et jeunes palestiniens.

L'année 2002 est particulièrement riche avec une tournée du Staatsoper au Japon et la direction des opéras de Wagner à Berlin. Il joue les sonates de Beethoven au Théâtre Colón de Buenos Aires avant de faire un récital de piano à Ramallah. Il célèbre son soixantième anniversaire par un concert au bénéfice du Staatsoper à Berlin lors duquel il joue les Concertos no 1 et no 2 de Beethoven sous la direction de Zubin Mehta[3].

En 2004, il fait un don de 50 000 dollars pour l'enseignement de la musique à Ramallah où la même année il avait dirigé l'Orchestre des Jeunes de Palestine[3].

Toujours en 2004, il joue Le Clavier bien tempéré de Bach en Allemagne, en Argentine, en Espagne et aux États-Unis. L'année suivante, il fait une conférence sur Edward Saïd à la Columbia University à New-York, avant un master class de piano à Chicago sur les sonates de Beethoven avec sept jeunes pianistes.

En mai 2006, il est nommé principal chef invité de la Scala de Milan, poste qu'avaient occupé avant lui, notamment, Arturo Toscanini et Herbert von Karajan, et chef honoraire à vie de l'Orchestre symphonique de Chicago. Il fait une tournée de quatre concerts aux États-Unis avec le West-Eastern Divan Orchestra, dont le concert d'adieu pour le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan. À cette occasion, un passeport "honorifique" palestinien lui a été remis devant l'ambassadeur d'Israël et en présence de l'ambassadeur palestinien à l'ONU, en reconnaissance pour ses positions favorables au peuple palestinien et sa détermination à se produire dans les territoires palestiniens[3].

Il crée en collaboration avec le professeur d'origine palestinienne Edward Saïd qu'il rencontre fortuitement en 1992, une fondation visant à promouvoir la paix au Proche-Orient par la musique classique, initiative lui ayant attiré de violentes critiques en Israël. Ceci s'est concrétisé en un atelier musical et un orchestre israélo-arabe : l'Orchestre Divan occidental-oriental. Dès 1998, il organise avec Edward Saïd un premier stage d'orchestre avec des jeunes musiciens israéliens et issus du monde arabe à Weimar. Il se produira en concert avec le Chicago Symphony Orchestra et des musiciens du West-Eastern Divan à la mémoire d'Edward Saïd, suite à son décès d'une leucémie le 25 septembre 2003[3].

Doté d'un grand charisme, d'un contact ouvert et chaleureux, il s'est également consacré à l'enseignement, faisant bénéficier de ses conseils de jeunes talents devenus depuis des têtes d'affiche, tels Hélène Grimaud, Lang Lang… dans des classes de maître dont certaines, filmées et régulièrement diffusées par les chaînes musicales, sont des modèles du genre.

Son répertoire immense s'étend de Bach, dont il a gravé une des plus puissantes versions des Variations Goldberg, à Berlioz auquel il consacre une série importante d’enregistrements; à la musique contemporaine dont il est un ardent défenseur. Ainsi a-t-il créé de nombreuses œuvres de Pierre Boulez ou d'Henri Dutilleux, par exemple. Il est aussi un grand chef d'opéra, notamment à Bayreuth, où il a dirigé pendant les vingt dernières années du XXe siècle, mais aussi à Édimbourg et dans de nombreux autres festivals[8].

Excellent accompagnateur de lieder, il a donné des concerts et enregistré de nombreux disques avec Janet Baker notamment, mais surtout avec Dietrich Fischer-Dieskau, avec qui il a gravé en particulier des lieder de Mozart (chez EMI) et des intégrales de Brahms, de Liszt et d'Hugo Wolf (chez Deutsche Grammophon)..

Il a été choisi pour diriger le célèbre Concert du nouvel an à Vienne en 2009, puis à nouveau en 2014, concert organisé chaque année par l'Orchestre philharmonique de Vienne dans sa fameuse salle du Musikverein.

Dans les années 2000, il interprète de nouveau en concert l'intégrale des trente-deux sonates pour piano de Beethoven, choisissant chaque année une grande capitale (Buenos Aires, New York, Vienne, Berlin, Milan, Londres, Paris en 2018-2019). Entre 2009 et 2011, et alors qu'il est célébré depuis plus de cinquante ans comme interprète des concertos de Mozart et de Beethoven, il joue comme pianiste, lors de grandes tournées, les deux concertos pour piano et orchestre de Chopin et de Liszt.

Le 7 décembre 2007, il crée enfin avec Patrice Chéreau comme metteur en scène Tristan et Isolde à la Scala de Milan, projet qui lui tenait à cœur depuis plusieurs années[3].

À l'automne 2011, il devient, et jusqu'en 2016, directeur musical de La Scala de Milan, dont il était déjà premier chef invité.

Le 1er juillet 2018, une cérémonie eut lieu pour célébrer les vingt ans de l'Orchestre des jeunes de la Staatskapelle, formation composée de jeunes musiciens créée par Daniel Barenboïm et dont un certain nombre ont intégré les plus grands orchrestres d'Allemagne[3].

Peral MusicModifier

Cette société d'enregistrement digital de musique classique a été créée par Daniel Barenboïm pour permettre à tous d'accéder à la musique classique dans une société où celle-ci tient de moins en moins de place. Les enregistrements de Peral Music sont uniquement disponibles sur iTunes.Les enregistrements sont spécifiquement et techniquement conçus pour être écoutés sur ce support[3].

Sur son site, Peral Music se dit vouloir offrir "aux publics du monde entier un moyen d'écoute alternatif, résistant à une culture de l'indifférence en célébrant les oreilles pensantes"[9].

Les trois premiers enregistrements sont les trois premières symphonies de Bruckner interprétées par l'Orchestre de la Staatskapelle. Y sont notamment disponibles, outre l'intégrale des symphonies de Bruckner, des œuvres de Boulez et de Schoenberg, ainsi que des duos de pianos interprétés par Daniel Barenboïm et Martha Argerich[9],

Une série devrait être disponible, destinée aux enfants, consacrée au piano et à visée pédagogique[3].

Des écrits de Daniel Barenboïm sont aussi disponibles sur le site de Peral Music.

Peral signifie "poirier" en espagnol et rappelle le nom du créateur de la firme, barne signifiant "poire" en Yiddish et boïm, "arbre" en allemand. Le logo du label a été créé par le célèbre architecte Frank Gehry[10].

Les Fondations Barenboïm et Barenboïm-SaïdModifier

Daniel Barenboïm a créé plusieurs fondations qui œuvrent en collaboration.

La Fondation Barenboïm est une fondation publique établie à Berlin. En 2008, elle a créé le Centre de musique Barenboïm-Saïd à Ramallah, conservatoire qui accueille 250 élèves et dont les professeurs sont des membres de l'Orchestre du Divan[3].

La Fondation Barenboïm-Saïd a été créée en juillet 2004 lorsque Daniel Barenboïm et Edward Saïd ont accepté la proposition du gouvernement régional d’Andalousie de créer la Fondation et l’orchestre du Divan à Séville. Elle développe plusieurs projets éducatifs et culturels visant à promouvoir les valeurs humanistes à travers le langage universel de la musique. L’Orchestre du Divan, l’Académie des études orchestrales ou des programmes d’éducation musicale en Palestine et en Andalousie sont quelques-unes des initiatives menées par la Fondation[11]. Conjointement avec la région autonome d'Andalousie, elle attribue tous les deux ans des bourses aux meilleurs musiciens de l'Orchestre du Divan pour leur permettre de poursuivre leurs études[3].

Une Fondation Barenboïm-Saïd est établie aux États-Unis et le West-Eastern Divan Trust au Royaume-Uni[3].

L'Académie Barenboïm-SaïdModifier

Article détaillé : Académie Barenboïm-Saïd.

L'Académie Barenboim-Said (Barenboim-Said Akademie) a été fondée à Berlin en 2012. Basée sur les mêmes idées que celles qui ont prévalues à la création de l'Orchestre Divan occidental-oriental, l'Académie se rassemble sur l'idée d'une communication interculturelle. Son objectif est de former de jeunes musiciens[11].

Le projet en a été conçu par Daniel Barenboïm et Edward Saïd qui n'a pu le voir achevé, mais sa femme Myriam a continué à collaborer avec Barenboïm à ce sujet après son décès 2003[3].

Avec la rénovation de l'ancien dépôt de l'Opéra d'État de Berlin, un lieu destiné à l'Académie lui est attribué deux ans plus tard. Suite aux travaux entrepris, l'espace, désormais nommé Pierre Boulez Saal, est réaménagé, en faisant désormais un lieu de vie idéal pour toutes les musiques et tous les artistes. L'Académie s'y installe en octobre 2016, et l'inauguartion a lieu le 4 mars 2017. La Pierre Boulez Saal est un élément essentiel de l’Académie. Elle sert aux étudiants, en tant qu’espace, pour développer leur pratique sous la direction d’artistes professionnels et de mentors. Tout en offrant un espace pour les étudiants et les professeurs, la salle accueille également des conférences et des événements[12].

L'Académie a recruté trente-huit professeurs. Les musiciens l'intègrent sur dossier et audition. Tous les ans, sur trois cents candidats, seuls une trentaine sont reçus. Ils suivent alors un enseignement supérieur diplômant sur quatre ans. Des maîtres de réputation internationale leur dispensent des leçons de perfectionnement sur leur instrument. Ils suivent aussi des cours de fugue, d'harmonie, de contrepoint, de composition et d'histoire de la musique. Mais ils ont aussi des séminaires obligatoires de philosophie et de sciences politiques[3].

Les étudiants sont principalement originaires du Moyen-Orient. L'Académie met aussi des logements à leur disposition[3].

Prix, distinctions et hommagesModifier

ÉcritsModifier

  • Une vie en musique, Belfond, , 242 p. (ISBN 978-2714428837). Une édition augmentée est publiée en 2002.
  • Parallèles et Paradoxes : Explorations musicales et politiques, Le Serpent à plumes, , 239 p. (ISBN 978-2842614249). Cet ouvrage est un recueil d'entretiens avec Edward Saïd.
  • La musique éveille le temps (trad. Dennis Collins), Fayard, , 208 p. (ISBN 978-2213636597)
  • Dialogue sur la musique et le théâtre, Paris, Éditions Buchet/Chastel, (ISBN 978-2283024508)
  • La musique est un tout, Fayard, , 172 p. (ISBN 978-2-213-67808-5)

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Israeli pianist Barenboim takes Palestinian passport » (consulté le 4 février 2008)
  2. « Article de RFI avec une interview de Barenboïm (document sonore de 3 minutes) » (consulté le 11 mars 2008)
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak al am an et ao Myriam Anissimov, Daniel Barenboïm, de la musique avant toute chose, Paris, Tallandier, , 395 p. (ISBN 979-10-210-2231-7)
  4. a et b Collectif, Céline Masson et Michel Gad Wolkowicz, La force du nom: Leur nom, ils l'ont changé, Desclée De Brouwer, (ISBN 9782220087719, lire en ligne)
  5. Julia Le Brun, « Une Histoire de la construction de l'Opéra Bastille ; p. 89 », sur http://www.levoyagelyrique.com, (consulté le 5 avril 2015)
  6. Il y conserve toutefois le titre de chef honoraire à vie.
  7. (il est rapporté que ce compositeur allemand du XIXe siècle était antisémite, et que c'était aussi le musicien préféré d'Adolf Hitler)
  8. Entretien avec Daniel Barenboïm
  9. a et b (en) « Philosophy », sur Pearl Music (consulté le 23 avril 2019)
  10. (en) « Writings », sur Peral Music (consulté le 24 avril 2019)
  11. a et b (en) « Fondation Barenboïm-Saïd », sur Foundation Barenboïm-Saïd (consulté le 23 avril 2019)
  12. (en) « Barenboïm-Saïd academy history », sur Barenboïm-Saïd akademie (consulté le 24 avril 2019)
  13. (es) « Relación de premiados del año 2007 », sur Ministère de la Culture, (consulté le 18 janvier 2015) [PDF].

AnnexesModifier