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Carvi

espèce de plante

Carum carvi

Le carvi ou cumin des prés (Carum carvi L.) est une plante herbacée bisannuelle de la famille des apiacées (Ombellifères), cultivée pour ses feuilles et surtout ses graines, utilisées pour leurs qualités aromatiques (comme condiment) et médicinales. C'est une plante proche du fenouil, de l'anis et de l'aneth. À forte dose, cette plante peut être toxique[réf. nécessaire]. Il est parfois appelé anis des Vosges ou cumin de Hollande.

En Alsace et en Suisse romande le carvi est appelé cumin, ce qui peut prêter à confusion.

Il fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne dans le capitulaire De Villis (fin du VIIIe ou début du IXe siècle).


TerminologieModifier

En grec ancien, le terme utilisé pour le carvi est karon ou karô. L'arabe emprunte l'une des formes du nom grec, Ibn al-Baytār l'appelle ainsu kammūm ārminī (cumin d'Arménie). Le latin médieval reprend le nom arabe carvi qui a donné carvi, en anglais caraway mais aussi chervis en français, qui désigne Sium sisarum[1].

DescriptionModifier

Cette espèce mesure de 25 à 60 cm de haut[2]. Ses feuilles sont très divisées en lobes, linéaires. Les petites fleurs blanches sont groupées en ombelles terminales. Les graines jaunes sont arquées légèrement.

DistributionModifier

Plante originaire d'une vaste zone à climat tempéré à chaud : Afrique du Nord, Asie (Turquie, Caucase, Afghanistan, Irak, Chine...), Europe[3].

C'est une plante spontanée en France, au Portugal.

L'utilisation du carvi est attestée dans l'Égypte ancienne 1500 ans avant Jésus-Christ[réf. nécessaire], et cette plante est citée dans Henry IV de Shakespeare : dans le IIe acte, Falstaff est invité à prendre un repas de reinettes et carvi, censé faciliter la digestion.

Elle est largement cultivée dans toutes les régions tempérées.

Elle est naturalisée dans le nord-est de l'Amérique du Nord.

CultureModifier

Demande un sol frais, léger, légèrement calcaire et une exposition ensoleillée. Multiplication par semis au printemps. La récolte intervient au bout de 3 mois pour les feuilles, puis pendant la période de végétation en fonction des besoins, et la deuxième année pour les graines.

En résumé :

Zones de rusticité : 3-7 (bi-annuelle)

Exposition : soleil 

Sol : sol alcalin, sol humide, vaseux, sol riche. Remarque : arrosage régulier

Multiplication : semis à l'extérieur à l'automne

Usages : comestible ****/5 (tisane/condiment, feuilles, racines, graine), médicinal ***/5.

Usage alimentaireModifier

 
Graines de carvi

Les feuilles tendres, fraîches, hachées, servent à aromatiser certains plats : salades, potages, tomates.

Mais ce sont surtout les graines, plus aromatiques, qui sont utilisées, notamment pour parfumer les viandes : porc, gibier, oie… Elles s'emploient aussi dans les fromages (en particulier avec le munster, le gouda[1] et les chèvres frais), la charcuterie, la choucroute, le goulash, la harissa tunisienne, la harira (h'rira) ainsi que dans certaines pâtisseries et confiseries. Les graines de carvi sont parfois improprement baptisées cumin, alors qu'il s'agit de deux épices distinctes. C'est un ingrédient traditionnel de la cuisine germanique.

On le retrouve dans de nombreux autres alcools : l'aquavit, le gin, le schnaps, le Brennivín, ou le kummel, liqueur traditionnelle allemande.

Ses semences sont carminatives et stomachiques[4], elles faisaient partie au Moyen-Âge des quatre semences chaudes avec l'anis, le fenouil et la coriandre[1].

La racine est aussi comestible, elle à l'odeur de carotte[1].

ProductionModifier

Le carvi est principalement produit en hiver par les Pays-Bas, la Pologne, la Hongrie et la Russie. L'Egypte et l'ouest de l'Inde en produise au printemps[1].

La production mondiale d'huile essentielle est estimée à 30 tonnes[1].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f Chauvet, Michel (1948-....)., Jousson, Jacky., Mansion, Dominique (1952-....). et Curiace, Gismonde (1960-....)., Encyclopédie des plantes alimentaires (ISBN 978-2-7011-5971-3 et 2-7011-5971-7, OCLC 1057475757, lire en ligne)
  2. Lambinon J. et al., Nouvelle flore de la Belgique, du G.-D. de Luxembourg, du Nord de la France et des régions voisines (Ptéridophytes et Spermatophytes), Meise, Jardin botanique national de Belgique, 6e éd., 2012, 1195 p. (ISBN 978-90-72619-88-4)
  3. Jean Guillaume, Ils ont domestiqué plantes et animaux : Prélude à la civilisation, Éditions Quæ, , 456 p. (ISBN 978-2-7592-0892-0, lire en ligne), « Annexes ».
  4. Simon Judas Honnorat, Dictionnaire provençal-français ou Dictionnaire de la langue d'oc, ancienne et moderne, suivi d'un vocabulaire française provençal, Digne, (lire en ligne), p. 478

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

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