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Éditions L'Harmattan

maison d'édition française
(Redirigé depuis L’Harmattan)
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Harmattan (homonymie).

Logo de la maison d'édition
Repères historiques
Création 1975
Fondée par Robert Ageneau et Denis Pryen
Fiche d’identité
Siège social 5-7, rue de l'École-Polytechnique, Paris (France)
Dirigée par Xavier Pryen
Spécialités sciences humaines
Effectif 49 (2010)[1]
Site web www.harmattan.fr
Données financières
Chiffre d'affaires en augmentation 8,183 millions (2015)[2]
Résultat net 1 million (2015)

Les Éditions L'Harmattan sont une maison d'édition française créée par Denis Pryen et Robert Ageneau depuis 1975, et qui tire son nom du vent de l'Afrique de l'Ouest, l'harmattan.

Les Editions l’Harmattan sont spécialisées dans l'édition de sciences humaines francophones.

La maison d'édition est l’initiatrice d'un contrat à compte d’éditeur à 0 % de droits d’auteur sur les 1 000 puis 500 premiers exemplaires, sur certaines de ses publications.

Elle compte deux structures en Europe et onze structures en Afrique.

Sommaire

HistoriqueModifier

 
Le siège des éditions, rue de l'École-Polytechnique, à Paris.

Issus de « la gauche catholique » et de l'engagement tiers-mondiste[3], Robert Ageneau et Denis Pryen créent en 1975 les éditions L'Harmattan en se donnant pour but de publier des ouvrages traitant des problèmes du Tiers-Monde et de l’Afrique.

Robert Ageneau est né en 1938 en Vendée, et après avoir envisagé de devenir prêtre il abandonne cette voie sous l'influence de la décolonisation, de mai 68, du concile Vatican II. Il a été rédacteur en chef de Spiritus, une revue de missionnaires[4]. Il est considéré comme l'intellectuel derrière le projet, alors que Denis Pryen en est le gestionnaire. Ils installe leur librairie à Saint Germain des Prés.

Ils s'inspirent de l'expérience des éditions François Maspero et de Présence africaine, qui sont alors en déclin. L’Harmattan constitue un développe de nouvelles thématiques autour d'évolution des États Africains, l'immigration et le soutien aux populations immigrées, et le rôle du christianisme dans les questions de développement[5]. L'Harmattan constitue un réseau de relations avec les mouvements nationalistes notamment du Salvador, du Timor, des Antilles et du Sahara Occidental. Les premières publications comptent des livres sur les DOM TOM, le coup d'État de Pinochet, la révolution malgache, la famine au Sahel et la littérature en langue africaine.

Le modèle est celui d'un réseau bénévole constitué de responsables de collections universitaires bénévoles, et quelques salariés en interne peu rémunérés. La maison d'édition ne publie de titre central et la promotion et distribution des livres est artisannale. La promotion est réalisée grâce à des présentations durant la fête de l'Humanité ou des évènements de la coopération. Adoptant une méthode dite de "prêt à clicher" elle oblige les auteurs souhaitant publier à faire saisir les textes par des professionnels avant de soumettre le texte à la publication, réalisant ainsi des économies sur la composition[5].

La gestion de Pryen, qui vise à réduire les frais de fabrication, permet à l'Harmattan de se développer avec succès. Il adopte une stratégie visant à publier beaucoup de livre, parfois sans approche qualitative[6], et Robert Ageneau est en désaccord avec cette méthode[4].

À la suite d'une décision de justice de 1980 qui lui permet de ne pas avoir de clause de non concurrence, Robert Ageneau quitte la société en 1980 pour fonder sa propre maison d’édition[7], Éditions Karthala[8].

La maison publie un grand nombre d'auteurs africains, mais a été parfois critiquée pour le peu de rémunération qu'elle offre aux auteurs et autrices[9].

PublicationsModifier

L'Harmattan a une stratégie de publication en masse. Le fonds de L’Harmattan comprend 37 000 titres au catalogue, 24 000 auteurs et autrices, 700 collections (de À la recherche des sciences sociales[10] à Zaïre, histoire et société[11] en passant par Exclamationniste[12]) et 150 revues[1].

2700 livres paraissent chaque année dans le champ des sciences humaines et sociales et sur toutes les zones géographiques. Le catalogue comprend également des bandes dessinées, des livres pour la jeunesse, des livres audio et des collections en littérature (romans, poésie, théâtre, critique littéraire).

L’Harmattan a publié les premiers ouvrages de romanciers et poètes aujourd’hui reconnus[13]. La collection « Questions contemporaines » des éditions L’Harmattan est également à l'origine de nombreuses publications d'essayistes[13].

À la suite du rachat, en 2009, du fonds de la Librairie espagnole, la librairie internationale acquiert de plus de 45 000 titres hispaniques[réf. nécessaire].

Près de 400 000 titres en sciences humaines, littérature, ouvrages spécialisés des cinq continents, livres rares ou épuisés, vidéos et revues sont proposés, auxquels il faut ajouter un million de livres d’occasion stockés dans les entrepôts de Condé-sur-Noireau en Normandie et mis sur le marché via la Très Grande Librairie (TGL)[14].

La majeure partie des 2 300 publications annuelles paraissent aussi en version e-book. L'Harmattan a ouvert un lieu dédié à ce nouveau type de livre, L'Harmathèque, où plus de 27 000 titres numérisés sont disponibles, en même temps que quelque 400 films de L'Harmattan Vidéo, qui produit et diffuse tous les ans une centaine de films (documentaires, fictions, « captations théâtrales »[15],[13]). En nombre d’ouvrages numériques en langue française au catalogue en 2010, L’Harmattan se place juste derrière la Fnac, et juste devant Numilog, en deuxième position du classement[16].

OrganisationModifier

En 2010, les Éditions de L'Harmattan comptent en 2010 plus de 100 collaborateurs et 400 directeurs de collection[13] et figurent en 54ème place au classement 2010 des maisons d’édition françaises en fonction du chiffre d’affaires[1].

La maison d’édition possède aussi ses propres librairies (Librairie Internationale, Espace Harmattan, Librairie Méditerranée Moyen-Orient, Librairie Sciences Humaines) ainsi que la librairie du théâtre du Lucernaire (6e arrondissement de Paris).

L’Harmattan compte deux structures en Europe (L’Harmattan Italie et L’Harmattan Hongrie) et neuf structures en Afrique (Burkina Faso, Cameroun, Congo et République démocratique du Congo ; Côte d'Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Sénégal).

Controverses autour du contratModifier

En tant qu’initiatrice de contrats à compte d’éditeur mais à 0 % de droits d’auteur sur les 1 000 puis 500 premiers exemplaires[17], L’Harmattan a été assigné en justice par la Société des gens de lettres (SGDL) et le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (SNAC) en raison d'une clause illicite dans son contrat-type, prévoyant 0 % de droits d'auteur pour les 1 000 premiers exemplaires vendus[9]. L'Harmattan est condamné en 1999 (TGI de Paris, 30 novembre 1999)[18], et perd en appel en 2005 : l'éditeur est condamné à verser 7 000 euros aux plaignants[19], non pour cette clause mais pour une question de quantités d’impression indiquée sur un autre chapitre. Le tribunal autorise finalement ce contrat, indiquant que le premier droit d’un auteur, c’est d’être édité. Ce type de contrat a été depuis repris par nombre d’autres éditeurs.

Activités annexesModifier

  Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section proviennent http://www.ecole-theatre-lucernaire.fr/#post-375. Le Théâtre du Lucernaire, situé au cœur du 6e arrondissement de Paris, au 53, rue Notre-Dame-des-Champs, racheté et rénové en 2004 par L’Harmattan propose près d'une cinquantaine de spectacles[20] par an, dont un certain nombre par des compagnies en résidence, dans ses trois salles de théâtre[11] :

  •  le Théâtre rouge (118 places)
  •  le Théâtre noir (118 places)
  •  le Paradis (50 places).

Le Lucernaire propose également des spectacles pour jeune public..

En septembre 2015, le Lucernaire ouvre son école d’art dramatique, sous la direction de Philippe Person. Cette école est un lieu de formation à la fois aux techniques de l’art dramatique mais aussi aux réalités du métier d’acteur. A l'issue des deux ans de formation, un spectacle est mis en scène, avec les élèves, qui est joué pendant 30 dates minimum, dans le cadre de la programmation officielle du Lucernaire[réf. nécessaire].

Notes et référencesModifier

  1. a, b et c « Les 200 premiers éditeurs français », Livres-Hebdo no 836, 8 octobre 2010
  2. LIBRAIRIE-EDITIONS L'HARMATTAN, sur societe.com.
  3. Autant en rapporte L'Harmattan - Antoine de Gaudemar, Libération, 6 mars 1997
  4. a et b « Karthala, le « volcan » du boulevard Arago », RFI,‎ (lire en ligne)
  5. a et b « Le mystère L’Harmattan – JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne)
  6. « L’Harmattan Guinée paie-t-elle ses auteurs ? Livre et lecture en Guinée, Problématique de la politique nationale du livre (notre dossier) - Guinee7.com », sur guinee7.com (consulté le 8 août 2018)
  7. Karthala, le « volcan » du boulevard Arago - Chanda Tirthankar, RFI, 26 août 2011
  8. « AFRIQUE/FRANCE : [Episode 6] L'Harmattan / Karthala, les faux frères ennemis de l'édition de l'Afrique à Paris », La Lettre du Continent,‎ (lire en ligne)
  9. a et b « L’Harmattan, la maison d’édition qui ne paie pas ses auteurs », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  10. « À la recherche des sciences sociales », sur editions-harmattan.fr
  11. a et b « Zaïre, histoire et société », sur editions-harmattan.fr
  12. « Exclamationniste », sur editions-harmattan.fr
  13. a, b, c et d « Groupe l'Harmattan - Livres, revues, articles, ebook, vidéo, VOD, librairies, théâtre », sur www.harmattan.fr (consulté le 6 août 2018)
  14. À propos de Tgl Harmattan - AbeBooks.fr
  15. C'est-à-dire des pièces de théâtre enregistrées.
  16. L’offre de livres numériques en France - Mathias Daval et Rémi Douine, Le MOTif, juillet 2010, p. 19 [PDF]
  17. « L’Harmattan, la maison d’édition qui ne paie pas ses auteurs », sur Le Monde.fr (consulté le 8 août 2018)
  18. L'historique du SNAC et quelques références d'actions - Syndicat national des auteurs et des compositeurs
  19. Les méthodes de l’Harmattan condamnées - Blog de Pierre Assouline, Le Monde, 17 mai 2006
  20. Le Lucernaire en danger - Ange Lise, théâtrorama, 5 septembre 2009

AnnexesModifier