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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Zosime.
Zosime
Biographie
Naissance
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Décès
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Période d'activité
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Nom dans la langue maternelle
ΖώσιμοςVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Œuvres principales
Historia Nova (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Zosime est un historien grec ayant vécu à la fin du Ve siècle et au début du VIe siècle, auteur de l'Histoire nouvelle consacrée aux derniers siècles de l'Empire romain d'Occident. C'est une source historique particulière, Zosime étant un païen fanatique anti-chrétien.

Sommaire

BiographieModifier

Les indications concernant Zosime ne proviennent que de son œuvre[1].

Né vraisemblablement autour de l'an 460, Zosime a vécu à Constantinople sous les règnes de Zénon et d'Anastase Ier.

Il a été fonctionnaire du trésor impérial, sans doute à Constantinople, et possédait le rang de « comes » (comte). Par déduction, les historiens estiment qu'il a rédigé son œuvre après avoir exercé ses fonctions, dans les années 500-520. L'indice le plus probant étant que Zosime félicite l'abolition récente du chrysargyre, en 498[1].

Son récit prouve par ailleurs qu'il était païen à une époque où le christianisme était protégé par l'Empereur. Zosime nous apprend à ce sujet que la nouvelle religion ne s'est pas encore imposée dans l'ensemble de l'Empire romain, le paganisme s'étant maintenu assez longtemps dans les villages après son extinction dans les villes.

En dépit de ses partis pris, le travail de Zosime reste un témoignage incomparable sur la fin de l'Antiquité romaine, qui complète précieusement l'histoire d'Ammien Marcellin, lui aussi païen et d'origine grecque. Mais Zosime se révèle unique car le paganisme y est beaucoup plus affirmé, et virulent envers le christianisme, quand Ammien et l'auteur anonyme du De viris illustribus urbis Romae se révèlent réservés et que l'auteur de l'Histoire Auguste est plus dans l'humour (parodie de la correspondance de Saint-Jérôme)[1].

L'œuvre : Histoire nouvelleModifier

L'œuvre de Zosime, intitulée Histoire nouvelle (Ίστορία νέα en grec), fut écrite au début du VIe siècle. Le comte du fisc s'attache à retracer les causes de l'apogée et la décadence de Rome. Zosime prétend prendre exemple sur Polybe de Mégalopolis, qui a étudié les origines de la puissance et de la splendeur de l'empire romain : il propose à son tour de montrer avec la même exactitude les événements qui ont amené la dégradation et le déchirement de l'Empire et préparé sa ruine.

Ce sujet devait être développé dans son dernier livre dont il n'existe plus que les premières pages. Visiblement il fut rédigé de manière rapide, il est peu probable que ce soit une lacune ou une perte (déjà constatée par Évagre le Scolastique et Photios). On suppose que Zosime est mort ou un autre événement empêcha la rédaction, et que ce que nous avons de l'Histoire Nouvelle ne devait être que la moitié du projet initial, selon des allusions de Zosime. Comme les historiens antiques, tel Tite-Live, Dion Cassius ou Ammien Marcellin, la période historique est traitée de manière plus détaillée si l'auteur est contemporain des événements[1].

L'Histoire nouvelle est constituée de six livres. On y trouve en quelques endroits des lacunes plus ou moins longues et des erreurs de copiste, comme des confusions entre des noms propres, ou des chiffres manifestement erronés, comme au sujet de la victoire remportée par Julien sur les Alamans, près de Strasbourg : l'historien écrit que 60 000 de ces derniers restèrent sur le champ de bataille et qu'il en périt autant dans le Rhin. Si l'auteur a ainsi décuplé un nombre, il a pu laisser d'autres erreurs dans son manuscrit. De manière générale, la critique historique trouve Zosime médiocre, loin de son modèle, Polybe, avec des lacunes géographiques et quelquefois des erreurs de transcriptions de mots latins[1].

Cela se ressent sur les sources. Il y eu de très nombreux débats mais il semble que Zosime dépend uniquement d'Eunape et d'Olympiodore de Thèbes pour la partie postérieure à 406. Il ne s'écarte jamais d'Eunape, y compris lors des digressions, et ne cherche à combler les manquements et imprécisions. Un autre indice est que lorsqu'il changea de source, la période de 404 à 406 n'est pas abordée, ne trouvant pas de substituts[1].

Structure de l'HistoireModifier

Le témoignage sur la fin d'un mondeModifier

Bien que la conclusion de son ouvrage nous manque, on suppose que Zosime illustre la chute de l'Empire par les ravages des Goths, poussés par les Huns, et par l'occupation de l'ancienne capitale, Rome, par les Barbares.

Tout au long de son récit, Zosime estime que la dégradation de la situation est due à deux causes principales :

  • La négligence de Constantin, davantage préoccupé par son faste et ses plaisirs que par la sûreté des provinces frontières, dont il retira les garnisons, et par la prospérité de l'État, auquel il porta un coup funeste en transférant le siège impérial à Byzance. Le mal s'était aggravé sous Constance II, et Julien eut à peine le temps d'en réparer les effets ;
  • La protection accordée à un culte nouveau, le christianisme, et l'abandon des dieux auxquels les Romains devaient depuis si longtemps leur gloire et leur prospérité.

Ces conclusions sont influencées par les convictions de Zosime, sans doute l'un des derniers auteurs païens. Son texte révèle par ailleurs qu'il n'hésitait pas à accorder foi aux prodiges, aux oracles, aux causes surnaturelles, bien que ce point de vue fût habituel chez de nombreux auteurs de la fin de l'Antiquité.

Des historiens font pourtant valoir qu'en raison des risques qu'encourait Zosime à l'époque des empereurs chrétiens, son ouvrage n'a pu être connu qu'après sa mort.

Le témoignage de PhotiosModifier

Les lacunes remarquées dans le texte de Zosime sont anciennes, et antérieures au IXe siècle si l'on en juge par l'extrait qu'en donne Photios, lequel ne diffère pas de celui qui nous est parvenu.

Le témoignage de Photios indiquerait que le récit actuel n'est qu'une seconde copie mitigée ou altérée. Il n'a pas connu la première version, qui peut-être n'existait plus de son temps. Dans sa Bibliothèque (codex 98), il indique que l'ouvrage de Zosime n'était en quelque sorte qu'un abrégé de l'histoire plus étendue d'Olympiodore et surtout de celle d'Eunape, continuateur de Dexippe. Ces abrégés, comme celui de Trogue-Pompée, par Justin, ont souvent contribué à négliger et à perdre les grands ouvrages qu'on entreprenait de réduire en de petits volumes.

Photios loue le style précis, net et élégant de Zosime mais reproche à l'auteur de louer trop les derniers empereurs païens et de dévaloriser ceux qui avaient favorisé le christianisme, surtout Constantin et Théodose Ier.

Plusieurs savants néanmoins indiquent que Photios a probablement dû mal interpréter le titre, Histoire Nouvelle, qui doit plus être entendu comme l'histoire racontée d'une autre manière, on suppose en effet qu'il apparaît improbable que Zosime aurait fait une seconde version expurgée de son ouvrage, alors qu'il n'a pas achevé la première version[1].

Éditions anciennesModifier

Un seul manuscrit nous a transmis l'Histoire Nouvelle : le Codex Vaticanus Graecus 156 de la Bibliothèque apostolique vaticane, pendant longtemps stocké en « enfer ».

L'histoire de Zosime fut imprimée d'abord en latin au XVIe siècle, dans une traduction de Leunclavius, avec Procope et d'autres historiens du même temps. Cette version reparut dans l'Histoire d'Auguste, vers 1600. Henri Estienne publia les deux premiers livres en grec, avec la version de Leunclavius, en 1581 et en 1611.

Les six livres, en grec et latin, furent édités en 1590 par F. Sylburg avec la version et l'apologie de Zosime par Leunclavius. Cellarius publia une édition, d'abord des deux premiers livres, puis des six en 1679. Il fut le premier à diviser le texte en chapitres et à y joindre un commentaire. D'autres éditions ont été publiées au XVIIIe siècle, comme celles de Th. Smith et de J.-F. Reitemeier, puis au XIXe siècle, comme celle de L. Mendelssohn.

Les versions en langues vulgaires sont celle de Louis Cousin, en français (1678), de Th. Smith en anglais (1684), de Seybold et Heyler, en allemand (1802).

On trouve dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions (1808) des Observations de Sainte-Croix sur Zosime.

Éditions modernesModifier

  • Histoire Nouvelle, édition et traduction François Paschoud, 3 tomes en 5 volumes, Paris, les Belles Lettres, 1971-1989.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f et g Zosime (trad. François Paschoud), Histoire nouvelle, t. I : Livres I et II, coll. « Collection des Universités de France », , Introduction générale
  2. André Chastagnol, L'évolution politique, sociale et économique du monde romain de Dioclétien à Julien: La mise en place du régime du Bas-Empire (284-363), Sedes, coll. « Regards sur l'histoire », 1994 (1re éd. 1985), 394 p. (ISBN 2-7181-3552-2), p. 27
  3. André Chastagnol, Histoire Auguste, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins « Introduction générale »
  4. Yves Modéran, « La conversion de Constantin et la christianisation de l'empire romain », Historiens & Géographes, no 426,‎ (lire en ligne)
  5. Néanmoins, dans l'introduction générale de l'Histoire Nouvelle dans la collection Budé, on ne donne aucune hypothèse sur cette perte mais on atteste des fragments de Jean d'Antioche qui indiquent bien que Zosime a chroniqué la tétrarchie.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier