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Charlatan

vendeur ambulant de drogues sur les places publiques
Pietro Longhi, Le Charlatan, 1757.

Un charlatan est une personne qui pratique l'imposture, ou un jeu de dupes envers autrui, grâce à des trucages, des déformations de la réalité (par exemple via l'exploitation de biais cognitifs), ou des falsifications, en vue de gagner sa confiance, généralement pour obtenir de l'argent ou tout autre avantage.

Le charlatanisme ou la charlatanerie est la manière d'agir propre à un charlatan[1]. Le terme est notamment utilisé dans le domaine médical.

ÉtymologieModifier

Attesté dès 1572, le mot est emprunté à l'italien ciarlatano « charlatan », issu du croisement de cerretano « habitant de Cerreto » (village de Cerreto di Spoleto dont les habitants vendaient des drogues sur les places publiques) et de ciarlare « bavarder, jaser »[2].

En FranceModifier

Le charlatanisme est défini dans le code de déontologie médicale comme le fait pour un médecin de « proposer à des malades des remèdes illusoires ou insuffisamment éprouvés en les présentant comme salutaires ou sans danger »[3]. Un certain nombre d’infractions permettent de sanctionner le charlatanisme bien qu'il ne fasse pas l’objet d’une incrimination autonome dans le Code pénal[4].

En , Jacques Mézard publie un rapport au nom de la commission d'enquête sur l'influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé. Ladite commission du Sénat observe « l'existence de dérives thérapeutiques dues à des pratiques commerciales, proches de la charlatanerie, qui exploitent les peurs et les attentes de la population en matière de santé et de bien-être et qui peuvent insidieusement orienter leurs victimes vers des pratiques thérapeutiques souvent dénuées de fondement scientifique, compromettant ainsi leurs chances de guérison. Elle s'inquiète que ces deux phénomènes - dérive sectaire et dérive thérapeutique - en se combinant, cumulent les dangers liés à une forme d'emprise et les risques dus à l'exploitation mercantile de la crédulité de personnes vulnérables[5]. »

En , une tribune signée par 124 médecins et professionnels de santé est publiée dans Le Figaro[6] critiquant les médecines alternatives ou pseudo-médecines, « ces fausses thérapies à l’efficacité illusoire », et en particulier l'homéopathie, rappelant que « l’ordre des médecins tolère des pratiques en désaccord avec son propre Code de déontologie et les pouvoirs publics organisent, voire participent, au financement de certaines de ces pratiques ». Dans une chronique sur France Inter, le journaliste Mathieu Vidard déclare : « En accusant les médecins homéopathes de charlatanisme et en ignorant la fonction humaniste essentielle apportée par ces thérapeutes, les signataires de ce texte se trompent de cible et font courir le risque à des patients de se retrouver vraiment entre les mains de pseudo médecins. On se demande bien quel est l’intérêt d’une tribune aussi péremptoire à l’heure où la médecine allopathique pourrait largement balayer devant sa porte plutôt que d’avoir le mauvais goût de dénigrer le travail de ses confrères[7] ». Il existe néanmoins, comme le rappelle la tribune, un réel danger d'utilisation exclusive de traitements alternatifs, « car leur usage retarde des diagnostics et des traitements nécessaires avec parfois des conséquences dramatiques, notamment dans la prise en charge de pathologies lourdes comme les cancers[6]. » Ainsi en est-il par exemple de la méthode Hamer du nom du médecin allemand condamné pour exercice illégal de la médecine[8].

Sur son site internet[9], la Miviludes met à disposition une série de critères pour identifier les charlatans et leur pseudo-thérapies. Comme le relève Le Figaro, « deux signes doivent alerter. D’abord, le soi-disant thérapeute remet en cause et dénigre les traitements de la médecine conventionnelle, qu’il s’agisse de vaccins ou de médicaments. Ensuite, il vous promet en échange une guérison miraculeuse, en vous expliquant qu’au-delà de la maladie les soins vous apporteront d’innombrables bienfaits évidemment impossibles à mesurer[8]. »

Notes et référencesModifier

  1. « Charlatanisme », dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur Centre national de ressources textuelles et lexicales. « Charlatanerie », dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Charlatan » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  3. Article 39 intégré à l’article R. 4127-39 du code de la santé publique.
  4. Lavaud-Legendre 2008
  5. « Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger (Rapport) - Sénat », sur www.senat.fr (consulté le 15 mai 2019)
  6. a et b « L’appel de 124 professionnels de la santé contre les «médecines alternatives» », sur sante.lefigaro.fr, (consulté le 15 mai 2019)
  7. « Charlatans d’homéopathes ! », sur www.franceinter.fr (consulté le 15 mai 2019)
  8. a et b « Comment éviter les charlatans dans la jungle des thérapies », sur sante.lefigaro.fr, (consulté le 15 mai 2019)
  9. « Santé | Miviludes », sur www.derives-sectes.gouv.fr (consulté le 15 mai 2019)

Voir aussiModifier

ArticlesModifier

  • Bénédicte Lavaud-Legendre, « Charlatanisme et droit pénal », Les Tribunes de la santé, Presses de Sciences Po (P.F.N.S.P.), vol. n° 20, no 3,‎ , p. 67-75 (ISSN 1765-8888, résumé, lire en ligne)
  • Nicole Edelman, « Médecins et charlatans au XIXe siècle en France », Les Tribunes de la santé, Presses de Sciences Po (P.F.N.S.P.), vol. n° 55, no 2,‎ , p. 21-27 (ISSN 1765-8888, résumé, lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier