Élections législatives srilankaises de 2020

Élections législatives srilankaises de 2020
225 députés du Parlement
Corps électoral et résultats
Inscrits 16 263 885
Votants 12 343 302
75,89 %  −1,8
Votes blancs et nuls 744 373
Mahinda Rajapaksa 2006.jpg Sri Lanka Podujana Peramuna – Mahinda Rajapakse
Voix 6 853 690
59,09 %
 +16,7
Sièges obtenus 145  +50
Sajith Premadasa.jpg Samagi Jana Balawegaya – Sajith Premadasa
Voix 2 771 980
23,90 %
 +23,9
Sièges obtenus 54  +54
R. Sampanthan.jpg Ilankai Tamil Arasu Kachchi – Rajavarothiam Sampanthan
Voix 327 168
2,82 %
 −1,8
Sièges obtenus 10  −6
AnuraKumara.jpg Janatha Vimukthi Peramuna – Anura Kumara Dissanayaka
Voix 445 958
3,84 %
 −1
Sièges obtenus 3  −3
R Wickremasinghe.jpg Parti national uni – Ranil Wickremesinghe
Voix 249 435
2,15 %
 −43,5
Sièges obtenus 1  −105
Premier ministre du Sri Lanka
Sortant Élu
Mahinda Rajapakse
SLPP
Mahinda Rajapakse
SLPP

Les élections législatives srilankaises de 2020 ont lieu de manière anticipée le afin de renouveler les 225 députés du Parlement du Sri Lanka. Le scrutin a lieu après deux reports dans la même année.

Le président Gotabaya Rajapaksa, élu en , décide de dissoudre l'assemblée le au lieu d'attendre le mois d'août, pour tenter d'obtenir une majorité parlementaire. Initialement prévues pour le , les élections sont cependant reportées moins d'un mois avant le scrutin en raison de la pandémie de COVID-19 qui touche alors le pays. Le scrutin est ensuite fixé au puis au .

L'alliance du Front du peuple du nouveau président Gotabaya Rajapaksa remporte la majorité absolue des sièges et reconduit Mahinda Rajapakse au poste de Premier ministre. Le Parti national uni, qui disposait de la majorité relative durant la législature sortante, perd presque tous ses sièges, victime de ses divisions.

ContexteModifier

Crise constitutionnelle de 2018Modifier

Le , lors de la crise constitutionnelle srilankaise de 2018, le président Maithripala Sirisena dissout le parlement et convoque des législatives anticipées pour le [1]. Le , la Cour suprême annule la dissolution[2]. Le , celle-ci confirme cette décision, estimant que le président ne possède pas le droit de dissoudre la chambre[3].

Gotabaya Rajapaksa est élu président de la République le , face à Sajith Premadasa, qui était soutenu par les minorités musulmane et tamoule[4]. Il prend ses fonctions le [5]. Le , après la démission du Premier ministre sortant Ranil Wickremesinghe, le nouveau président nomme son frère Mahinda Rajapakse comme Premier ministre[6].

Le président décide de dissoudre l'assemblée le , au lieu d'attendre le mois d'août, pour tenter d'obtenir rapidement une majorité, et les élections sont fixées au [7],[8].

Pandémie de Covid-19Modifier

Un mois avant le scrutin, les élections sont cependant reportées à une date indéterminée en raison de la pandémie de COVID-19 qui touche alors le pays[9]. Le , la commission électorale décide de fixer la date au [10], un délai que le nombre de cas ne permet néanmoins pas de tenir. La commission électorale estime en effet nécessaire un espacement de dix semaines entre le feu vert des autorités sanitaires et la tenue du scrutin, entrainant un nouveau report au [11]. La décision de la commission, prise le , intervient peu après le rejet par la Cour suprême d'un recours de l'opposition visant à annuler la dissolution de mars, ainsi que de la tenue d'une fausse élection dans le district de Galle visant à tester les mesures de précaution sanitaires. Le pays compte alors 1859 cas de coronavirus, pour un total de 11 morts[12],[13].

Système électoralModifier

 
Le bâtiment du Parlement à Kotte.

Le Parlement du Sri Lanka est un parlement unicaméral doté de 225 sièges pourvus pour des mandats de six ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes ouvertes. Sur ce total, 196 sièges sont répartis dans 22 circonscriptions électorales de 4 à 20 sièges chacune en fonction de leur population, avec un minimum de 4 sièges pour chacune des 9 Provinces du Sri Lanka. Un seuil électoral de 12,5 % s'applique dans ces circonscriptions, où seuls les partis ayant dépassé un huitième des suffrages peuvent recevoir des sièges. Les 29 sièges restants sont quant à eux pourvus dans une unique circonscription nationale et répartis entre les partis en proportion de l'ensemble de leurs suffrages réunis. Les électeurs ont également la possibilité d'effectuer jusqu'à trois vote préférentiels pour des candidats de la liste choisie afin de faire monter leurs place dans celle ci[14].

Système d'allianceModifier

Le Sri Lanka étant une ancienne colonie britannique, et un ancien dominion du Commonwealth, le pays pratique le système de Westminster, qui s'appuie fortement sur le bipartisme, avec un parti vainqueur dont le chef devient le nouveau Premier ministre, et un chef de l'opposition désigné par le principal parti de l'opposition. Comme le mode de scrutin proportionnel rend très difficile pour un parti politique d'obtenir seul la majorité parlementaire, le pays fonctionne avec des alliances de partis.

Pendant les 30 ans de la guerre civile du Sri Lanka, le pays était partagé entre 2 alliances :

Depuis 2009 et la victoire de Mahinda Rajapakse contre les Tigres Tamouls, le pays a toujours été dirigé par l'Alliance de la liberté du peuple uni. Plusieurs courants se sont néanmoins formés dans l'alliance :

Forces en présencesModifier

Principales forces politiques
Parti Idéologie Chef de file Résultat en 2015
Parti national uni
Eksath Jāthika Pakshaya
Centre droit
Conservatisme, libéralisme économique, démocratie directe
Ranil Wickremesinghe 45,66 % des voix
106 députés
Sri Lanka Podujana Peramuna Centre gauche à centre droit
Social-démocratie, nationalisme bouddhiste Singhalais (en)
Mahinda Rajapakse 42,38 % des voix
95 députés[a]
Janatha Vimukthi Peramuna Extrême gauche
Communisme, marxisme-léninisme
Anura Kumara Dissanayaka 4,87 % des voix
6 députés
Ilankai Tamil Arasu Kachchi Centre gauche
Nationalisme tamoul, fédéralisme
Rajavarothiam Sampanthan 4,62 % des voix
16 députés
Samagi Jana Balawegaya Centre droit
Conservatisme, libéralisme économique, démocratie directe
Sajith Premadasa Nouveau

RésultatsModifier

Résultats des élections législatives srilankaises de 2020[15],[16]
 
Parti Voix % Sièges +/-
Districts Nationaux Total
Sri Lanka Podujana Peramuna 6 853 690 59,09 128 17 145   50
Samagi Jana Balawegaya 2 771 980 23,90 47 7 54 Nv
Janatha Vimukthi Peramuna 445 958 3,84 2 1 3   3
Ilankai Tamil Arasu Kachchi 327 168 2,82 9 1 10   6
Parti national uni 249 435 2,15 0 1 1   105
All Ceylon Tamil Congress 67 766 0,58 1 1 2   2
Notre pouvoir au peuple 67 758 0,58 0 1 1   1
Tamil Makkal Viduthalai Pulikal 67 692 0,58 1 0 1   1
Parti de la liberté du Sri Lanka 66 579 0,57 1 0 1   1
Parti démocratique du peuple tamoul 61 464 0,53 2 0 2   1
Alliance nationale musulmane 55 981 0,48 1 0 1   1
Alliance nationale du peuple tamoul 51 301 0,44 1 0 1   1
Akila Ilankai Thamil Congress 43 319 0,37 1 0 1   1
Congrès national 39 272 0,34 1 0 1   1
Congrès musulman du Sri Lanka 34 428 0,30 1 0 1  
Autres partis[b] 171 516 0,98 0 0 0 -
Indépendants 223 622 1,93 0 0 0  
Suffrages exprimés 11 598 929 93,97
Votes blancs et invalides 744 373 6,03
Total 12 343 302 100 196 29 225  
Abstentions 3 920 583 24,11
Inscrits / participation 16 263 885 75,89

SuitesModifier

Mahinda Rajapakse est de nouveau désigné Premier ministre le [17].

Voir aussiModifier

NotesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Résultats de l'Alliance de la liberté du peuple uni
  2. 25 partis, moins de 0,30 % chacun

RéférencesModifier

  1. « Sri Lanka : le président dissout le Parlement », sur Le Monde.fr, (consulté le 14 novembre 2018)
  2. « Sri Lanka: la Cour suprême annule la dissolution du Parlement », sur BFMTV, (consulté le 14 novembre 2018)
  3. « Sri Lanka: la Cour suprême juge la dissolution du Parlement illégale », sur RFI, (consulté le 14 décembre 2018)
  4. (en) « Sri Lanka: Rajapaksa wins presidency as Premadasa concedes », sur aljazeera.com, novembre 2019
  5. « Gotabaya Rajapaksa prête serment comme président du Sri Lanka », sur Le Point, .
  6. Le Point, magazine, « Deux frères du puissant clan Rajapaksa à la tête du Sri Lanka », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 21 novembre 2019).
  7. (en) Gamini Gunaratna, Sri Lanka News Paper by LankaPage.com (LLC)- Latest Hot News from Sri Lanka, « Sri Lanka : Sri Lanka PM expects to resign today to allow new President to form care-taker government », sur www.colombopage.com, 20, (consulté le 24 novembre 2019).
  8. (en) Gamini Gunaratna, Sri Lanka News Paper by LankaPage.com (LLC)- Latest Hot News from Sri Lanka, « Sri Lanka : Sri Lanka Parliament dissolved, General Election on April 25 », sur www.colombopage.com, 2, 2 (consulté le 4 mars 2020).
  9. (en) « Sri Lanka’s General Election postponed till country is freed from COVID-19 - NewsIn.Asia », sur NewsIn.Asia, newsin.asia, (consulté le 10 avril 2020).
  10. (en) « Election Commission has decided to conduct Parliamentary Election on 20th June 2020 », sur News LK (consulté en 22avril 2020)
  11. (en) « Sri Lanka to hold coronavirus-delayed election on August 5 », sur www.aljazeera.com (consulté le 11 juin 2020).
  12. (en) Meera Srinivasan, « Sri Lanka to hold general elections on August 5 », sur The Hindu (consulté le 11 juin 2020).
  13. (en) PTI, « Sri Lanka holds mock poll to test COVID-19 guidelines for parliamentary election », sur The Hindu (consulté le 11 juin 2020).
  14. LANKA Parliament (Parlement) Union interparlementaire
  15. (en) « Sri Lankan Elections », sur results.elections.gov.lk (consulté le 7 août 2020).
  16. (en) « DEMOCRATIC SOCIALIST REPUBLIC OF SRI LANKA LEGISLATIVE ELECTIONS OF 5 AUGUST 2020 », sur psephos.adam-carr.net (consulté le 20 août 2020).
  17. « Sri Lanka : Mahinda Rajapaksa prête serment pour devenir le nouveau PM », sur french.china.org.cn, (consulté le 15 août 2020).