Élection présidentielle srilankaise de 2019

Élection présidentielle srilankaise de 2019
Type d’élection Présidentielle
Corps électoral et résultats
Inscrits 15 992 096
Votants 13 387 951
83,72 %  +2,2
Votes blancs et nuls 135 452
Nandasena Gotabaya Rajapaksa.jpg Gotabaya Rajapaksa – Alliance de la liberté du peuple srilankais
Voix 6 924 255
52,25 %
Sajith Premadasa.jpg Sajith Premadasa (en) – Nouveau Front démocratique
Voix 5 564 239
41,99 %
Président du Sri Lanka
Sortant Élu
Maithripala Sirisena
UPFA
Gotabaya Rajapaksa
SLPP

L'élection présidentielle sri-lankaise de 2019 a lieu le afin d'élire le président du Sri Lanka. Le président sortant Maithripala Sirisena est éligible pour un second mandat, mais renonce à se représenter.

Le scrutin, marqué par un taux de participation élevé, doit mettre fin à une longue crise constitutionnelles entre les principaux acteurs politiques du pays. Gotabhaya Rajapaksa l'emporte dès le premier décompte des voix.

ContexteModifier

Suite au dix neuvième amendement voté en 2015, le président élu en 2019 doit voir ses pouvoirs réduits par rapport à ses prédecesseurs, au profit du Premier ministre et du parlement[1],[2].

PolitiqueModifier

Le 26 octobre 2018, le président Maithripala Sirisena démet Ranil Wickremesinghe de ses fonctions et nomme immédiatement l'ancien président Mahinda Rajapakse à sa place. Ayant fait amender en 2015 la constitution de sorte de retirer au président le droit de limoger le Premier ministre[3], Wickremesinghe considère cet acte comme inconstitutionnel et déclare demeurer à son poste[4]. Il refuse alors de quitter ses fonctions, recevant ainsi le soutien de Karu Jayasuriya, le président du Parlement, institution suspendue jusqu'au 16 novembre par le président de la République[5]. Le 28 octobre, alors que les partisans de Rajapakse tentent d'entrer dans sa résidence, un garde du corps du ministre sortant du Pétrole tire sur eux, faisant un mort et deux blessés[6].

 
Le président sortant Maithripala Sirisena.

Le 1er novembre, le président annonce la levée de la suspension du parlement[7] et le convoque pour le 5 novembre[8], puis reporte la date au 7 puis au 14 novembre[9]. Le 9 novembre, le président dissout le parlement et convoque des législatives anticipées pour le 5 janvier 2019[10]. Le 11 novembre, le président du Parlement conteste cette décision, estime que le président ne possède pas le pouvoir de dissolution[11]. Le 13 novembre, la Cour suprême annule la dissolution[12].

Le 14 novembre, le gouvernement de son rival est renversé par une motion de censure[13]. Les 15 et 16 novembre, ont lieu des séances houleuses au parlement[14]. Wickremesinghe demande alors à être réinvesti[15]. Le 18 novembre a lieu une réunion de sortie de crise[16].

Le 25 novembre, Sirisena annonce qu'il ne nommera plus jamais Wickremesinghe comme Premier ministre, l'accusant de corruption[17].

Le 3 décembre, la Cour suprême suspend les pouvoirs du second Premier ministre, Mahinda Rajapakse. Cette décision très attendue des magistrats a été rendue avant le 12 décembre, car ils ont estimé que des « dommages irréparables ou irrémédiables » pouvaient survenir sur l'île[18].

Le 13 décembre, la Cour suprême confirme l'annulation des élections anticipées, estimant que le président ne possède pas le droit de dissoudre la chambre[19].

Le 14 décembre, la démission prochaine de Rajapakse est annoncée par son fils, étant effective pour le lendemain 15 décembre[20]. Wickremesinghe est réinvesti le 16 décembre[21].

SécuritaireModifier

Le scrutin a par ailleurs lieu alors que le Sri Lanka se relève de plusieurs années de crises politique, ainsi que des attentats de Pâques en avril 2019 ayant fait 258 morts et plus du double de blessés, en particulier parmi la communauté chrétienne et dans le secteur touristique[1].

Système électoralModifier

Le président sri-lankais est élu pour un mandat de cinq ans selon une version modifiée du vote alternatif. Les électeurs peuvent classer jusqu'à trois candidats sur leurs bulletins de vote par ordre de préférence. Si aucun d'entre eux ne recueille la majorité absolue, un second décompte est mis en œuvre pour départager les deux candidats arrivés en tête. Pour cela, l'ensemble des bulletins sur lesquels des candidats éliminés figurent en première ou deuxième position sont répartis sur les deux candidats restants si ceux-ci y figurent en deuxième ou troisième position. Le candidat ayant reçu le plus de voix ainsi cumulées est déclaré élu[22]. Depuis l'instauration de ce système en 1982, aucun second tour instantané n'a cependant été nécessaire, tous les présidents élus l'ayant été dès le premier tour de scrutin.

RésultatsModifier

Le scrutin est remarqué pour son taux de participation élevé au niveau national et surtout parmi les minorités tamoules et musulmanes du nord et de l'est du pays[23]. Gotabhaya Rajapaksa l'emporte dés le premier décompte, avec un peu plus de 52 % des premières voix[24].

Résultats de la présidentielle srilankaise de 2019[25],[26]
Candidats Partis Voix %
Gotabaya Rajapaksa UPFA 6 924 255 52,25
Sajith Premadasa NPF 5 564 239 41,99
Anura Kumara Dissanayaka JVP 418 553 3,16
Autres candidats[a] 345 452 2,61
Votes valides 13 252 499 98,99
Votes blancs et nuls 135 452 1,01
Total 13 387 951 100
Abstention 2 604 145 16,28
Inscrits / participation 15 992 096 83,72

ConséquencesModifier

À l'annonce des résultats de la commission électorale le proclamant vainqueur le lendemain 17 novembre, Rajapaksa décrit sa victoire comme un nouveau départ pour le Sri Lanka, et appelle ses électeurs à se souvenir que tous les Sri lankais en font partie, les enjoignant à se réjouir dans le calme, avec la même dignité et la même discipline qu'au cours de sa campagne[27].

Sajith Premadasa reconnait sa défaite le même jour, annonçant respecter la volonté du peuple avant de féliciter son concurrent pour son élection en tant que septième président du pays[27].

Rajapaksa prend ses fonctions le 18 novembre[28].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. 32 candidats, moins de 0,4 % des voix chacun

RéférencesModifier

  1. a et b (en) « Sri Lanka to hold presidential election on November 16 », sur www.aljazeera.com, 189-2019 (consulté le 19 novembre 2019)
  2. (en) « Sri Lanka presidential poll on 16 November », sur https://www.livemint.com, (consulté le 19 novembre 2019)
  3. « Le Sri Lanka s’enfonce dans une crise politique », sur Libération.fr, (consulté le 28 octobre 2018)
  4. (en) Rulers.
  5. https://www.swissinfo.ch/fre/le-premier-ministre-refuse-de-quitter-sa-résidence--un-mort/44504184
  6. « Sri Lanka : la crise politique s'aggrave, un tué par balles », sur Le Point, (consulté le 28 octobre 2018)
  7. « Crise au Sri Lanka : la suspension du Parlement levée », sur Le Monde.fr, (consulté le 14 novembre 2018)
  8. « Le parlement sri-lankais convoqué en session le 5 novembre », sur www.zonebourse.com (consulté le 19 novembre 2019)
  9. « Sri Lanka: le parlement convoqué une semaine plus tard que prévu », sur Libération.fr, (consulté le 14 novembre 2018)
  10. « Sri Lanka : le président dissout le Parlement », sur Le Monde.fr, (consulté le 14 novembre 2018)
  11. « Sri Lanka: le président "usurpe" les pouvoirs des députés (président du Parlement) », sur romandie.com, (consulté le 14 novembre 2018)
  12. « Sri Lanka: la Cour suprême annule la dissolution du Parlement », sur BFMTV, (consulté le 14 novembre 2018)
  13. « Sri Lanka: le Parlement vote une motion de censure contre le Premier ministre - Asie-Pacifique », sur RFI, (consulté le 15 novembre 2018)
  14. « Sri Lanka: des députés se balancent des chaises et du piment », sur lexpress.fr, (consulté le 19 novembre 2019)
  15. « Crise au Sri Lanka: l'ex-Premier ministre demande à reprendre ses fonctions », sur Le Point, (consulté le 18 novembre 2018)
  16. « Sri Lanka : le président convoque une réunion », sur Le Figaro, (consulté le 18 novembre 2018)
  17. « Sri Lanka : le président promet de ne jamais reprendre le Premier ministre limogé », sur LExpress.fr (consulté le 25 novembre 2018)
  18. « Au Sri Lanka, la cour suprême suspend le premier ministre », sur la-croix.com, (consulté le 19 novembre 2019)
  19. « Sri Lanka: la Cour suprême juge la dissolution du Parlement illégale », sur RFI, (consulté le 14 décembre 2018)
  20. « Sri Lanka: démission du premier ministre », sur Le Figaro, (consulté le 14 décembre 2018)
  21. « Sri Lanka: Rajapakse se retire, mettant fin à l'impasse politique », sur Le Point, (consulté le 15 décembre 2018)
  22. (en) Democratic Socialist Republic of Sri Lanka Election for President
  23. « Présidentielle au Sri Lanka: le taux de participation particulièrement élevé », sur RFI, (consulté le 19 novembre 2019)
  24. (en) « Gotabaya Rajapaksa Wins Sri Lankan Presidential Elections », sur NPR.org, (consulté le 19 novembre 2019)
  25. Presidential Election – 2019
  26. « Presidential Election Sri Lanka 2019 The Official Results », sur Elections.news.lk (consulté le 19 novembre 2019)
  27. a et b (en) Asad Hashim, « Sri Lanka: Rajapaksa wins presidency as Premadasa concedes », sur www.aljazeera.com, (consulté le 19 novembre 2019)
  28. « Gotabaya Rajapaksa prête serment comme président du Sri Lanka », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 18 novembre 2019).