Auguste Burdeau

professeur de philosophie et homme politique français

Auguste Burdeau, né le à Lyon et mort à Paris , est un écrivain, professeur de philosophie et homme politique de la Troisième République.

Auguste Burdeau
Auguste Burdeau.jpg
Fonctions
Président de la Chambre des députés
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Ministre de la Marine
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Député du Rhône
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 43 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
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Parti politique
Distinction
Père-Lachaise - Division 65 - Auguste Burdeau 01.jpg
Vue de la sépulture.

BiographieModifier

Orphelin dès l'âge de dix ans, Burdeau entre en apprentissage comme tisseur sur soie, tout en poursuivant son instruction pour être admis au concours d'interne au lycée impérial de Lyon, puis entre en classes préparatoires au collège Sainte-Barbe de Paris.

En 1870, élève de l'École normale supérieure, il s'engage comme volontaire contre les Prussiens en 1870. Blessé et fait prisonnier en 1871, il est décoré de la Légion d'honneur à vingt ans.

Professeur agrégé de philosophie à Nancy, disciple de Kant, il a pour élève Maurice Barrès, Léon Daudet et Paul Claudel qui l'admira malgré des idées divergentes. Professeur au lycée Louis-le-Grand à Paris, il est nommé chef de cabinet de Paul Bert lorsque celui-ci est nommé ministre de l'Instruction publique en novembre 1881. Il est élu député du Rhône de 1885 à 1894. Le 13 juillet 1892, à la suite de la démission de Godefroy Cavaignac[1], il est nommé ministre de la Marine et des Colonies dans le gouvernement Émile Loubet[2], fonction qu'il conserve jusqu'au 11 janvier 1893. L'administration des colonies étant transférée du ministère du commerce à celui de la marine, Burdeau est secondé par Émile Jamais, sous-secrétaire d'État au ministère de la Marine et des Colonies, chargé des colonies. Burdeau est ensuite ministre des Finances dans le cabinet de Casimir-Perier de 1893 à 1894. Il est élu président de la Chambre des députés le , mais il meurt cinq mois plus tard. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (65e division)[3].

Maurice Barrès le décrit sous le personnage d'un professeur de philosophie, Paul Bouteiller, dans son cycle romanesque Le roman de l'énergie nationale[4].Léon Daudet dans "souvenirs des milieux littéraires, politiques et artistiques" lui reproche d'avoir faussé son jugement en lui inculquant les principes de Kant. Il estime que la soif de l'argent l'a perverti au cours de sa carrière politique.

DécorationsModifier

ŒuvreModifier

 
Fontaine Burdeau, de la montée des Carmélites, à Lyon.

Défenseur de la laïcité, il est l'auteur de L'instruction morale à l'École (1884) et du Manuel d'Éducation morale (1893) démontrant que la morale n'est pas obligatoirement liée à la religion. D'après lui, le citoyen peut, sans aucune référence a une divinité ou à une croyance, être un homme d'une totale probité. Auguste Burdeau rédige une étude sur la famille Carnot. La mort interrompt son œuvre alors qu'il préside la Chambre des députés.

Il est à l'origine de l'expression d'« ordre social désirable » qui caractérise la volonté d'un État d'assurer une mission générale d'organisation de la vie sociale en fonction de l'intérêt général.

Il a traduit en français en 1885 l'œuvre majeure d'Arthur Schopenhauer, Le Monde comme Volonté et comme Représentation. Cette traduction, saluée par Friedrich Nietzsche[5], fit référence aux XIXe et XXe siècles.

Il a un monument et une rue à Lyon, en bas des pentes de la Croix-Rousse, au pied de l'amphithéâtre des Trois-Gaules, mais la statue en pied a disparu, sans doute fondue en même temps que celle du Sergent Blandan.

SourcesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Le royaume du Dahomé face à la pénétration coloniale par Luc Garcia P. 120-121 Ouvrage consultable sur le site du Google Livres.
  2. Emile Jamais - Notice Biographique.
  3. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, (lire en ligne), p. 76.
  4. Arnaud Teyssier, La IIIe République de Félix Faure à Clemenceau, Pygmalion 2001
  5. Dans Nietzsche contra Wagner, « Dans cette France de l’Esprit, qui est aussi la France du Pessimisme, Schopenhauer est davantage parmi les siens qu’il l’a jamais été en Allemagne ; son chef d’œuvre deux fois traduit, la seconde fois d’excellente manière, de sorte qu’aujourd'hui je préfère encore le lire en français... »

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

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