Dana (déesse)

Dans la mythologie irlandaise, Danu ([ˈdanu]) est une hypothétique déesse mère des Tuatha Dé Danann (vieil irlandais : « Les peuples de la déesse Danu »). Bien que principalement considérée comme une figure ancestrale, certaines sources victoriennes l'associent également à la terre.[1]

AppellationsModifier

Dana est également appelée Danú ou Dôn au Pays de Galles. Dans le Glossaire de Cormac (Sanas Cormaic, manuscrit du Xe siècle de l’évêque Cormac de Cashel), elle est aussi appelée Ana et Anu. Elle est quelquefois assimilée à la déesse Brigid.

PrésentationModifier

Dana est une déesse panceltique.

La signification du nom pourrait être « donateur », « bienfaiteur » (en Inde, les Dânapati sont les donateurs des monastères bouddhiques et Dāna désigne le don), ce qui en fait une déesse de la fertilité et de la prospérité. Chez les Celtes, la redistribution des richesses était la qualité première de la fonction royale.

Dànase présente régulièrement sous la forme d’une trinité (les trois matres), elle est à la fois épouse, mère et fille. C’est une déesse dite panceltique dont la racine du Théonyme est très présent dans la topographie européenne, donnant notamment le nom de fleuve tel que le Dniestr, le Dniepr, le Don et le célèbre Danube (latin Danavius) ce qui démontre que la déesse Dana fut vénérée par l’ensemble du monde celtique et probablement par la quasi-totalité des Indo-Européens ainsi que par les Dananéens (Telchines dans la mythologie grecque). Le culte d’Anna, très vivace en Bretagne, s’est retrouvé plus tard dans le culte chrétien à Sainte Anne.

Selon certains écrits (Danú n’a pas de mythe précis relatés dans la littérature irlandaise médiévale, mais des parallèles existent avec la figure mythique Dôn, du Mabinogion gallois), il serait dit qu’à l’aube des temps, c’est Dana/Anu qui a arrosé le chêne Bilé depuis les cieux, provoquant ainsi l’apparition de la vie sur la Terre, dans d’autres écrits elle serait en réalité la femme du même Bilé.

AttributsModifier

Dana, Anu est une déesse très souvent liée à l’eau (rivière, sources, lacs, océans, etc.) qui fut le symbole de la fertilité et de l’abondance. Elle est donc une Déesse mère primordiale des Eaux mais aussi de la terre incarnant ainsi l’abondance du sol mais également le cycle de la vie rythmé par les saisons. C’est également la déesse de la souveraineté, puisque chez les Celtes, le Roi devait s’unir avec la Déesse de la Terre afin d’assurer la prospérité de son royaume. Souvent associée à la santé, au bétail et à la période de fin du printemps/ début d’été elle apparais d’ailleurs plusieurs fois sous la forme d’un cygne (comme beaucoup de déesse celtes déesses rivières).

Lieux représentatifsModifier

En Irlande, dans le comté de Kerry, son nom fut donné à une montagne appelée Dá Chich Anann ou « Breast d’An » (les Paps d’Ana ou les seins nourrissants d’Ana) car selon les anciens, ces collines dessinaient des courbes ayant une ressemblance avec le ventre et les seins pleins d’une femme enceinte rappelant ainsi le lien entre corps maternel, femme et terre.

Historique de son peupleModifier

Son peuple vivant auparavant dans les quatre iles au nord du Monde :Findias,Gorias, Murias et Falias, où ils avaient acquis leurs pouvoirs divins et appris à composer des poèmes, se sont installés en Irlande de par son instigation. Les Thuatha Dé Danann ramenèrent avec eux les quatre possessions les plus précieuses au monde : de Gorias, la lance magique qui trouve toujours sa cible , de Findias, l’invincible épée du roi Nuada, à laquelle nul ne peut échapper ou survivre ; de Falias, la Lia Fail ou pierre magique du couronnement, qui crie lorsque le roi légitime la touche –Lebor Gabala Erenn, Livre des Invasions de l’Irlande) et de Murias, le chaudron magique qui nourrit tout homme sans jamais se vider, propriété du dieu protecteur Dagda.

Équivalences au sein d'autres panthéonsModifier

Elle est l'équivalent celtique de la très populaire Gaïa. À elle seule, elle représente plusieurs aspects des deux déesses terrestres Gaïa et Déméter. Dans certains mythes celtiques, Dana est présentée comme Mère et fille de Dagda(le Dieu-druide), tandis que d’autres suggèrent que Dagda et Danú étaient les parents de Ogma (Dieu de l’éloquence) ou de Diancecht (Dieu de la médecine). Elle devint, après la christianisation, Sainte Anne, patronne des Bretons (mère-vieille). Anne (hébreu : חַנָּה « grâce » ou « faveur », alt. : channah ; latin, Anna) est un personnage biblique, mère de Samuel, prophète et dernier juge d'Israël, ainsi que la mère de la Vierge Marie, et donc la grand-mère de Jésus.

Autres grandes déesses celtesModifier

La mythologie celtique présente la particularité de n’avoir qu’un unique principe divin féminin. Dans la littérature mythique et dans la toponymie, différentes déités importantes en sont les émanations :

Autour du personnageModifier

  • Dans la mythologie brâhmanique, il existe une divinité nommée « Danu » qui a engendré une race de géants, les Danavas.
  • Dans la mythologie hindoue, Danú est aussi une déesse dont le nom signifie « les eaux du ciel » ou « jet d'eau ».
  • En turc, les enfants s'adressent à leur mère par « Anè ».
  • « Ana » est un prénom masculin de l'Égypte antique.

Dans la culture populaireModifier

LittératureModifier

  • Dans La mythologie celte (2011) de Michèle Mira Pons, le mythe des quatre objets des Tuatha Dé Danann y est abordé.

Art contemporainModifier

MusiqueModifier

Bande dessinée et mangaModifier

  • Dans le comic book Thor #386 (décembre 1986) édité par Marvel Comics, on voit la première apparence des divinités celtiques dans l'univers Marvel, dont Dana.
  • Dans le manga Bersek (tome 39), apparaît un personnage du nom de Dana, ayant une apparence divine.

AnimeModifier

  • Dans Full metal panic!, Tuatha de Danaan est le nom du sous-marin le plus avancé au monde.

Jeux vidéoModifier

  • Dans Call of Duty: Black Ops 4 : dans le mode « Zombie », une statue monte l’apparence divine de Dana avec une couleur verte (clin d’œil à une couleur représentative des celtes). La divinité est aussi énumérée et décrite par les personnages du jeu.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Louis Frédéric, Dictionnaire de la civilisation indienne, Éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », Paris, 1987, (ISBN 2-221-01258-5).

Articles connexesModifier