Dame-Marie (Orne)

commune française du département de l'Orne

Dame-Marie
Dame-Marie (Orne)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Orne
Arrondissement Mortagne-au-Perche
Intercommunalité Communauté de communes des Collines du Perche Normand
Maire
Mandat
Angélique Creusier
2020-2026
Code postal 61130
Code commune 61142
Démographie
Gentilé Dominomariens
Population
municipale
141 hab. (2018 en diminution de 19,43 % par rapport à 2013)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 21′ 18″ nord, 0° 36′ 55″ est
Altitude Min. 121 m
Max. 216 m
Superficie 13,27 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Ceton
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Dame-Marie

Dame-Marie est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de 141 habitants[Note 1].

GéographieModifier

Dame-Marie se situe dans la région naturelle du Perche et se trouve au cœur du parc naturel régional du Perche que la commune a intégré à l'issue d'un vote le .

Son territoire s'étend au nord jusqu'au lieu-dit la Guinière, à l'est jusqu'aux lieux-dits la Liardière et la Borde, au sud le Haut Tertre et les Graciers et à l'ouest le Boulay, le Clos Rohard et la Renardière.

La commune est traversée par la D 955 (ancienne route nationale 155) qui va de Bellême à Nogent-le-Rotrou et est desservie par la D 295.

 
Panneau de Dame-Marie sur la D 295.

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Dame-Marie est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 2],[2],[3],[4]. La commune est en outre hors attraction des villes[5],[6].

Occupation des solsModifier

 
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (98,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (98,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (59,2 %), prairies (38,9 %), forêts (1,9 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

ToponymieModifier

L'hagiotoponyme caché de la localité est attesté sous la forme parocchia Dogne Marie en 1247[9].

En bas latin, le terme dominus/domina était utilisé devant un nom de personne pour l'honorer, avant d'utiliser le mot saint[10]. Il s'agit donc d'un équivalent de Notre-Dame ou de sainte Marie.

Le gentilé est Dominomarien.

HistoireModifier

Le prieuré de Dame-MarieModifier

En 1023, Albert de la Ferté Vidame fonde un prieuré sur le domaine hérité de sa mère Godehilde. En mémoire de Godehilde, que l'on appelait Dame Marie, son nom fut donné au prieuré. Albert confie sa fondation à l'abbaye de Jumièges. Des difficultés financières l'obligent à aliéner sa terre à l'abbaye de Saint Maximim d'Orléans. La construction ne put être achevée qu'en 1026. Malgré la richesse du domaine comprenant des étangs et des forêts le prieuré reste pauvre jusqu'au XVe siècle. La fin de la guerre de Cent Ans marque le début d'une nouvelle ère : transformation du logis du prieur, construction de la ferme et de son porche, de la bergerie, des écuries, de la grange et enfin du moulin. Cet ensemble cohérent constitue aujourd'hui le cœur du bourg.

Les moines quittèrent le prieuré entre 1701 et 1789. Vendus comme biens nationaux en 1792, le prieuré et ses dépendances sont alors acquis en communauté par le baron Jean-Baptiste Patu de Saint Vincent, magistrat à Paris, par son frère et par le bailli de Bellême.

En 1867, la commune fait l'acquisition du prieuré, les autres bâtiments sont achetés par des propriétaires locaux. L'église fut remaniée à la fin du XIXe par la construction d'un clocher puis, par l'ajout d'une sacristie. Le logis prieural servit de presbytère de 1873 à 1925 et fut partiellement détruit par un incendie en 1944. La commune en fit plus tard sa salle des fêtes.

FusionModifier

En 1812, Dame-Marie (468 habitants en 1806[11]) absorbe Saint-Martin-du-Douet (185 habitants[12]), au nord-est du territoire.

Politique et administrationModifier

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945 mai 1953 Henri Ménager SE  
mai 1953 janvier 1958 Roger Dagron SE  
janvier 1958 mars 1989 Maurice Simon SE  
mars 1989[13] En cours Pierre Ménager[14] SE Exploitant agricole
Pour les données antérieures, dérouler la boîte ci-dessous.

Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et deux adjoints[14].

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[16].

En 2018, la commune comptait 141 habitants[Note 3], en diminution de 19,43 % par rapport à 2013 (Orne : −2,51 %, France hors Mayotte : +2,36 %). Dame-Marie a compté jusqu'à 468 habitants en 1821, mais les deux communes de Dame-Marie et Saint-Martin-du-Douet, fusionnées en 1812, totalisaient 672 habitants en 1800.

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1846 1851 1856
431424468756702724722704703
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
670674621643587517506487461
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
418408299322309294292284289
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012 2017
253186181156177172171175144
2018 - - - - - - - -
141--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution démographique de Saint-Martin-du-Douet
1793 1800 1806
233248185
(Sources : EHESS[12])

ÉconomieModifier

Dame-Marie est une commune où l'activité économique est principalement agricole avec plusieurs fermes pratiquant la culture céréalière ainsi qu'un peu d'élevage (vaches laitières).

On trouve également quelques petites entreprises : de maçonnerie, de menuiserie, de réparation électrique ainsi qu'un négociant de bois.

Lieux et monumentsModifier

  • Château de Couesme, des XVIIIe et XIXe siècles, recensé à l'inventaire général du patrimoine culturel[18], et site inscrit en 1973[19].
  • Château de la Renardière.
  • Fontaine et Lavoir du XIXe, recensé à l'inventaire général du patrimoine culturel[20].
  • Ancien prieuré de bénédictins Notre-Dame, fondé en 1023 par Albert de la Ferté, recensé à l'inventaire général du patrimoine culturel[21], comprenant une porterie du XIVe siècle, inscrite au titre des monuments historiques en 1997[22] avec grange du XVIe siècle en équerre, l'église Notre-Dame des XIe, XVIe et XIXe siècles, et le logis (ancien) du prieur, aujourd'hui en partie détruit, et devenu salle communale.
  • L'église : construite à l'époque romane en 1026, c'était un prieuré où vivaient quelques moines. L'église fut modifiée au XIXe siècle par l'implantation, à la place de l'ancien clocher « porté sur quatre poteaux au milieu de la nef »[23], d'un clocher très affecté, par la suite, d'infiltrations d'eau. L'état alarmant du clocher a nécessité la restauration de l'église dans son contexte monastique et historique. Le projet a été mené par l'association Agir Ensemble pour la Restauration du Site prieural de Dame-Marie et soutenu par la Direction régionale des Affaires culturelles, le FEOGA, la réserve parlementaire et la dotation globale d'équipement. Le projet de restauration a eu le label de la Fondation du Patrimoine. La démolition du clocher débute en 2006, puis est remis l'ancien porche roman en façade et un clocher en bardeaux de châtaignier est reconstruit sur la nef. L'inauguration des travaux de restauration a eu lieu le en présence de nombreuses personnalités.

À gauche du chœur de l'église, entre la chaire et la chapelle de la Vierge, figure une inscription de fondation de messes remontant au XVIe siècle, gravée et peinte en noir sur une pierre de grès blanc. Mutilée en plusieurs endroits, elle fut déchiffrée le par Émile Janier, qui en donna la transcription suivante en langage moderne[24] :

« Ici devant repose vénérable et sage Maître Guillaume Le Camus, prêtre auparavant mari de Jeanne Marguerite Daverton, et seigneur de Haut et Petit Meulles... et (qui) par son testament passe possession du Bois Abellion à Belle..., l'avant-dernier jour d'octobre. (Il) a fondé à perpétuité une messe basse du Saint Sacrement, avec d'autres clauses contenues au dit testament, pour être dite ici (à l'église de Dame-Marie) chaque dimanche de l'année, immédiatement après la première messe paroissiale. En même temps, (il) a donné au trésor de l'église d'ici (de Dame-Marie) cinq sous de rente au jour de (la) Toussaint. Le tout (étant) assigné sur le lieu et terrain borné du dit Petit Meulles. Et (il a donné) dix sous de rente au curé, aux charges et c(ondi)-tions contenues au dit testament. Lequel (Guillaume Le Camus) trépassé le lundi dixième jour de novembre du dit an 1551. »

Activité et manifestationsModifier

Trois associations sont répertoriées à Dame-Marie :

  • Le comité des fêtes (président : Roland Ménager)
  • Le Club de l'amitié des ainés ruraux, qui se réunit le dernier mercredi de chaque mois. En 2009, ce club compte 33 adhérents.
  • Agir ensemble pour la restauration du site prieural de Dame-Marie, qui a largement contribué à la restauration de l'église de Dame-Marie.

Tous les se déroule la fête de Dame-Marie avec un vide-grenier ainsi que des grillades midi et soir.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Les seigneurs de Couesme : le château de Couesme se trouve sur la commune de Dame-Marie. Plusieurs seigneurs de Couesme prirent part aux croisades, l'un d'eux fut tué au siège d'Andrinople. Le château a été vendu après la Révolution à la famille Cohin de Bellême.
  • Philippe Le Couturier, ancien garde de corps de Louis XVIII fit construire à la place d'un ancien manoir, le château de la Renardière à Dame-Marie.
  • Roi Carol II de Roumanie : En 1926, Le roi Carol II de Roumanie s'exile en France et partage son temps entre Paris et le château de Couesme.
  • Émile Janier (1909-1958), orientaliste et personnalité de la colonisation de l'Algérie, né à Dame-Marie de parents agriculteurs.

Voir aussiModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale 2018.
  2. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

RéférencesModifier

  1. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée ».
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 2 avril 2021).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 2 avril 2021).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 2 avril 2021).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 2 avril 2021).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 2 avril 2021).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 12 mai 2021)
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 12 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse, .
  10. René Lepelley, Noms de lieux de Normandie et des îles Anglo-Normandes, Paris, Bonneton, , 223 p. (ISBN 2-86253-247-9), p. 159.
  11. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Saint-Martin-du-Douet », sur ehess.fr, École des hautes études en sciences sociales (consulté le 1er mai 2015).
  13. « Pierre Ménager brigue un 4e mandat », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 1er mai 2015).
  14. a et b Réélection 2014 : « Dame-Marie (61130) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 8 juin 2014).
  15. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  18. « Château de Couesme », notice no IA00001500, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  19. « Château de Couasme et abords, à Dame-Marie », sur donnees.basse-normandie.developpement-durable.gouv.fr, Dreal de Basse-Normandie (consulté le 1er mai 2015).
  20. « Lavoir-fontaine », notice no IA00001499, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  21. « Prieuré de bénédictins Notre-Dame », notice no IA00001498, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  22. « Enclos prioral », notice no PA61000003, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  23. Diaire de l'abbé Jean-François Gallier, 1850
  24. Émile Janier, « Une inscription de l'église de Dame-Marie », Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, fasc. 28, 1953, p. 40-43.

Liens externesModifier