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Élections législatives hongroises de 2018

élection

Élections législatives hongroises de 2018
199 sièges de l'Assemblée nationale
(majorité absolue : 100 sièges)
Type d’élection Élections législatives
Corps électoral et résultats
Population 9 797 561
Inscrits 7 980 115
Viktor Orbán 2018.jpg Fidesz-KDNP – Viktor Orbán
Voix 2 824 206
49,27 %
 +4,4
Députés élus 133  0
Gabor vona 2017.png Jobbik – Gábor Vona
Voix 1 092 669
19,06 %
 −1,2
Députés élus 26  +3
Műegyetem rakpart október 23 294.jpg MSZP-PM – Gergely Karácsony
Voix 682 602
11,91 %
 −13,7
Députés élus 20  −9
Szél Bernadett 02.jpg LMP – Bernadett Szél
Voix 404 425
7,06 %
 +1,7
Députés élus 8  +3
Résultats par circonscriptions
Carte
L'Assemblée nationale à l'issue des élections
Diagramme
  •      MSZP-PM (20)
  •      LMP (8)
  •      DK (9)
  •      Ensemble (1)
  •      MNOÖ (1)
  •      Fidesz-KDNP (133)
  •      Jobbik (26)
  •      Ind. (1)
  • Gouvernement
    Sortant Élu
    Orbán III
    Fidesz-KDNP
    Orbán IV
    Fidesz-KDNP
    Législature élue
    VIIIe

    Les élections législatives hongroises de 2018 se déroulent le afin de renouveler pour quatre ans les 199 membres de l'Assemblée nationale de la Hongrie.

    Avec une participation au plus haut depuis vingt ans, la coalition Fidesz-KDNP du Premier ministre sortant, Viktor Orbán, donnée grande favorite du scrutin, conserve la majorité absolue ainsi que la majorité qualifiée des deux tiers des sièges. Dans la foulée, les chefs des principaux partis d'opposition démissionnent.

    Sommaire

    Mode de scrutinModifier

    La Hongrie est dotée d'un parlement monocaméral, l'Assemblée nationale, qui est composé de 199 députés élus pour un mandat de quatre ans selon un mode de scrutin parallèle. Sont ainsi à pourvoir 106 sièges au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales, auxquels s’ajoutent 93 sièges pourvus au scrutin proportionnel plurinominal de liste avec seuil électoral de 5 % dans une unique circonscription nationale. Ce seuil passe à 10 % pour les listes présentées conjointement par deux partis et à 15 % pour les listes présentées par des coalitions de trois partis ou plus[1].

    Le scrutin à la proportionnelle est dit « de compensation » car l'on ajoute aux suffrages recueillis sur les listes nationales les suffrages « fragmentaires » (töredékszavazat) du scrutin uninominal, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas permis aux différentes forces de remporter des sièges dans les circonscriptions ainsi que toutes les voix des partis ayant remporté un siège qui ont dépassées le seuil nécessaire pour l'emporter, on effectue alors la répartition selon le scrutin proportionnel d'Hondt[2].

    Depuis 2014, chacune des minorités ethniques de Hongrie a la possibilité de faire élire un député de manière facilitée grâce à un abaissement du seuil électoral, à la condition qu'ils s'enregistrent préalablement sur des listes électorales distinctes. Le siège est prélevé sur les 93 dédiés à la représentation proportionnelle si la liste en question franchit un seuil spécifique établit au quart du quotient inverse de ce total, soit   du total des suffrages au scrutin de liste[3]. Treize minorités sont concernées : les Arméniens, Bulgares, Croates, Allemands, Grecs, Polonais, Roms, Roumains, Ruthènes, Serbes, Slovaques, Slovènes et Ukrainiens. En pratique, seuls les communautés allemandes et roms sont suffisamment nombreuses pour espérer pouvoir atteindre ce seuil et obtenir un siège, si tant est qu'une part suffisante de leurs membres s'inscrivent sur les listes dédiées.

    ContexteModifier

    Viktor Orbán est le Premier ministre sortant. En 2010 et 2014, il remporte largement les élections législatives, lui assurant un deuxième puis troisième mandat, après un premier effectué de 1998 à 2002 en coalition avec deux autres partis de centre droit. Lors de son troisième mandat, durant la crise migratoire en Europe, il s'oppose de façon virulente à l'accueil de migrants, ce qui lui assure le soutien d'une partie de la population. Pendant toute la législature, le Fidesz est donné en tête des intentions de vote.

    CampagneModifier

     
    Viktor Orbán, Premier ministre sortant.

    Le Fidesz axe sa campagne sur la lutte contre l'immigration clandestine, posant le terrorisme islamiste comme la conséquence de l’immigration de masse provoquée par la crise migratoire en Europe, transformant l’Europe de l’Ouest et la Scandinavie en zones de non-droit[4].

    Durant la campagne, le Fidesz pâtit des déclarations de Kristóf Altusz, secrétaire d'État rattaché au ministère des Affaires étrangères, qui a affirmé dans un journal maltais que la Hongrie avait discrètement accueilli quelque 1 300 réfugiés en 2017[5].

    Dans les circonscriptions qui élisent des députés à la majorité simple, plusieurs candidats se retirent afin de ne pas diviser les voix de l'opposition libérale face aux candidats de la majorité sortante[6]. Les libéraux sont majoritaires dans de nombreux arrondissements de Budapest.

    Pour de nombreux organes de presse, ces facteurs, associés le jour du scrutin à un taux de participation record au cours des vingt dernières années, laissaient présager un moindre résultat pour Viktor Orbán et le Fidesz[6]. Pourtant, le Fidesz emporte à nouveau la majorité des deux-tiers, avec 48,9 % au scrutin de liste – soit quatre points de mieux qu'en 2014, tandis que le parti nationaliste Jobbik est stable avec 19,3 %[7],[8].

    Selon Libération, le parti Jobbik, originellement classé à l’extrême droite, a fait campagne au centre[4]. Au cours des années précédant le scrutin, le succès de sa stratégie de séduction des jeunes électeurs est remarquée[9],[10]. Selon les études, cette part du vote des jeunes est cependant très variable : 53 % des 15-34 ans en avril 2016 selon le Magyar Tudományos Akademia Politikatudományi Intézet ; respectivement 27 % et 29 % chez les 18-24 et 25-44 ans en décembre 2016 d'après Republikon), pour une moyenne nationale d'environ 20 %[11],[12],[13].

    Lajos Simicska, l'homme d'affaires et de médias qui fut le trésorier du Fidesz et l'allié d'Orban, s'est retourné contre lui lors des dernières années et soutient désormais le Jobbik. En riposte, le gouvernement Orban a ordonné aux entreprises publiques de cesser toute publicité et tout abonnement[Quoi ?][réf. nécessaire]

    Forces en présenceModifier

    SondagesModifier

     
    Moyenne lissées des sondages électoraux par parti des élections de 2014 à celles de 2018.

    ParticipationModifier

    Les 10 285 bureaux de votes du pays ouvre le dimanche matin à six heures. La participation est rapidement notée comme très élevée. Les autorités la décompte à 68,13 % à 18 h 30 contre 54,4 % à la même heure lors des précédentes élections. Devant l'importance des files d'attentes, certains bureaux de vote, censés fermer à 19 heures, restent ouverts jusqu'à 21 h 30. Selon plusieurs instituts de sondage, la forte participation augmente la probabilité que les résultats divergent de ceux qu'ils avaient prédits[4].

    RésultatsModifier

    Résultats des législatives hongroises de 2018[8]
    Partis Scrutin uninominal Proportionnelle Total +/-
    Voix % Sièges +/- Voix % +/- Sièges
    Fidesz-Union civique hongroise - KDNP 2 636 203 47,89 91   5 2 824 206 49,27   5,1 42 133  
    Jobbik 1 276 842 23,20 1   1 1 092 669 19,06   1,3 25 26   3
    Parti socialiste - Parti du dialogue (MSZP-PM) 622 458 11,22 8   682 602 11,91   13,6 12 20   10
    La politique peut être différente (LMP) 312 731 5,64 1   1 404 425 7,06   1,4 7 8   3
    Coalition démocratique (DK) 348 178 6,28 3   2 308 068 5,37   5,5 6 9   5
    Mouvement Momentum (MM) 75 035 1,35 0 Nv. 175 225 3,06 Nv. 0 0 Nv.
    Parti hongrois du chien à deux queues (MKKP) 39 763 0,72 0 Nv. 99 410 1,73 Nv. 0 0 Nv.
    Ensemble (Együtt) 58 591 1,06 1   37 561 0,66   0,6 0 1   2
    Minorité allemande (MNOÖ) 26 477 0,46   0,3 1 1   1
    Parti ouvrier hongrois (MM) 13 613 0,25 0   15 640 0,27   0,3 0 0  
    Parti de la famille 9 839 0,18 0   10 640 0,19   0 0  
    Parti hongrois de la justice et de la vie (MIÉP) 6 897 0,12 0   8 713 0,15   0,1 0 0  
    Parti de la santé et du sport 5 525 0,10 0   7 309 0,13 - 0 0  
    Minorité rom 5 703 0,10 - 0 0  
    Autres partis 43 256 0,78 0   33 173 0,58 - 0 0  
    Indépendants 55 612 1,00 1   1 1   1
    Suffrages exprimés 5 504 543 5 325 376 98,92
    Votes blancs et invalides 57 928 1,08
    Total 100 106 - 5 391 192 100 - 93 199  
    Abstentions 2 588 923 32,44
    Inscrits / participation 7 980 115 7 980 115 67,56

    Résultats selon le positionnement gauche / droite :

    Majorité absolue
    20 8 9 3 133 26
    MSZP-PM LMP DK I. Fidesz-KDNP Jobbik

    Analyse et conséquencesModifier

    La participation, plus forte que prévue et initialement considérée comme pouvant être défavorable au Fidesz[14], lui apporte finalement une large victoire avec des résultats plus élevés qu'attendus[15].

    La coalition Fidesz-KDNP du Premier ministre sortant, Viktor Orbán, conserve ainsi la majorité qualifiée des deux tiers du parlement, ce qui lui assure de pouvoir continuer à modifier la constitution hongroise sans nécessairement passer par la voie référendaire[16].

    À Budapest, Viktor Orbán s'adresse à une foule de ses partisans en liesse[17],[18],[19], leur demandant d'être humbles dans la victoire. Il remercie « les Hongrois qui ont priés pour nous et priés pour moi », la diaspora hongroise d'avoir aidé « à défendre la mère patrie », ainsi que le gouvernement polonais, qu'il qualifie d'ami de la Hongrie. Il parle également des résultats comme d'une chance que la population hongroise vient de se donner pour défendre la Hongrie, affirmant qu'elle n'est « pas encore là où elle veut être, mais s'est engagée dans la voie »[16].

    Dans la nuit suivant le scrutin, le dirigeant du Jobbik, Gábor Vona, celui du Parti socialiste, Gyula Molnár, celle de La politique peut être différente, Bernadett Szél, et celui de Ensemble, Péter Juhász, reconnaissent leur défaite et annoncent leur démission[16].

    Le lendemain, Viktor Orbán reçoit les félicitations de la chancelière allemande, Angela Merkel[20], du président du Conseil polonais, Mateusz Morawiecki, et du président du Conseil européen, Donald Tusk. Ce dernier assortit néanmoins ses félicitations d'un appel au respect des « valeurs européennes »[21].

    Notes et référencesModifier

    1. « IPU PARLINE database: HONGRIE (Orszaggyules), Texte intégral », sur archive.ipu.org (consulté le 9 avril 2018).
    2. (hu) Loi CCIII. de 2011, Journal officiel hongrois (site Nemzeti Jogszabálytár, Magyar Közlöny Lap- és Könyvkiadó Kft.) : loi électorale hongroise
    3. Nemzeti Választási Iroda National Election Office
    4. a, b et c « Législatives en Hongrie : la forte participation jouera-t-elle contre Orbán ? », Libération.fr,‎ (lire en ligne).
    5. « Hongrie : des élections à risque pour Viktor Orban », sur Le Monde.fr, (consulté le 16 avril 2018).
    6. a et b « Hongrie : un troisième mandat pour Viktor Orban », sur lefigaro.fr, (consulté le 16 avril 2018).
    7. « Hongrie : le nationaliste Viktor Orban triomphe aux législatives », sur Le Monde.fr, (consulté le 16 avril 2018).
    8. a et b (hu) « Index - Belföld - Választás - Mandátumok », sur index.hu (consulté le 9 avril 2018).
    9. (en-GB) « Hungary’s far-right Jobbik party tries to soften image », sur Financial Times, (consulté le 11 avril 2018).
    10. (en) « Young and beautiful: the new Hungarian far-right », sur Cafebabel, (consulté le 14 avril 2018).
    11. (hu) « A politikai közhangulat 2016 decemberében », sur republikon.hu, (consulté le 9 avril 2018).
    12. (en-GB) « The Jobbik at 53% among 15-34 | Visegrád Post », sur visegradpost.com, (consulté le 9 avril 2018).
    13. (en-US) « Understanding Jobbik's appeal to Hungarian youth », The Budapest Beacon,‎ (lire en ligne).
    14. (en) « Hungary’s Orban claims victory as nationalist party takes sweeping poll lead », sur timesofisrael.com, (consulté le 10 avril 2018).
    15. (en) « Orban Zeroes In on Soros-Backed NGOs After Dominating Ballot », sur Bloomberg.com, (consulté le 14 avril 2018).
    16. a, b et c (en) « Elections Hungary live: FIDESZ wins two thirds super majority amidst historic turnout », sur Hungarian Free Press, (consulté le 14 avril 2018).
    17. « Hongrie : le parti de Viktor Orban remporte une écrasante victoire aux élections législatives », sur Franceinfo, (consulté le 14 avril 2018).
    18. « En Hongrie, Viktor Orban remporte son troisième mandat consécutif », sur www.lesechos.fr, (consulté le 16 avril 2018).
    19. « Hongrie: la passe de trois pour Viktor Orban », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne).
    20. (en) « EU far-right hails Hungary anti-migrant PM victory », France 24,‎ (lire en ligne).
    21. « L'UE félicite Orban mais le met en garde », LExpress.fr,‎ (lire en ligne).