Cheval du Don

race de chevaux

Don
Donskaya
Cheval du Don alezan à reflet brillant.
Cheval du Don alezan à reflet brillant.
Région d’origine
Région Drapeau de la Russie Russie
Caractéristiques
Morphologie Cheval de selle
Taille 1,65 m en moyenne
Robe Alezane, baie, noire ou grise
Caractère Obéissant et efficace
Autre
Utilisation Endurance et croisement

Le cheval du Don (russe : Донская лошадь / Donskaya), ou Donski, est une race de chevaux originaire de Russie. Monture des Cosaques du Don, il provient de différents croisements effectués durant trois siècles. Ces chevaux réputés pour leur endurance restent populaires de nos jours, bien que plus rares.

DénominationModifier

La traduction « don » ou « cheval du Don » est proposée dès 2002 par Jean-Claude Boulet, l'auteur du Dictionnaire multilingue du cheval[1].

HistoireModifier

 
Cheval du Don dans Les races chevalines, 1894.

La race doit son nom aux steppes situées autour du bassin du fleuve Don[2]. Elle est également nommée Donskaya, Donski, ou simplement Don.

Le cheval du Don descend du cheval Nogaï, élevé par la tribu du même nom[3]. Un élevage intensif de chevaux se met en place dans la région du Don au début du XVIIIe siècle[4]. Monture des Cosaques, cette race est issue de croisements entre des étalons turkmènes, persans et Karabakh lâchés en liberté dans la steppe, et des juments locales. Le cheval du Don est réputé pour son héroïsme durant les guerres napoléoniennes[3] : en effet, elle est célèbre, en France notamment,à travers son rôle durant la campagne de Russie, les cosaques du Don ayant repoussé, avec leurs montures adaptées au climat local, les armées napoléoniennes jusqu'en Europe[5].

Une sélection débute dans les années 1830[4]. Au XIXe siècle, des croisements sont effectués avec des Pur-sangs, des Orlov, et des chevaux arabes Strelets[3]. Il reçoit aussi l'influence de l'Orlov-Rostopchin[4]. L'élevage en tabounes, dans des conditions climatiques rudes, contribue à forger une race résistante[4]. Dès le XIXe siècle, les autorités russes investissent dans la création de grands haras pour l'élevage de chevaux de guerre en plein air[5].

Le cheval du Don est réellement fixé au début du XXe siècle[4], avec la cessation des croisements extérieurs[2]. Au cours du même siècle, la race souffre de la désaffection pour le cheval de selle, et subit des croisements pour le trait léger[3]. Le recensement soviétique de permet de dénombrer 127 684 chevaux du Don dans toute l'URSS, dont 18 120 de pure race[4]. Environ 33 % des chevaux du Don sont alors enregistrés dans un stud-book[4]. Depuis, l'État russe s'est progressivement désengagé de cet élevage, ne le subventionnant plus qu'à très faible niveau[6]. Cet état de fait, lié à la motorisation de l'agriculture, des transports et de la guerre, entraîne un déclin important du nombre de chevaux du Don[6]. De plus, les élevages en plein air se raréfient, d'après une membre de la Fédération équestre russe, le dernier ayant été visité en 2009[6].

En 2012, un éleveur de chevaux du Don organise un raid entre Moscou et Paris pour promouvoir la race ; un autre a organisé un raid Berlin-Moscou en 2015, dans le même objectif[6].

DescriptionModifier

 
Tête d'un cheval du Don

Les mesures de références enregistrées dans la base de données DAD-IS sont de 1,64 m en moyenne chez les femelles et 1,66 m chez les mâles[7]. Le périodique Cheval Magazine donne en des mesures plus réduites, 1,55 m à 1,65 m[5]. La modèle varie fortement en fonction de la lignée[8]. Il existe de petits chevaux proche des persans, des modèles plus proches de l'Arabe, et d'autres du Pur-sang[8].

La morphologie est légère[7]. La tête est petite et bien dessinée, surmontée de petites oreilles. Le profil est droit ou légèrement camus. Les yeux sont grands.

Les membres sont fins et longs[5].

RobeModifier

La robe est généralement alezane, avec un poil brillant caractéristique[7], hérité du Karabakh[2]. Cette robe participe beaucoup à la popularité de la race[8]. On trouve plus rarement du bai, bai-brun, noir ou gris[5].

Tempérament, entretien et alluresModifier

Le cheval du Don fait une monture robuste, énergique et courageuse. Ces chevaux ne sont généralement pas très rapides, mais disposent d'une endurance exceptionnelle[7]. Le caractère est généralement très indépendant, et réticent au dressage, jusqu'à l'acceptation du cavalier[5]. La fertilité est bonne, avec un taux de poulinage de 87 %, et un taux de survie des poulains de 80 % la première année, en élevage extensif[7]. L'élevage est désormais semi-extensif, les chevaux étant en extérieur en compagnie d'un berger durant la journée, avant d'être rentrés dans des stabulations le soir[6].

Les allures du cheval du Don peuvent être perçues comme manquant d'élegance[8].

SélectionModifier

Les chevaux du Don étaient autrefois marqués au fer rouge, mais cette pratique a désormais disparu au profit du marquage à froid[3].

UtilisationsModifier

 
Chevaux du Don de la police montée russe.

Bien que le secteur de l'équitation ait été longuement délaissé en Russie[6], le cheval du Don est largement employé dans les compétitions d'endurance équestre[5]. Il est aussi présent dans des compétitions de dressage et de concours complet d'équitation[5]. Le cheval du Don dispose d'une bonne habilité au saut d'obstacles[5], et de potentiel dans le secteur du tourisme équestre[7]. Il est parfois attelé[5], et sert pour l'enseignement de l'équitation aux débutants en centre équestre, ainsi que pour l'équitation de loisir[6]. Quelques régions rurales russes y ont toujours recours (2016) pour les travaux de ferme[5].

La race entre en croisement avec des nombreuses autres races de chevaux russes, le cheval du Don étant notamment l'ancêtre du Boudienny[9].

Diffusion de l'élevageModifier

L'élevage du cheval du Don est essentiellement actif dans l'extrême Sud de la Russie[5]. En 2009, une pouliche du Don est présentée sur un salon en France à Nancy[8].

L'étude menée par l'Université d'Uppsala, publiée en pour la FAO, signale le cheval du Don comme race locale européenne, dont le niveau de menace est inconnu[10]. La race du vieux cheval du Don, de type cosaque, est signalée comme éteinte[10].

Le dernier recensement référencé sur DAD-IS comptabilise 43 830 chevaux du Don dans toute la Russie[7]. Cependant, tous les chevaux ne sont pas enregistrés dans un stud-book, de nombreux éleveurs n'effectuant pas cette démarche[5]. Ainsi, en 2016, le stud-book comptait 166 juments et 168 étalons[6]. La plupart des élevages russes sont de petite taille, comportant rarement plus de cinq chevaux par propriétaire[6].

L'ouvrage Equine Science (4e édition de 2012) le classe parmi les races de chevaux de selle originaires d'Asie centrale et peu connues au niveau international[11]. Une enquête du périodique Cheval Magazine, en , fait part d'un risque de « disparition imminente »[12].

Dans la cultureModifier

 
Timbre d'Azerbaïdjan représentant un cheval du Don

Notes et référencesModifier

  1. Jean-Claude Boulet, Dictionnaire multilingue du cheval, Jean-Claude Boulet, , 527 p. (ISBN 2-9804600-6-0 et 9782980460067, lire en ligne), p. 61.
  2. a b et c Edwards 2016, p. 113.
  3. a b c d et e Kholová 1997, p. 172.
  4. a b c d e f et g Dmitriev et Ernst 1989.
  5. a b c d e f g h i j k l et m Lhermite 2016, p. 43.
  6. a b c d e f g h et i Lhermite 2016, p. 44.
  7. a b c d e f et g DAD-IS.
  8. a b c d et e Lhermite 2016, p. 45.
  9. Bongianni 1988, p. 51.
  10. a et b (en) Rupak Khadka, « Global Horse Population with respect to Breeds and Risk Status », Uppsala, Faculty of Veterinary Medicine and Animal Science - Department of Animal Breeding and Genetics, .
  11. (en) Rick Parker, Equine Science, Cengage Learning, , 4e éd., 608  p. (ISBN 1-111-13877-X), p. 62 .
  12. Lhermite 2016, p. 42.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • [Lhermite 2016] Mélina Lhermite, « Le cheval du Don, disparition imminente ? », Cheval Magazine, no 534,‎ , p. 42-45