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Mahinda Rajapakse

6e président du Sri Lanka

Mahinda Rajapakse
(si) මහින්ද රාජපක්ෂ
Illustration.
Mahinda Rajapakse en septembre 2014.
Fonctions
Chef de l'opposition
En fonction depuis le
(8 mois et 4 jours)
Président Maithripala Sirisena
Prédécesseur Rajavarothiam Sampanthan
Premier ministre du Sri Lanka[N 1]

(1 mois et 19 jours)
Président Maithripala Sirisena
Gouvernement Rajapakse II
Prédécesseur Ranil Wickremesinghe
Successeur Ranil Wickremesinghe
Président de la République démocratique socialiste du Sri Lanka

(9 ans, 1 mois et 21 jours)
Élection
Réélection
Premier ministre Ratnasiri Wickremanayake
D.M. Jayaratne
Prédécesseur Chandrika Kumaratunga
Successeur Maithripala Sirisena
Premier ministre du Sri Lanka

(1 an, 7 mois et 13 jours)
Président Chandrika Kumaratunga
Gouvernement Rajapakse I
Prédécesseur Ranil Wickremasinghe
Successeur Ratnasiri Wickremanayake
Chef de l'opposition

(2 ans, 1 mois et 27 jours)
Président Chandrika Kumaratunga
Prédécesseur Ratnasiri Wickremanayake
Successeur Ranil Wickremesinghe
Ministre de la Pêche et des Ressources aquatiques
Président Chandrika Kumaratunga
Premier ministre Sirimavo Bandaranaike
Ratnasiri Wickremanayake
Ministre du Travail
Président Chandrika Kumaratunga
Premier ministre Sirimavo Bandaranaike
Biographie
Nom de naissance Percy Mahendra Rajapaksa
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Weeraketiya, district d'Hambantota, Ceylan
Nationalité sri-lankaise
Parti politique SLFP (jusqu'en 2018)
SLPP (depuis 2018)
Conjoint Shiranthi Wickremesinghe
Enfants Namal Rajapaksa
Yoshitha Rajapaksa
Rohitha Rajapaksa
Diplômé de Sri Lanka Law College
Profession Avocat
Religion Bouddhisme

Mahinda Rajapakse
Premiers ministres du Sri Lanka
Présidents de la République démocratique socialiste du Sri Lanka

Mahinda Rajapakse (né le à Weeraketiya, district d'Hambantota, Sri Lanka), est un homme d'État sri-lankais, membre du Parti de la liberté du Sri Lanka (SLFP) puis du SLPP, et s'est situé depuis le début de sa carrière politique au centre-gauche.

Député de 1970 à 1977, puis à nouveau en 1989, avant de devenir ministre dans les années 1990 puis Premier ministre (2004-2005), il est élu au poste de président de la République pour deux mandats (2005-2015) avant de redevenir de manière contestée Premier ministre en octobre 2018. Il démissionne en décembre de la même année, après l'annulation par la Cour suprême de législatives anticipées et un mois après avoir été renversé par une motion de censure.

Sommaire

Études et carrièreModifier

Rajapakse est né dans le sud du pays, dans une famille de l'oligarchie : son père, D. A. Rajapaksa, avait été ministre de l'Agriculture du gouvernement colonial de Wijeyananda Dahanayake (1959-60), et son oncle, D.M. Rajapaksa, avait été conseiller d'État de Ceylan (en) (fonction législative) dans les années 1930. D.M. Rajapaksa portait alors le voile marron traditionnel des paysans cultivateurs de l'éleusine, symbole repris par son neveu Mahinda[1].

Mahinda Rajapkase fit ses études au collège Richmond, à Galle (120 km de Colombo) avant d'aller à la capitale, étudiant d'abord au Nalanda College Colombo (bouddhiste), puis au Thurstan College[1]. Après la mort de son père, en 1967, il devint le candidat du Sri Lanka Freedom Party (SLFP) dans sa circonscription natale de Beliatta. Trois ans plus tard, il entra au Parlement, devenant à 24 ans le plus jeune député sri-lankais, et se situant au centre-gauche [1].

Il entama des études de droit en 1974 au Sri Lanka Law College, prêtant serment en tant qu'avocat en novembre 1977, année où il perdit son siège de député, victime de la défaite électorale historique du SLPF[1]. Sauf pendant les périodes où il fut ministre, il exerça tout au long de sa carrière parlementaire, ayant une étude à Tangalle, dans son district natal de Hambantota, et défendant les droits de l'homme [1]. Pendant 25 ans (jusqu'en 2004), il présida le Comité sri-lankais de solidarité avec la Palestine[1], militant pour la résolution pacifique du conflit israélo-palestinien et la création d'un État palestinien souverain[1].

Il fut élu à nouveau député (de Hambantota) en 1989, et se fit connaître en militant avec Manorani Saravanamuttu pour organiser le Front des mères, qui s'opposait en 1988-1990 à la « terreur blanche » du groupe rebelle Deshapremi Jathika Vyaparaya (Front patriotique national)[1].

Années 1990Modifier

Ministre du Travail du gouvernement de Sirimavo Bandaranaike (1994-97) puis ministre de la Pêche du même gouvernement, reconduit en 2001 dans ses fonctions par Ratnasiri Wickremanayake, il sortit du gouvernement à la suite de la victoire électorale, en 2001, du Parti national uni. Au gouvernement, il établit notamment l'Université de l'Océanographie [1] ainsi qu'une unité de garde-côte[1], et initia les travaux pour un nouveau port à Hambantota[1].

Il est élu leader de l'opposition en mars 2002[1].

Premier ministre (2004-2005)Modifier

Succédant à Ranil Wickremesinghe, il devint Premier ministre de la présidente Chandrika Kumaratunga (-) à la suite de la victoire aux législatives de la coalition de l'UPFA (United People's Freedom Alliance). Il doit alors faire face aux conséquences du tsunami de décembre 2004 (séisme d'une magnitude supérieure à 9), qui fait plus de 35 000 morts, suivi en mars 2005 par un nouveau séisme (de magnitude 8,7).

Président de la République (2005-2015)Modifier

Premier mandatModifier

Le , candidat du SLFP, il remporte l'élection présidentielle avec 50,33 % des voix face à Wickremesinghe. Sa candidature est soutenue par une coalition de 25 partis[1], et Rajapakse est investi dans ses fonctions deux jours plus tard.

Rajapakse remporte un succès historique en défaisant militairement, en mai 2009, la guérilla séparatiste des Tigres tamouls (LTTE), mettant un terme définitif à un conflit de plus de 40 ans, qui a fait entre 80 et 100 000 morts.

Second mandatModifier

Soutenu par la coalition de l'UPFA (United People's Freedom Alliance), il remporte l'élection présidentielle de janvier 2010 face à l'ex-chef des Armées Sarath Fonseka (Nouveau Front démocratique), son ancien allié dans la guerre contre le LTTE, et entame ainsi un deuxième mandat de cinq ans[2]. Les deux candidats s'accusent mutuellement de préparer un coup d'État[2]. Les Tamouls sont totalement ignorés lors de la campagne, et aucun des candidats n'évoque de politique de réconciliation nationale[3].

Lors de l'élection présidentielle du , il est battu par Maithripala Sirisena également membre du SLFP[4]. Son parti bloquant les réformes de Sirisena et son rapprochement avec la minorité tamoule, ce dernier organisa des élections législatives anticipées au cours desquelles le parti de Rajapakse fut défait, bien que lui-même remportât un siège[5].

Nomination controversée comme Premier ministre (2018)Modifier

Le 26 octobre 2018, le président Maithripala Sirisena démet Ranil Wickremesinghe de ses fonctions de Premier ministre et nomme immédiatement Rajapakse à sa place. Ayant fait amender en 2015 la constitution de sorte de retirer au président le droit de limoger le Premier ministre[6], Wickremesinghe considère cet acte comme inconstitutionnel et déclare demeurer à son poste[7]. Il refuse alors de quitter ses fonctions, recevant ainsi le soutien du président du Parlement, institution suspendue jusqu'au 16 novembre par le président de la République[8].

Le 28 octobre, alors que les partisans de Rajapakse tentent d'entrer dans sa résidence, un garde du corps du ministre sortant du Pétrole tire sur eux, faisant un mort et deux blessés[9].

Le 1er novembre, le président annonce la levée de la suspension du parlement[10] et le convoque pour le 5 novembre[11], puis reporte la date au 7 puis au 14 novembre[12]. Le 9 novembre, le président dissout le parlement et convoque des législatives anticipées pour le 5 janvier 2019[13]. Le 11 novembre, le président du Parlement conteste cette décision, estime que le président ne possède pas le pouvoir de dissolution[14]. Le 13 novembre, la Cour suprême annule la dissolution[15].

Le 14 novembre, son gouvernement est renversé par une motion de censure[16]. Les 15 et 16 novembre, ont lieu des séances houleuses au parlement[17]. Wickremesinghe demande alors à être réinvesti[18]. Le 18 novembre a lieu une réunion de sortie de crise[19].

Le 25 novembre, Sirisena annonce qu'il ne nommera plus jamais Wickremesinghe comme Premier ministre, l'accusant de corruption[20].

Le 3 décembre, la Cour suprême suspend les pouvoirs du second Premier ministre, Mahinda Rajapakse. Cette décision très attendue des magistrats a été rendu avant le 12 décembre, car ils ont estimé que des « dommages irréparables ou irrémédiables » pouvaient survenir sur l'île[21].

Le 13 décembre, la Cour suprême confirme l'annulation des élections anticipées, estimant que le président ne possède pas le droit de dissoudre la chambre[22].

Le 14 décembre, la démission prochaine de Rajapakse est annoncée par son fils, étant effective pour le lendemain 15 décembre[23]. Wickremesinghe est réinvesti le 16 décembre[24].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Dispute le poste à Ranil Wickremesinghe. Mandat suspendu à partir du 3 décembre 2018.

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l et m Biographie officielle du président (sur site gouvernemental)
  2. a et b Flore Galaud, Sri Lanka : tensions après la réélection du président, Le Figaro, 27 janvier 2010
  3. Marie-France Calle, Les Tamouls oubliés de l'élection sri-lankaise, Le Figaro, 26 janvier 2010
  4. L'outsider Sirisena élu nouveau président du Sri Lanka, France 24, 9 janvier 2015
  5. Agence France Presse, « Sri Lanka: l’ex-homme fort du pays rate son retour au pouvoir », liberation.fr, (consulté le 19 août 2015)
  6. « Le Sri Lanka s’enfonce dans une crise politique », sur Libération.fr (consulté le 28 octobre 2018)
  7. (en) Rulers.
  8. https://www.swissinfo.ch/fre/le-premier-ministre-refuse-de-quitter-sa-résidence--un-mort/44504184
  9. Le Point, magazine, « Sri Lanka : la crise politique s'aggrave, un tué par balles », sur Le Point (consulté le 28 octobre 2018)
  10. « Crise au Sri Lanka : la suspension du Parlement levée », sur Le Monde.fr (consulté le 14 novembre 2018)
  11. Zone Bourse, « Le parlement sri-lankais convoqué en session le 5 novembre » (consulté le 14 novembre 2018)
  12. « Sri Lanka: le parlement convoqué une semaine plus tard que prévu », sur Libération.fr (consulté le 14 novembre 2018)
  13. « Sri Lanka : le président dissout le Parlement », sur Le Monde.fr (consulté le 14 novembre 2018)
  14. « Sri Lanka: le président "usurpe" les pouvoirs des députés (président du Parlement) » (consulté le 14 novembre 2018)
  15. BFMTV, « Sri Lanka: la Cour suprême annule la dissolution du Parlement », sur BFMTV (consulté le 14 novembre 2018)
  16. « Sri Lanka: le Parlement vote une motion de censure contre le Premier ministre - Asie-Pacifique - RFI », sur RFI (consulté le 15 novembre 2018)
  17. « Sri Lanka: des députés se balancent des chaises et du piment », sur LExpress.fr (consulté le 18 novembre 2018)
  18. Le Point, magazine, « Crise au Sri Lanka: l'ex-Premier ministre demande à reprendre ses fonctions », sur Le Point (consulté le 18 novembre 2018)
  19. « Sri Lanka : le président convoque une réunion », sur Le Figaro (consulté le 18 novembre 2018)
  20. « Sri Lanka : le président promet de ne jamais reprendre le Premier ministre limogé », sur LExpress.fr (consulté le 25 novembre 2018)
  21. « Sri Lanka: les pouvoirs du premier ministre suspendus », sur Le Figaro (consulté le 14 décembre 2018)
  22. « Sri Lanka: la Cour suprême juge la dissolution du Parlement illégale - Asie-Pacifique - RFI », sur RFI (consulté le 14 décembre 2018)
  23. « Sri Lanka: démission du premier ministre », sur Le Figaro (consulté le 14 décembre 2018)
  24. Le Point, magazine, « Sri Lanka: Rajapakse se retire, mettant fin à l'impasse politique », sur Le Point (consulté le 15 décembre 2018)

Voir aussiModifier