Boann

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Dans la mythologie celtique irlandaise, Boann (ou Boand) est un des aspects de la grande divinité féminine des Celtes ; son nom (*bo-vinda) qui signifie « (celle) qui procure des vaches[1] » en fait une représentation de la prospérité. Elle prend aussi le nom de la Boyne (ou Boinn), le fleuve homonyme. Les autres aspects de cette déesse primordiale sont Brigit et Étain.

RécitsModifier

Boann est l’épouse d’Elcmar, le frère du Dagda, dont elle devient la maîtresse. De cet adultère, va naître Mac Oc (« le fils jeune ») aussi nommé Oengus (« choix unique »). Le Dagda avait éloigné son frère en usant de la ruse, son absence de neuf mois lui semble ne durer qu’un jour.

Pour réparer sa relation coupable, elle se baigne dans l’eau lustrale et mortelle de la source Segais, demeure de Nechtan, dans laquelle elle perd un bras, une jambe et un œil. Dans sa fuite vers l’océan elle devient la rivière Boyne. La raison principale de sa punition n'est pas son adultère, mais qu'elle ait menti. Nechtan, rejeton des eaux, est un frère de Dagda et, comme lui, un Feu gardien de la vérité[2].

Georges Dumézil a identifié un mythe cosmogonique de libération des eaux dans l'histoire de Boann. La mort de Boann engendre les eaux cosmiques qui irriguent tous les mondes connus. Elle réunit plusieurs traits caractéristiques de l'Aurore indo-européenne, dispensatrice de prospérité et libératrice des eaux.

« Brug na Boinne », l’Hôtel de la Boyne est le nom de la résidence du Dagda, autrement dit un sidh.

Elle est à rapprocher de Damona dans la mythologie celtique gauloise.

Notes et référencesModifier

  1. Philippe Jouët, L’Aurore celtique dans la mythologie, l’épopée et les traditions, Yoran embanner, Fouesnant, 2007, p. 441 (ISBN 978-2-914855-33-4)
  2. Jean Haudry, Rejeton des eaux, Des contrées avestiques à Mahabad, via Bisotun. Etudes offertes en hommage à Pierre Lecoq réunies par Céline Redard, Carantoi Celticon Uercantalon - Amis des Études Celtiques, 2016

BibliographieModifier