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Contexte historique (L'occupation)Modifier

La France est envahie en 1940 et la 7e Panzerdivision, commandée par Rommel, entre en Normandie. L'objectif étant la prise du port de Cherbourg, le centre manchois est épargné et Saint-Lô se rendra dans la nuit du . Pendant l'occupation, la statue de la Laitière normande, réalisée par Arthur Le Duc est déboulonnée et fondue pour en faire des canons, malgré une opposition des élus locaux.

En mars 1943, les Allemands décident de creuser un souterrain sous le rocher. Pour l'heure personne n'est capable de dire quelle aurait été l'utilité de ce souterrain et de celui creusé au même moment sous l'Institut d'Agneaux. Des ouvriers issus du STO seront requis jusqu'au début de la bataille de Normandie.

Ensuite, le souterrain, en chantier, accueillera les malades de l'hôtel-Dieu situé juste en face et une partie de la population saint-loise[1]. Un soldat allemand est abattu en janvier 1944 et plusieurs Saint-Lois sont arrêtés ; cinéma, théâtre et bars sont fermés, les postes de TSF confisqués et le couvre-feu est avancé à 20 heures[2].

BombardementsModifier

Le soir du débarquement, dans la nuit 6 au , les Américains décidèrent de bombarder la ville, située à un carrefour stratégique mais de relative importance. Le raid est alors concentré sur la gare ferroviaire et la centrale électrique[3]. Il fallait empêcher les renforts allemands stationnés en Bretagne de pouvoir remonter sur le front. Des tracts d’avertissement largués la veille furent dispersés par le vent sur les communes voisines. De la prison, plus de 200 prisonniers dont 76 patriotes périrent enfermés (de nos jours, seule subsiste la porte de l'édifice). On compte plus d’un millier de morts.

Capture de la villeModifier

Article connexe : Bataille des Haies.

La conquête de Saint-Lô est confiée au XIXe corps de la première armée américaine, placé sous le commandement du général Corlett. Le 15 juillet 1944, elle regroupe :

En face, deux corps d'armée allemande sont sur le front de Saint-Lô : la 352e division d'infanterie commandée par le général Krais et la 3e division du 2e corps de parachutistes commandée par le général Eugen Meindl.

 
Ruines de la gare

La 29e division attaque le secteur Nord-Est de Saint-Lô, près de la Madeleine. Un bataillon dirigé par le major Bingham, dit le « bataillon perdu », se retrouve isolé pendant toute une journée sans munition et avec peu de nourriture. On compte 25 blessés et seulement trois infirmiers alors que les forces allemandes sont toutes proches. Des avions ont même dû larguer des poches de plasma. La colline de Martinville est quant à elle « arrosée » continuellement par l'artillerie allemande. Le 17 juillet, le 3e bataillon du major Thomas D. Howie rejoint vers 4 h 30 le bataillon perdu. Caché sous la végétation, le 3e bataillon a pour ordre de ne pas riposter aux tirs ennemis et de ne se servir que de la baïonnette. La jonction est réussie, mais un obus de mortier éclate près du major Howie, le touchant mortellement. La position est alors lourdement attaquée, empêchant un quelconque mouvement dans la journée.

 
Le monument du major Howie

Le 17 juillet, le capitaine Puntenney demande l'appui de l'artillerie et de l'aviation pour disperser les troupes allemandes. Les GI, à court de munitions, prennent tout de même le carrefour de La Madeleine grâce à un dépôt de mines, abandonné des Allemands. Le 115e, quant à lui, contourne La Luzerne pour se déployer dans le bas de la vallée de la Dollée. Le 18 juillet, une compagnie du 116e rétablit la jonction avec la position de La Madeleine et les Allemands se replient à l'Ouest vers Rampan. Un groupe d'opération est placé sous la direction du général Norman Cota pour former la Task Force C. Vers 15 heures, les blindés longent la route d'Isigny, suivis des rangs de soldats. Ils arrivent à Saint-Lô par le quartier de la Bascule, près de l'église Sainte-Croix. L'armée se regroupe sur la place du Champ-de-Mars et contrôle les points stratégiques de l'Est de Saint-Lô (route de Carentan, route de Torigni, route de Bayeux) vers 18 heures. Surpris par la rapidité, les Allemands n'opposent que peu de résistance. Repliée sur le versant d'Agneaux, l'artillerie allemande pilonne les carrefours saint-lois, notamment celui de La Bascule, blessant plusieurs officiers dont le général Cotta. Ainsi, le major Glover S. Johns, commandant le 1er bataillon du 115e, décide d'installer le poste de commandement dans le cimetière, dans le sous-sol du caveau funéraire de la famille Blanchet. On dépose la dépouille du major Howie sur les restes du clocher de Sainte-Croix pour rendre hommage à son courage, lui qui s'était promis d'être le premier soldat à entrer dans la ville. Le lendemain, les soldats arpentent les rues pour débusquer les tireurs allemands, qui tentent sans succès une contre-attaque dans la nuit du 20. À 4 h 40, la 29e division laisse la ville au contrôle de la 35e division.

PostéritéModifier

En souvenir de cette dure bataille, le nom de Saint-Lô a été donné le 10 octobre 1944 à un porte-avions d'escorte de l'US Navy, l'USS Midway entré en service le 23 octobre 1943, lorsqu'il a été décidé de donner le nom de cette grande victoire aéronavale au plus grand porte-avions américain de l'époque. Le nouvel USS St. Lo aura connu un destin funeste : quinze jours plus tard, le 25 octobre 1944, lors de la bataille du golfe de Leyte, il a été le premier porte-avions coulé par une attaque kamikaze.

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  •   Maurice Lantier, 44 jours en 1944 pour libérer Saint-Lô : (6 juin-19 juillet 1944), Saint-Lô, Saint-Lô 44, 1994 (ISBN 978-2-9508090-3-2)
  •  The Battle of the Hedgerows : June-July 1944, de Stephen Hart, Zenith Imprint, (ISBN 0760311668)
  •   Battle of the Hedgerows : Bradley's First Army in Normandy, June-July 1944, de Leo Daugherty, (ISBN 0760311668)
  •  Mourir pour Saint-Lô : Juillet 1944 la bataille des haies de Didier Lodieu, Éditions Histoire & Collections, (ISBN 2-35250-034-6)

Notes et référencesModifier