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Chronologie de la collaboration de Vichy dans le génocide des Juifs

Article général Pour un article plus général, voir Shoah en France.

Pendant l'occupation allemande, le régime de Vichy qui remplace la Troisième République en 1940 choisit la voie de la collaboration avec les nazis. Cette politique inclut les accords Bousquet-Oberg de juillet 1942 qui officialisent la collaboration de la police française avec la police allemande. Cette collaboration se manifeste, en particulier, dans les mesures antisémites prises par le gouvernement de Vichy et dans sa participation active au génocide des Juifs.


Sommaire

1940Modifier

 
Affiche apposée après octobre 1940, dans l'Aisne, sur les commerces juifs, dans le cadre de la politique d'aryanisation, indiquant la nomination d'un commissaire-gérant aryen. (Archives départementales de l'Aisne)

1941Modifier

 
Affiche diffusée à Marseille en juillet 1941 annonçant le recensement des Juifs

1942Modifier

 
Affiche de propagande antisémite de 1942 montrant « la tendance du judaïsme à l'hégémonie mondiale » (par le Comité d’action antibolchévique)

Les juifs d'origine polonaise à Lens.

Dans la nuit du 10 au , 528 Juifs (dont 123 femmes et 288 enfants) sont raflés avec la complicité de la préfecture de police, et seront gazés à Auschwitz. Une partie de la communauté juive étrangère était d'origine polonaise et était arrivée à Lens (Pas-de-Calais) dans les années 1920, avec les autres Polonais s'étant engagés dans les mines. Ceci n'avait d'ailleurs pas eu lieu sans une certaine dose de xénophobie et d'antisémitisme, notamment à la fin de l'entre-deux-guerres, avec la création en juillet 1938 d'un « Comité provisoire de défense du commerce français » qui dénonçait, par affichage, la venue d'un « NOUVEAU FLOT DE 300 000 JUIFS ÉMIGRÉS […] réparti entre la France, l’Angleterre et les États-Unis »  [sic] [3]. Selon les historiens N. Mariot et Cl. Zac, après l'exode de la moitié de la communauté juive de Lens à la suite de la bataille de France, le recensement de décembre 1940 dénombre encore 482 individus dits « israélites » dans la région, et plus que 13 en octobre 1942. Les auteurs citent plusieurs déclarations faites aux autorités en 1940, dont celle-ci:

« « Molinghem le 20 décembre 1940, Déclaration d’origine juive. Je soussigné S.André, né le 15 mai 1902 à Montluçon (Allier) exerçant la profession d’in- génieur à la société Châtillon-Commentry à Isbergues, domicilié à Molinghem, rue de l’Église, déclare être d’origine juive par trois grands parents. Je déclare n’avoir jamais appartenu à la religion Israélite et être catholique. Ma famille est en France depuis plus de 200 ans. J’ai été mobilisé comme lieutenant de réserve. Je me suis marié le 28 novembre 1925 à Paris avec Mademoiselle M.Marie-Louise, née le 23 janvier 1902 à Decazeville qui est d’origine française. J’ai deux enfants : S.Bernard, né le 9 septembre 1926 et S.Anne-Geneviève née le 3 juin 1931[3]. »

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1943Modifier

  • Janvier 1943 : Rafle de Marseille : destruction du Vieux-Port et rafles par les forces de l'ordre françaises. Près de 2 000 Juifs marseillais arrêtés et déportés. « Le Petit Marseillais » du 30 janvier 1943 écrit : « Précisons que les opérations d’évacuation du quartier Nord du Vieux-Port ont été effectuées exclusivement par la police française et qu’elles n’ont donné lieu à aucun incident. » [4]

Le quartier de l'Opéra, où vivaient de nombreuses familles séfarades, est vidé de ses habitants.

1944Modifier

Sources de l'articleModifier

La majorité des évènements datés relevés dans cet article sont commentés dans l'article de François et Renée Bédarida, « La persécution des juifs », in La France des années noires, Tome 2, Le Seuil, 1993.

RéférencesModifier

  1. Rapport de la préfecture de police du 14 mai 1941. Archives, pages 29-30. Cité par Serge Klarsfeld in Vichy-Auschwitz, tome I, p. 15.
  2. Denis Peschanski, « Le Régime de Vichy a existé. Gouvernants et gouvernés dans la France de Vichy. Juillet 1940-avril 1942 », in Angelo Tasca, Vichy, 1940-1944 : quaderni e documenti inediti di Angelo Tasca : archives de guerre d'Angelo Tasca, Éditions du CNRS, Paris ; Feltrinelli, Milano, 1986, p. 31
  3. a et b Nicolas Mariot et Claire Zalc, « Identifier, s'identifier : recensement, auto-déclarations et persécution des Juifs de Lens (1940-1945) », in Revue d'histoire moderne et contemporaine 3/2007 (n° 54-3), p. 91-117.
  4. Maurice Rajsfus, La Police de Vichy. Les forces de l’ordre françaises au service de la Gestapo, Le Cherche Midi éditeur, 1995.

BibliographieModifier

AnnexesModifier