Centre Maurice-Halbwachs

laboratoire de sociologie

Le Centre Maurice-Halbwachs (plus connu sous le sigle de CMH, et auparavant sous le nom de LASMAS et LSS) est une unité mixte du CNRS, de l'EHESS et de l'ENS (UMR 8097). Il est issu d'une fusion entre le LASMAS et le Laboratoire de Sciences sociales de l'Ecole normale supérieure. Outre ses programmes propres de recherche, le CMH comporte une équipe spécialisée dans le traitement sociologique des données d'enquête et la gestion de grosses bases de données dont il donne l'accès aux équipes de chercheurs à travers le Centre Quételet. Il est actuellement dirigé par Patrick Michel, spécialiste de sociologie politique des religions et président de la section 40 du CNRS.

Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
upright=Article à illustrer Organisation
Histoire
Fondation
2004
Cadre
Type
Domaine d'activité
Pays
Coordonnées
Organisation
Chercheurs
50
Chercheurs associés
50
Doctorants
120
Direction
Patrick Michel
Organisations mères
Affiliation
Site web

HistoireModifier

Le Centre Maurice-Halbwachs est né récemment, à la différence du grand sociologue dont il porte le nom prestigieux. Il est bien plus que le montage administratif résultant de l’union entre un centre de recherche CNRS et un laboratoire de l’ENS, pôles aux histoires et traditions très différentes. Il reprend d'abord pour l’essentiel les équipes, la mission et l'héritage de son premier pôle, le LASMAS, ou "Laboratoire d'Analyse Secondaire et de Méthodes Appliquées à la Sociologie", lequel avait été créé sous ce premier nom en 1986 pour rassembler un ensemble de grandes enquêtes statistiques et les mettre à la disposition des chercheurs du CNRS. Il a depuis acquis une dimension proprement scientifique en développant des recherches innovantes, fondées tant sur des méthodes quantitatives que sur des approches qualitatives et en particulier ethnographiques.

Dirigé au départ par Alain Degenne, le Lasmas avait été conçu à l’origine pour reprendre et développer les missions du département d’analyse secondaire de l’ancien Centre d’études sociologiques, lequel avait constitué un fonds d’enquêtes sur grands échantillons pour les sociologues du CNRS, de l’Université et de la MSH. Pour ses promoteurs agissant dans le cadre de la réforme des SHS (ou sciences humaines et sociales) impulsée par Maurice Godelier, il s’agissait de rattraper le retard de la sociologie française par rapport au monde anglo-saxon. Pour ce faire, une dizaine d’ingénieurs CNRS et deux chercheurs avaient été rassemblés et dotés de moyens importants dans le LASMAS, laboratoire logé à l'IRESCO, une fédération de laboratoires CNRS créée et installée rue Pouchet, dans le Nord-Ouest de Paris. Ensuite, dès 1987, une première convention a été signée à l’initiative du Lasmas entre l'INSEE et le CNRS, de manière à faciliter l’utilisation des grandes enquêtes par les sociologues. Ainsi, de nombreux chercheurs en sciences sociales ont pu se former aux dites « analyses secondaires » des enquêtes et s’associer étroitement avec les activités de ce laboratoire.

En 1993, tirant parti de la politique de dynamisation de la recherche dans les régions impulsée par le ministère de la recherche, le LASMAS s'est en partie décentralisé en créant un nouveau pôle sur le campus universitaire de Caen en Basse-Normandie, à l'initiative essentiellement de Alain Degenne. Le LASMAS a complété alors son sigle par le suffixe "Institut du longitudinal" devenant ainsi le LASMAS-IdL[1]. Une autre initiative du LASMAS a tiré parti des efforts d'industrialisation de l'utilisation des données d'enquête favorisée par Claude Allègre, le ministre chargé de la Recherche. En 1999, il a confié à Roxane Silberman, la nouvelle directrice du Lasmas, la mission de faire l'inventaire de l’utilisation des données quantitatives dans les sciences sociales. Les conclusions de cette mission se sont traduites d’abord dans la promulgation du décret du qui a mis en place un comité interministériel de concertation et un conseil scientifique chargés de proposer une politique des données pour les sciences humaines et sociales. Ces décisions publiques se sont matérialisées dans une large mobilisation de moyens et dans la création fin 2001 du centre Quetelet[2], une unité mixte de service permettant des activités d’archivage et de diffusion des données d’enquêtes concernant la société.

De 2001 à 2004, les axes de recherche du LASMAS vont être fortement restructurés à la suite d'une série de débats menés par les chercheurs en assemblée générale, et de son rapprochement de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales dont il devient l'un des centres. Trois axes de recherche ont été ainsi définis : "Justice sociale, communautés et valeurs" analysés à la lumière de la théorie des réseaux sociaux, sous la responsabilité de Michel Forsé et avec l'aide de Alain Degenne ; Professions, Réseaux et Organisations, sous la responsabilité de Catherine Marry ; "Stratifications, inégalités et ruptures sociales", sous la responsabilité de Serge Paugam, directeur de recherche accueilli en 2000. En 2004, à l'issue d'un nouveau vote en assemblée générale, le LASMAS a finalement pris le nom de "Laboratoire d'analyse secondaire et de méthodes appliquées à la sociologie". Il est dirigé de 2004 à 2009 par André Grelon (EHESS), Michel Forsé étant directeur adjoint.

Le second pôle à l'origine du Centre Maurice-Halbwachs relève initialement d’une autre grande institution d'enseignement et de recherche. Il s'agit du Laboratoire de Sciences sociales (le LSS) qui, à l'origine, en tant que département de l'École normale supérieure relevant du ministère de l'éducation nationale n'était pas du tout rattaché au CNRS. Le rattachement s'est produit dans le contexte du déménagement de l'ex-LASMAS Boulevard Jourdan, et a accompagné l'orientation croissante du laboratoire comme laboratoire de recherche à part entière, d’autant plus que cela s’accordait avec la politique de création de « centres d’excellence » du ministère de la recherche en 2005. Le Centre Maurice-Halbwachs ou CMH est devenu ainsi une dite « Unité mixte de recherche », l’UMR 8097 associant le CNRS, l'ENS, l'EHESS et l'Université de Caen. Dans le cadre du quadriennal 2010-2014, l'Université de Caen n'est plus une tutelle du CMH.

OrganisationModifier

Le CMH forme depuis 2004 un nouveau centre de recherche désormais installé sur le campus du boulevard Jourdan de l'École Normale Supérieure de Paris. Le CMH est une unité mixte CNRS - EHESS - ENS. Il compte 50 membres permanents (chercheurs et ITA du CNRS, enseignants-chercheurs de l'EHESS et de l'Ecole Normale Supérieure principalement), une cinquantaine de membres associés et accueille plus d'une centaine de doctorants ainsi que des post-doctorants.

Le CMH comprend quatre équipes de recherche

  • GRECO : "Groupe de recherche sur la cohésion et la justice sociale" et dirigée par Michel Forsé ; [1]
  • ERIS : équipe "Recherche sur les inégalités sociales", située sur le campus de Paris-Jourdan et dirigée par Serge Paugam ; [2]
  • ETT : équipe "Enquêtes, terrains, théories", à l'origine constituée dans l'ancien Laboratoire de Sciences sociales de l'ENS et actuellement dirigée par Bertrand Müller; [3]
  • PRO : équipe "Professions, réseaux, organisations", actuellement dirigée par Sophie Pochic, spécialisée notamment sur les professions d'élite (ingénieurs, juristes, traders) et les questions de genre ; [4]

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. [PDF] Voir le récit de cette histoire dans le rapport scientifique 2004 du LASMAS
  2. Du nom du mathématicien, astronome, statisticien et sociologue belge Adolphe Quetelet