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Vuk Veličković
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Naissance
Autres noms
Vuk Vidor
Nationalité
Activité
Mouvement
Œuvres principales
Art History

Vuk Vidor, de son nom d’état civil Vuk Veličković, est un artiste franco-serbe né en 1965 à Belgrade, en Serbie.

BiographieModifier

Famille et formationModifier

Vuk Vidor est le fils du peintre, dessinateur et graveur français d’origine yougoslave Vladimir Veličković et le grand frère de l'artiste Marko Velk[1]. Il étudie d’abord l’architecture à l’École nationale supérieure des beaux-arts Paris-Tolbiac[2], dont il est diplômé en 1990[3].

CarrièreModifier

Il expose plusieurs de ses projets architecturaux utopiques et conceptuels aux côtés de pionniers tels que Zaha Hadid, Morphosis, Coop Himmelblau, Eric Moss...

Il remporte le prix Ito Ham en 1986 puis décide se tourner complètement vers la peinture en 1992. Une série de dessins à l’encre sur papier entamée en 1989 et intitulée « King Ink » sert souvent de base à ses tableaux.

PrixModifier

Travail artistiqueModifier

Le travail de Vuk Vidor est caractérisé par son éclectisme[4]. La réflexion sur la vie et la mort est saillante dans la série de tableaux « Ascendance », dans laquelle il représente des crânes reliés entre eux[5]. De cette façon, il cherche à représenter des connexions émotionnelles, temporelles, historiques ou cosmiques[6]. Ses tableaux sont pleins d’ironie[7]. La série « Everlast » symbolise quant à elle les quatre périodes de la vie : enfance, âge adulte, vieillesse et mort[5]. Il travaille sur plusieurs médiums, principalement la peinture et le dessin, mais fait parfois des sculptures et des installations[5]. En 2000, il a notamment contribué à une exposition autour de la couleur rouge, qui incarne à la fois l’éros et le sang, la violence[8].

En 2015, Vuk Vidor organise une exposition autour d’un industriel et scientifique extraterrestre fictif, Thomas Jerome Newton, issu du film L’Homme qui venait d’ailleurs, un film sorti en 1976[9]. Il construit alors une histoire autour du personnage, affirmant que celui-ci s’apprête à donner une interview au magazine Time[10]. Il fait mine d’avoir eu accès aux archives personnage et présente des documents sur celui-ci[11]. La figure de David Bowie, qui incarne au cinéma Thomas Jerome Newton, est donc omniprésente dans l’exposition, conçue comme un dossier[12]. Auparavant, il s’était déjà intéressé à la figure du chanteur et acteur Elvis Presley, qu’il avait transformé en Evils[13].

Vuk Vidor a collaboré avec les musiciens Goran Bregović et Marc Cerrone, et le groupe de rock anglais Duran Duran[14]. Il a réalisé de nombreux clips musicaux en Serbie pendant les années 1990. En 2006, il collabore avec un constructeur automobile américain pour le lancement de la Chrysler 300c, travaillant au format vidéo sur le thème de la convoitise[15].

En 2018, il organise, conçoit et met en scène la cérémonie de réouverture du Musée National Serbe, fermé depuis 12 ans[16]. La cérémonie inclue notamment la projection de films sur la façade, dont "Awakening", qui montre le danseur Sergei Polounine sur une musique de la compositrice serbe Isidora Zebeljan[17]. La même année, il rend hommage à 5 personnalités de la scène artistique et musicale des années 80 et 90, lors d'une exposition à Belgrade intitulée "Everybody left the room and I'm alone with an empty glass in my hand"[18].

EngagementModifier

Vuk Vidor se positionne comme un artiste engagé. En 2003, il prend parti pour les migrants : dans une installation intitulée Serbia Remix Project, il représente un sac en plastique rayé bleu, blanc et rouge, trait commun aux victimes de tous les conflits du monde moderne, selon lui[19]. Certains éléments de son travail contiennent des références historiques ou évoquent la guerre[20]. Il réalise une statue en or de lui-même, ce qui l’amène à réfléchir à son ego d’artiste[21], mais aussi au nationalisme serbe[22].

En 2009, dans une série intitulée « American Quartet », Vuk Vidor donne à voir sa propre vision des États-Unis[23]. Il délivre une critique du mythe américain de la Frontière, et dénonce l’omnipotence de l’Amérique à travers la représentation de superhéros désabusés et fatigués, voire crucifiés[24],[25]. C’est ainsi que Captain America se meut en un Atlas qui n’a pas le monde comme fardeau, mais le rêve américain[26]. On y voit aussi Jésus crucifié sur la croix de l’actionnariat[27]. L’univers décalé, post 11-septembre, s’inspire du pop art et des comics américains, pour mieux les parodier[28]. Vuk Vidor retourne les symboles d'une l’Amérique infiltrée par la peur et rend les héros inutiles ou méchants[29]. Il expose ses productions aux États-Unis pour mettre ce pays face à ses contradictions[30]. Il entend démontrer qu’aujourd’hui « même les super-héros ne peuvent plus nous sauver »[21]. De manière générale, le travail de Vuk Vidor s'interroge sur la place de l’humanité dans l’univers[31].

Vision de l'artModifier

Vuk Vidor défend une vision de l'art qui n'est pas toujours consensuelles : « Vuillard était meilleur que Bonnard, Tapiès de même, Rauschenberg était meilleur avant, Twombly a toujours peint de la merde, Bacon était meilleur vivant », affirme-t-il dans un tableau aux allures de manifestes, intitulé Art history, présenté en 1999[32]. En 2007, il fait partie des signataires d’une tribune publiée dans le journal L’Humanité, dans laquelle il regrette la participation du ministère de la Culture à la normalisation et au monopole d’un art officiel, fustige les « manipulateurs masqués » qui imposent le diktat de la mode et des tendances et réclame une répartition des lieux d’exposition temporaires jugée plus équitable[33]. Transgressif, il a même réalisé des vidéos érotiques[34].

Vuk Vidor est, en 2012, l'un des créateurs du mouvement sous-réaliste, avec l'artiste franco-américain d’origine serbe Kosta Kulundzic et l'artiste français Stéphane Pencréac'h. Ce mouvement est créé en réaction à la conceptualisation de la peinture contemporaine : pour ces artistes, l'image doit primer sur l'idée et non l'inverse[35]. Le sous-réalisme rassemble des artistes qui partagent une même vision de la condition d’artiste, visant à se libérer des diktats du marché et des modes[36].

ExpositionsModifier

Expositions personnellesModifier

  • 2013
  • 2009 : Superheroe, Galerie Magda Danysz, Paris
  • 2007 : Even Super Heroes Can’t Save Us Now, Cueto Project, New York, États-Unis
  • 2006 :
    • If you’re looking for trouble you came to the right place, Galerie Valérie Cueto, Paris
    • The Blood Value of the Banana, Palais de Tokyo, Paris
  • 2005
  • 2004
    • Eldorado, Galerie Valérie Cueto, Paris
    • If you are looking for trouble you came to the right place, CZKD, Belgrade
    • Art history, installation murale, Palais de Tokyo, Paris
  • 2003
    • Flesh for Fantasy, Galerie Valérie Cueto, Paris
    • Flesh for Fantasy, Emmanuel Javogue Fine Art, Miami
  • 2001 : Serbia Remix, Belgrade
  • 1999 :
    • (L)overs, Galerie Valérie Cueto, Paris
    • Last Painting of the Century, Galerie Valérie Cueto, Paris
    • Last Painting of the Century, Picture Show Gallery, Berlin
  • 1995

Expositions collectivesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Notice de personne du catalogue général de la Bibliothèque nationale de France.
  2. « Vuk Vidor », sur Artsper (consulté le 12 juin 2018).
  3. a et b « Vuk Vidor », sur Artnet (consulté le 12 juin 2018).
  4. (en) Harlan Miller, « I'm still standing », Soho House, London,‎
  5. a b et c « Focus sur la Louise Alexander Gallery », Art Media Agency (AMA),‎ (lire en ligne, consulté le 12 juin 2018).
  6. Henri-François Debailleux, « La mort leur va si bien », Libération,‎ , p. 38.
  7. Roxana Azimi, « L’art contemporain affiche des prix en hausse », Le Monde (supplément Argent),‎ , p. 2.
  8. Henri-François Debailleux, « Un bon coup de rouge », Libération,‎ , p. 43.
  9. « « The Newton Initiative » de Vuk Vidor », sur Le Parisien (consulté le 12 juin 2018).
  10. « Vuk Vidor. The Newton Initiative », Wall Street International,‎ (lire en ligne, consulté le 12 juin 2018).
  11. « Vuk Vidor, the Newton Initiative », sur Expo in the City (consulté le 12 juin 2018).
  12. Brigitte Giraud, « Sous l’étoile de Bowie », Le Magazine Littéraire, no 555,‎ , p. 22.
  13. Valérie Duponchelle, « La frénésie acheteuse semble sans limites pour l’art contemporain », Le Figaro, no 19076,‎ , p. 34.
  14. (en) Duran Duran - David Bowie, footage by Vuk Vidor, Duran Duran Consulté le .
  15. Stefano Lupieri, « Conseil : l’entrée des artistes », Enjeux - Les Echos, no 223,‎ , p. 76.
  16. (en) « Sergei opens National Museum », sur Sergei Polunin, (consulté le 6 août 2019)
  17. « Sergei Polunin // AWKENING », sur Youtube, (consulté le 6 août 2019)
  18. (en) « Everybody Left the Room and I'm alone with an empty glass in my hand », sur Novembar Gallery (consulté le 6 août 2019)
  19. « La foire de Madrid dans l’ombre de la guerre », Le Monde,‎ , p. 27.
  20. « Drawing Now, le dessin contemporain tient salon au Carrousel du Louvre », Art Media Agency (AMA),‎ .
  21. a et b « Vuk Vidor - Superheroes - galerie Magda Danysz », sur Artistik Rezo, (consulté le 12 juin 2018).
  22. Jean-Luc Chalumeau, « Vuk Vidor et son SuperEgo », Visuel Image,‎ (lire en ligne)
  23. (en) Silvia Karman Cubina, « Superheroes Can’t Save Us Now! by Vuk Vidor », Art Press, no 339,‎ (lire en ligne).
  24. Sophie de Santis, « Vuk Vidor », Le Figaro,‎ , p. 27 (lire en ligne, consulté le 12 juin 2018).
  25. (en) Sylvia Karman Cubina, « Superheroes can't save us now », Artpress,‎
  26. « Vuk Vidor », sur Magda Danysz Gallery (consulté le 12 juin 2018).
  27. « Vuk Vidor », sur Centre culturel de Serbie (consulté le 12 juin 2018).
  28. « La face sombre de l’Amérique », Paris-Normandie Grand Rouen,‎ , p. 8.
  29. (en) « Even Superheroes can’t save us now! by Vuk Vidor », sur Cueto Project (consulté le 12 juin 2018).
  30. Valérie Duponchelle, « Le tour des galeries », Le Figaro, no 19459,‎ , p. 32.
  31. (da) « Vuk Vidor er tilbage! », sur Gallery Poulsen (consulté le 12 juin 2018).
  32. « Vuk Vidor », sur Galerie Anne Perré (consulté le 12 juin 2018).
  33. « Nous sommes tous des engagés volontaires pleins d’énergie », L’Humanité hebdo,‎ , p. 13.
  34. Béatrice de Rochebouet, « Art Brussels, la fleur du plat pays », Le Figaro, no 18555,‎ , p. 26.
  35. Marine Relinger, « Sous réalisme : un nouveau courant en forme de “gang bang pictural” ? », Télérama.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 8 juin 2018).
  36. « Réalistes, mais pas trop », Midi Libre (Catalogne),‎ .

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier