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Wim Duisenberg

premier président de la Banque centrale europénne

Wim Duisenberg
Illustration.
Wim Duisenberg en .
Fonctions
Président de la Banque centrale européenne

(5 ans et 5 mois)
Vice-président Christian Noyer
Loukás Papadímos
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Jean-Claude Trichet
Président de la Banque des Pays-Bas

(15 ans, 5 mois et 29 jours)
Prédécesseur Jelle Zijlstra
Successeur Nout Wellink (nl)
Ministre néerlandais des Finances

(4 ans, 7 mois et 8 jours)
Premier ministre Joop den Uyl
Gouvernement Den Uyl
Prédécesseur Roelof Nelissen
Successeur Frans Andriessen
Biographie
Nom de naissance Willem Frederik Duisenberg
Date de naissance
Lieu de naissance Heerenveen (Pays-Bas)
Date de décès (à 70 ans)
Lieu de décès Faucon (France)
Nationalité Néerlandaise
Parti politique PvdA
Diplômé de Université de Groningue
Profession Banquier

Signature de Wim Duisenberg

Wim Duisenberg
Présidents de la Banque centrale européenne

Wim Duisenberg, né Willem Frederik Duisenberg (prononcé en néerlandais [ˈʋɪ.ləm ˈfɾeː.də.ɾɪk ˈdœʏ̯.zən.bɛɾχ]) le à Heerenveen (Pays-Bas) et mort le à Faucon (France), est un homme politique et banquier néerlandais.

Il est le premier président de la Banque centrale européenne. À ce titre, il œuvre à la mise en place de l'euro : c'est ainsi sa signature que l'on trouve sur les premiers billets en euros mis en circulation. Il est surnommé « le père de l'euro »[1].

BiographieModifier

Économiste politiqueModifier

Né en province de Frise, Wim Duisenberg a obtenu un doctorat en économie à l’université de Groningue. Il travaille ensuite de 1966 à 1969 comme économiste au Fonds monétaire international (FMI) à Washington (États-Unis)[2].

En 1970, il devient professeur de macroéconomie à l'université d'Amsterdam et se spécialise dans l'« inflation importée ». Il quitte ce poste lorsqu'il est nommé à la tête en 1973 du ministère des Finances par Joop den Uyl. En 1977, il est élu représentant à la Seconde Chambre des États généraux, mais quitte l'assemblée en 1978[2].

Banquier centralModifier

De 1982 à 1997, comme président de la Banque centrale du royaume des Pays-Bas, il se fait connaître à l'étranger par la promotion d'une politique monétaire rigoureuse et d'un florin fort. Il dirige également les gouverneurs de la Banque des règlements internationaux. Il est remplacé à ce poste en mars 1997 par Fons Verplaetse[3].

Le 30 juin 1997, il succède au baron belge Alexandre Lamfalussy à la tête de l'Institut monétaire européen, l'embryon de la Banque centrale européenne (BCE), au grand dam des Français qui avaient conclu un accord avec les Allemands : le siège de la BCE à Francfort contre un président issu du sérail français. Mais la France n'avait pas de candidat valable disponible. Le gouvernement Jospin (1997-2002) négocie la nomination de son poulain Jean-Claude Trichet pour succéder à Duisenberg dès la moitié du mandat de ce dernier[4].

 
Signature de Wim Duisenberg sur un ancien billet de 5 euros.

Du au , Wim Duisenberg est gouverneur de la Banque centrale européenne. En 1999, 11 pays européens passent à l'euro. Le 30 août 2001, il dévoile les 7 nouveaux billets de banque de l'euro[5].

En 2002, Jean-Claude Trichet est poursuivi dans l’affaire du Crédit lyonnais, et n’a accédé au poste qu’en 2003 après avoir été blanchi[2]. À cette époque, Wim Duisenberg refuse officiellement de céder la place tant que Trichet est cité en justice : « Le travail dure huit ans. J’ai maintenant 62 ans et j’ai encore beaucoup de temps devant moi ». Lorsque l'affaire est résolue, il démissionne en 2003.

Du lancement de la monnaie européenne à la fin du mandat de Duisenberg, le cours de l'euro passe de 1,18 à 0,85 dollar[2] pour remonter à nouveau à 1,18 dollar. Wim Duisenberg déclare le à l’occasion de la fête donnée pour son départ :

« Tout compte fait, j'ai eu le privilège de contribuer à écrire l'histoire. Assumer la responsabilité de l'introduction d'une nouvelle monnaie est le rêve de tout banquier central, je pense. Un rêve qui, pour moi, est devenu réalité. Ce rêve ne se serait toutefois jamais réalisé sans votre soutien, votre engagement, votre volonté et vos efforts à tous. Je me sens particulièrement privilégié d’avoir pu travailler avec vous. Vous avez toutes les raisons du monde d’être fiers de ce que vous avez réalisé. »

MortModifier

Wim Duisenberg décède le 31 juillet 2005 dans sa villa de Faucon dans le sud de la France[6]. Il est retrouvé inanimé dans sa piscine. Alertés, les pompiers ne parviennent pas à le réanimer. Il s’agit d’une « mort naturelle due à une noyade suite à un problème cardiaque », indique le procureur de la République de Carpentras Jean-François Sanpieri.

Une branche de l'université d'Amsterdam est renommée en son honneur.

Vues sur l'économieModifier

Dès les années 1960, il rejette le keynésianisme et son principe fondateur d'arbitrage entre inflation et chômage[7], considérant que le keynésianisme n'est au fond qu'une réhabilitation de l'inflation comme moyen de favoriser la croissance et de réduire le chômage. Il n'adhère pas non plus aux approches économiques par la dévaluation qui fauche les moyens des ménages selon lui[2].

Duisenberg est un ancien membre du comité directeur du groupe Bilderberg[8].

Prix et honneursModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b (en) « Wim Duisenberg, 70; Bank Chief Was Called the Father of the Euro », sur latimes.com, (consulté le 3 avril 2019).
  2. a b c d et e « Wim Duisenberg, le premier président de la BCE », sur lemonde.fr, (consulté le 3 avril 2019)
  3. « Alfons Verplaetse », sur lesechos.fr, (consulté le 11 avril 2014)
  4. (en) « The euro: Beware of what you wish for », sur mit.edu, (consulté le 11 avril 2019)
  5. (en) « Wim Duisenberg unveils the euro banknotes (Frankfurt, 30 August 2001) », sur cvce.eu, (consulté le 11 avril 2019)
  6. « La mort de Wim Duisenberg choque les milieux européens », sur euractiv.fr, (consulté le 3 avril 2019)
  7. « L'impact du ralentissement de la croissance sur l'emploi et le chômage », sur dx.doi.org, (consulté le 29 juillet 2019)
  8. (en) « Former Steering Committee Members », sur Bildergbergmeetings.org.

Voir aussiModifier