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Château-Chervix

commune française du département de la Haute-Vienne
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Château-Chervix
Château-Chervix
Panneau bilingue à l'entrée du village - Français et occitan.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Haute-Vienne
Arrondissement Limoges
Canton Eymoutiers
Intercommunalité Communauté de communes Briance Sud Haute-Vienne
Maire
Mandat
Jean-Luc Lachaud
2014-2020
Code postal 87380
Code commune 87039
Démographie
Gentilé Châtelauds
Population
municipale
799 hab. (2016 en augmentation de 1,4 % par rapport à 2011)
Densité 16 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 36′ 31″ nord, 1° 21′ 17″ est
Altitude Min. 313 m
Max. 534 m
Superficie 51,05 km2
Localisation

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Château-Chervix

Château-Chervix (Chasteu Chervic en occitan) est une commune française située dans le département de la Haute-Vienne, en région Nouvelle-Aquitaine.

GéographieModifier

 
Situation de la commune de Château-Chervix au Sud de la Haute-Vienne

La commune est située à l'extrême sud du département et au nord-est des monts de Fayat, dont elle abrite le point culminant, le Puy de Bar (534 m).

Communes limitrophesModifier

Communes limitrophes de Château-Chervix[1]
Vicq-sur-Breuilh
Saint-Priest-Ligoure   Magnac-Bourg
Coussac-Bonneval Meuzac

HydrographieModifier

La commune est traversée par un ruisseau appelé la Breuilh (cours d'eau) qui prend sa source dans la forêt de Fayat.

ToponymieModifier

Durant la Révolution, la commune porte le nom de Chervix-la-Chaumière[2]. Les habitants de la commune sont appelés les Châtelauds[3].

HistoireModifier

Le territoire communal fut habité dès la Préhistoire. De nombreux lieux attestent d'importantes activités durant ces différentes époques (silex, aurières [toponyme local désignant une mine d'or], pierres levées, vestiges d'habitat).

À partir du Ve siècle av. J.-C., les Gaulois Lémovices exploitèrent plus d'une trentaine de mines d'or dans le sud et le centre de la commune actuelle (toujours au sud du village). Deux nécropoles du Premier Âge du Fer et un village peuplé de mineurs ont aussi été retrouvés dans la commune[4], au sein du district minier de Saint-Yrieix-la-Perche. L’exploitation de ces mines a été arrêtée après la conquête romaine[5]. La mine de La Fagassière, à Château-Chervix, est l’une des mieux fouillées du secteur. Outre des fosses à ciel ouvert, une partie de l’exploitation du minerai aurifère s’est faite par des galeries profondes (à partir de l’époque de La Tène D1-D2, soit la fin de la période d’exploitation)[6]. Des galeries d’exhaure ont été creusées pour assécher la fosse[7]. Enfin, les sols humides du Limousin ont permis de retrouver le boisage dense qui a été utilisé pour empêcher les galeries de s’effondrer[8].

Le village est l'un des plus anciens vici (agglomération) de l'Antiquité tardive et du haut Moyen Âge en Limousin. La tour médiévale, bien conservée dans son architecture extérieure, est le seul vestige visible d'un château construit aux limites de l'ancienne vicomté de Limoges.

Chervix, châtellenie des vicomtes de Limoges au XVe siècleModifier

Les familles héritières de la vicomté et des châtellenies : Bretagne-Blois-Penthièvre-Blois-Chatillon-Albret-Bourbon.Modifier

Dans un périmètre très proche, trois châtellenies vicomtales nous renvoient aux vicomtes de Limoges qui y possédaient en propre des territoires et divers droits, il s'agit : de Chalucet, Château-Chervix, Masseret. Salon-la-Tour qui possède une tour vicomtale de nos jours restaurée n'est pas au XV° une châtellenie.

La dernière vicomtesse de Limoges, Marie, épouse Arthur II de Bretagne, lui-même fils d'Arthur 1er de Bretagne et de Béatrice D'Angleterre, elle-même de la famille des ducs d'Aquitaine, les Plantagenets rois d'Angleterre. Devenue bretonne, la vicomté rajoutera dans ses armoiries l'hermine bretonne. La vicomté et les châtellenies de Chalucet, Chervix, Masseret (qui englobe Salon-la-Tour) vont dès lors avoir leur sort associé aux péripéties des guerres de succession de Bretagne et la vicomté servir de dot aux filles des différentes maisons de Bretagne, Penthièvre et Blois-Chatillon, qui par leur mariage les apporteront dans d'autres familles (Albret-Bourbon Navarre).

Le mariage d'une descendante de Marie de Limoges et d'Arthur de Bretagne va mettre dans les mains de la famille d'Albret la vicomté.

Françoise de Blois -Chatillon, comtesse de Périgord, vicomtesse de Limoges, épouse en 1470 Alain D'Albret vicomte de Tartas, comte de Grave...

À la suite d'un procès qui opposera Alain d'Albret à sa belle-sœur, un état exhaustif des possessions et revenus des châtellenies de la vicomté de Limoges, les différentes ventes qui suivirent, permettent d'avoir un état des lieux des châtellenies et notamment de Chervix, Masseret au XV. Les archives de la vicomté sont conservées aux archives départementales de Pau. Recopiées par M. Bosvieux au XIX°, le fonds Bosvieux, conservé aux archives départementales de la Haute-Vienne permet au lecteur de mieux appréhender les droits et les possessions du Vicomte. La guerre de Cent Ans à laquelle a pris part Jean de L'aigle, seigneur de L'Aigle, comte de Penthièvre et vicomte de Limoges est terminée. La nièce de Jean de L'Aigle héritera de son père Guillaume de Chatillon-Blois, frère d'Olivier de Blois et de Jean de L'Aigle, tous les deux successivement vicomtes de Limoges.

Les documents provenant des archives de la vicomté conservées aux ADHV de Pau. Fonds Bosvieux. ADHV87.Modifier

Mémoire des officiers de la vicomté à l'intention du vicomte Alain d'Albret pour cause de procès avec madame de Montrésor, portant sur la châtellenie de Chervix :

La Tour vicomtale ;Modifier

"Au chasteau de Cherviz n'a qu'une grosse tour descouverte que cent ans a que ne fust couverte et une vieille sale ancienne dont le tout est en la forme et la manière qu'elle était du temps du comte Guilhaume et depuys ne s'est rien ajouté et le tout ne vault x ll ecepte la pierre.

-Le comte Guilhaume : Guillaume de Châtillon-Blois dit de Bretagne, mort en 1455, comte de Penthièvre, vicomte de Limoges et seigneur de Payzac ;

Possessions foncières du vicomte à ChervixModifier

Elles se résument à peu de chose au XVe : "Audit Chasteau-Cherviz, ni en toute la châtellenie, le seigneur (le vicomte) n'a nul domaine, excepté ladite forêt, et un petit jardin d'une sesterée joignant au chasteau."

"Au regard de ledit estang que la partie adverse (la belle-sœur du vicomte) dit qu'il est en nature, valoit mll à un bon mesnagier, ledit estang longtemps qu'il rompit et qu'il ne fut en nature (sous entendu qu"il ne fut empoissonné) etc.".

Les paroisses de la châtellenieModifier
Paroisse de ChervixModifier

"Premièrement Cherviz qu'est une petite paroisse et bien petite car elle n'a que le bourg dudit lieu sans avoir village quelconque de paroisse et audit bourg n'a que dix ou douze feux."

"En laquelle paroisse et bourg, le Seigneur seulement y a droit de justice. " Un urevot représente le vicomte à Cherviz.

"Le prevost de Cherviz possédait toute la paroisse en fondalité". (Clement Simon).

Le guet :" Est frans tous ceux dudit bourg."

Paroisse de ChasteauxModifier

"Après est la paroisse de Chasteaux, qui est une bien petite paroisse, tant pauvre que merveilhes, car le pays de sol est stéril, et ne y a au bourg que quatre feuz bordiers, exans de guet et environ pas plus pas moins, dix villages bien pauvres".

Il est dans l'esprit des gens de la région de minimiser leurs possessions par superstition, on ne se vante pas. En l'occurrence, il n'est pas dans l’intérêt du vicomte de surestimer ses biens. Ceci étant, le sol argileux et acide de la région est pauvre. Un feu désigne une maisonnée qui peut comporter jusqu'à six ou sept habitants. Un feu bordier désigne une petite propriété, au Moyen Âge en périphérie d'un ténement désigné sous le nom de Borderia. Des lieux-dits en Limousin portent le nom de Bordier ou de La Borderie.

Le mot" merveilhes" est la traduction du mot occitan "miraudio" qui signifie plus ou moins un rêve, une illusion, dans le sens du merveilleux des contes.

Autres seigneurs ayant des droits et des propriétés foncières : la prieuresse du Masgaudet (commune actuelle de Meuzac), le prieur du Cluzeau (Meuzac) , celle relevant de l'abbaye de Grandmont, les sieurs de Bonneval, de Saint-Jean Ligoure, de Freyssinet, de Tranchelion, d'Orval, de Montbrun, de Lavergne, etc. (Clement-Simon).

Autres paroissesModifier

Glanges-Meuzac-Vic etc.

Meuzac appartenait pour la plus grande part aux seigneuries de Magnac et Bré. (Clement-Simon).

Glanges : Petite paroisse, appartenait pour partie aux seigneurs de Pierre-Buffière et Magnac. Le bourg était de la fondalité de Pierre-Buffière et la justice de Château-Chervix. (Clement -Simon).

Vic sur Breuilh : Vic au XV : "La paroisse de Vic était de la justice du sieur de Magnac. Les villages de Freissanges, Noailhas, le Mas au Vicomte et l'Abeille étaient de la fondalité et de la justice de Château-Chervix. La famille de Tranchelion avait divers héritages en direct dans la paroisse. (Clement-Simon).

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs[9]
Période Identité Étiquette Qualité
1994 avril 2010 Michel Nardot    
juin 2010 En cours Jean-Luc Lachaud[10]    
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[12].

En 2016, la commune comptait 799 habitants[Note 1], en augmentation de 1,4 % par rapport à 2011 (Haute-Vienne : -0,29 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 1931 8211 6291 5911 6581 7311 6791 8451 760
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 6921 6301 6821 6061 6841 7631 8461 9231 934
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 9221 9952 0101 7511 6791 6891 5891 4591 305
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1 1811 0731 019909801710764772779
2013 2016 - - - - - - -
794799-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

  • La tour de Château-Chervix (XIIe siècle) est le seul vestige d'un château brûlé à la fin du Moyen Âge. Il compte parmi les plus beaux donjons romans du Limousin.
  • Alignement du Pré d'avant Clédie
  • Château de Lavaud-Bousquet[14]
  • La fontaine Bonnafy : Cette fontaine construite en 1897 est implantée au centre de la place Haute du bourg (8 MAI 1945). Elle est due à la générosité de Pierre Louis Bonnafy, riche commerçant, qui fut affligé de voir les villageois peiner le long d'un chemin escarpé et difficile pour se ravitailler en eau. Il fit capter une source, raccorder et construire cette fontaine pour l'offrir à la commune afin que les habitants disposent en permanence d'une eau abondante et pure. Cette fontaine que les Châtelauds appellent « La Margelle » se compose d'une grande vasque en maçonnerie circulaire et d'un fût central rond d'où l'eau se déverse continuellement grâce à trois tuyaux en cuivre. Sur la colonne centrale circulaire a été apposé un portrait du bienfaiteur sur une plaque en bronze moulée.
  • l'église Saint-Sylvain-du-Château de style roman fut édifiée en 1096, et dépendait de l'abbaye Saint-Martial de Limoges. La structure de la maçonnerie a subi de nombreux remaniements au fil des siècles. La nef unique avec un faux transept ainsi que le chevet et les deux chapelles latérales sont voûtés en berceau. L'édifice se termine à l'est par un chevet plat et à l'ouest par un clocher-fronton muni de deux cloches. Le dallage en ciment du XIXe siècle a remplacé un ancien pavage constitué de pierres tombales qui a complètement disparu aujourd'hui.
  • La « Pierre des Morts », est une pierre de réemploi accolée à l'église, taillée dans la serpentinite, qui est un témoin millénaire des rites funéraires du village. Cette pierre des morts servait de reposoir lors d'une halte d'un convoi funéraire pour poser le cercueil du défunt au cours du transport de son domicile jusqu'à sa tombe. Une légende raconte que le bol du défunt accompagnant le cercueil était rempli d'eau bénite et était cassé volontairement sur cette pierre.
  • Le cimetière communal : de récentes fouilles archéologiques préventives effectuées sur la place du 8-Mai-1945, ont permis de mettre au jour les restes de l'ancien cimetière lié à l'église, avec des sépultures datées pour la plupart allant du XIIe au XIVe siècle. La plus ancienne d'entre elles, datée du XIe siècle, a été fortement perturbée par les fondations de l'église, ce qui atteste que cette sépulture existait bien avant que l'église actuelle ait été édifiée.
  • Les habitations : l'habitat rural du vieux bourg est typique du Limousin en gardant en grande partie les caractères des siècles passés.
    L'organisation des hameaux est soit groupée comme la Chauvière, la Flotte, la Nonardie, ou dispersée la Chapelle, les Landes, Lavaud-Bousquet. Les maisons sont le reflet des différentes catégories paysannes de la commune : maisons basses pour les paysans ou paysans-artisans et grands logis ou maisons à étages pour les propriétaires de fermes plus importantes.
    La maison rurale, bâtie avec des pierres locales a son propre grenier. Le toit était fait de chaume ou de petites tuiles plates. Enfin une grange-étable était souvent accolée au logis.
  • Fontaine permanente située à l'extérieur du mur d'enceinte de la cour de l'école, alimentant un petit bassin situé à proximité dans un petit jardin arboré.
  • Bâtiment de l'école communale, architecture du XVIIIe siècle.
  • Lande de la Flotte et du Cluzeau, lande serpentinicole.

HéraldiqueModifier

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

D'azur au donjon carré d'argent posé sur une terrasse d'or.

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

Livret édité par l'Association des Amis de la Tour et du Pays Briance Sud Haute-Vienne. - consulté

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Carte IGN sur Géoportail
  2. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. « Nom des habitants », sur www.habitants.fr (consulté le 19 mars 2011)
  4. Béatrice Cauuet, L'Or des Celtes du Limousin, Limoges : Culture et patrimoine en Limousin, coll. Archéologie, 2004, (ISBN 2-911167-37-6), p. 25.
  5. Cauuet, op. cit., p. 33.
  6. Cauuet, op. cit., p. 48.
  7. Cauuet, op. cit., p. 67.
  8. Cauuet, op. cit., p. 52.
  9. « Les maires de la commune » (consulté le 19 mars 2011)
  10. Site officiel de la préfecture de Haute-Vienne - liste des maires (doc pdf)
  11. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  14. Notice no PA00132762, base Mérimée, ministère français de la Culture