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Adnane Abou Walid al-Sahraoui
Nom de naissance Lehbib Ould Ali Ould Saïd Ould Joumani
Naissance 1973 (45-46 ans) ou 1979 (39-40 ans)
Laâyoune
Origine Sahraoui
Allégeance Flag of the Sahrawi Arab Democratic Republic.svg Front Polisario (années 1980 ou 1990)
ShababFlag.svg MUJAO (2011-2013)
Flag of Jihad.svg Al-Mourabitoune (2013-2015)
Drapeau de l'État islamique État islamique (depuis 2015)
Grade Émir
Commandement Chef de l'État islamique dans le Grand Sahara
Conflits Guerre du Sahara occidental
Guerre du Mali
Faits d'armes Attaque de Tilwa

Adnane Abou Walid al-Sahraoui, nom de guerre de Lehbib Ould Ali Ould Saïd Ould Joumani, né entre 1973 et 1979[1], est un djihadiste sahraoui. Membre du Front Polisario, il rejoint ensuite les djihadistes et devient le premier chef au Sahel à faire allégeance à l'État islamique.

BiographieModifier

Il est témoin pendant son enfance de la guerre du Sahara occidental et fait partie des civils qui trouvent refuge dans les camps du Front Polisario en Algérie. Quelques années plus tard, il s'engage dans l'Armée populaire de libération sahraouie[2].

Il rejoint ensuite les groupes djihadistes. Au début de la guerre du Mali, Walid Abou Adnan Sahraoui est un porte-parole du MUJAO[2]

Le , une des deux composantes d'Al-Mourabitoune, celle du MUJAO, annonce prêter allégeance à l'État islamique dans un communiqué signé de l'émir Adnane Abou Walid Al-Sahraoui[3],[4],[5],[6]. Mais deux jours plus tard, Mokhtar Belmokhtar dément l'allégeance d'Al-Mourabitoune à l'EI et déclare que le communiqué d'Al-Sahraoui « n'émane pas du Conseil de la Choura »[7]. Al-Mourabitoune se retrouve alors divisée en deux tendances, quelques dizaines, peut-être une centaine de combattants prêtent allégeance à l'EI[8],[6]. Adnane Abou Walid Al-Sahraoui baptise son groupe « État islamique dans le Grand Sahara », mais il ne fait l'objet d'aucune reconnaissance de la part du califat[9].

Selon le journal algérien El Watan, le 14 juin des combats auraient éclaté au nord de Gao entre des hommes d'Al-Mourabitoune ayant rallié l'État islamique et des djihadistes restés fidèles à al-Qaïda. Adnane Abou Walid Al-Sahraoui aurait été blessé et 14 de ses hommes tués[1],[6].

En janvier 2016, Djamel Okacha, le chef d'AQMI au Sahel, donne une interview au site d'information mauritanien Al-Akhbar, il déplore l'allégeance d'Al-Sahraoui à l'État islamique, mais affirme que « les contacts ne sont pas rompus »[10],[11],[12],[6].

Le groupe d'Al-Sahraoui est basé dans la région de Gao, près de Ménaka[13].

Le soir du , un petit groupe de deux ou quatre djihadistes attaquent un poste de douane à Markoye, au Burkina Faso. Un douanier et un civil sont tués. Le 3 septembre, Adnane Abou Walid Al-Sahraoui revendique l'attaque, la première depuis son allégeance à l'État islamique[14],[15],[16]. Le 12 octobre, quatre soldats burkinabés sont tués à Intangom dans une attaque revendiquée par l'EI[17],[18]. Puis le 17 octobre, une dizaine de combattants mènent un assaut qui échoue contre la prison de Koutoukalé, au Niger, et où un djihadiste est tué. Cette attaque est également revendiquée par le groupe d'Al-Sahraoui[19].

Après ces attaques, l'État islamique reconnaît officiellement l'allégeance du groupe d'Al-Sahraoui le [20],[21],[6].

Vers 2016, Al-Sahraoui se marie avec une Peule originaire du village de Bouratam, près de la frontière avec le Mali et le Niger, afin de nouer des alliances locales au sein de la communauté peule[22].

En contact avec l'« État islamique en Afrique de l'Ouest », dirigé par Abou Mosab al-Barnaoui, il cherche à étendre sa zone d'action et d'influence vers l'est, en direction du Nigeria[22]. Le 24 février 2017, l'EI dans le Grand Sahara revendique l'attaque de Tilwa menée le 22 février contre l'armée nigérienne, le groupe affirme que l'opération a été directement organisée et commanditée par Al-Sahraoui[23].

Le , après une attaque contre un poste de militaire à Abala, au Niger, les djihadistes de l'État islamique se replient au Mali. Mais ils sont alors attaqués par l'armée malienne, l'armée française et les miliciens touaregs du GATIA et du MSA. En réponse, Adnane Abou Walid Al-Sahraoui accuse dans une missive les Touaregs imghad et daoussahak d'être les complices de la France et du Niger, et menace particulièrement les chefs du MSA et du GATIA : Moussa Ag Acharatoumane et El Hadj Ag Gamou[24],[25].

Le 22 février 2018, Adnane Abou Walid al-Sahraoui échappe à une opération menée par l'armée française avec l'aide de combattants touaregs du GATIA et du MSA. Un de ses bases est localisée dans la forêt d’Ikadagotane, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Ménaka, cinq djihadistes sont arrêtés, quelques autres sont tués, dont un chef nommé « Sodji » ou « Bouba », mais al-Sahraoui parvient à s'enfuir à pied dans la nuit avec plusieurs de ses hommes[26].

Au cours de l'année 2018, les forces de l'État islamique dans le Grand Sahara subissent plusieurs défaites face aux attaques des forces françaises et maliennes, ainsi que celles des miliciens touaregs du MSA et du GATIA. Une trentaine de djihadistes sont notamment tués le 28 mars, lors d'un combat à Akabar, au sud de Ménaka[27]. À la fin de l'année le général Bruno Guibert, le chef de la force Barkhane, estime qu'al-Sahraoui s'est probablement enfui en Mauritanie[28].

Le 4 octobre 2019, deux ans jour pour jour après l'embuscade de Tongo Tongo, les États-Unis annoncent offrir cinq millions de dollars « pour toute information permettant l'identification ou la localisation d'Adnan Abou Walid Sahraoui »[29].

RéférencesModifier

  1. a et b « Info El Watan. Mali : L’émir d’al-Mourabitoune gravement blessé dans des affrontements », sur El Watan,
  2. a et b « Diaspora Saharaui Qui est Walid Abou Adnan Sahraoui, le porte-parole du MUJAO? », sur diasporasaharaui.blogspot.fr
  3. « Le groupe El-Mourabitoune prête allégeance à l’Etat islamique », sur fr.alakhbar.info (consulté le 18 août 2019)
  4. « El-Mourabitoune appelle les autres groupes jihaidstes à prêter allégeance à l’Etat islamique (Audio) », sur Alakhbar
  5. « Wassim Nasr. », sur twitter
  6. a b c d et e Marc Mémier, « AQMI et Al-Mourabitoun : le djihad sahélien réunifié? », sur IFRI,
  7. « Bel Mokhtar dément l’allégeance du groupe El-Mourabitoune à l’Etat Islamique », sur Alakhbar,
  8. « Mali-Sahel: lutte de positionnement des groupes jihadistes », sur RFI,
  9. Mathieu Olivier, « Dix ans après sa création, où en est l’État islamique en Afrique et au Maghreb ? », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 18 août 2019)
  10. Nathalie Guibert et Madjid Zerrouky, « Les nouvelles menaces contre la France de l’émir d’Al-Qaida au Sahel », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 18 août 2019)
  11. « أبو الهمام في أول مقابلة له بعد التدخل الفرنسي بمالي (نص المقابلة) »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur Al-Akhbar,‎
  12. « Lemine OULD M. SALEM », sur twitter,
  13. « Niger: 15 militaires tués lors d’une attaque près de la frontière malienne », sur RFI,
  14. Madjid Zerrouky, Un groupe lié à l’État islamique revendique une première attaque dans le Sahel, Le Monde, 5 septembre 2016.
  15. Madjid Zerrouky, « Un groupe lié à l’Etat islamique revendique une première attaque dans le Sahel », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 18 août 2019)
  16. Benjamin Roger, « Burkina : deux morts dans l’attaque d’un poste de douane à Markoye », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 18 août 2019)
  17. Morgane Le Cam, « Le nord du Burkina Faso de nouveau frappé par une attaque contre un poste militaire », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 18 août 2019)
  18. « L’État islamique revendique l’attaque contre l’armée burkinabé », sur fr.alakhbar.info (consulté le 18 août 2019)
  19. Niger: l'attaque de la prison de Koutoukalé revendiquée par le groupe EI, RFI, 19 octobre 2016.
  20. David Thomson, « L'Etat islamique confirme officiellement sa présence au nord du #Malipic.twitter.com/CQYpjrRVRm », sur twitter @_DavidThomson, (consulté le 18 août 2019)
  21. « Mali: le groupe Etat islamique officialise sa présence au Sahel - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 18 août 2019)
  22. a et b Georges Malbrunot, « Daech cherche à s'étendre en Afrique », sur Le Figaro, (consulté le 18 août 2019)
  23. Mohamed Ag Ahmedou, « Niger : L'état islamique au Sahel revendique l'attaque contre l'armée nigérienne », sur Journal du Mali, (consulté le 18 août 2019)
  24. « Point de situation des opérations du 8 juin 2017 », sur www.defense.gouv.fr, (consulté le 18 août 2019)
  25. « Le chef jihadiste Al-Sahraoui accuse et menace deux communautés du Mali - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 18 août 2019)
  26. « Mali : le récit exclusif de la traque de Abou Walid al-Sahraoui », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 18 août 2019)
  27. AFP, « Mali: 30 jihadistes tués dimanche par les forces françaises et maliennes », sur LExpress.fr, (consulté le 18 août 2019)
  28. Nathalie Guibert, « Sahel : l’opération « Barkhane » contrainte de s’adapter », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 18 août 2019)
  29. Embuscade mortelle au Niger: Washington promet des récompenses pour arrêter le chef djihadiste, Le Figaro avec AFP, 4 octobre 2019.